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Bandol : état des lieux et perspectives

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Bandol : état des lieux et perspectives a été créé par Jeiss

AOC Bandol : état des lieux et perspectives

L’AOC Bandol est située dans le vignoble de Provence, dans le Var, et s’étend sur huit communes (Le Castellet, Sainte-Anne d’Evenos, La Cadière d’Azur, Ollioules, Saint-Cyr-sur-Mer, Le Beausset, Sanary-sur-Mer et quelques vignes éparses dans la commune même de Bandol).
Une telle situation géographique classerait a priori le vignoble de Bandol comme une partie de l’immense océan de rosé provençal, dont la popularité actuelle ne cesse de croître, et qui submerge peu à peu l’ensemble des appellations de l’extrême Sud-Est de nos contrées. Pourtant, il semble que Bandol n’ait pas totalement viré de bord (jusqu’à présent tout du moins) cap rosé : selon les chiffres, entre 22% et 50% de la production reste du rouge, bien que les chiffres actuels tendent plutôt sur la première proportion. Bandol garde malgré tout, avec l’AOC Baux-de-Provence, une place singulière relativement à sa production de vins rouges. Alors que la Provence voit rose, pourquoi un tel maintien ? Cette tendance finira-t-elle par submerger l’îlot et faut-il essayer de la contenir ?



1. Situation, climat et nature des sols

L’AOC Bandol s’étend donc sur 8 communes pour une superficie d’environ 1500 hectares. En somme, il s’agit d’une petite appellation dont les parcelles, souvent nichées autour d’une végétation sudiste (oliviers, pins, garrigue...), forment un grand amphithéâtre naturel donnant au sud sur la mer. Les vignes sont entourées du massif de la Sainte Victoire, mais surtout des monts toulonnais, dont le plus connu, le Mont Caume, a donné le nom à une IGP (IGP Mont Caume).

Le climat de cette zone est très particulier : typiquement méditerranéen, avec environ 3000h d’ensoleillement par an, ce dernier possède quelques particularités qui expliquent une bonne partie de son terroir. D’abord, une influence marine : le vignoble se situe à quelques kilomètres seulement de la mer, apportant une certaine humidité, bénéfique notamment lors des fortes chaleurs en été.
Deuxièmement, le mistral, vent froid traversant la vallée du Rhône, assainit fréquemment le vignoble en empêchant le développement de maladies. Le mistral est un vent violent qui est atténué ici par les mont toulonnais aux alentours et dans une moindre mesure le massif de la Sainte-Victoire.
Enfin, dans une moindre mesure, une végétation encore assez préservée autour des vignes (rares sont les cas de « marées de vignes » où les parcelles s’étendent à perte de vue sans discontinuer), constituée de bosquets, de pinède et de garrigue.

La nature des sols est particulière et ne constitue pas un tout homogène. Les sols marneux et calcaires issus du Quaternaire sont majoritaires, mais il est possible de distinguer : des marnes noires (au sud de l’appellation), des sables rouges (au sud-ouest), des sols argileux (sous Le Castellet ou encore à Ollioules), des marnes sableuses (au nord)...

L’ensemble des caractéristiques de l’AOC Bandol donne un terroir particulièrement adapté à un cépage particulier, originaire d’Espagne, et qui a fait la renommée l’appellation : le Mourvèdre. Ce cépage difficile, nécessitant des rendements bas, une bonne maîtrise de vinification et un élevage long du fait de son caractère puissant et tannique, a trouvé ici une zone où s’épanouir. Utilisé dans les assemblages des vins rosés et rouges, c’est lui qui donne un corps assez consistant pour permettre une bonne garde, même aux rosés d’habitude réputés de courte garde.

2. Les vins de Bandol

Il est possible de produire du Bandol rouge, rosé et blanc. Aujourd’hui, les rendements maximaux autorisés sont à 40hl/hectare. Les récoltes sont effectuées uniquement à la main. La présence de restanques (ou terrasses) est obligatoire au moins sur une partie de chaque domaine.

Pour les vins rouges, l’élevage minimum est de 18 mois en foudres (selon la tradition originelle à Bandol) ou en barrique (moins répandu). Le décret d’AOC prévoit une obligation d’assemblage : le Mourvèdre est le cépage principal dont la proportion atteint au minimum 50% et au maximum 95%. Les cépages complémentaires sont le Grenache, le Cinsault et des cépages accessoires (max. 10% de Syrah et Carignan). Ce sont généralement des vins de longue garde qui, s’ils sont bien nés, peuvent affronter plusieurs décennies sans problème. Ce sont les vins rouges qui, originellement, on fait connaître l’appellation.
Pour les vins rosés, les cépages autorisés sont le Mourvèdre (minimum 20%, maximum 95%), le Cinsault, le Grenache et en cépages secondaires Bourboulenc, Carignan, Clairette, Syrah et Ugni blanc. Les vins rosés de Bandol ont la particularité, encore une fois sous condition de qualité initiale, de développer leurs arômes après quelques années de vieillissement, chose très rare pour ce type de vin. Ils constituent lors des précédents millésimes la large majorité des vins produits en AOC Bandol (env. 70%). Le vieillissement minimum est jusqu'au 1er mars de l'année suivant la récolte, tout comme les blancs.
Bien plus confidentiels et peu connus en règle générale, les vins blancs ne constituent qu’environ 5% des vins produits. Ils sont composés de Clairette (50% à 95%), Bourboulenc, Ugni Blanc et avec pour cépages secondaires Sauvignon blanc, Marsanne, Sémillon et Vermentino.

3. Les producteurs et millésimes


Les producteurs

Il existe environ une soixantaine de caves indépendantes qui produisent du Bandol. S’ajoutent à cela 2 grandes caves coopératives, qui rassemblent environ 300 récoltants. Il est possible de distinguer les domaines qui vinifient le Mourvèdre de manière traditionnelle, et d’autres qui utilisent des méthodes de vinification plus modernes pour faire des vins accessibles plus jeunes.



Quelques producteurs notables de l’appellation :

- Château Pibarnon : certainement le domaine le plus connu de l’appellation avec le domaine Tempier. Production de Bandol rouge, rosé et blanc. Style plutôt moderne. Les vins rouges vieillissent particulièrement bien. Deux cuvées rouges (Château à 90% de Mourvèdre et Les restanques), deux cuvées rosé (Château et Nuances élevé en amphores) et un seul blanc.

- Château Pradeaux : l’un des piliers de l’appellation, qui fait des vins très traditionnels (pour les rouges 95% de Mourvèdre pour le Château, élevages longs, style costaud, haute proportion de Mourvèdre pour les rosés, pas de blancs). Le rosé tient assez bien la garde et s’épanouit après quelques années, le rouge nécessite un temps de garde très long, au minimum 10-15 ans. Deux gammes, le Château (rouge/rosé), Le Lys (rouge), puis quelques cuvées de Côtes de Provence et d’IGP Mont Caume.

- Domaine Tempier : reconnu comme le plus qualitatif de l’appellation par la plupart des guides. Les vins ont une tendance plutôt moderne bien qu’il soit pour autant difficile de classer le domaine tel quel. Une cuvée rouge de base, puis ses trois crus : la Migoua (sur la finesse), la Tourtine (style plus traditionnel), et Cabassaou (encore plus concentrée et complexe, assez rare). Le vin rosé est également reconnu, le blanc un peu moins. Le domaine a d’ailleurs acquis récemment le domaine de la Laidière pour améliorer sa production de blanc et augmenter celle de rosé.

- Domaine de la Tour du Bon : profil moderne. Réputé pour ses rouges : cuvée classique, cuvée Révolution (quasiment 100% égrappée) et Saint-Ferréol (élevage long et quasiment non égrappé). Production de rosé et de blanc plutôt anecdotique. Cuvée en amphore (hors AOC Bandol).

- Domaine Lafran-Veyrolles : traditionnel et réputé pour se rouges. Les parcelles sont situées sur la zone argileuse située sous Le Castellet. Deux cuvées en rouge dont une cuvée Spéciale concentrée et qui tient très bien la garde. Rosé et blanc plutôt ignorés.

- Domaine de Terrebrune : domaine situé à Ollioules sur un sol très argileux, réputé pour son rouge (style « bourguignon »), mais surtout pour son rosé, reconnu comme l’un des meilleurs et d’importante longévité. Production de blanc.

- Domaine Ray-Jane : traditionnel. Connu pour ses vins rouges (3 cuvées) dont le fleuron du domaine,

- Château Vannières : assez controversé, mais connu pour ses rouges au style boisé. Production de rosé et de blanc moins connue.

- Château J-P Gaussen : fait avec Pradeaux un des rouges les plus traditionnels et les plus puissants de l’appellation. Production de rosé et de blanc moins connue.

- Domaine du Gros’Noré : vins plutôt modernes, qui tiennent bien la garde. Rosé de très bonne facture. A noter : une cuvée parcellaire en rouge (Cuvée Antoinette) peu commentée.

- La Bastide Blanche : traditionnel, domaine qui met en avant le vin rouge. Cuvée de base, 2 cuvées parcellaires (Fontaneou et Estagnol). Autres vins moins connus.

- Domaine La Bégude : situé sur les hauteurs de l’appellation. Moderne, vins frais. Connu pour ses très beaux rosés et sa cuvée parcellaire rouge « La Brûlade ».

- Domaine la Suffrène : moderne, moins connu, mais produit des rouges et rosés de très bonne qualité (cuvée « Les Lauves » en rouge). A noter : un très bon blanc.

Et beaucoup d’autres (Ott, Bunan, La Vivonne, Pieracci...), sans compter les quelques négociants de qualité (Dupéré-Barrera en tête).

Les millésimes


Excellents millésimes : 2011, 2007, 2004, 2001, 1998
Très bons millésimes : 2010, 2009, 2006, 2000
Millésimes inégaux : 2014, 2013, 2008, 2005, 2003
Millésimes faibles : 2012, 2002

4. L’AOC Bandol : évoluer pour (sur)vivre ?


Le défi de l’urbanisation galopante

La côte méditerranéenne, tout particulièrement le littoral varois, est en proie à une urbanisation importante malgré des tentatives visant à contenir un étalement urbain toujours plus conséquent. Le vignoble de Bandol ne fait pas exception à ce principe, et voit la pression immobilière réduire petit à petit certaines zones plantées de vignes. En témoigne la vision par satellite du domaine de Terrebrune, qui paraît bien seul au milieu des constructions ollioulaises.
L’urbanisation est certainement l’enjeu le plus important à court / moyen terme pour l’appellation. La gestion des constructions immobilières au sein du territoire de l’AOC est nécessaire non seulement à la survie de certains domaines qui se retrouvent en limite de zone urbaine, mais aussi pour l’image renvoyée par le vignoble, qui évoque dans l’esprit collectif une notion de nature et de terroir qui ne peut d’ailleurs se détacher d’une appellation ayant vocation à produire des vins de qualité.
Quelles solutions ? Planter dans des zones escarpées et non encore touchées par l’urbanisation (« s’échapper » dans les collines en somme, qui n’est pas forcément la solution la plus bénéfique à long terme). Négocier avec les collectivités concernées par l’extension urbaine afin de limiter strictement certaines constructions et la destruction d’une partie du vignoble. Mais la solution la plus efficace à long terme : donner une image très forte à l’appellation dans le milieu viticole, en produisant des vins de haute qualité auxquels il ne serait pas possible de porter atteinte. En résumé, faire rentrer Bandol dans la cour des grands.

Les règles de l’AOC

La plupart des articles et forums parlant de l’AOC Bandol soulignent les possibles évolutions de certaines règles, tout particulièrement concernant l’abaissement de la durée d’élevage pour les rouges (18 mois). Certains producteurs avancent comme motif le fait que dans certaines années, 18 mois d’élevage est une durée trop importante. La seconde évolution possible serait concernant la proportion de Mourvèdre autorisée dans les vins (max. 95% actuellement).

Concernant la durée d’élevage, un abaissement serait-il favorable ? Il est vrai que la confiance envers les producteurs de l’appellation, qui sont capables de gérer leurs élevages, est ici la clef qui permet de comprendre cette question. Une appellation est nécessairement l’émanation des vins produits par les domaines qui la composent, et ne doit pas contraindre trop strictement ces derniers sous peine de perdre son essence, avec des vignerons qui chercheraient à sortir de ce cadre trop rigide. La durée d’élevage n’est en plus de cela en rien synonyme de Grand vin ou de qualité. Mais le problème est que les longues durées d’élevage renvoient à l’idée d’un caractère sérieux, permettant de façonner des vins de plus grande garde, d’adoucir certains cépages coriaces (dont le Mourvèdre fait partie)... Plusieurs exemples peuvent être cités, surtout à l’étranger : les Reserva espagnoles (Priorat, Ribera...) certains vignobles italiens (Brunello, Taurasi, Barolo...) qui bénéficient d’une solide réputation. Un abaissement de la durée d’élevage pourrait donc avoir un effet involontairement négatif sur l’image de l’appellation, même si la qualité des vins ne change pas.

Concernant les proportions de Mourvèdre autorisées, le fait de limiter au maximum à 95% la proportion de ce dernier semble illusoire : tout d’abord par ce qu’il est très probable que certains domaines ne respectent pas l’obligation d’assemblage et proposent un vin 100% Mourvèdre (ce qui dans les faits est difficilement contrôlable), alors qu’il est possible de mettre en doute l’influence de 5% d’un autre cépage avec 95% de Mourvèdre. Toujours dans la même logique d’amélioration de l’image (tout du moins d’une tentative de rendre plus claire cette dernière), donner la possibilité d’élaborer des Bandol à cépage unique pourrait être bénéfique, quitte à imposer un élevage en bouteille avant commercialisation pour rendre le vin plus accessible lors de sa sortie.

Le rosé : menace ou opportunité pour le vignoble bandolais ?

La question du rosé est centrale dans le cadre de l’avenir du vin de Bandol. Déjà actuellement, la tendance au rosé s’est largement diffusée dans l’AOC, ce dernier étant maintenant nettement majoritaire. Même si beaucoup de domaines mettent en avant le vin rouge, qui ne bénéficie pas d’un a priori négatif contrairement au rosé, de plus en plus de personnes ne connaissant les vins de Bandol qu’à travers le rosé.
Le rosé peut représenter une opportunité à plusieurs niveaux pour l’appellation. Premièrement, c’est généralement un rosé de qualité, qui peut supporter parfois quelques années de garde en développement des arômes plus complexes. Le second argument est le plus important pour les domaines : le rosé permet de faciliter leur trésorerie en n’étant pas obligé d’attendre plusieurs mois pour faire rentrer de l’argent. Le rosé est un produit à la mode, qui se vend très bien. Enfin, cela nécessite des investissements moins importants notamment pour le stockage, et l’assurance d’écouler rapidement une partie de leur production.
Mais le rosé peut aussi avoir à long terme des effets beaucoup moins souhaitables. Tout d’abord, la mauvaise image du rosé auprès de beaucoup d’amateurs peut peser dans la perception de qualité des vins de Bandol. Le rosé n’ayant pas les faveurs du vin rouge auprès de beaucoup d’amateurs et surtout de critiques, l’impact sur le nom Bandol s’en ressentirait donc. Enfin et surtout, le rouge a toujours constitué l’âme du Bandol : l’appellation s’est fait connaître grâce à ses vins rouges au caractère bien trempé. Or la multiplication du rosé entraînant peu à peu la conversion de vignes destinées à la base à des cuvées rouges pourrait entraîner un recul très important de la production de ces dernières (sans pour autant parler de disparition, il y a ici une réelle menace de perte d’identité du vin rouge de Bandol).
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10 Fév 2018 17:06 #1

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Réponse de Frisette sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Merci beaucoup pour le travail et la qualité de cet article évoquant une appellation dont la qualité est reconnue sur ce forum. Les problématiques que tu soulèves sont intéressantes et méritent que l'on y porte un oeil attentif dans le futur, afin de suivre l'évolution des vins de Bandol, dont l'image pourrait être modifié à terme.
Flo (Florian) LPV Forez
10 Fév 2018 17:30 #2

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Réponse de GILT sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Merci Jeiss pour ce beau travail qui pose bien le problème.
Le rosé qui permet une rentabilité élevée et rapide pose effectivement un problème.
L'avenir de Bandol passe pour moi par le rouge dans le respect d'une AOC stricte quant à l'élevage.
La proportion de mourvèdre est effectivement un faux problème et une libéralisation serait utile: la course aux 100% de mourvèdre est d'ailleurs déjà lancée.
Il faut par contre à mon sens laisser un élevage long; il faut garder à mon avis la spécificité de ce vin et non le standardiser .
Il est intéressant de noter que le vin rouge de bandol est aujourd'hui un grand vin à prix raisonnable.


Gilles
10 Fév 2018 17:53 #3

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Merci à vous deux !
J'imaginais cet article aussi comme un lieux de "débats" sur la question des vins rouges et rosés. Pour en avoir déjà parlé avec Gilles, je suis également pour un maintien des élevages longs et la promotion des vins de Bandol rouges, qui sont effectivement des grands vins quand ils sont bien faits.

Mais se pose ici une autre question : un groupe d'amateurs comme nous sommes doit-il se contenter d'attendre les évolutions de l'appellation ou peut-il agir à son niveau pour guider les producteurs ? En tant que consommateurs nous décidons de nos achats et nous représentons également des "testeurs" qui donnons notre avis. Pourquoi alors ne pas essayer d'informer les producteurs de Bandol sur ce qu'on aime ?

Jeiss
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11 Fév 2018 10:30 #4

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Réponse de GILT sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Bonjour Jeiss,

C'est effectivement ce que nous avons à faire et ce que nous faisons.
J'en parle régulièrement aux producteurs quand je suis sur place, nos achats ont une importance également considérable.
J'aime également faire découvrir ces vins à des gens qui les connaissent peu ou prou.
Nos moyens sont cependant limités quand tu vois le tonnage de rosés peu qualitatifs et vendus chers qui sont consommés l'été.
Nous avons une vision élitiste du vin.
Sur Bandol ce travail est certes difficile mais plus facile que sur les côtes de provence où là c'est ...

Cordialement.

Gilles
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11 Fév 2018 10:52 #5

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Bonjour Gilt,

Tout ce que tu dis est vrai, on a une vision quasi-identique de la situation et de l'appellation. A titre personnel j'ai arrêté d'acheter du Bandol rosé il y a quelques temps, très bon certes mais trop cher comparé à ce qu'on peut trouver en Côtes de Provence. Le rouge représente mieux, pour moi, le terroir de Bandol.
Bien que nous ne représentons qu'une infime partie des buveurs de vin, on ne peut négliger l'influence des groupes les plus élitistes sur les tendances du vin : quand on voit des appellations inconnues il y a quelques décennies exploser actuellement, on peut se dire qu'avec un peu de travail rien n'est impossible pour Bandol. Pour exemple : le Priorat. Qui aurait parié sur un tel engouement et un tel renouveau de l'appellation ?

Jeiss

(EDIT : ajout des millésimes)
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13 Fév 2018 09:47 #6

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Réponse de GILT sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Je vois que nous avons effectivement une vision très proche du Bandol.
Sauf que moi je continue à acheter du rosé: comment se priver d'un vieux terrebrune rosé?
Je suis d'accord avec ce que tu dis mais le gros du travail doit être fait par les producteurs.
En ont-ils envie?En ont-ils besoin?
Vois-tu beaucoup de producteurs bandolais sur les salons ou événements vinicoles?
Le forum "Provence" n'est pas le plus actif et le plus fourni de LPV.
Il faut effectivement des domaines type Tempier qui donnent une nouvelle image et entrainent les autres.
Gilles
13 Fév 2018 13:03 #7

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

En ont-ils envie?En ont-ils besoin?
Vois-tu beaucoup de producteurs bandolais sur les salons ou événements vinicoles?
Le forum "Provence" n'est pas le plus actif et le plus fourni de LPV.
Il faut effectivement des domaines type Tempier qui donnent une nouvelle image et entrainent les autres.
Gilles


Quel producteur ne rêve pas de produire des vins de classe mondiale et reconnus tels quels ? Il doit en exister, mais à ce moment ils ne représentent pas ce qu'on peut attendre, en tant qu'amateur de vin, d'un producteur passionné par son terroir. Peut-être y a-t-il un manque d'ambition chez certains producteurs qui ne voient pas le potentiel de leur appellation ? Beaucoup de questions sont à approfondir, à nous de les soulever auprès des producteurs pour les faire réagir. Pour les salons, je ne suis pas un habitué, je ne connais pas donc pas trop quelle présence a l'appellation dans ceux-ci.

Pour ce qui est du forum, j'espérais un peu plus de réactions en effet (non pas que parler avec toi ne me plaise pas Gilles, mais on participe déjà à la section Provence, on est des "habitués" zX ). Il y a en effet un travail à faire à ce niveau, à nous de donner envie ! :)
15 Fév 2018 10:33 #8

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Réponse de GILT sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Il nous faut effectivement maintenant cultiver notre jardin, ...pardon..., faire des Cr sur les vins de Provence.
Cela me donne déjà envie d'ouvrir une bouteille;)
15 Fév 2018 12:49 #9

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Réponse de mgtusi sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Quelques réflexions :

- je pense que tous les LPViens sont conscients de la qualité des bandols rouges et boivent très peu de rosé qu'ils soient de bandol ou d'ailleurs
- je pense que l'écrasante majorité des consommateurs non avertis ignore qu'il existe des grands vins rouges à Bandol (comme ils ignorent que le beaujolais produit autre chose que du vin à saucissonnade). C'est comme ça, je ne pense pas que l'on puisse y faire grand chose (*) ; dans cette même population, la poignée qui a goûté les bandols rouges ont été déçus car ils les ont bu jeunes et un bandol jeune, c'est plutôt austère.


(*) Que pouvons nous faire concrètement ? Evangéliser notre entourage, c'est personnellement ce que je m'efforce de faire, comme pour pas mal d'appellations méconnues (Marcillac par exemple) ou traînant une mauvaise réputation (Muscadet, Corbières,...).
Michel
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15 Fév 2018 12:49 #10

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Bonjour mgtusi,

L'évangélisation est effectivement ce que nous puissions faire de mieux, d'autant plus que les préjugés sur les rouges de Provence sont grands. Il en va de même avec les appellations que tu cites !
20 Fév 2018 18:59 #11

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Décharge illégale au milieu de l'AOC Bandol

Autre exemple de la pression que subit le vignoble de Bandol, ici avec une décharge illégale ayant amené au déclassement de 20 hectares du vignoble.

Puis une thématique assez intéressante, le vieillissement sous l'eau des vins rouges (la "maturation aquatique" !) :

Vieillissement des vins sous la mer
29 Mar 2018 15:28 #12

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Actualité

Après la création du domaine Baravéou en 2016, l'AOC Bandol compte un nouveau producteur avec le domaine Cabaudran, créé en 2017. Il ne produit pour le moment que du rosé et du blanc en Bandol. Production assez restreinte pour cette famille du Beausset qui espère vinifier plus tard des vignes dont la production revient à une coopérative.

A noter : il existe encore beaucoup de coopérateurs à Bandol, en témoignent les chiffres présentés par les deux principales coopératives (198 vignerons pour le Moulin de la Roque et 294 pour la Cadiérenne). Ainsi, il ne semble pas improbable que le nombre de domaines s'agrandisse à l'avenir.
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04 Mai 2018 18:30 #13

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Actualité

Reportage sur TF1, diffusé aujourd'hui, sur la décharge au sein de l'appellation Bandol.

www.lci.fr/societe/v...
06 Mai 2018 18:21 #14

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Les amphores du futur

Article intéressant sur l'utilisation d'amphores au domaine de Pibarnon, avec quelques explications intéressantes sur la (délicate :oops: ) construction de l'amphithéâtre qui constitue le vignoble.

A noter que l'important épisode de grêle dans le Var a apparemment touché de manière plutôt partielle le vignoble de Bandol (quelques parcelles dans le secteur Le Beausset / Le Castellet).
26 Jui 2018 21:50 #15

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Réponse de Jeiss sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Top 20 des vins les plus chers de Provence

La moitié du top 20 des vins les plus chers de Provence proviennent de Bandol. Dans ce classement (enchères Idealwine uniquement), 18 bouteilles sont du rouge et 2 du blanc.
29 Juil 2018 16:46 #16

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Réponse de GILT sur le sujet Bandol : état des lieux et perspectives

Quelques réflexions concernant Bandol après un séjour dans cette belle région.

Les bandols rosés 2017 sont très bons et différents des années précédentes avec beaucoup plus de concentration; une année à petit rendement, un climat très sec et les exigences d'une appellation ( pas d'irrigation) en sont vraisemblablement à l'origine.Je ne sais pas comment ils vieilliront.
Cet avis est par contre biaisé par mon choix de domaines; une dégustation de rosés 2017 à l'oenothèque de la maison des vins de Bandol m'a ramené à une réalité un peu moins glorieuse.Choisissez bien votre domaine!

Les bandols rouges 2016 m'ont semblé également différents avec de la discrétion, une grosse matière, de la classe.Là aussi une dégustation à l'oenothèque m' avait découvrir des vins vanillés, des tanins secs,...
En choisissant son domaine il sera intéressant comme en chateauneuf d'encaver les bandols rouges 2016.

Le blanc reste malheureusement le parent pauvre de l'appellation avec cependant quelques domaines intéressants tels Terrebrune et Tempier; ce dernier domaine pourrait modifier la donne suite à l'intégration du domaine de la laidière et demande à être suivi .

Bandol était une appellation à mon avis au rapport qualité prix intéressant surtout en rouge; les rosés sont un peu chers mais la différence de prix en regard de la différence qualitative avec bon nombre de rosés de provence justifie souvent leur choix.
Malheureusement l'inflation est frémissante et les écarts tarifaires entre domaines augmentent; le prix des parcellaires commencent à devenir sérieux.


De plus en plus de rosés sont perlants.Un apport positif des vins natures ?
Je n'ai pas trop entendu parler des velléités de pouvoir augmenter la part de mourvèdre dans les rouges dans le cadre le l'appellation.
Le souhait de certains de réduire dans le cadre de l'appellation la durée d'élevage des rouges m'a paru plus clivant et plus au coeur des préoccupations .
L'AOC Bandol me parait pour une fois un exemple positif par sa rigueur qui permet de produire des vins de qualité.
Le modèle de l'appellation avec une production majoritaire de rosés permet une meilleure réussite économique ainsi que la production de rouge de qualité.

L'oenothèque de la maison des vins de bandol est un outil intéressant pour les vignerons et un lieu utile pour les amateurs.Ce lieu permet d'y trouver la plupart des vins de l'appellation, de participer à des dégustations et de rencontrer des vignerons.Je dois avouer que si le niveau technique des hôtes convient à la majorité des visiteurs ,il peut parfois être trop limité pour des olibrius tels que nous.

Enfin une petite piste pour les LPviens: le nouveau chef de culture du domaine Tempier , Jean-Philippe Fourney, a créé un domaine de 4ha en 2011 ( plantation à 90% de mourvèdre et 10% de grenache) à savoir le domaine Baravéou. Les vignes sont trop jeunes pour produire du rouge et donc seul du rosé est produit à ce jour; une petite activité de négoce en rouge existe.A goûter !

Gilles
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25 Aoû 2018 15:18 #17

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Réponse de Jeiss sur le sujet Domaine Paternel Bandol

Bonsoir,

Suite à un échange qui a eu lieu sur la page du domaine Sorin, les vignes de ce dernier ont apparemment bien été reprises par le domaine du Paternel localisé à Cassis. Voilà la fiche technique du vin , le premier millésime produit par le Paternel est donc 2016, cuvée "Grande réserve".

Toujours dans les nouveautés à goûter dans la région : le Bandol rouge du domaine Cabaudran sortira en mars 2019 (millésime 2017), les blancs et rosés sont disponibles mais je n'en ai pas encore croisé pour le moment.

Jeiss
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13 Déc 2018 21:14 #18

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Réponse de Jeiss sur le sujet Actualité et millésime 2015

Bonjour,

Voici un court article intéressant sur l'histoire de l'AOC Histoire rapide de l'AOC Bandol

En plus de cela, les gérants de Château Pradeaux m'ont annoncé un "excellent" millésime 2015. D'après eux il ressemble beaucoup au millésime 2005, apparemment très ouvert jeune mais qui ne sera pas d'une garde aussi longue que les millésimes habituels à Bandol. A suivre dans le verre (tous les 2015 ne sont pas encore sortis), même si j'émets des réserves sur cette affirmation pour un millésime qui paraît assez solaire et que je n'ai que trop peu goûté pour le moment.

Jeiss
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08 Mar 2019 13:14 #19

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Etat des lieux des millésimes

Force est de constater que les différents guides et sites internet se contentent souvent de généralités hasardeuses sur la qualité des millésimes dans la région, d'autant que Bandol reste une appellation très particulière. J'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre quelconque logique dans la notation des millésimes provençaux et de surcroit ceux de Bandol. Il me semblait donc normal de vouloir partager ici mes impressions sur les différents millésimes depuis 2001.
Je ne prétends pas dresser un portrait parfait de tous les millésimes, mais simplement exprimer mes ressentis et quelques généralités sur l'appellation. C'est pour cela que je suis prêt à écouter vos avis divergents, et serais même ravi de voir des membres commenter des millésimes antérieurs à ceux mentionnés ici.


2001 : grand millésime bandolais qui fait référence depuis maintenant deux décennies. Millésime solaire, qui a donné des vins très puissants mais fins, de très longue garde (20-30 ans). Aromatiques remarquables, nombreuses réussites un peu de partout dans l’appellation.

2002 : millésime moyen, assez dilué dans l’ensemble à cause de pas mal d’humidité qui a mis à mal le mourvèdre. A consommer relativement rapidement, les meilleurs peuvent parfois encore tenir le coup mais les matières ne seront pas énormes.

2003 :
millésime bien évidemment caniculaire, qui a donné des vins avec des acidités basses et des hauts degrés d’alcool. Beaucoup de puissance mais en moyenne pas assez contrebalancée. Quelques réussites, mais dans l’ensemble des vins à consommer.

2004 : autre grand millésime bandolais de garde. Un peu moins de puissance que sur les 2001 mais les vins sont aujourd’hui d’une superbe complexité. Ils commencent déjà à bien se boire mais pourront encore attendre sans problème leurs 20-25 ans.

2005 : millésime très solaire, qui a donné des vins très riches. Beau fruit pour les vins jeunes. Millésime à consommer assez rapidement dans l’ensemble pour éviter les arômes trop cuits au vieillissement.

2006 : bon millésime dans l’ensemble, avec des vins en moyenne assez équilibré, avec une bonne matière. Parfois un peu d’austérité, mais en général de bons vins qui s’apprécient bien aujourd’hui.

2007 : excellent millésime puissant, dans la lignée du 2004 mais un peu plus costaud. Les vins sont encore un peu costauds, pour certains même fermés. A attendre encore un peu mais les grosses matières ne devraient pas avoir de mal à encaisser encore 10 bonnes années de garde minimum. Parfois quelques excès alcooliques.

2008 : millésime plutôt moyen dans la zone, avec des maturités parfois pas toujours bien atteintes. Il n’est pas rare de trouver des arômes un peu verts et une acidité importante (voire trop importante). A consommer.

2009 : millésime solaire, peut-être un peu trop. Les équilibres sont cependant en moyenne meilleurs que les 2003, même si l’alcool a tendance à prédominer. Les aromatiques sont moins cuites et parfois pas. Les meilleurs vins du millésime sont très beaux et peuvent encore vieillir 5-10 ans, peut-être même plus.

2010 : excellent millésime mais dans un style très particulier, qui ne joue plus sur l’équilibre que sur le côté solaire des 2001/2004/2011. Bonne acidité en moyenne, tannins généralement fermes mais pas asséchants, et des degrés modérés (toutes proportions gardées...). Millésime élégant à conserver encore minimum 5 à 10 ans mais qui devrait donner de beaux vins, d’autant qu’il semble fermé à l’heure actuelle. Beaucoup de fraîcheur chez certains.

2011 : excellent millésime encore une fois solaire, donnant des vins puissants. Attention cependant à certaines cuvées où l’alcool est trop présent et les tannins parfois massifs. Devrait donner de très beaux à grands vins mais encore 10 ans de garde sont nécessaires.

2012 : millésime ressemblant à 2002 avec des vins aux concentrations faibles voire parfois dilués. Quelques réussites éparses mais ce sont des vins à consommer aujourd’hui qui n’atteindront probablement pas des sommets.

2013 : millésime assez hétérogène dans l’appellation. Pas mal de domaines ont produit des vins aux tannins rustiques qui risquent de ne jamais s’intégrer. Pour ceux qui ne sont pas tombés dans cet écueil, les vins sont réussis voire même très beaux et devraient bien vieillir. Ils sont néanmoins à attendre encore jusqu’en 2025-2030.

2014 : millésime très hétérogène, avec trois styles de vins très différents. Certains domaines ont vendangés trop tôt donnant des aromatiques vertes et des tannins vraiment pas mûrs. D’autres ont trop attendu et ont vu la vendange diluée par des pluies. Ceux qui ont réussi à vendanger entre ont sorti de beaux vins de garde, un peu dans le style de 2010.

2015 : millésime très proche de 2005 en terme de style, avec de beaux vins aux fruits aguicheurs mais qui risquent de sombrer avec la garde à cause de leur côté trop riche. Certains domaines ont ceci dit réussi à produire de très beaux vins qui sont à l’heure actuelle encore un peu serrés, mais qui devraient être très bons dans 10 ans.

2016 : superbe promesse qu’est ce millésime, qui est passé sous les radars à cause de la grande réussite à Châteauneuf. Les vins sont d’un très bel équilibre (bien que tanniques aujourd’hui) avec un grand dynamisme qui se dégage un peu de partout dans l’appellation. Aromatiques d’une grande fraîcheur, superbes acidités. A laisser tranquillement en cave jusqu’en 2025-2035 minimum.


On peut donc observer plusieurs types de millésimes :
les millésimes solaires de garde : 2001, 2004, 2007, (2009), 2011
les millésimes solaires à boire rapidement : 2003, 2005, (2009), 2015
les millésimes pluvieux / « froids » : 2002, 2008, 2012
les millésimes hétérogènes : 2006, 2013, 2014
les millésimes équilibrés : 2010, 2016
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27 Jan 2020 22:40 #20

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Merci Jeiss pour ce remarquable état des lieux.

Question : j’ai 3-4 Pradeaux 2012 qui traînent en cave, j’en ai bu une l’an passé je ne me souviens plus exactement de la description mais je sais que je n’avais pas trouvé ça en place et du moins pas prêt...

As tu goûté ce château sur ce millésime ?

Quel est ton avis ?
J’ai quand même le souvenir d’un vin assez massif...

Je n’avais pas trop suivi les millésimes en Provence et j’ignorais donc que 2012 était un millésime maigrichon...

Alex
28 Jan 2020 21:12 #21

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Salut Alex,

2012 m'a paru en effet bien plus dilué que les millésimes comme 2010/2011, et disons dans la lignée du 2002. Mais ce n'est qu'une moyenne et heureusement que des exceptions existent !

Pradeaux a toujours fait des vins très puissants malgré certains millésimes dits "faibles" (macération longue, élevage long...). 2012 est malheureusement la seule année récente de Pradeaux que je n'ai pas goûté, je ne peux pas plus t'aiguiller que ça. Ceci dit, tu ne perds rien à attendre encore ses 10 ans, ce n'est pas le genre de vin à s'écrouler comme ça. Peut-être que d'ici là quelqu'un postera un CR pour mieux t'orienter.

Jeiss
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28 Jan 2020 22:15 #22

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Réponse de elreytristan sur le sujet Bandol : état des lieux des millésimes depuis 2001

Bonsoir à tous et tout d'abord merci Jeiss pour cette magnifique revue large et assez complète de l’appellation Bandol (Rouge principalement).
Appellation que j'apprécie beaucoup mais qui se fait assez rare je trouve chez les cavistes aussi.
Je fais appel à vous pour savoir quels sont les domaines et millésimes que vous me conseilleriez disponible éventuellement chez un caviste en ligne sérieux.
Je souhaite mettre quelques bouteilles en cave pour quelques années et quelques unes aussi à boire dans l'année.
J'ai de très bons souvenirs avec les millésimes des années 2005, 2007 et 2010. Et un immense souvenir gustatif avec un 2000 (en demi-bouteille en plus) bu il y a 10 ans environ à l'époque où je m'intéressais assez peu aux domaines malheureusement...
Ces dernières années je me suis régulièrement fourni avec le domaine Lou Capelan que je croisais à la SAVIM à Marseille et que je croise toujours dorénavant dans les Alpes-Maritimes à Nice au salon d'Avril. Ces dernières années ont malheureusement été plus aléatoires je trouve.
C'est pourquoi je fais appel à vous pour me donner vos coups de coeur. J'aime les tanins bien fondus mais aussi la chaleur de l'appellation qui se retrouve beaucoup plus je trouve avec une très forte dominante de Mourvèdre...
Si vous avez des petites merveilles à me conseiller et qu'on retrouve en livraison à des prix raisonnables je vous remercie par avance!
21 Avr 2020 00:54 #23

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Salut elreytristan,

SI j'ai bien compris, tu souhaites avoir un vin (rouge), accessible dans sa jeunesse sans qu'il n'ait peur de vieillir quelques années, et à tarif raisonnable. Ce qui me vient directement en tête c'est le domaine Le Galantin, qui produit des Bandol merveilleux à prix très doux.
Tu peux en trouver sur le site de la Maison des vins de Bandol (www.maisondesvins-ba...). Le 2013 est à 13€, et tu peux même avoir du 2007 pour 20€ ! Il y a même des magnum de 2004 pour 42€... Je n'ai pas goûté le 2007, mais le 2004 était très bon et le 2013 aussi, tu peux y aller les yeux fermés c'est vraiment un très bon domaine encore sous les radars (à mon plus grand étonnement).
Seul point noir, les vins ne se trouvent pas facilement sauf sur le site en question où les frais de livraison sont apparemment assez élevés (29€ pour 12 bouteilles, 19€ pour 6), ce qui gonfle sensiblement le prix de la bouteille livrée (2-3€ de plus).

Si les frais de transport élevés te sont rédhibitoires, je peux te conseiller d'autres vins mais ce domaine me semble être le plus adapté à ce que tu recherches. Peut-être qu'en contactant directement le domaine tu peux voir s'ils livrent et si le transport est moins cher.

Jeiss
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21 Avr 2020 10:14 #24

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Réponse de elreytristan sur le sujet Bandol : état des lieux des millésimes depuis 2001

Merci pour cette réponse hyper rapide Jeiss,

L'idée est pas mal même si je pensais plus à un millésime + domaine trouvable à boire aujourd'hui donc effectivement ton conseil est toujours plus que valable; ainsi qu'un millésime + domaine à mettre en cave et à oublier 4/5 ans puis le retrouver sous son meilleur jour.
Les frais de port me freine un peu oui honnêtement d'autant que je suis originaire des Bouches du Rhône et que j'y retourne plusieurs fois par an habituellement donc je passe par le Var et une escale à Bandol ne me dérangerais pas car si j'ai bien compris ce revendeur a une adresse physique. J'attendrais donc peut être cet été pour y passer.

En tous cas merci pour ton aide et je continuerais à regarder régulièrement l'activité de ce Sujet!
21 Avr 2020 11:03 #25

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Réponse de didierv sur le sujet Bandol : état des lieux des millésimes depuis 2001

Je conseille le Domaine des Luquettes à La Cadière d'Azur qui produit des cuvées dans la 3 couleurs en IGP Mont CAUME dont un blanc frais avec du sauvignon parfait sur des poissons et des fruits de mer
Le Domaine produit ausi des vins Rouge et Rosé en appellation BANDOL
La qualité est tout à fait honorable. Les vins sont faciles d'accès jeunes et les tarifs sont plutôt doux.
Que demander de plus ?
Didier
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21 Avr 2020 11:22 #26

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La maison des vins de Bandol est le lieu où aller quand on va à Bandol avec un choix large et des possibilités de dégustation .
Le domaine le Galantin est effectivement un domaine très reconnu et très consommé localement notamment en regard de ses prix modérés.J'avoue cependant que j'ai peu d'émotions à le boire.
Une bonne question est qu'est-ce qu'un prix raisonnable pour un bandol ? La plupart des domaines sont entre 20 et 30 euros, les petits prix à moins de vingt.
Je pourrais citer en domaines intéressants avec des prix modérés la bastide de la ciselette et le domaine des trois filles.
Une super affaire pour moi reste le domaine JP Gaussen avec des millésimes évolués à la vente pour un peu plus de 20 euros et c'est vraiment très bon !

Bonne recherche

Gilles
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21 Avr 2020 12:55 #27

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Bonjour,

dans les bons rapports qualités prix, je pourrais conseiller Mas Thérèse (10€ la bouteille aux dernières nouvelles), que l'on peut boire dans les 3/4 ans. Ray Jane, un peu plus cher, j'aime beaucoup. Par contre, j'ai goûté de vieux millésimes (20 ans et plus) et j'ai toujours préféré plus jeune, vers 10 ans de garde. Enfin, pour moi la référence dans la région, c'est Tempier.

Et oui, Gaussens, très bon rapport qualité prix sur de vieux millésimes. J'ai goûté l'année dernière un 2006 qui était presque trop jeune.
Fabrice
22 Avr 2020 17:30 #28

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Gaussens en effet.
Mais aussi Lafran Veyrolles et Gros Noré qui sont très raisonnables en tarifs (tranche 15/25) et remarquables en qualité...
Denis
22 Avr 2020 17:42 #29

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Je confirme pour le Galantin, sa cuvée Longue Garde est très aboutie, pour moins de 20€, je n'y suis pas allé depuis quelques années.

Tempier, Terrebrune sont au top de l'appellation, les tarifs entre 20 et 30€. La Bégude, la Tour du Bon, Olivette idem.

Chez Pradeaux tu auras leur 2ème cuvée pour moins de 20€, facile à boire assez jeune, leur "grand vin "est à oublier en cave au moins une dizaine d'années.

Ray Jane très bien également, mais peut être un poil moins de garde, en restant dans des tarifs assez doux sur l'appellation.
La Suffrène également très bien sur la cuvée standard ainsi que sur les Lauves. La Vivonne également intéressant, toujours dans les mêmes tarifs autour de 20€.

Il y a de quoi faire!
Thibaut
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22 Avr 2020 19:22 #30

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