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CR: La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

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Vougeot a créé le sujet : CR: La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

CR:
Prologue : " une certaine idée... ", par Jean-Paul B.

« Voici une nouvelle conséquence inattendue de la période bizarre dans laquelle nous sommes.
Petit-fils de bouilleur de cru, amateur d’eaux de vie de fruit depuis plusieurs années, j’avais regardé il y a quelque temps ce qui pouvait bien exister sur le sujet sur LPV.
Comme beaucoup d’amateurs, j’achetais une bouteille de poire ou de framboise, lui faisais un sort en un an ou deux, et en achetais une autre, en butinant de distillerie en distillerie un peu au hasard.
La fonction Recherche ne m’a pas sorti grand-chose ; 2 ou 3 fils qui n’ont que modérément prospéré.
Bref, pas de débat échevelé sur les mérites respectifs des distilleries, ni d’interrogations quasi-métaphysiques sur les verres à utiliser. Le désert, quoi.
D’où l'idée qu’il fallait faire quelque chose pour combler cette lacune béante.

Le confinement, avec la mise en place de nos dégustations à distance via nos vinottes de 2cl, en a fourni l’occasion parfaite.
2cl, c’est le contenant parfait pour organiser une grande dégustation d’eau de vie. Banzaï !
J’ai donc rassemblé quelques bouteilles et sollicité des LPViens motivés qui, après avoir passé un rapide check-up médical sous le contrôle de Luc et signé un engagement de renonciation à recours en cas d’ulcère ou de perforation intestinale, se sont vaillamment lancé dans l’aventure, prêts à risquer leur intégrité physique pour vous apporter sur un plateau une dégustation à l’aveugle de 9 poires et 7 framboises.
256 vinottes remplies à la seringue plus tard, les colis étaient expédiés dans toute la France et la Belgique.
C’était parti »
!

Vu comme ça, on pourrait croire que...
Mais non ! Il s'agit bien d'une mise en bouteille au château comme on en fait rarement ! :D


La plus grande dégustation de poires et de framboises qui ait été organisée !

Sans tomber dans l’autosatisfaction, il faut tout de même reconnaître qu’LPV, c’est formidable.

Du jour au lendemain, un truc énorme peut vous tomber sur la tête sans que vous ayiez pressenti qu’il arriverait. Du jamais vu, jamais bu, jamais organisé.

Début mai, chacun a reçu qui un message, qui un coup de fil, proposant de tester, à l’aveugle, pas moins de 9 poires et 7 framboises. Rien d’autre à faire que de répondre affirmativement ! Avouez qu’il y a des décisions plus dures à prendre…
Passé l’effet de surprise, nous nous retrouvâmes à 16 pour constituer un panel de dégustateurs que même le Concours général agricole nous aurait envié.

Cher-e-s LPVien-nes. Jean-Paul B., Oliv et moi, nous qui avons travaillé à 6 mains, allons vous conter une histoire... Celle de la plus grande dégustation d’alcools qui, de mémoire de forum, ait été organisée.

Loin d’être exhaustives, les lignes qui vont suivre doivent s’envisager comme une saga - peut-être même un récit initiatique - tant ce voyage au-delà de la ligne d’horizon, sur des terrains inconnus, a marqué les dégustateurs. Et leur foie. :)

Le panel :
Jean-Paul a dressé lui-même la liste des dégustateurs sans que nous sachions qui allait participer. Le plaisir de ce type de dégustation commence par une mise en abîme et son corollaire ; la liste des participants figurant dans le premier message envoyé au « panel ». Du beau, du bon, du jeune, du vieux dégustateur, forgé aux subtilités et à l’impitoyable verdict de la dégustation à l’aveugle. Capable d’analyser, de plébisciter ou de rendre un verdict destructeur. Du lourd. Du solide. Des bêtes à concours, j’vous dis…

Jugez-en vous-même :
Jean-Paul B. ; P’titphilou ; Quentin (ICNA); Marc C ; Eric Galinsky ; Christophe Iscard ; Olivier Mottard ; Jérôme Perez ; Jean-Michel Roumier (JMR) ; Gaétan ; Johnny McPEAR ; Oliv, Sylvain ; Jean-Luc Javaux ; Luc Javaux et votre serviteur.

La mission :
Avouons-le, il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour accepter le défi qui nous a été lancé. A un moment donné, il faut savoir s’affranchir des p’tits crus bourguignons pour affronter les boissons d’hommes. Car il y en a eu. Et pas qu’un peu.

Mais encore fallait-il savoir ce qui nous était demandé. A question facile, réponse limpide :
" Vous allez recevoir 16 fioles numérotées de P1 à P9 pour les poires et F1 à F7 pour les framboises. Charge à vous de les déguster à l’aveugle, de les classer par ordre de préférence en commentant ".
Le cahier des charges étant posé et chacun ayant répondu positivement, ne restait plus qu’à recevoir les échantillons.

Les participants ont reçu ce type d'enveloppe... (photo : Eric Galinsky)

... qui contenaient ces vinottes (photo : Eric Galinsky) .

Le protocole :
Avant de nous envoyer les vinottes, le 27 mai 2020, sur les bons conseils de Johnny Mc PEAR, Jean-Paul B. nous a invités à déguster les alcools très frais - mais non glacés - dans un verre préalablement refroidi. Il faut se souvenir que l’Europe de l’ouest connaissait alors un premier épisode de fortes températures.

Jean-Paul nous a également demandé de faire deux dégustations par échantillon. En dépit de la faible contenance des vinottes (2cl), ce fût largement suffisant et la quasi-totalité d’entre nous a pu faire les deux passages préconisés ; certains comme Jean-Luc Javaux et moi ayant même poussé jusqu’à 3 dégustations.
Par contre, chacun s’est organisé comme il l’a voulu pour déguster. Les uns suivant l’ordre alphanumérique des fioles, les autres dégustant de manière aléatoire.

La dégustation des alcools s’est déroulée sur un peu plus de trois semaines.

Jean-Luc partage avec nous sa petite appréhension primitive et son protocole dé dégustation :
" Tout d'abord, j'étais content de participer à cette grande et belle aventure et remercie encore Jean-Paul pour m'avoir sélectionné dans cette brillante équipe internationale.
J'aime bien boire de temps en temps une eau de vie, une grappa ou un vieil armagnac, mais quant à être à la hauteur pour déguster 16 eaux de vie et en faire les CR, c'était une nouvelle et intéressante épreuve. La légère crainte vite passée, et les échantillons arrivés, il restait à fixer un protocole : j'ai d'abord dégusté dans l'ordre établi par l'organisateur les poires puis deux jours après les framboises.
Ensuite, j'ai demandé à mon épouse de me mettre d'autres numéros et de prévoir un ordre aléatoire de dégustation et j'ai regoûté (sur des jours différents !) deux fois le tout.
Si pour les poires j'avais des cotations différentes de 2 points pour 2 échantillons, et que je n'avais identifié que 7/9 par rapport à la première dégustation, pour les framboises, j'ai retrouvé les 7 sans hésitation et les cotes "collaient".
Les difficultés principales ont résidé dans les températures de service compliquées à harmoniser, la Belgique étant devenue pays caniculaire dès le printemps "...


Les verres :
Sujet amplement commenté sur LPV, la qualité des verres se devait d’être au niveau des alcools présentés.
De l’avis général, aucun dégustateur n’a été mis en échec à cause de son verre. Certains ont utilisé des verres à vins (Spiegelau Expert) ; d’autres des verres spécifiques.
A sa grande satisfaction, Jérôme PEREZ a recyclé le Riedel Riesling « nul pour le riesling, mais très bien pour les eaux de vie » en Riedel Poire et framboise, avec un résultat épatant.

A titre personnel, je n’avais que des verres type « cognac ». Quelques dégustateurs me les ayant déconseillés, j’ai tenté une première dégustation dans un verre INAO qui s’est soldée par un cuisant échec. C’est finalement Benoît, cher ami d’Evreux, qui m’a sorti de l’ornière en me prêtant un Chef et Sommelier spécifiquement destinés aux alcools. Ce verre a très bien fonctionné.

Voici quelques-uns des verres utilisés :

De haut en bas et de droite à gauche :
le verre de Christophe ISCARD, le Riedel Riesling de Jérôme PEREZ, le Spiegelau Alcool de Marc C, le Spiegelau Whisky Sniffer d'Oliv, les verres d'Eric GALINSKY et les verres à eau de vie de Jean-Luc JAVAUX.

Passons désormais au vif du sujet. Chacun ayant rédigé 16 comptes rendus, Jean-Paul et moi avons décidé de ne pas les reproduire in extenso afin de vous épargner une lecture trop fastidieuse. Choix a été fait de nous attarder sur les alcools les plus fédérateurs et les plus clivants. Vous allez découvrir que certains distillats ont été fédérateurs dans le mauvais alors que d’autres ont divisé le panel. Mais nous avons aussi gouté de beaux alcools qui ont emporté la plupart des suffrages.

Chargé de la délicate mission de rédiger ce compte-rendu (p**tain... j'en ai bavé) , je présente mes excuses à tous les contributeurs. Qu’ils sachent que ce fut un véritable crève-cœur de ne pouvoir reprendre l’intégralité de leurs commentaires dans ce très long compte-rendu. Nul doute qu’ils rebondiront avec énergie dans la discussion qui, nous l'espérons, s’amorcera.

Ami lecteur, pour paraphraser RONSARD, "cueillons, dès aujourd'hui, les fruits de l’eau de vie"...


La dégustation des poires :


Les poires dégustées.


Classement :
1ère : poire n°8 ROULOT. 114 €/litre.
2e : poire n° 1 LEHMANN. 110 €/litre.
3e : poire n°4 METTE. 88 €/litre.
4e : poire n°3 BRANA. 91 €/litre.
5e : poire n°7 CAZOTTES. 124 €/litre.
6e : poire n°9 ROCHELT 2011. 443 €/litre.
7e : poire n°6 MANGUIN.129 €/litre.
8e : poire n°5 FASSBIND. 73 €/litre.
Et, bonne dernière, 9e : poire n°2, Petit Grain. 165 €/litre.

Commençons tout d’abord avec les poires qui ont fait consensus… Contre elles.
Bonne dernière, la distillerie Petit Grain a collectionné les mauvais points. Fréquemment citée en dernière ou avant-dernière position, elle n’a convaincu pratiquement personne.
La poire élaborée par FASSBIND n’échappe à la dernière place que pour 13/100e de point.
Enfin, avec une note un peu meilleure, la poire de MANGUIN peine tout de même à séduire.

Les poires clivantes. Certains les ont aimées, d’autres non.
La poire ROCHELT 2011 résume à elle seule le débat. Placée en dernière ou avant dernière position par quatre dégustateurs, elle réussit tout de même le tour de force de se placer 3 fois sur le podium.
Le poire de CAZOTTE est classée cinq fois dernière, deux fois avant dernière, mais récolte également l’or et deux fois le bronze.
Enfin, dans le ventre mou du classement, pas loin du podium, la poire de BRANA enregistre une 8e place, une première place et pas mal de 4e et 5e places. Presque consensuelle, en fait.

Enfin, pour terminer sur une bonne note, les poires qui ont fait l’unanimité pour elles :
- Citée 13 fois au 1er rang et 3 fois au 2e rang, le distillat de Jean-Marc ROULOT reçoit un satisfecit général. Bravo à lui.
- Juste derrière, avec 9 citations au 1er rang, 6 citations au 2e rang et une citation au 3e rang, la poire élaborée par LEHMANN fait également l’unanimité pour elle.
- La poire n°4, METTE, complète le podium avec 5 citations à la première place et 11 citations à la deuxième place.

Dans le détail :

Poire n°1 : LEHMANN
Tous les commentaires… ICI

Etiquette de la poire LEHMANN.

Assurément, la poire préférée de Jean-Paul B. :
« Nez de poire avec un peu d'encaustique, belle complexité en bouche, puissance »… Cela lui vaut 15.

Il semble que le verdict de Starbuck résume assez bien le sentiment général :
« On a l'impression de croquer dans une poire bien mûre et juteuse. Très belle longueur en bouche, rétro magnifique et perception assez douce de l'alcool. On attaque vraiment très fort et ce sera finalement ma préférée. Je lui ai mis un 18 car c'est vraiment excellent ».

La notant 19/20, Gaëtan confirme :
"Nez très frais et belle aromatique. En Bouche l'alcool n'est pas agressif, un super fruit avec une longueur ++ et une finale extra. Très bien".

Globalement, la majeure partie du panel l’apprécie également. Son de cloche différent chez Eric GALINSKY qui estime un « manque de netteté au nez, fruit blette, bouche grasse manque de subtilité, avec un côté farineux et un peu granuleux ». Il lui accorde un 11. Marc C accorde un 10 – plus mauvaise note - à cet alcool : « nez : sensation d'alcool avec un fond de poire. Pas très avenant au final du fait de l'impression d'alcool. Bouche : fruit présent avec de la rondeur, plutôt agréable. Finale : forte chauffe qui fait tousser. Belle longueur sur le fruit à l'alcool. Bilan : mitigé malgré le fruit, trop chaleureux pour moi ».

Poire n°2 : Petit grain
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Etiquette de la poire de la distillerie du Petit Grain.

La poire la moins aimée de P’titphilou qui ne lui accorde qu’un 10/20 : « semble plus fluide que le P1. Nez plus réduit, évoquant légèrement la futaille, l'acétone et une poire moins fraîche, blette. L'alcool se fait ressentir, l'ensemble est moins équilibré, le fruit moins net. La finale est chaleureuse, m'évoque un calvados et la longueur est moyenne. Poire plus rustique que j'aime peu. A servir très frais probablement. Même ressenti en moins bien le lendemain : Finale assez désagréable, trop chaleureuse, voire brûlante sur la langue. Le nez n'est pas assez précis, sur de la poire blette, trop mûre. Je baisse sa note, car je n'aime pas cette poire ».

Verdict à peu-près similaires chez Marc C, ICNA, Eric GALINSKY, Luc JAVAUX et Jean-Luc JAVAUX. Cette poire souffre d’un alcool trop puissant et, pour Jérôme PEREZ, Jean-Luc et Marc C, d’un " goût de champignon ". " Vieille futaille " est aussi citée. Seul Olivier MOTTARD lui trouve des saveurs exotiques réhaussées par un parfum de violette.

Poire n°3 : BRANA
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Etiquette de la poire de la distillerie BRANA.

Luc JAVAUX distribue les bonnes notes ! Avec un très bon 16,5, il la décrit ainsi :
« Robe transparente, incolore. Nez fin, marqué par une poire élégante, une touche florale, un alcool discret, c'est très agréable. La bouche est riche et grasse, ample, puissante, tout en conservant un bel équilibre, fruitée, très longue. J'aime beaucoup ».
Pour Olivier MOTTARD, cet alcool présente un « nez très fin de poire rechaussé d’une note boisée / vanillée qui évoque le bourbon et aussi la cannelle. Bouche puissante mais équilibrée avec de la complexité et une belle finale au retour fruité et épicé ». Il lui accorde un 16, tout comme Oliv qui aime son « nez agréable, posé, poire, léger poivré, citron, léger alcool. Bouche souple, bien équilibrée, précise, goûts francs, frais, avec un côté pointu agréable. Buvabilité indéniable, jolie finale précise et sur des beaux gouts délicats ».

A contrario, Starbuck et Gaëtan ne lui attribuent qu’un modeste 11. De son côté, Johnny McPEAR juge son « nez encore discret mais plus prometteur. La bouche est étonnamment grasse, presque huileuse. La poire remonte sur la rétro, mais manque de franchise et de charme ». Il la sanctionne d’un 2,5/5 ; plus mauvais résultat sur cet échantillon.

Poire n°4 : METTE (prononcez Metté)
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L'étiquette de la poire élaborée par la distillerie METTE.

Une accumulation de bonnes notes, puisqu’elle dépasse 14/20 partout ; à l’exception d’ICNA et de Jean-Luc Luc JAVAUX. Pour Quentin, « il y a une sensation de rondeur, avec un peu d'alcool et un peu d'amertume, la finale est assez puissante ». Il ne lui accorde qu’un 10. De son côté, Jean-Luc note 12 car il estime son « nez un peu artificiel, sur une note « chimique » (peinture), suivie par un fruité léger et une pointe d'alcool. L'ouverture en bouche est délicate, puis cela éclate en milieu de bouche, finissant sur un fruit délicat accompagné de ces notes « chimiques ». Conclusion : une poire qui éclate de fruit en milieu de bouche mais l'aromatique accompagnant me perturbe ».

Le reste du panel cite « une bouche gourmande avec son fruité fin et une structure longiligne » (Olivier MOTTARD), une « belle longueur sur la poire fraîche avec un petit côté floral et une légère amertume finale salivante » (P’titPhilou), un « beau nez très expressif, fruit présent mais courte en bouche » (Jean-Michel ROUMIER).

En lui accordant un 15, Eric GALINSKY résume le sentiment quasi général : « très beau nez sur la poire fraîche et juteuse. En bouche bel équilibre sur de délicats arômes floraux avec un joli gras et un fruit net en bouche ».

Poire n°5 : FASSBIND
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L'étiquette de la poire - Helvète - FASSBIND.

« On attaque le bizarre » résume – grossièrement - cette dégustation puisque les avis ont été très contrastés. Sylvain, Gaëtan, Oliv, Marc C, ICNA, Johnny McPEAR, Eric ne sont convaincus ni par l’aromatique, ni par la bouche.
« Nez terne, pâte à papier, plastique, alcool. Bouche molle, linéaire, sensation de platitude et de manque de rebond, fraîcheur et précision. Finale terne qui n'exprime que de l'alcool » pour Oliv…
« Nez: pas net sur le carton mouillé, le melon avec la poire en fond, bouche sèche, peu expressive avec de la vanille. Finale : bof, avec de la chaleur en excès. Bilan : bof bof » pour Marc C.
Christophe ISCARD va même jusqu’à la juger comme un « alcool fade » et Starbuck estime que « l'alcool domine l'ensemble, c'est la moins bonne des 5 premières ».

Plus positif, Jérôme PEREZ souligne son « fruit en avant et épices (poivre blanc). Bouche de volume moyen, relayé par un milieu un peu chaleureux. Saveurs de fruit frais. Finale douce, sans chaleur excessive, polie. Saveurs épicées sur la longueur moyenne ». Il lui accorde 15 ; meilleure note du panel.
Jean-Michel ROUMIER n’accorde qu’un point de moins : « beau nez, expressif, en bouche la poire est minérale, peu expansive, courte … Alcool trop présent en fin de bouche et annihile le goût de la poire ». Elle récolte tout de même un 14.

Poire n°6 : MANGUIN
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L'étiquette de la très clivante poire MANGUIN.

Cet alcool réussit le tour de force de nous faire faire le grand écart ; certains n’y voyant qu’un tord-boyaux alors que d’autres la portent aux nues.
Pour Christophe ISCARD, cette poire est « quelconque ». Gaëtan trouve son « nez ultra expressif (Mais je n'arrive pas à identifier l'arôme !) En bouche, ça brule ! L'alcool déchire tout ! En fin de bouche peut être un peu de poire à moins que ce ne soient des résidus des 5 précédentes ? » se questionne-t-il avant de lui coller un 6/20.
Jean-Paul B. confirme : « nez alcooleux, peu de poire, amande, marzipan, bouche assez synthétique, longueur moyenne » et lui met 8/20, sa plus mauvaise note pour les 9 poires dégustées.

Un peu moins sévère, Starbuck accorde tout juste la moyenne :
« Des arômes qui sautent du verre à 50 cm de moi lorsque je sers Gaétan. Réglisses, épices, c'est différent des précédents. Derrière ce nez original et prometteur, on tombe sur un alcool assez violent qui me brûle la langue. C'est la cuvée "pirate des caraïbes" peut-être. Elle pourrait concurrencer des calvas et séduire des cracheurs de feu. Je mets un 10 pour la première impression au nez mais je ne sais pas où se trouve la poire dans la bouteille ».

Mais pour Olivier MOTTARD, le « nez est marqué par un léger grillé, des épices (vanille, cannelle), un côté beurré / lacté. C’est complexe et élégant. On retrouve les mêmes arômes qu’au nez avec une note fruitée. C’est superbement équilibré avec une longue finale fruitée et épicée. J’adore ! ». Et un excellent 18 pour MANGUIN !
Jérôme PEREZ est un poil moins dithyrambique : « nez assez discret mais complexe et élégant : du fruit, certes, mais une note plus florale et vanillée. Belle matière riche et belle présence en bouche. Une eau de vie très complète, sans creux avec une jolie précision jusque dans la finale très vive. Beaucoup d’intensité. Grande longueur. Très bien voire plus ». 17,5
Avec une note de 14, Marc C complète le trio de ceux qui l’ont bien notée.

Poire n°7 : CAZOTTES
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L'étiquette de la poire distillée par CAZOTTES. Coup de coeur ou coup d'blues... C'est selon !

La préférée d’Olivier MOTTARD, qui lui attribue 18,5/20 !
« Robe translucide. Nez de pomme granny-smith fraîche qui cède la place à la poire William. Bouche ample et élégante avec de belles notes de fruit pur. La finale est très longue, rehaussée par une note mêlée de poire et d’épice. Superbe » !
Il est suivi dans ce satisfecit par Jean-Michel ROUMIER et Jérôme PEREZ qui lui accordent un 16/20. Le premier aimant son « très beau nez, son bel équilibre entre fruit et alcool, assez douce, belle longueur » alors que le second souligne « [une robe] légèrement rosée. Fruit poire, fin presque floral un peu piquant. Belle attaque, présence en bouche imposante, sans heurt : la force tranquille. Aucune faiblesse : saveurs fines, aiguisées très grande longueur : persistance impressionnante sur un bel équilibre sans chaleur excessive ».

En face, on fait un peu la grimace…
Le bon Docteur JAVAUX n’attribue qu’un 12. De son point de vue, le distillat présente une « robe transparente, incolore. Nez très discret, ou de fines notes de poire ont bien du mal à se faire remarquer, associées à une pointe de colle. En bouche, l'alcool est dominant, mais ça reste acceptable. C'est sec et puissant, droit, mais une fois encore, manque cruellement de fruit. Pas convaincant, pas convaincu », résume-t-il.

Sa note est tout de même bien meilleure que la mienne. Jugez-en plutôt :
« Le pire échantillon de la dégustation ! Nez peu engageant, pas très net, offrant une désagréable senteur de serpillière humide. Un peu « plastique », solvant, colle néoprène, farine… Le fruit est très, très en retrait. Pas de poire ! Très décevante au nez.
En bouche, on se demande ce que l’on boit. Pas de poire. Impression de vieille futaille, d’un alcool « Maison », brutal. La fin de bouche, particulièrement courte, est totalement dissociée ; partagée entre le sucre et l’alcool. Une poire ratée. Si Eve avait proposé cette poire au paradis, nul doute qu’Adam n’y aurait pas goûté et que, par conséquent, nous ne serions pas là pour en parler »
. 5/20.

Jean-Paul B. est tout de même un peu plus nuancé : « Nez sur la poire blette, synthétique, bouche alcooleuse, bof »… Elle récolte entre 8 et 9.

Enfin, Il semble qu’on ait failli perdre Johnny McPEAR avec cet alcool :
« Moment difficile. Nez sur la colle, le vernis, la bouche est violente, uniquement sur l'alcool et le vernis ». Et PAF ! 1/5.

Poire n°8 : ROULOT
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L'étiquette de la poire distillée par l'acteur-vigneron. Ici, Roulot rime avec "bon boulot".

Une avalanche de bonnes notes ! A Meursault, on sait faire du vin et on distille tout aussi bien puisque la plus mauvaise note s’élève à 13/20 et, curieusement, c’est Jean-Paul B. qui la note le moins bien. Voici ce qu'il en dit :
« Nez de poire avec un grain perceptible, bouche équilibrée, longueur moyenne ».

De son côté, P’titphilou a beaucoup apprécié cet alcool qu’il note 17/20 : « Nez puissant, sur la poire rustique, légèrement confite, note légère de fumée. En bouche, très jolies notes de poires williams, fraîches. Belle longueur et milieu de bouche harmonieux, riche, avec une finale longue. J'aime beaucoup ».
Marc C confirme, avec un bon p'tit 15 : « Nez: belle intensité sur le fruit. C'est net et pur. Bouche : plutôt sèche avec un fruit blanc bien présent. Finale : finale crescendo avec une chauffe maîtrisée. Bilan : une belle poire » !

Pour Christophe ISCARD, cette « poire fine » mérite 16/20. Le modeste 14 accordé par Eric GALINSKY cacherait-il un coup de cœur ? Jugez-en vous-mêmes : « Le nez demande du temps pour s'exprimer dans le verre - Puis ensuite la poire ressort sur l'extraction avec beaucoup de présence. Bouche sur le cœur de la poire avec une impression de croquer dans la chair ».

Les « cousins » JAVAUX résument :
« On y revient avec plaisir » (Luc) et « une très bonne poire, très bien équilibrée et où l'alcool se fait très discret » (Jean-Luc).

Poire n°9 : ROCHELT
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L'étiquette de la poire millésimée de la distillerie ROCHELT.
Si le contenant est beau, le contenu, lui, fait débat.

Pour Marc C, elle ne vaut pas plus que 8. « Nez : alcool et alcool. Bouche très puissante, chaleureuse. Finale ardente et puissante. Bilan : je pleure un peu mieux en servant frappé »
Oliv confirme qu’il ne l’a pas appréciée et lui accorde également un 8 : « Nez brouillon, léger moisi, plastique, alcool. Bouche puissante, alcool dominant, goûts artificiels. Goutte moche, oxydative, sur le raisin sec ».
Eric GALINSKY accorde aussi un 8 : « nez sur un fruit pas net avec une impression d'oxydation une robe manquant de netteté, un poil jaunissant La bouche est brulante, avec une absence de fruit, une finale chargée en alcool ».

Comme rien n’est jamais définitivement ni tout blanc, ni tout noir, Olivier MOTTARD accorde un très beau 17,5 : « robe translucide. À l’instar de l'échantillon P3, des notes vanillée/ tourbée / fumée avec, en arrière-plan le fruité frais de poire qui apparaît. Bouche aux arômes complexes avec un corps puissant mais équilibré, très long avec une rétro-olfaction épicée et fruitée. Une eau-de-vie qui trouve son équilibre entre richesse et délicatesse. C’est très joli ».

Avec la note de 17, Jean-Michel ROUMIER évoque un « nez très expressif, sentiment d'alcool important, fruit très présent, très puissante, peu sucrée, grande minéralité » alors que Luc JAVAUX est charmé par sa « très belle longueur fruitée ». Jérôme PEREZ aimant, quant à lui, sa « belle présence en bouche, [sa] structure imposante et [sa] jolie finale sur la puissance avec une grande longueur ».

C’est ainsi que s’achève cette première salve de dégustation. « En conclusion je trouve que l'exercice fut très intéressant » estime Starbuck. Cela tombe bien, c'est l'avis général !


La dégustation des framboises :


Les framboises dégustées

Classement :
1ère : framboise n°2. METTE. 88 €/litre.
2e : famboise n°1. BRANA. 101 €/litre.
3e : framboise n°3. FASSBIND barrique. 52 €/Litre.
4e : framboise n°7. ROCHELT 2013. 900 €/litre.
5e : framboise n°6. ROULOT. 186 €/litre
6e : framboise n°5. FASSBIND. 73 €/litre.
7e : framboise n°4. LEHMANN. 110 €/litre.

La dégustation des framboises a accouché de résultats beaucoup plus nuancés. Certaines d’entre-elles ont clivé les dégustateurs.

Pour commencer sur une bonne note, les framboises qui ont fait l’unanimité pour elles :
Modeste triomphatrice de la dégustation, la framboise METTE n’est placée que 3 fois en première position. Elle reçoit parallèlement deux places de 7e et une 6e place. Elle ne distance la distillerie BRANA que de… 7/100e de point !

Sur la 2e marche, la distillerie BRANA recueille également 2 places de 7e et une place de 6e. Elle doit son bon classement à 3 premières places et 3 deuxièmes places.

Enfin, le podium est complété par la très curieuse et très clivante framboise FASSBIND "barrique". Une framboise qui cumule deux dernières places, deux avant-dernière places mais qui réussit le tour de force d’être placée en première position… 3 fois !

Les framboises qui ont fait consensus… Contre elles.
La framboise LEHMANN n’a pas été appréciée comme en témoigne l’addition de 5e, 6e et 7e places. Au final, 8 dégustateurs l’envoient dans les profondeurs du classement lorsque les autres lui accordent de nombreuses 3e et 4e place.

Les framboises clivantes. Certains les ont aimées, d’autres non.
La framboise ROCHELT est placée 4 fois en première position. Mais elle est lourdement plombée par deux 7e place et trois 6e place.
Les autres framboises, FASSBIND et, bizarrement, ROULOT n’emportent ni un rejet définitif, ni une adhésion pleine et entière. C’est d’ailleurs assez curieux pour ROULOT - cité une fois en queue de classement et deux fois en avant-dernière position - tant sa poire a fait l’unanimité.

Framboise n°1 : BRANA
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L'étiquette de la framboise de la distillerie BRANA.

Cette framboise est une des préférées de Jean-Paul B. :
« 1ère passe : 16. Deuxième passe : 17/14. Nez vraiment sur la framboise, un peu de cire, très gourmand. Bouche fondue, longue, jolie complexité. J'aime beaucoup ».

Jean-Michel ROUMIER est dithyrambique et lui accorde un 18/20 :
« Couleur claire, pale, superbe nez, très expressif, framboise puissante et fraîche, intensité très élevée, texture douce medium, peu complexe longueur, superbe » !

Quant à moi, je nage en plein bonheur :
« Framboise n°1, passe 1 :
Très beau nez. Fait penser à un vieux pinot de J-Y BIZOT. Note légèrement fumée. Arômes délicats, subtils, fins. C’est une framboise très agréable.
En bouche, bien qu’on perçoive l’alcool, ce distillat n’offre pas de sensation alcooleuse. On y trouve un aspect floral (rose) et citronné. C’est une framboise fine, complexe, très florale, poivrée. L’alcool est présent sur la finale. Belle rémanence sur la rose, la violette et le poivre. Presque gingembre. C’est une très belle framboise, très équilibrée, complexe, soyeuse, longue et franche. Top !
Framboise n°1, passe 2 :
Très joli nez. Framboise pure, délicate, subtile. Belle bouche équilibrée entre le fruit et l’alcool. Belle longueur sur le fruit. Très bien.
Framboise n°1, passe 3 :
Superbe nez sur le fruit sauvage. De la rose, du poivre. Très bien ! Belle bouche équilibrée, poivrée. De la rose et de la violette. Une framboise très florale et fruitée. Très bon équilibre fruit/sucre/ alcool. Très belle longueur. C’est une belle framboise. J’aime beaucoup ».
Note finale : 17/20

Mais derrière ces avis positifs, on trouve également des opinions moins favorables. Marc C, par exemple, la juge sévèrement : « Nez : framboise écrasée, céleri branche, pas très engageant. Bouche sèche/moelleuse. Finale ultra-puissante qui emporte tout. Bilan : dur dur ». Toujours mieux que Christophe ISCARD qui lui trouve un goût de « smecta ».

La conclusion revient à Luc JAVAUX :
« Robe transparente, incolore. Nez marqué par les petits fruits rouges acidulés, framboise presqu'entêtante, limite chimique, touche d'herbe fraîche, épices, alcool. En bouche, le style est sec, belle attaque fruitée, puis l'alcool prend légèrement le dessus mais ça reste tout à fait acceptable, Belle longueur sur le fruit et les épices ». Il lui accorde 14,5/20.

Framboise n°2 : METTE
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L'étiquette de la framboise METTE.

D’emblée, PtitPhilou est conquis :
« Nez plus chaleureux, plus expressif, sur la framboise mûre mais aussi le sureau, herbes fraîchement coupées (surtout ensuite verre vide). Attaque élégante, ensemble harmonieux au départ, mais finale un peu marquée par l'alcool. Belle longueur, sur la framboise bien mûre, sur la rose, fines épices telles que safran, légèrement pâtissier (charlotte à la framboise). Très plaisant et très parfumé sur la framboise bien mûre, longue rémanence au nez (verre vide) et en bouche. J'aime beaucoup. Le lendemain : toujours un joli nez fruité, milieu de bouche chaleureux, sans être brûlant. Jolie longueur, évoquant les agrumes en sus de la framboise, salivant. Très bon ». 17/20

Olivier MOTTARD lui accorde un très bon 15,5. Il semble qu'il ait apprécié sa "robe translucide. Nez prégnant de framboise et de violette. Avec l’aération apparaissent des notes de pain grillé.
Bouche nettement marquée par la framboise et la violette. Eau-de-vie d’une certaine richesse, avec un bel équilibre. Finale assez longue rehaussée de notes fruitées avec une note tonique de poivre "
.

Quant à Johnny McPEAR, il lui trouve un « beau nez, équilibré, mûr. La bouche a une belle aromatique, florale, avec des notes de violettes, c'est élégant, même si cela ne pète pas la framboise » et lui octroie 4/5.

Seuls ICNA et Eric GALINSKY sont plus mesurés. Pour Quentin, « le nez est un peu médicamenteux. Pas trop de fruits, un peu lourd mais pas chaleureux avec une longueur correcte ». Il la note 9/20. Eric lui accorde une petite moyenne de 10,5/20 ; lui trouvant un « nez assez discret, un manque de netteté bouche avec une sensation de sucrosité avec un côté bonbon anglais ».

Pour finir de l’achever, Jean-Paul B. résume :
« Nez sur les agrumes et la banane écrasée. Bouche lactée. Je n'aime pas du tout ». Le 8/20 l’enterre définitivement ; même si la 2e dégustation a laissé place au doute (entre 8 et 13/20).

Framboise n°3 : FASSBIND
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L'étiquette de la framboise FASSBIND.

Les Gunthards s’étripent !
Olivier estime son « nez plus riche, fruits rouges, citron. Bouche rondeur, attaque sucrée mais peu de développement aromatique. Sensations agréables, déroulé confortable et frais mais manque un peu de puissance de goûts. Finale franche et facile, sur une persistance fraîche » et lui accorde un beau 16.

Mais Eric n’est pas convaincu. Il lui reproche son « nez sur de l'alcool brut et peu de choses en dehors. Bouche : Inexpressive ; manquant de précision en dehors d'un côté brulant ». A loupé le rattrapage d’un rien. 8/20.

Framboise n°4 : LEHMANN
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L'étiquette de la framboise LEHMANN.

Encore une framboise qui réussit le tour de force de faire faire le grand écart aux dégustateurs.

Si l'on se fie à sa déclaration d'amour, Luc JAVAUX serait presque prêt à vendre l’Atomium pour s’en payer dix caisses :
« Robe transparente, incolore. Au nez, la framboise, bien que présente, se fait ici plus discrète, moins entêtante, ce qui n'est pas forcément pour me déplaire. L'alcool n'est pas pour autant dominateur, il semble bien fondu dans un ensemble où les épices ont su se faire une belle place. En bouche, c'est sec, l'équilibre me semble superbe, alcool et fruit se donnent la réplique sans qu'un vainqueur ne se dégage nettement, longue finale fruitée et épicée, qui ravit mon palais. J'aime » ! Et un p’tit 17/20 pour la d’moiselle.

A contrario, Jean-Luc JAVAUX ne lui accorde qu’un 10. « Nez très bizarre, sur le renfermé (je n'ose écrire serpillière, herbe coupée qui a traîné) et de l'alcool ; ce n'est pas net en tout cas. La bouche est ronde, riche, chaude, marquée par l'aromatique intrigante et une pointe d'alcool ; notes de framboise bien mûre, une fois qu'on a passé le premier stade ; mais vraiment difficile d'en faire abstraction...
Conclusion : bon, que dire, si ce n'est que je reste perplexe devant cet échantillon ; goûté, comme tous les autres sur trois jours différents et trois fois idem »
.

Marc C et Eric GALINSKY confirment. Pour Marc, qui n’accorde qu’un 8/20, cet alcool présente un « nez végétal avec toujours ces notes de sueur, fruit en arrière-plan. Bouche sèche. Finale correcte, chaude. Bilan : équilibre OK mais complètement bloqué par l'aromatique ». Quant à Eric, il estime le « nez déviant, avec une sensation de réduction. Bouche : Manquant elle aussi de netteté, vraiment pas agréable du tout ».

Jean-Paul B. n’est pas plus convaincu… « Nez assez synthétique, de la framboise, un peu d'encaustique, bouche confortable, assez grasse. Oui, bon, bof » résume-t-il avant de lui accorder une note comprise entre 13 et… 8.

Framboise n°5 : FASSBIND barrique... L’OVNI DE LA DEGUSTATION ! (Copyright Eric Galinsky)
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L'étiquette germano-francophone de la framboise distillée par FASSBIND.

Jean-Paul B. annonce la couleur tout de suite ! « Vous aimez les bonbons haribo et la fraise tagada ? Voilà une eau-de-vie régressive. Hors compétition ».

Effectivement… Cette framboise réellement atypique nous a décontenancés.
Jérôme PEREZ l’a a-do-rée : « robe dorée légèrement saumonée. Nez complexe : framboise, truffe, caramel léger. Bouche gourmande avec du sucre qui oscille entre liqueur et eau de vie. Bouche fruitée très précise et délicieuse, fruit, vanille, grande force vive et très grande longueur : j’aime beaucoup, c’est très bon et facile. 17, mais hors contexte ».

Quant à Johnny McPEAR, son opinion est diamétralement opposée :
« Nez caricatural de bavarois à la framboise, de sirop médicinal. Couleur boisée, goût très sucré, grossier, on est vraiment dans le sirop médicinal pour enfant » 1/5.

A ce moment, je ne peux résister à vous donner mon ressenti :
" Passe 1 :
Couleur dorée.
Nez explosif aux arômes prononcés de bonbon Kréma. Parfum « chimique » rappelant l’odeur de l’Augmentin (antibiotique). Très – TROP ! – démonstrative. Pas de réelle complexité.
Bouche trop sucrée, trop facile. Ce distillat est totalement dissocié entre, d’un côté, l’alcool et, de l’autre, un fruit « chimique » sirupeux rappelant le sirop de grenadine. J’ai l’impression de déguster de la grosse artillerie fabriquée maison un soir de cuite : 3/5e d’alcool, 1/5e d’eau et 1/5e de jus de grenadine. C’est une framboise qui n’en n’est pas une. Beaucoup trop de sucre. Cet alcool ne présente aucun intérêt. Je pense qu’il vient de l’étranger car il ne correspond pas aux canons des framboises françaises.
Framboise n°5, passe 2 :
Couleur dorée. Bonbon Kréma, presque chimique. Bouche affreusement sirupeuse. Attaque sur le sucre, puis l’alcool. Finale au goût de grenadine. Vanillée, limite écoeurante, elle s’apparente à un sirop médicinal.
Framboise n°5, passe 3 :
Couleur dorée. Nez lactique. Yaourt à la framboise, bonbon Kréma. Bouche affreusement sucrée, très grenadine, complètement dissociée. Impression de liqueur au parfum de yaourt à la framboise. Trop de sucre et peu de charme »
.
Note finale : 5/20

Les J(UM)AUX d’outre-quiévrain et Olivier MOTTARD lui trouvent un parfum de cuberdon ; petit bonbon fort prisé chez nos amis belges. Ils la notent sensiblement pareil ; entre 12 et 14.

Le mot de la fin pour Jean-Michel ROUMIER : « sirop sucré, couleur ambre, bonbon acidulé, exotique, alcool peu présent, framboise présente mais aucune minéralité, sentiment de chaleur, belle longueur ».

Framboise n°6 : ROULOT
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L'étiquette de la clivante framboise distillée par l'acteur-vigneron murisaltien.

Allez ! C’est reparti pour un match viril avec, à ma gauche, les défenseurs (Sylvain, Gaëtan, Olivier MOTTARD, Oliv, Eric GALINSKY, JMR, Luc JAVAUX) et, à ma droite, les détracteurs (Jean-Paul B., Vougeot, Jérôme PEREZ, Jean-Luc JAVAUX, Johnny McPEAR, ICNA, Marc C,…).

Marc C n’accorde qu’un 8/20 car cet alcool présente un " nez boisé, discret. Bouche moelleuse. Finale yaourtée avec une amertume trop marquée. Bilan : pas preneur ".

Pour Jérôme PEREZ, elle ne propose qu’un « nez mutique léger arôme de stéarine /paraffine puis un peu de fruit. Bouche assez violente et brûlante qui laisse un sentiment d’alcool et peu de fruit ». Il la sanctionne d’un médiocre 12 ; avis confirmé par Jean-Paul B. : « nez sur la framboise, mais un peu simple. Bouche équilibrée, mais assez peu expressive ». Pluie de 9/20 en guise de récompense.

Mais il serait faux d’écrire que cette framboise n’a pas rencontré son public. Tenez ! Prenez Luc JAVAUX, par exemple… « Robe transparente, incolore. Très beau nez à la framboise fine et discrète, qui semble soulignée par un boisé élégant, épicé, très flatteur. En bouche, c'est sec, gras, puissant, chaud, épicé, mais ça reste (très) bien équilibré et d'une très belle longueur. Bon, le style fait un peu fille facile, mais de temps en temps, une fille facile, ça repose l'homme fatigué ». Et ça vaut 15/20.

Il faut croire que les Belges ont craqué puisqu’Olivier MOTTARD écrit : « robe translucide. Nez d’une extrême finesse. Bouche riche et puissante mais demeurant parfaitement équilibrée. La finale est très longue et finement relevée par une note de framboise. C’est superbe » ! 18/20, Mention Très bien.

Mais la palme revient à Starbuck. Alors là, CHAPEAU ! Lisez bien jusqu’à la fin :
« On retrouve un nez de framboise assez net. Une bouche traçante, tout en longueur. Finale en queue de paon avec une rétro magnifique. Une eau-de-vie zéro défaut, tout en pureté avec un équilibre parfait. 18/20. Une framboise produite à proximité des Perrières de Meursault » ?
Mouaaaais… J’suis sûr qu’il a vu un fragment d’étiquette sur sa vinotte, celui-là. :D

Framboise n°7 : ROCHELT
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L'étiquette de la framboise millésime 2013 de la distillerie ROCHELT.

BIM ! BAM ! PIF ! PAF ! OUCH ! AÏE !

Starbuck balance et ça fait mal !
« Nez plus alcooleux mais de beaux arômes de framboise. Première eau-de-vie qui brûle la langue. C'est artisanal ou ça vient des pays de l'Est. Moins agréable, un peu trop forte pour moi. J'imagine qu'Oliv a une coupe à la brosse après l'avoir goûtée :-) Dommage parce que l'on imagine qu'il y a de beaux fruits bien mûrs dedans. 12/20 pour les arômes mais… Non merci, ne m'en resservez pas ».
Ndlr : c’est peut-être celle-là que buvait, au petit déjeuner, la fameuse Polonaise…

De son côté, Jean-Michel ROUMIER la porte au pinacle et la récompense d’un 18/20 : « beau nez, claire, très complexe, framboise, cannelle, orange sanguine, sentiment de fraicheur en bouche, verveine, belle longueur ».

Ce qui n’est pas du tout l’avis de Johnny McPEAR :
« Le nez est absent, il faut vraiment chercher la framboise pour qu'elle arrive. Bouche sur l'alcool, le bonbon chimique, et surtout une note marquée de savon qui s'impose. Pas bon ». Tiens ! Prends ça dans les dents : 1.5/5

Mais, même si cela part mal, Oliv est finalement convaincu :
« Nez synthétique, sur le plastique, aucun charme. Bouche totalement à part, qui me rappelle la myrte, sur la citronnelle, un côté orientale cire, encens et très terpénique, sur le zeste de mandarine qu'on pince, le citron vert, la terre fraîche. Grand puissance alcooleuse, avec un côté pointu agrumes qui dépasse son côté brutal pour gagner en allonge et en finesse sur la finale en rétro. Très beaux goûts persistants, résineux et citronnées, en pleine phase avec la goutte. Curieuses sensations contradictoires entre nez et attaque brutes et finale délicates et élégantes sur la rétro ». Un joli 15,5/20 vient couronner cet alcool.

Marc C, quant à lui, perd tous ses repères en accordant primitivement un 6, puis un 10 :
" Nez : terrible repoussant. Mieux à la 2e dégustation avec de la framboise fraîche mais avec un végétal très fort. Bouche affreuse avec une aromatique de pneu brulé. Beaucoup mieux à la 2e passe. Finale : une puissance démentielle au-delà de mon seuil. Plus sage à la 2e repasse servie frappée avec des notes florales mais ça reste très, très chaud. Bilan : Pas possible la première fois OK à la 2e ".

Et s’il ne devait en rester qu’un ce serait Jérôme PEREZ qui, visiblement, a particulièrement apprécié cet alcool :
" Un poil de rose sur la robe : nez complexe de ronce, pêche, abricot. Bouche d’une force impressionnante, "enrobante", captivante, énorme de présence sur des saveurs complexes. Très grande longueur : excellente dans un style un peu déroutant au niveau aromatique ". 18
Bilan :

Quelques participants ont bien voulu partager leur ressenti. Commençons d'abord par le vécu de Christophe ISCARD, ami de Jean-Paul et, comme pas mal d'entre-nous d'ailleurs, néophyte dans ce type d'exercice :
" Une nouvelle proposition originale de mon ami Jean-Paul : participer à une dégustation à l’aveugle et à distance d’une quinzaine d’eaux de vie de framboise et de poire.
Le domaine m’est à peu près inconnu - en matière d’eaux-de-vie j’ai surtout le souvenir de l’impressionnante capacité d’absorption de mes oncles à la fin des repas de famille. Ils étaient manifestement d’une génération où les éthylotests n’avaient pas cours. Mais pas d’hésitation, avec JP, on n’a que des bonnes surprises !
Un petit coup de pression en lisant les échanges entre les membres du panel : l’âge aidant je finis par avoir bu toutes sortes de trucs, mais clairement je suis le néophyte du lot, et d’assez loin ! Pas grave, on fera au feeling...
L’organisation et la logistique m’impressionnent : vinottes numérotées, livraison par coursier, conseils sur les verres et les conditions de dégustation... J’opte pour le Spiegelau Authentis (fin, élégant et très agréable en main) et décide de ne pas cracher - je sens bien que de là-haut mes oncles comptent sur moi...
La dégustation est finalement délocalisée dans les Vosges du Nord pour cause de déconfinement au vert après 10 semaines de télétravail enfermé au centre de Paris, et partagée avec ma belle-sœur qui nous héberge. Trois eaux-de-vie par soir en moyenne, au calme sur la terrasse.
On n’a pas les mêmes idées sur tout mais là, nos impressions et nos préférences sont quasi-systématiquement identiques.
Monsieur Gauss n’est jamais loin non plus : sur l’ensemble quelques eaux-de-vie peu plaisantes, beaucoup d’agréables mais sans plus et deux ou trois exceptionnelles dont j’ai hâte de connaître l’identité pour les inviter à la maison !
Au final, comme prévu une expérience originale et très agréable !
Note à moi-même : décider un jour de l’avenir de ce stock de machins bizarres qui décorent la cave de feu mon beau-père "
...

L'environnement de dégustation de Christophe ISCARD. Pas désagréable...

Ainsi, pour Eric GALINSKY, " cette dégustation fut vraiment différente de toutes celles auxquelles j'ai pu participer au travers d'LPV. Tout d'abord content, puis amusé et ensuite impressionné par le nombre d'échantillons à déguster !
Ce fut réellement un véritable plaisir que de faire cette expérience. Cela m'a rappelé d'anciens moments de dégustations ou seul devant son verre, nous sommes livrés à nous-même avec notre goût, nos souvenirs, notre empirique et surtout notre seul avis qui nous fera aimer tel ou tel verre ".


Olivier MOTTARD sort enchanté d'une dégustation qu'il jugeait, a priori, redoutable :
" Comment résumer cette dégustation très enrichissante à tous points de vue ? Compliqué !
J’ai appréhendé la dégustation des eaux-de-vie à l’instar d’une dégustation de vins. Je n’ai jamais goûté d’échantillons à l’aveugle. Quand je dégustais une eau-de-vie, je me concentrais principalement sur le goût.
Ici, il a fallu ajouter l’aspect aromatique que je craignais quelque peu.
Au final, j’ai eu l’heureuse surprise de constater qu’une eau-de-vie de poire ou de framboise ne proposent pas que leur fruit primaire, bien au contraire.
Et c’est probablement le principal enseignement que je tire de cette dégustation.
En conclusion, je retiens une série d’eaux-de-vie complexes, équilibrées, parfois singulières !
Et quelques pépites que j’acquerrais volontiers.
Grande et belle expérience en ce qui me concerne".


Jérôme est un brin nostalgique :
" On a tous eu droit à la gnole de pépé, lors d’une fin de repas dominical, au moment où plus que rassasié, on fait l’homme juste après le café : le pousse-café qui vous arrache la gueule pour la bonne cause, « ça fait digérer ».
Mais voilà, entre avaler cul sec et déguster, il y a un monde. Ce fut un exercice pédagogique pour le dégustateur de vin que je suis des plus intéressants en ce sens qu’il m’a poussé à savoir ce que je ressentais vraiment, dépouillé de toute connaissance et d’a priori. Je n’imaginais pas toute la beauté et la complexité de certaines eaux de vie "
.

Et le mot de la fin pour Starbuck :
" On ne finit pas dans la brume, c'est bon signe. Encore merci pour m'avoir permis de vivre cette expérience. A bientôt sur le forum ".
Les Framboises





Les Poires




Ultime témoignage d'une organisation exceptionnelle...

Vincent, amateur de melon et de curé nantais
#1
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Vougeot a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

OUF ! ::fz::

Vincent, amateur de melon et de curé nantais
#2
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oliv a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Entre le JP pour l'organisation et logistique, l'aréopage de dégustateurs digne des grandes heures du GJE et son sérieux à respecter un protocole aux petits oignons et le travail dantesque de rédaction porté par notre Vougeot, moi je dis : Ils sont fous, ces LPViens !!

GI - GAN - TESQUE !! :/:
#3

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Frisette a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Enorme boulot!!!:O! :O! :O!

Je vous félicite car je crois que je n'aurais jamais eu le courage de faire cet exercice !!!

Flo (Florian) LPV Forez
#4

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mgtusi a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Bravo !

A quand une dégustation sur les marcs et fines, les alcools les plus proches du vin ?
I

Michel
#5
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Kiravi a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Voilà un travail de grand(s) malade(s), au sens le plus noble du terme. ::zinzin:: ::zinzin::
Si une des fioles n'est pas vide, tu peux la finir Vincent. Tu as bien droit à un petit remontant...(tu)

Marc, assez vieux débutant
#6

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bulgalsa a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Bravo pour cet énorme sacrifice (hmmm...) de dégustation et le non moins grand travail de compilation!

Le très bon classement de Mette ne m'étonne pas, je n'ai presque que ses eaux-de-vie chez moi avec en avant-garde la Vieille Prune de la Collection FASS (eau-de-vie vieillie uniquement en barrique), une tuerie, et j'apprécie grandement ses autres eaux-de-vie.

Voir à cet égard le site Internet qui vaut le détour avec les 86 eaux-de-vie et 23 liqueurs proposées dans la boutique.

distillerie-mette.com

(J'ai vu qu'Oliv a ouvert une rubrique quant à cette distillerie il y a quelques jours).

Luc
#7

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PtitPhilou a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Bravo Vincent ! Merci pour ce compte-rendu.
Et évidemment un énorme big up, des remerciements pour toujours à Jean-Paul pour l'organisation impeccable de cette dégustation passionnante.

Autant je suis désormais familier de la dégustation de whiskies et de rhums, notamment de cask strength ou full proof qui dépassent parfois les 60°, autant cette dégustation de poires et framboises m'a ramené au temps des parents, qui possédaient quelques flacons ouverts uniquement en famille ou à certains amis invités à la maison.
Et la poire (me concernant ce fut plutôt la mirabelle), c'est plutôt sous forme de "canard", un sucre trempé/mouillé d'eau de vie et dégusté doucement en fin de repas, lorsqu'on prenait le temps de se rassembler en famille (nombreuse) avec la mémé, oncles-tantes et cousin-e-s et de partager de longs repas interminables. Le canard, c'était l'aboutissement et le plaisir absolu pour digérer ce qui avait précédé.

Alors déguster doctement ces échantillons, c'est pas seulement faire œuvre pour la science, mais ça fait ressortir aussi tous ces beaux souvenirs et donne envie de réunir à nouveau ceux qu'on aime et de profiter de la vie.
Merci Jean-Paul, merci à tous les participants.

Juste une précision concernant les verres de dégustation. J'ai utilisé un peu un de mes Spiegelau Spiritueux, que j'aime beaucoup, mais le Zalto eau de vie est superbe et j'avoue que je vais désormais avoir du mal à m'en passer.

Metté est une maison dont j'ai apprécié les deux eaux de vie, nul doute que j'achèterai quelques bouteilles variées à la suite de cette superbe découverte. Pour les Rochelt, je ne pense pas franchir le pas au regard des prix comment dire... très hauts placés. Et pour Roulot, très joli travail, j'espère pouvoir en avoir à prix raisonnable (aucune idée sur leurs prix ni leur accessibilité).

Merci à tous et bravo !
#8
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Jean-Paul B., Moriendi

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Jérôme Pérez a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Faut quand même admettre c'est ce qu'on appelle une boisson d'homme ...



j'adore ce passage et cette réplique de Lino Ventura et pourtant ce qui m'a frappé dans cette dégustation, c'est le côté très gourmand, enrobé, des meilleures eaux de vie : c'est en tout cas comme cela que je les ai appréciées.

Je dois bien avouer que j'ai regretté la fin de cette exercice : on s'habitue vite! Exercice très pédagogique, au delà des eaux de vie elles-mêmes, c'est une belle introspection sur ce qu'est exactement la dégustation ; sans doute par le côté déstabilisant d'un univers moins coutumier, on est obligé de davantage se concentrer sur ce que l'on ressent. Une exceptionnelle expérience.

Jérôme Pérez
#9

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bibi64 a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Chapeau messieurs!
Pour récupérer un foie convenable, vous me ferez une cure de Badoit tout le mois de juillet :miam:
#10
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oliv a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Je dois bien avouer que j'ai regretté la fin de cette exercice : on s'habitue vite! Exercice très pédagogique, au delà des eaux de vie elles-mêmes, c'est une belle introspection sur ce qu'est exactement la dégustation ; sans doute par le côté déstabilisant d'un univers moins coutumier, on est obligé de davantage se concentrer sur ce que l'on ressent. Une exceptionnelle expérience.


Je partage chacun des mots de Jérôme.
La liberté offerte par cette dégustation est un superbe moment d'introspection, qui plus est face à des eaux de vie, boissons pour lesquelles je n'avais aucune codification a priori, pas de grille de lecture, aucun passé etc... comme c'est le cas pour le vin.

Seul face à son verre et à son stylo.
Deux jours pour opérer. Goûter, écrire.
Regouter le lendemain, ré écrire. Et croiser ses notes avec une certaine angoisse...
Et constater avoir employé sur les framboises quasi les mêmes mots, un peu plus de variation sur les poires.

Autre point que j'attendais avec inquiétude : même si mon palais semble moins fillette face aux eaux de feu en général qu'aux vins solaires en particulier, comment allait réagir ma capacité de jugement à l'enchainement des verres ?
Et bien pour peu qu'on s'astreigne à un peu de discipline et donc au crachoir systématique accompagné d'un petit verre d'eau pour se refaire le bec, aucun souci de chauffe ni de tangage en vue !

Dernière point que je n'oublierai pas : l'importance du verre vide pour révéler des qualités aromatiques parfois exceptionnelles, jusqu'au lendemain matin quand j'avais oublié mon verre dans le salon et qui embaumait totalement la pièce d'un fruit absolument pas perçu aussi précis lors de la dégustation .
Mais chmire, c'est quand même pas simple une boisson dont le génie s'exprime plus quand on a le verre vide et le ventre plein... ::oups::
#11
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Delphinette a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Pas de poire d'Olivet emprisonnée oo, oo, oo,
#12

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leteckel a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Superbe !
Quelle organisation de folie JP, je ne m'en rendais pas compte quand tu m'en as parlé :O!
J'y connais rien en eaux-de-vie, mais les incroyables différences de perception (poire ET framboise) sur la ROCHELT sont interpellantes.

Arnould.
#13

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Yves Zermatten a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Magnifico !

Belle idée de déguster des schnaps :) où allez-vous vous arrêter ?

merci aux organisateurs et aux participants, merci pour le compte-rendu :)

Une dégustation qui va assurément entrer dans les annales de LPV !

Yves Zermatten
#14

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Jo14 a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Un mot me vient à l'esprit à l'heure ou je lis ces lignes : INCROYABLE !!!
Quelle démarche et quel boulot. J'hésitais à craquer sur la liqueur d'abricot de Roulot. Me voilà à acheter en plus la poire...
Merci les gars :woohoo:
Ce sujet résume à merveille la richesse de LPV.

Jo14
#15
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Gildas a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Fantastique ! Bravo pour l'organisation et la rédaction du CR. Vous pouvez partir en vacances :)

Gildas
LPV Normandie
#16

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f.aubin a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Vincent,
Bravo pour cette organisation ...et aussi pour le CR, superbe travail !!!
à l'occasion, je serais intéressé de participer à une prochaine opération de ce style...
reste les cognacs, armagnac, calva,...la liste est longue !
encore une fois : BRA-VO oo, oo, oo,

LPVment,
Franck
#17

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Nicoco a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Préparation, travail, organisation et dégustation titanesque ! Bravo ! Et toujours un plaisir à lire et relire les compte-rendus de Vougeot :)
Nicolas
#18

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Med a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Dernière point que je n'oublierai pas : l'importance du verre vide pour révéler des qualités aromatiques parfois exceptionnelles, jusqu'au lendemain matin quand j'avais oublié mon verre dans le salon et qui embaumait totalement la pièce d'un fruit absolument pas perçu aussi précis lors de la dégustation .
Mais chmire, c'est quand même pas simple une boisson dont le génie s'exprime plus quand on a le verre vide et le ventre plein...


Tellement vrai ! Je me fais toujours cette réflexion quand je renifle le lendemain les fonds de verre secs et collés d'armagnac ou de cognac, tellement plus complexes et doux par rapport à la veille.

Un peu étonné de lire ces mauvais commentaires au sujet de la Poire du Petit Grain, les rares fois où je l'ai croisée sa pureté aromatique m'avait subjugué.
A vous lire on dirait que la bouteille est éventée alors que la mise date seulement de novembre 2019 :huh:

Merci Vincent pour ce récit !

Médéric
#19

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starbuck a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Je remercie une nouvelle fois Jean-Paul pour m'avoir permis de participer à cette dégustation.
Dans ma famille nous avions surtout de la mirabelle.
Jusqu'à 80l /an à la grande époque de mes grands_parents et grande tante.
Mon père né en 29 avait déjà un verger à son nom en 1950 ( dernière année pour la défiscalisation il me semble) .
Nous avions donc le droit à 20l/ personne et comme nous avions 4 "noms", ça fait bien 80l

J'avoue qu'étant gamin, je voyais surtout ça comme une corvée.
Je préférais grimper dans les mirabelliers avec mes copains pour les manger sur l'arbre plutôt que de les ramasser archi-mûres lorsque mon père avait Hhaulé* les arbres.
* Du verbe Hhauler en patois lorrain tendance Moselle française.

Une année nous avions tellement de quetsches, que j'ai voulu faire en faire un tonneau
Mon père a également fait des coings lorsqu'il était en retraite.
Pour la poire, nous en avions fait une année avec des fruits de bords de champs mais ce breuvage a failli priver le forum de Mgtusi qui s'était brulé la gorge avec :unsure:

Lorsque nous avons dégusté la première poire, je me suis dis, wouhhha je comprends la différence entre les pros et mes pauvres aïeux qui chaptalisaient parfois comme des vignerons bourguignons dans les années 70 !
Mais finalement par la suite je me suis dis que des eaux-de-vie artisanales bien faites n'avaient pas à avoir de complexes face à des bouteilles issues de marques.

Pour la P6, j'ai parlé de pirate des caraïbes car j'étais persuadé que ce n'était pas une poire.
Je me suis dis que Jean-Paul nous avait joué un petit tour en plaçant un pirate.
Je perçois plus d'arômes de poire dans un chardonnay de Puligny que dans cette Poire.

Concernant la framboise Roulot que j'ai reconnu sans en avoir jamais bue, le raisonnement est assez simple.
J'étais persuadé qu'il y avait une Framboise Roulot dans les 7 et il y en a une qui avait les caractéristiques que l'on retrouve dans ses vins.
Longueur, pureté, tension. Une eau-de-vie tendue au laser.
C'est pour ça que je me suis un peu mouillé en parlant de Meursault Perrières.
Je dois dire qu'avec Gaétan, c'est ce qui nous a le plus marqué dans cette dégustation.
Comment un vigneron parvient à marquer de son empreinte à la fois des vins mais également des alcools de fruits !
Pour le coup ça ne fait pas mes affaires parce que j'ai des goûts qui ne sont pas les plus faciles à honorer financièrement.

Globalement je trouve qu'il y avait un niveau supérieur en Framboise avec peu d'échantillons difficiles.
Pour la poire, c'était parfois rude mais vraiment intéressant parce que maintenant j'ai au moins 2 marques que je pourrai acheter si besoin.

La prochaine fois que je croise Jean-Marc Roulot, je lui demande s'il ne veut pas faire du coing parce que ça pourrait donner un sacré résultat de nouveau.

Dernière chose, il n'y avait pas de millésimes.
Je suppose donc qu'ils réalisent tous des assemblages.

Edit: J'ai failli oublier de remercier Vincent pour son travail de restitution. Je sais qu'il doit y avoir des heures de boulot derrière ce CR. (tu)

Sylvain
#20
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bulgalsa a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

J'avoue qu'étant gamin, je voyais surtout ça comme une corvée.
Je préférais grimper dans les mirabelliers avec mes copains pour les manger sur l'arbre plutôt que de les ramasser archi-mûres lorsque mon père avait Hhaulé* les arbres.


Tout pareil avec mon oncle qui secouait les branches avec un grand crochet, et nous ramassions les mirabelles et quetsches sur les bâches étendues préalablement sous les arbres, avec tri obligatoire pour enlever ceux des fruits qui étaient déjà pourris, les genoux bien sales après avoir écrasé les fruits qu’on n’avait pas vus. Puis la distillation au fond de la grange à l’abri des regards… Mais tout cela est terminé.
J'ai encore un flacon de ce schnaps que mon oncle avait distillé et qui a donc au minimum 20 ans d'âge maintenant.
Merci Sylvain pour cette brève remontée dans un temps lointain et désolé pour la digression.

Luc
#21
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jean-luc javaux a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Un peu étonné de lire ces mauvais commentaires au sujet de la Poire du Petit Grain, les rares fois où je l'ai croisée sa pureté aromatique m'avait subjugué.

Ce qui était indiscutable (pour moi...) sur cette poire, c'était le nez de champignon frais, ce qui a été, heureusement :whistle: , confirmé par d'autres dégustateurs.
Tout comme le savon parfumé sur la framboise de Rochelt (900€ le litre...).

Un tout grand merci à Jean-Paul pour avoir pensé et organisé un tel événement et aux brillants rédacteurs pour le magnifique rapport.

jlj
#22
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Jérôme Pérez a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Pour Rochelt, c'est de la Framboise sauvage des Carpates. Pour en avoir mangé de temps en temps, je peux attester que les arômes sont différents des framboises que nous connaissons dans nos jardins.
C'était pour moi, la plus complexe et d'ailleurs celle que j'ai préférée.

Jérôme Pérez
#23

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Jérôme Pérez a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Un mot sur la framboise FASSBIND barrique : je ne l'ai pas jugée comme les autres à cause de cet aspect liqueur. Mais j'ai vraiment adoré cette gourmandise.
Nous étions prévenus qu'il fallait la juger "à part".

Jérôme Pérez
#24

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Olivier Mottard a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Tout d’abord, je tiens à m’associer aux chaleureux remerciements adressés à Jean-Paul.
Merci de m’avoir proposé de participer à cet événement assez singulier mais ô combien enrichissant.
Merci pour toute l’organisation de la logistique et la parfaite prise en charge de l’élaboration des échantillons.
Merci aussi pour ce coup de fil autant inattendu qu’enrichissant !
C’est plutôt agréable de mettre une voix sur les nombreux écrits lus sur LPV. ;)
Enfin, comment ne pas remercier de tout cœur nos chers rédacteurs car je sais le temps et les contraintes de la rédaction d’un tel compte-rendu !
Des bises à vous ! :kiss:
Sinon, qu’ajouter à tous les commentaires déjà postés et au compte-rendu lui-même ?
Pas grand chose mais au risque de me répéter, déguster autant d’échantillons d’eaux-de-vie peut paraître effrayant (je n’en menais pas large à la vue des 16 échantillons !) mais en respectant quelques règles (température de dégustation et verre adéquat), on se prend rapidement au jeu.
La dégustation se rapproche finalement d’une dégustation de vins et la diversité aromatique et structurelle des eaux-de-vie devient passionnante et éducative !

J’ai bien noté les adresses de quelques productions que je n’avais jamais dégustées auparavant, ça peut toujours être utile. :)

Un grand merci à tous pour cette expérience passionnante.

Olivier
#25
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mgtusi a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

bulgalsa écrit: Bravo pour cet énorme sacrifice (hmmm...) de dégustation et le non moins grand travail de compilation!

Le très bon classement de Mette ne m'étonne pas, je n'ai presque que ses eaux-de-vie chez moi avec en avant-garde la Vieille Prune de la Collection FASS (eau-de-vie vieillie uniquement en barrique), une tuerie, et j'apprécie grandement ses autres eaux-de-vie.

Voir à cet égard le site Internet qui vaut le détour avec les 86 eaux-de-vie et 23 liqueurs proposées dans la boutique.

distillerie-mette.com

(J'ai vu qu'Oliv a ouvert une rubrique quant à cette distillerie il y a quelques jours).

Luc


Ca m'a tenté j'ai pris citron vert, quetsche et poire.

Michel
#26

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starbuck a répondu au sujet : La Grande Dégustation offerte par Jean-Paul B.

Une petite précision technique que Jean-Marc Roulot vient de m'indiquer:
La poire est fermentée alors que la framboise est macérée.

Sylvain
#27
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Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck