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CR: Horizontale Hermitages rouges 2001

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LBF38 a créé le sujet : CR: Horizontale Hermitages rouges 2001

« Le week-end de l’Hermitage »

Petite introduction adaptée de l’Atlas Mondial du Vin de H. Johnson & F. Robinson (5ème édition) : Il y a cent ans environ, les climats de cette colline imposante étaient cités avec le Château Lafite et la Romanée Conti parmi les meilleurs vins rouges du monde. Et si l’Hermitage est traditionnellement et peut être idéalement un mélange de plusieurs climats, leurs noms sont visibles sur un nombre croissant d’étiquettes. En général, les vins rouges les plus légers et les plus aromatiques, viennent de Beaumes, Les Diognières et L’Hermite. Les vins plus structurés et complexes viennent de Péléat et des Rocoules. Les Gréffieux, Le Méal et les deux Bessards ont tendance à donner des vins plus tanniques et vieillissant mieux.

Samedi 11 Février 2006 : CR: Horizontale Vins d’Hermitage rouges 2001 à l’aveugle

Les 24 flacons de 2001 rassemblés ont été divisés en deux groupes par Fabien Louis. Tous les vins ont été carafés et servis à l’aveugle. Nous avons pris tout notre temps pour laisser s’aérer les vins en consacrant environ dix minutes à chaque échantillon. Ceci fût judicieux tant certains échantillons ont mis du temps à s’exprimer dans les verres.
Par souci de lisibilité et pour pouvoir ouvrir les discussions dès la fin de matinée, l’identité des 12 premiers vins a été dévoilée avant la dégustation des 12 suivants.

Première série (le matin)

Saint Joseph, Faurie, 2001 : Robe rubis avec les bords du disque plus clairs. Le premier nez est poussiéreux, terreux et viandé. La bouche est un peu compacte mais présente une certaine fraîcheur, avec des notes d’herbes coupées. Moyen et même décevant mais l’aération lui fait du bien. Le cassis apparaît timidement mais toujours avec un côté végétal, légèrement asséchant. Un Saint Joseph de Tournon qui est loin d’égaler ce que l’on fait à Mauves.

1. Hermitage, Cave Gilles, 2001 : La robe est plus foncée que celle du Saint Joseph, limpide et brillante. Le nez est fumé avec un léger boisé vanillé. La bouche est compacte, sur le cacao amer, marquée par l’élevage mais le milieu de bouche sonne un peu creux et le vin semble fermé. L’élevage apporte un côté plus flatteur en comparaison avec le vin de Faurie et on retrouve un grain intéressant mais il manque réellement une dimension pour faire un bel Hermitage. Moyen.

2. Hermitage, Cave de Tain, 2001 : Robe équivalente au vin précédent. Le nez est plus engageant, avec du naturel même si l’élevage apparaît sous la forme d’un boisé frais. La matière est compacte, retenue avec un caractère fruité de cassis et sanguin. Le vin se goûte fermé, dans un style pas très puissant, avec une certaine finesse. Assez Bien.

On peut noter à ce stade une chose très curieuse que j’ignorais et qui nous a été dévoilée par Fabien. La Cave Gilles achète son vin directement à celle de Tain (vin élevé et bouché avec un bouchon de la cave coop., seule l’étiquette change) et les deux vins auraient du se goûter exactement de la même façon car ils possèdent le même numéro de lot. Etrangement, il y avait une différence que je ne m’explique pas, surtout au niveau de l’expression aromatique et de la perception du boisé.

3. Hermitage, Fayolle, 2001 : La robe est un peu plus foncée que pour les deux précédents. Le premier nez est viandé (lard), plutôt floral, sur la violette, avec un caractère fumé peu marqué. Le vin est serré et l’élevage apparaît peu en bouche, la matière présente de la mâche, avec un côté naturel, on perçoit des touches d’olives noires qui feraient plus penser à une Côte Rôtie qu’à un Hermitage. Le nez est beau, bien en place mais la bouche est un peu trop souple, avec une finale courte. Le vin sonne comme celui d’un vigneron qui a fait ce qu’il a pu avec une matière pas très concentrée. Assez Bien.

4. Hermitage, Gilles Bied, 2001 : Premier nez piquant, acétique, avec des odeurs de solvant et de fraises écrasées passées (pourries). On hésite vraiment à le mettre en bouche et on aurait mieux fait de s’en abstenir tout compte fait. Beurk pour un vin qui en l’état n’aurait jamais du passer l’agrément. Pourtant, il ne s’agit pas d’un problème de bouchon puisque celui-ci qui soit dit en passant est le seul des 24 en plastique ne présente pas de signe de coulure.

5. Hermitage, Domaine du Colombier, 2001 : La robe est la plus foncée depuis le début avec un beau rubis profond. Très myrtille et cassis, le nez pur et droit tranche littéralement avec l’échantillon précédent. Un vin naturel, avec un côté végétal, de rafle qui reste cependant bien intégré. Il présente un peu l’équilibre d’une Mondeuse, avec beaucoup de fraîcheur mais bien sûr une grosse matière comparativement. Le milieu de bouche est flatteur avec un vanillé qui n’apparaissait pas au nez. Le meilleur de la série pour le moment, un beau jus, pas énorme de concentration mais avec de la longueur et une belle patte de vinification. Bien.

6. Hermitage, Belle, 2001 : La robe est plus claire que celle du précédent mais plus soutenue que celle des premiers échantillons. Le nez complexe présente une définition très fruitée avec un nez intense de cassis mais sans le caractère légèrement végétal du précédent. La matière n’est pas riche mais l’élevage impeccablement réalisé. Le jus est minéral et présente une belle rétro fumée. Style de demi corps mais la bouche termine en s’élargissant avec un joli grain et de la finesse. Du plaisir à la dégustation avec ce vin flatteur qui manque un rien de puissance et qu’à nouveau, sans savoir, j’aurais placé en Côte Rôtie. Bien – Très Bien.

7. Hermitage, Texier, 2001 : La robe est foncée signant une matière un peu extraite et le nez m’embête un peu, avec de l’acidité volatile. On sent surtout des fruits à l’eau de vie (pruneau) et l’alcool est plutôt dissocié. La bouche est compacte mais verte, avec de l’amertume. L’acidité qui semble relativement élevée sur l’ensemble des échantillons de 2001 dégustés, trace un peu dans ce vin qui finit sec. J’en suis le premier désolé mais on n’a pas l’impression que ce jus vient d’un grand terroir, il n’y a pas de race et le vin sonne comme un mauvais Croze issu d’un terroir de caillou et de limon sans aucune noblesse. Très Moyen.

8. Hermitage, Sorrel, Le Gréal, 2001 : Robe foncée comme la précédente mais sans brillance (probablement un vin non filtré). Le nez est rustique, avec des notes animales, d’étable et de venaison. Nous allons attribuer cette palette à une très forte réduction mais j’ai bien peur qu’il puisse s’agir d’autre chose. La matière est concentrée, charnue, très riche, avec un beau grain. Il s’agit d’un des deux plus beaux jus de toute la matinée mais il sonne faux avec les notes désagréables évoquées plus haut. A l’aveugle, j’aurais dit Cornas dans un style très rustique. Ce vin évoque un producteur qui a tout pour réussir et doit réellement soigner sa vigne mais loupe son coup à cause d’un manque de précision pendant la vinification. Assez Bien seulement alors que, je le répète, la matière est superbe.

9. Hermitage, Vins de Vienne, Chirats Saint Christophe, 2001 : La robe présente un léger dépôt, mais est plus brillante que celle du vin goûté juste avant. Le premier nez est légèrement viandé mais j’attribue ce caractère à une contamination par le précédent. L’expression aromatique est pure avec du fruit, un boisé frais et un caractère friand. Il ressemble au deuxième échantillon mais avec un peu plus de matière. Le vin est malgré tout de demi corps mais avec une grande finesse. Il se goûte jeune et devrait tout de même bien évolué sur une dizaine d’année. Le vin sonne comme un achat de raisin qui n’est somme toute pas formidable mais dont le vinificateur a su tirer le meilleur. Un beau vin. Bien.

10. Hermitage, J.-L. Chave, 2001 : A nouveau un vin non filtré avec de fines particules en suspension dans le verre. Beau nez fruité mais pas très complexe, comme retenu ou en train de se refermer. Bonne attaque en bouche mais le milieu de bouche manque singulièrement de puissance avec une matière pas énorme. Le vin n’est pas bien en place et l’acidité trace un peu en final. Qualitativement, on redescend d’un cran par rapport au vins 5, 6 et 9. Moyen.

11. Hermitage, Guigal, Ex-Voto, 2001 : Belle robe foncée avec un turbidité intermédiaire (légèrement trouble). Beau nez, boisé, impression de puissance non dissimulée. Tout est basé sur le boisé, un boisé noble certes mais cet élevage 100% fûts neufs me dérange, on cherche le raisin originel sans le trouver. Si l’on va trop vite, on peut même passer à côté de la matière qui est impressionnante mais bien masquée. Le vin sonne vraiment comme une cuvée de prestige avec un pedigree non dissimulé et une longue finale sur le cacao et le fumé noble. L’éleveur est aller exactement là où il voulait mais je n’apprécie pas complètement ce résultat là. J’aurais mis excellent pour la matière mais pour l’ensemble, c’est seulement un Bien.

12. Hermitage, Desmeure, Cuvée Emilie, 2001 : Robe brillante, voire éclatante avec quelques particules en suspension. Nez de terre fraîche, très légèrement poussiéreux qui va s’atténuer avec l’aération pour complètement disparaître. Le fruit est intense et complété par un boisé vanillé bien intégré. La bouche est marqué par le végétal signe d’un égrappage non complet et la matière est riche, pas encore complètement en place mais très dense. C’est un vin qu’il faut aller chercher, qui ne se livre pas tout seul et se fera lentement au cours d’un longue garde. La trame n’est pas linéaire mais prend des détours et se complexifie en finissant sur un très joli grain. Très Bien et pour moi, le meilleur échantillon de la matinée.

Le bilan de la première série nous laisse sur une impression mitigée avec un niveau d’ensemble qui est loin d’être satisfaisant au niveau de prix de l’appellation. La plupart des vins de cette série manque de puissance, du moins par rapport à l’idée que je me fais d’un Hermitage et on se demande même si certains passerait réellement pour ce qu’ils sont si l’on avait dégusté sans connaître l’AOC.
Heureusement, quelques bouteilles tirent leur épingle du jeu dans cette série : Le Domaine Belle et dans une moindre mesure celui du Colombier avec deux vins de demi-corps, plutôt fins mais procurant du plaisir à la dégustation. Les Vins de Vienne s’en sortent bien également avec en plus pour cette cuvée un bon rapport Q/P. Deux vins me posent problème en particulier car on perçoit une matière grande voire superbe mais l’équilibre général est amoindrie par des notes dérangeantes (très forte réduction chez Sorrel et boisé bien trop marqué sur l’Ex-Voto de Guigal). Le 2001 de Chave est réellement passé au travers de cette dégustation avec un vin que je classerai dans la partie inférieure de cette série.
Finalement et à ma grande surprise, le vin qui sort premier de la matinée est la cuvée Emilie de Desmeure (Domaine des Remizières) à l’élevage plutôt intégré et à la belle matière. Je suis d’autant plus surpris que j’avais très mal goûté l’intégralité de la production 2003 du Domaine qui s’est lancé avec le millésime de canicule sur l’élevage 200% fûts neufs.
Pour conclure, Je ne placerai aucun de ces vins parmi les 6 bouteilles qui sont le mieux sorties tellement le niveau de la deuxième série de l’après midi était supérieur, avec des vins plus sérieux, parfois moins flatteur mais à mon sens très prometteurs.

Seconde Série (fin d’après midi)

Saint Joseph, Faurie, 2001 : Une température de service un peu moins froide a plutôt assagit les tanins et exalté le caractère fruité. Il se déguste mieux que ce matin.

13. Hermitage, Ferraton, Les Miaux, 2001 : La Robe est de profondeur intermédiaire, sans dépôt. Le nez fumé, terreux et viandé présente un beau naturel. La matière est légèrement poussiéreuse, lardée, avec une grosse matière et des tanins abondants même s’ils sont relativement souples. La finale est un peu chaude, sur le marc (avec l’alcool un peu dissocié) et elle finit légèrement asséchante. Un beau jus avec du potentiel mais une expression qui me déplaît par son manque de précision. Assez Bien.

14. Hermitage, Cave de Tain, Gambert de Loche, 2001 : Belle couleur brillante et soutenue. Premier nez fin mêlant le fruit de cassis à des arômes secondaires sans doute liés à un bel élevage sous bois parfaitement maîtrisé (truffe, cèdre). La matière est racée, compacte et puissante avec un beau fumé et un caractère minéral que j’aime tant retrouvé dans un vin rouge. Le grain est très fin et de façon antinomique on se retrouve face à un vin complètement tellurique et marqué par le granite. Le vin fait très « Cuvée Prestige » et à ce niveau de qualité, j’ai honnêtement pensé à une cuvée de chez Chapoutier issue des Greffieux ou des Bessards. Excellent.

15. Hermitage, Faurie, Méal, 2001 : La robe très brillante et légèrement moins soutenue que celle du vin précédent signe un vin filtré. Le nez est plus marqué par le caractère variétal de la syrah avec un fruité de cassis très pur, très suave. La matière est puissante mais un peu moins complète que sur le précédent. Pourtant, ce vin n’en est pas moins grand, il fait plus sudiste, moins retenu mais très naturel (élevage moins ambitieux) avec ses notes de poivre frais. Très charnu, il procure un plaisir non dissimulé et même s’il est l’antithèse de 14 qui semble plus typique de l’Hermitage, il me semble bien que celui ci est mon préféré. Le style Faurie présente ici une identification très personnelle. Excellent.

16. Hermitage, Jaboulet, La Chapelle, 2001 : Robe limpide et brillante, très légèrement moins colorée que 14. Nez de cassis et de myrtille, plutôt simple au début mais qui se complexifie rapidement à l’aération sur le fumé. La bouche est opulente, avec beaucoup de glycérol. Un petite pointe d’alcool mais un grain et une présence extraordinaire. L’élevage est peu perceptible et apparaît simplement à travers une touche torréfiée, grillée. Le parfait compromis entre les deux cuvées précédentes. A la fois travaillé et naturel. Excellent.

17. Hermitage, Yann Chave, 2001 : Robe profonde, très légèrement trouble. Le nez évoque un boisé très vanillé, un peu monolithique et reflète un vin techniquement très travaillé. La bouche est très correcte avec une bonne présence et des notes de fève de cacao mais elle ne présente pas le grain des meilleurs. Le tout manque un peu d’unité avec une bouche supérieure au nez mais le vin ne sonne pas comme une cuvée très haut de gamme malgré le boisé ambitieux. Assez Bien.

18. Hermitage, Chapoutier, Sizeranne, 2001 : Robe très sombre, un peu terne, avec du dépôt. Le nez très viandé, pas très net m’évoquerait plutôt un vin plus méridional (et pourquoi pas un assemblage avec du mourvèdre). Par contre, la pointe de réduction ne masque pas le caractère énorme de la matière : un jus plein, dense, avec un beau grain. La finale persiste sur les touches animales et j’avoue que je l’aurai bien mieux noté sans cela. Ces notes sont moins marquée que dans le vin 8 mais sont tout de même désagréables en l’état. En dessous de la superbe série 14-15-16. Assez Bien.

19. Hermitage, Delas, Marquise de la Tourette, 2001 : Robe sombre avec beaucoup d’extrait. Le nez est plutôt timide mais s’ouvre doucement sur le fruit et l’élevage. La matière avec son caractère épais a beaucoup de glycérol et une pointe d’alcool. Le vin manque tout de même un peu d’élégance en l’état et demande à s’affiner. La rétro offre des flaveurs plus vanillée mais le terroir ne transparaît pas réellement. On a comme l’impression qu’il s’agit d’un beau vin de négoce et que la patte du vinificateur s’impose plus que le raisin originel. Un beau résultat tout de même pour un vin à attendre. Assez Bien - Bien.

20. Hermitage, Ferraton, Méal, 2001 : Robe foncée et turbidité haute. Le nez est d’abord floral, sur la violette puis le cassis. La bouche est grasse, très florale également mais la concentration en glycérol et la souplesse des tanins ne s’harmonisent pas complètement. Un vin qui fait encore très travaillé, pas très naturel malgré un élevage plus discret que chez 11 et 12. Pas désagréable mais manque un peu de personnalité et de fond. Le vin sonne à nouveau comme issu d’un élevage précis mais avec une matière en deçà. Assez Bien.

21. Hermitage, Tardieu Laurent, 2001 : Robe sombre qui fait très jeune. Au nez, c’est la vanille et la violette qui s’imposent. Du glycérol mais plus intégré que dans le vin précédent. La matière est fumée, enveloppée, avec une grande vinosité et un élevage un peu marqué à ce stade mais qui devrait s’intégrer. La bouche est vive et structurée, un grand jus qui fait très vivant, en constante évolution. Ce vin est une réussite et il se place juste en dessous du podium. Ce vin détonne et trouve un équilibre différent des autres cuvées comme s’il venait étrangement d’un millésime un peu plus chaleureux que 2001. Très Bien.

22. Hermitage, Faurie, assemblage, 2001 : Robe un rien moins sombre mais avec de l’éclat. Nez très fruité de myrtille et complété par un côté chocolat. La bouche est puissante mais un peu sèche, plus rustique. Bref, un vin avec beaucoup de naturel mais une matière en retrait par rapport aux meilleurs. Il manque un tout petit quelque chose pour aboutir à un résultat complet. Le vin cherche encore son équilibre et semble présenter un peu plus d’alcool que de matière et le nez engageant est plus agréable que la bouche. Assez Bien - Bien.

23. Hermitage, Chapoutier, Pavillon, 2001 : Robe presque équivalente. Le premier nez est légèrement réduit, avec des arômes viandés de lard fumé. A l’aération, ce caractère s’estompe pour laisser place à des beaux fruits rouges, surtout cassis mais complexe. Le vin est flatteur au nez mais se désunit un peu en milieu de bouche pour mieux rebondir ensuite avec de la vivacité et une belle finale. Un vin qui cherche encore son équilibre mais avec une matière un peu fermée, difficile à comprendre, qui ne se livre pas. Il me semble un peu en dessous des trois-quatre meilleurs en l’état mais c’est tout de même un belle bouteille. Très Bien.

24. Hermitage, Delas, Bessards, 2001 : La robe présente une couleur un peu moins intense que 23 mais tout de même soutenue. Très floral, sur la violette et le lilas, pas très boisé ou plutôt un boisé intégré, discret. Après ce nez flatteur et accessible, la bouche se livre avec une bonne matière mais les tanins sont souples, agréables. Ce vin procure déjà beaucoup de plaisir et même si la matière n’est pas la plus énorme de la série, il se place tout près du podium. Très Bien.

Pour commencer, le niveau de cette seconde série était très supérieur qualitativement en comparaison avec les vins dégustés le matin. Il a été difficile de réellement départager certaines cuvées et plusieurs surprises nous ont fortement étonné lorsque l’identité des vins a été dévoilée.
Pour moi, les meilleurs ont été le Méal de Faurie (le meilleur vin pour moi), La Chapelle de Jaboulet et Gambert de Loche, suivis ensuite par les Bessards de Delas (bizarrement très accessible), Tardieu Laurent (très prometteur) et Le Pavillon de Chapoutier un rien derrière.
Si l’on se base sur l’ensemble de la dégustation (24 vins), le niveau est correct mais les vins restent à un niveau de prix relativement élevé (et d’ailleurs, ce ne sont pas forcément les meilleurs qui sortent le mieux. Cf. Méal de Faurie et Gambert de Loche). En fait, la production des rouges 2001 m’a semblé beaucoup plus hétérogène que celle des blancs goûtés en juin dernier avec le grand écart entre les touts meilleurs et les autres.
Personnellement, seule une petite moitié m’a complètement convaincu et si toutes les bouteilles étaient encore accessibles à la propriété, je ne mettrai en cave qu’un tiers des bouteilles dégustées sur ce millésime. Heureusement, les meilleurs ont produit des vins formidables, puissants, complexes et racés. Pour ceux là (et seulement pour eux), le millésime 2001 a engendré des vins d’un grand classicisme formel qui seront long à se faire mais apporterons beaucoup de plaisir et défierons sans doute le temps.

Une bouteille qui appartient à l’histoire car elle n’est plus produite. Elle a été généreusement amenée par Mr. Rostaing que nous remercions.

Hermitage, Pierre Faurie & Jean Bouzige, 1984 : Couleur de vieille syrah et turbidité très haute (mais j’ai eu droit au fond de la bouteille). Nez tertiaire de truffe, d’humus, de sous bois à l’automne. La bouche présente une très légère aspérité qui trahit le millésime difficile mais le vin a encore de la fraîcheur et du panache. Une belle émotion et une conservation extra dans ce millésime 1984 qui possédait sûrement au départ des atouts tanniques non négligeables. Bien.

Conclusion sur les 2001 :

D’abord, sur le chois du millésime. 2001 s’est imposé de lui même, de façon très naturelle et si nous réorganisons une dégustation sur le thème de la Côte Rôtie (il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait que pour l’Hermitage), probablement que c’est le même millésime qui sera choisi. En effet, 2003 est atypique avec des vins engendrés sous une chaleur caniculaire. 2002 est plus faible et à quelques exceptions près, le Rhône septentrional n’était pas vraiment à la fête dans le contexte de ce millésime. 2000 n’est pas très homogène avec des réussites inégales et des vins d’évolution plus rapide. 1999 est grand et peut être certainement surcoté mais la difficulté de rassembler les cuvées s’en ressentirait (et le prix de revient ne serait pas à la fête non plus pour les modestes amateurs que nous sommes). Donc, 2001.

Soulignons également que lorsque l’on s’essaie à l’exercice de la dégustation à l’aveugle, il faut en accepter les règles. S’obliger à ne pas nuancer ses notes ni revoir les appréciations lorsque l’identité des vins est dévoilée. Il faut également accepter de passer à côté d’un échantillon, même s’il est peut être grand, accepter les règles et juger les vins pour ce qu’ils sont en l’état, à un moment donné, livrés à eux mêmes.

Les vins qui sortent le mieux pour moi sont donc le Méal de Faurie d’une pureté de fruit absolue, Gambert de Loche dans un style plus travaillé et moins flatteur, La Chapelle de Jaboulet en parfait compromis entre les deux cuvées précédentes. Bessards de Delas avec une finesse et une précision à laquelle je ne m’attendais pas, Tardieu-Laurent en plus boisé, flatteur. Desmeure qui ne possède pas la plus grosse matière mais de l’équilibre.
Ceux qui ont probablement un gros potentiel (en terme de matière) et qui se sont mal dégustés ou en tout cas pas au niveau attendu : Le Pavillon de Chapoutier, l’Ex-Voto de Guigal et le Gréal de Sorrel . Trois bouteilles à revoir dans quelques temps.

Ceux qui sont de demi corps mais procurent du plaisir, c’est indéniable : Domaine Belle, Domaine du Colombier, Les Vins de Vienne et la Maison Delas.

Un petit bémol sur l’état général des vins. En effet, plusieurs échantillons ont peut être été jugés avec dureté car certains vins étaient fermés, et d’autres un peu dissociés, pas encore en place. L’idéal serait de retenter l’expérience à l’horizon 2013, lorsque ces vins se seront étoffés, auront trouvé leur juste équilibre en rentrant dans leur phase d’apogée. Avec des vins d’une douzaine d’années, l’exercice serait des plus intéressant …

Laurent Bouffier

Laurent
#1

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laurent saura a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

merci à toi LAURENT,j'attendais(et je ne suis pas le seul) avec impatience ton C-R.

Heureux de lire que tu as apprécié la plupart des vins de FAURIE et notamment son MEAL;L'ermite et le TARDIEU LAURENT toujours au top.

On attends l'intervention des bons connaisseurs de l'AOC.
#2

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yr a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Bonjour;

Je viens de boire ce w-end l'Hermitage 01 Texier, et s'il ne m'a pas coûté cher chez Carrefour (19E), je suis d'accord avec toi.Aucune race dans ce pinard .
Effectivement acidité semble dissociée, ça allait un peu mieux au réchauffement du vin mais dans l'ensemble reste très perceptible en fin de bouche qui reste métallique, saline.
Structure trop fluide, clairement pas au niveau d'un Hermitage.

PS: je te trouve un peu sévère sur Ex Voto 01, goûté il y a qq mois chez Cash &Carry face à la Turque 2001 (excusez du peu..), il ne rendait que très peu de terrain face à un vin 4 fois plus cher.Je l'avais trouvé très expansif, un peu lascif même mais quelle matière !!
Il faudrait que je regoute ce vin face à d'autres Hermitage 01 toutefois.

NB: belle série !!
#3

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LBF38 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Mon CR est sans appel, j'ai trouvé l'ex voto de Guigal beaucoup trop boisé (et même après 24h d'aération,le boisé m'a semblé encore plus ressortir) même si la matière et surtout le grain du vin étaient fabuleux.

En ce qui concerne les prix, je rappelle pour ceux qui ne savent pas (car les prix départs sont souvent trop peu communiqué afin que les professionnels puissent réaliser leurs marges conséquentes) que la différence de prix entre l'Hermitage Ex Voto et les parcellaires de guigal en Côte Rôtie n'est absolument pas de x4 départ. Les 2001 (Mouline, Landonne et Turque) étaient à moins de 100 euros la bouteille tandis que nous avons acheté l'ex voto en rouge directement chez Guigal pour 77 euros. Evidemment et j'en ai conscience, ces cuvées sont spéculatives et les prix grimpent mais il me semble déraisonnable de mettre plus de 150 euros dans de tels flacons même si l'envie peut être grande.

Laurent Bouffier

Laurent
#4

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jallot christophe a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Laurent (B.)

J' attendais ce CR avec impatience et je me replonge avec intérêt dans mes notes et commentaires des HERMITAGE 2001 (je crois que je les ai tous dégustés sauf Chave et Les Bessards de Delas...en 2001); en gros je suis assez d' accord sauf pour 2 des 3 cuvées dont tu dis toi-même qu' elles ont le plus fort potentiel (EX-VOTO et LE PAVILLON que je note au-dessus du lot...mais pour moi cette notion de "potentiel" a effectivement beaucoup d' importance et ça se sent dans mes notes... A titre d' information, je te donne mon "ordre" de préférence même si je n' ai pas eu la chance comme toi de gouter toutes ces cuvées le même jour à l' aveugle !!! ça fait rêver tout de même...

18/20: EX-VOTO de GUIGAL et LE PAVILLON de CHAPOUTIER...

17/20: LA CHAPELLE de JABOULET et TARDIEU-LAURENT...

16,50: LE MEAL de B. FAURIE (très heureux de ton beau commentaire) et LE GREAL de Marc SORREL (un peu déçu de ton commentaire !)...

16+: GAMBERT DE LOCHE de la cave de Tain...

16: l' assemblage de B. FAURIE, la SIZERANNE de CHAPOUTIER et LES MIAUX de FERRATON...

15,50+: La cuvée EMILIE de DESMEURE, Albert BELLE et le domaine du COLOMBIER...

15,25: Les Dionnières de FAYOLLE...

15+: Les CHIRATS DE ST CHRISTOPHE et l' ex-Nobles Rives de la cave de TAIN...

14,75: Yann CHAVE...

Je crois avoir fait le tour des principales cuvées que tu as dégustées...tu es peutêtre un peu "sévère" sur la qualité générale de ce millésime en HERMITAGE...je crois que ces vins seront mieux "appréciés" dans 8 à 10 ans ...et la hiérarchie sera sans doute bien différente !!!?...

MERCI encore et BRAVO pour tous tes commentaires détaillés et très instructifs...

CHRISTOPHE
" le vin doit rester un plaisir et non devenir un besoin ...même si parfois, on a besoin de se faire plaisir! "
#5

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LBF38 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Deux ou trois précisions pour compléter mon CR :

Avant tout, un immense MERCI à nos deux organisateurs qui ont été les artisants de ce week end réussi, je cite : David Chapot et Frédéric Heredia qui doivent être mis à l'honneur. A force de ténacité, et tout simplement en expliquant de façon motivée leur démarche, ils ont réussi à catalyser la générosité des producteurs pour que cette journée revienne le moins cher possible. Ceux qui n'ont pu participer qu'à une partie des dégustations ont uniquement payé pour ce qu'ils ont goûté. Et au final, il a donc fallu débourser 43 euros/personne pour 24 Hermitages rouges 2001 !!!!!

Merci à la générosité des producteurs qui ont offerts des flacons : J.-L. Chave (2001 et 1988), Chapoutier (Sizeranne et Pavillon 2001), Ferraton (Miaux et Méal 2001), Tardieu-Laurent (2001), Faurie (1985), Domaine du Colombier (2001).

Merci également à Fabien Louis des Terrasses du Rhône à Tain qui est le troisième artisan de ce week end. Il a judicieusement séparé les 24 en deux séries distinctes et choisi l'ordre de service des vins qui ont tous été carafés. Il nous a aussi régalé avec une visite guidé de la colline de l'Hermitage, pour moi une découverte, ludique, pédagogique, instructive.

Sinon, je rappelle que les vins ont été dégustés à l'aveugle et je me suis imposé de ne pas modifier ni mes commentaires, ni mon appréciation de chacun des vins après que leurs identités n'aient été dévoilées. C'est la discipline qu'il est obligatoire de s'imposer lorsque l'on partique cette exercice du "blind testing" et finalement on doit admettre qu'il est tout à fait possible de passer à côté d'un échantillon, de mal le sujet et de ne pas sonder tout le potentiel d'un vin. Il est évident que je souhaite avoir l'occasion de regoûter un jour J.-L. Chave (vraiment décevant), Le Pavillon (Belle matière mais austère, pas encore en place), Le Gréal (en espérant sincèrement que les arômes qui m'ont géné sont simplement une très très forte réduction et rien d'autre) ou L'Ex-Voto. Pour cette dernière bouteille, le boisé a failli me faire passer à côté de la bouteille et il m'a fallu beaucoup d'attention pour sonder la matière et apprécier le superbe grain de cette cuvée.

Laurent Bouffier

Laurent
#6

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RaymondM a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

LBF38 a écrit:
Les 2001 (Mouline, Landonne et Turque) étaient à
> moins de 100 euros la bouteille tandis que nous
> avons acheté l'ex voto en rouge directement chez
> Guigal pour 77 euros. Evidemment et j'en ai
> conscience, ces cuvées sont spéculatives et les
> prix grimpent mais il me semble déraisonnable de
> mettre plus de 150 euros dans de tels flacons même
> si l'envie peut être grande.
>
> Laurent Bouffier
>
>
>
> Edité 1 fois. Dernière modification le 20/02/2006
> 12:01.

J'aimerais bien trouver ces vins à 100 euros !Mais tout à fait d'accord pour la 2ème partie : trop peu ont le courage de dire que ça ne vaut pas les prix habituellement pratiqués ( entre 150 et 200€ voir plus !)

Raymond
#7

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LBF38 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Dimanche 12 Février 2006 : Dégustation des vieux millésimes, étiquettes découvertes
Cette fois ci, les vins sont volontairement servis en connaissant leur identité y compris le millésime. Cependant, vous verrez dans les commentaires qui vont suivre que les étiquettes n’ont pas influencé le jugement et que les vins ont été analysés sans compromis aucun. La dégustation se déroule en commençant par la plus jeune et an remontant progressivement dans le temps au fil des millésimes.

Saint Joseph, Faurie, 2001 : La bouteille ouvert depuis hier a pu longuement s’aérer. Le nez est toujours aromatique avec des arômes fruités et floraux et a gagné en finesse même si la bouche ne me plaît toujours pas plus que ça. Assez Bien.

Hermitage, Alain Graillot, 1999 : La robe est profonde, violine avec les bords légèrement plus clairs (rubis) et un peu de dépôt. Le nez est subtil, fin, sur le cassis et le lard fumé. Les tanins sont denses et fins. A l’aveugle, on serait sur une Côte Rôtie avec cette bouche charnue, sensuelle, typée par la ronce, l’orange sanguine. La complexité n’est pas énorme ni la matière non plus mais c’est une belle bouteille de plaisir. La fin du verre est soulignée par le cassis et un trait de vert (végétal, fleur de cassis). Un Hermitage atypique pour sa très grande finesse et marquée par la patte du vinificateur. C’était la première fois que je goûtais l’Hermitage de Graillot qui produit bien peu sur cette AOC mais nous régale déjà avec le reste de sa production. Bien.

Hermitage, Sorrel, Le Gréal, 1996 : Robe plus claire qui trahit l’âge légèrement plus avancée du vin. Quelques traces de dépôt mais une grande brillance. Nez sur la violette et le cassis surtout. Un peu viandé mais pas du gibier, plutôt du lard grillé. Le nez se densifie à l’aération, il est complexe et racé, il évolue comme le vin précédent sur le registre de l’orange sanguine. La bouche est compacte avec des tanins fondus mais une acidité un peu saillante. Un très beau jus avec un caractère sanguin marqué. Le vin est presque à maturité et même si la matière de ce Gréal est moindre que celle du 2001, je suis séduit par sa grande élégance, ces deux vins sont l’antithèse l’un de l’autre. A l’aération, il évolue sur le cacao et l’eau de vie de framboise et la fin du verre goûte un peu plus évoluée (figue). La seule faille de ce beau Gréal (issu comme son nom l’indique d’un assemblage de Greffieux et Méal) est son acidité qui est un rien trop marqué et lui durcit le trait. Une grande réussite dans le contexte du millésime. Très Bien.

Hermitage, Chapoutier, La Sizeranne, 1995 : La robe est équivalente mais sans trace de dépôt, ce qui me surprend car je pensais que Chapoutier, systématiquement ne filtrait pas ses rouges. Le nez de terre et de cave humide est un peu poussiéreux, et il n’y a pas beaucoup de fruit et on cherche un peu le raisin originel. Ce nez m’embête car il est réticent, fermé, mais ne gagne pas à l’aération et tranche complètement par rapport au Sorrel précédent très expressif. La bouche est compacte et puissante, avec une grande vinosité et du glycérol, les tanins marquent un peu, au détriment de la finesse. Cette bouteille est elle dans une mauvaise passe, fallait-il lui donner plus de temps ? Assez Bien seulement et étrangement fermé malgré la belle matière.

Hermitage, Jaboulet, La Chapelle, 1995 : Robe avec beaucoup de profondeur, éclatante de jeunesse. Nez flamboyant de pur cassis. La bouche est massive, d’un bloc, un peu austère en vérité, avec l’acidité qui ressort un peu et un caractère végétal. Les tanins sont énormes, très serrés, abondants relayés par des notes de cacao amer. Un vin racé, à attendre au moins dix ans car il lui faut du temps pour se fondre et trouver le juste équilibre pour dompter la sève originelle. Par contre, même s’il est possible de sonder l’extraordinaire potentiel de cette cuvée, il procure peu de plaisir actuellement, il est comprimé et il faudrait lui apprendre un peu la politesse. L’aération ne change malheureusement pas grand chose et dissocie légèrement l’alcool. Bien aujourd’hui, Très Bien voire plus demain (ou même après demain).

On peut noter que les deux vins nés du millésime 1995 n’étaient pas très causants, avec des nez plutôt fermés et des profils massifs.

Hermitage, Guigal, 1994 : Avec ce flacon là, il y a du monde qui flotte dans le verre ! La robe est évoluée, d’aspect un peu terne. Le nez est aromatique, plutôt causant contrairement aux 1995. Les arômes sont boisés et un peu vert en fait. La bouche attaque franchement puis tombe dans un creux avant d’heureusement relancer en final mais celle ci reste sèche et trahit le millésime difficile. Peu de fruit, un joli grain tout de même, les qualités se disputent les défauts et l’élevage me semble disproportionné par rapport à la matière. Moyen.

Hermitage, Belle, 1994 : Robe claire, évoluée, avec des bords clairs. Très beau nez complexe : café torréfié, cacao, orange. La bouche qui suit est fraîche et très fumée, sur le cigare (pas havane, mais fait plutôt pensé à un mélange hollandais pour sa douceur épicée). La matière n’est pas franchement énorme et il finit un peu cours mais quel plaisir, quel vin racé, pas immense mais l’équilibre est souverain avec beaucoup d’expression. Ce 94 a très bien évolué et démontre qu’il faut garder les vins ne Belle pour qu’il délivre toute leur complexité et leur finesse. Très Bien. Pour reprendre une expression sortie par Patrick la semaine dernière, ce vin se trouve dans sa « fenêtre temporelle idéale ».

Hermitage, J.-L. Chave, 1989 : Nez pas très net, bouchonné en fait. L’échantillon est défectueux et c’est une énorme déception. La matière semble intéressante mais n’est pas jugeable en l’état. C’est d’autant plus dommage que je sais comment le vin a été conservé (dans des conditions impeccables comme le prouve l’excellent Chave blanc 91, encore tout jeune vendredi dernier et conservé dans les mêmes conditions). En fait, l’état de la bouteille avec un superbe niveau n’en laissait rien paraître du moins par rapport aux 88 et 72 qui suivent en bien plus piteux état mais avec une santé encore de fer.

Hermitage, J.-L. Chave, 1988 : Robe légèrement évoluée mais la couleur est la même au centre et au bord du disque. Le nez n’est pas très causant mais ne recèle aucune trace de déviance aromatique. Nous voilà rassurés. Au début, on sent surtout la terre puis des notes florales à l’aération mais complexes et difficiles à identifier. La bouche est parfumée, florale, très soyeuse avec un grain très fin et un superbe touché de bouche. Très café, fumé, la matière ne semble pas colossale mais la longueur est très bonne. Un grand vin dans un millésime austère avec une acidité sous jacente mais un équilibre tout de même velouté. La bouche s’ouvre également à l’aération en se densifiant mais sans l’apparition d’arômes plus flatteurs. Un vin qui ne se livre pas, j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose de grand mais d’incompris en l’état. Très Bien quand même et probablement excellent dans une paire d’années. Pas le plus flatteurs des vins de cette série mais probablement le plus grand avec La Chapelle en terme d’évolution sur la durée.

Hermitage, Faurie, 1985 : On ne sait pas s’il s’agit d’un Méal ou d’un assemblage car hélas, le producteur qui n’identifie les étiquettes de ses cuvées que depuis peu ne sait pas non plus ! La robe est brillante, peu évoluée (simplement avec des bords plus clairs que son centre). Il y a peu de dépôt mais ceux sont de gros morceaux agglomérés pas le temps et la lente sédimentation (ou plutôt polymérisation) des tanins. Le premier nez est flatteur avec du fruit (encore), une bouche charnue, sur la lard fumé, fine et élégante. Les tanins sont abondants et sèchent un peu et à l’aveugle le vin goûterait bien dix ans de moins. Une bouteille ouverte donc un peu tôt (20 ans déjà !) mais avec beaucoup de tenue, de la fraîcheur et de façon antinomique un côté chaleureux. Finalement, la bouche est plus complexe que le nez qui finalement n’est pas si causant que ça. L’apanage des millésimes en 5 ? Très Bien.

Hermitage, J.-L. Chave, 1972 : Une robe évoluée qui fait très « Vieux Bourgogne » avec un certain manque de netteté. Le nez est évolué mais complexe, de café, de feuille de tabac, d’herbes, avec de la finesse et une grande élégance. La bouche est parfumée, lardée et minérale. Le vin évolue dans un registre très fumé avec un côté verni et/ou cire. Sans rire, il « pinote » presque ! Il se tient encore debout et même si la bouche est fluide et termine un peu court, un vin comme ça ne doit pas être ouvert à l’aveugle. Nous avons de la chance finalement car ce vin appartient à l’Histoire, il possède encore de la tension et vu qu’il a déjà six ans de plus que moi, il doit être dégusté avec le plus grand respect. Bien pour le vin et Hors Norme pour l’émotion.

Laurent Bouffier

Laurent
#8

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Guest a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001 - Texier 2000

Remrquable parcours intensif, Laurent B.,

Hermitage – Eric Texier – Non Filtré 2000 : juillet 2004
PP14 – PC13 – LG14

Nez sage sur la fraise et la cerise.
La bouche vaut essentiellement par sa finesse et sa fraîcheur. Pour le reste, il paraît en retrait par rapport aux attentes : le volume est tout juste correct, la structure timide, le tout un peu banal et terne. Pas de défaut rédhibitoire, mais se présente au niveau d’un Crozes-Hermitage.

Un Condrieu 2001 pas terrible et un Châteauneuf rouge 2001 pas mal amis assez rustique.

Sur ce site, IVV a fait un cr positif du Chave 2001 ...
#9

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Thierry Debaisieux a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Un très grand merci pour ce magnifique compte-rendu.

Superbe!

Cordialement,
Thierry
#10

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Winer Jammer a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Ah oui, ça c'est du CR, et hyper clair ! grand bravo.

Winer

La Pomerol Attitude
winerjammer.site.voi...
#11

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Lab a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Laurent,

Que penses-tu de la cuvée "Les Bessards" de Delas ? As-tu déjà pu goûter le millésime 1999 ?

Merci pour ton aide !

Amicalement,

Laurent
#12

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François St-T a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

j'ai la chance d'avoir 1 hermitage de chez chave en 88, dans combien de temps penses-tu qu'il sera prêt ?

Merci

François
#13

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jallot christophe a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Je ne m' appelle pas Laurent, mais je connais bien LES BESSARDS 1999 de DELAS: je l' ai dégusté 4 fois, et c' est un très grand vin, le meilleur "BESSARDS" de chez DELAS depuis toujours, noté régulièrement autour de 17/20...par contre ma dernière dégustation en 2005 m' a mpntré un vin plus "fermé" que lors des premières dégustations...il va falloir être patient...mais d' ici 2010, il devrait "exploser" et s' affirmer comme un très beau vin d' HERMITAGE...ce n' est qu' un avis...mais je ne pense pas ouvrir les 3 bouteilles de 99 qui me restent avant plusieurs années...

CHRISTOPHE
" le vin doit rester un plaisir et non devenir un besoin ...même si parfois, on a besoin de se faire plaisir! "
#14

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Lab a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Christophe,

Merci beaucoup pour ton message de réponse qui est très précis.
Je m'adressais en fait à Laurent Bouffier mais tu as été plus rapide que lui !

Je vais essayer de me procurer ce vin. Quelle en est la fourchette de prix ?

Merci d'avance !
Amicalement,

Laurent ('Lab')
#15

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Thierry Debaisieux a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Je me permets de signaler le prix "intéressant" des Bessards 2003 sur iDealwine, actuellement (Promotion n° 23, valable jusqu'au 14 mars, de mémoire)
Il est proposé à 65 euros.
Cela peut intéresser certains lecteurs. Il est proposé habituellement plus cher, d'après ce que j'ai pu constater.

cordialement,
Thierry
#16

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jallot christophe a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Thierry, je l' ai déjà commandé, n' hésitez pas en effet !!! LES BESSARDS 2003 sont très prometteurs...et cette offre "idealwine" est très intéressante: je n' ai pas trouvé moins cher ...quant au 1999, on doit pouvoir le trouver autour de 85€ (minimum) chez un bon caviste...

CHRISTOPHE
" le vin doit rester un plaisir et non devenir un besoin ...même si parfois, on a besoin de se faire plaisir! "
#17

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LBF38 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Désolé pour le retard mais j'ai été plutôt occupé ces derniers jours.

Je n'ai jamais goûté Bessard 99 mais je pense qu'il faut l'attendre encore quelques années. J'en ai un flacon en cave et je pense l'ouvrir lorsqu'il aura entre dix et douze ans. 99 est un millésime de maturité et de générosité. Il s'est toujours bien dégusté sans phase de "fermeture à double tour". A mon avis, 2001 ira plus loin dans le temps avec des vins d'un grand classicisme formel.
J'ai eu la chance de déguster trois fois le millésime 90 (premier millésime de cette cuvée) et à mon sens, il n'a jamais été meilleur que lorsqu'il avait dix ans. La dernière dégustation mi 2005 m'a montré un vin ouvert, près à boire, assoupli, très bon. Mais je lui ai préferré la droiture et le fumé de son adolescence.
A l'aveugle, le 2001 m'a vraiment surpris par son côté accessible et intensement floral. Moins fermé que bon nombre de 2001, il se goute très bien actuellement et il s'agit d'une très belle réussite.
Pour le prix de la cuvée Bessard, j'en ai acheté fin février dernier au salon de Tain sur le stand de Delas. Le 1999 était à 62,5 euros TTC.

Concernant le Chave 1988, le vin a mis extrèmement longtemps pour se livrer dans le verre et il a vraiment fallu le décrypter. Il était fermé aromatiquement mais possède en son centre un jus et un grain fascinants. C'est un millésime splendide mais austère et de garde. A votre place, et ssi vous posséder une bonne cave fraîche, j'attendrai encore dix ans...

Laurent Bouffier.

Laurent
#18

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Lab a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Laurent,

Merci pour ton message !
Deux questions complémentaires:
A quel prix se vend la cuvée Les Bessards 2001 ?

As-tu gouté ce même vin dans le millésime 2003 ?

Amicalement,

Laurent Lab
#19

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Lab a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Christophe,

Merci aussi pour ton deuxième message !

Amicalement,

Laurent Lab
#20

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LBF38 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Sur le stand à Tain, il me semble que Bessards 2001 et 2003 étaient à 65 euros la bouteille (quantité limitée bien évidemment). On peut noter que lorsque la maison est présente sur un salon, les prix sont adoucis d'environ 10% par rapport au prix en direct à la propriété (alors que bon nombre de producteurs font l'inverse et augmentent quelque peu les tarifs).

Par contre, je n'ai pas encore goûté à cette cuvée sur le millésime 2003.

Laurent Bouffier.

Laurent
#21

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Ratafia92 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Bonjour,

Je possède en cave quelques bouteilles d' Hermitage 1983 Faurie Bouzige, est-ce que des Lpviens connaissent ce vin, si oui, je serais curieux de connaitre leurs avis.
Je tacherai d'en ouvrir une prochainement et de vous relater ma dégustation.
En attendant, je suis avide de conseils quant à son ouverture.
Merci par avance.

Julien
#22

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Ratafia92 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

Bonjour,

Je possède deux bouteilles d'Hermitage 1983 Faurie/ Bouzige en cave, est-ce que les spécialistes Lpviens sur cette appelation pourraient me donner leurs avis sur cette bouteille.
Cordialement

Julien
#23

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David Chapot a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

J'ai bu le 1984 de cette propriété (la tante de Bernard Faurie je crois) l'année dernière; le vin, pourtant issu d'un millésime de piètre réputation, était très bon et ne fait absolument pas son âge. C'est Bernard qui l'a vinifié.
Bonne dégustation,
David.
#24

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Ratafia92 a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

David,

Merci, il est très compliqué de trouver des commentaires autour de ce vin sur internet en général.
J'en ouvre une le week end qui arrive, je ne manquerai pas de raconter mes impressions.

Cordialement

Julien
#25

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stephvocel a répondu au sujet : Re: Horizontale Hermitages rouges 2001

J'ai personnellement bu le 1983 de Bernard Faurie il y a 5 ans et il me semblait déjà un peu fatigué.

Mais chaque bouteille est différente....

Stéphane
#26

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