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Domaine Jean-Philippe Padié

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Eric B a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Bu en mai 09 avec d'autres blancs du Roussillon : " nez d'abord réduit, puis fruits mûrs/floral après secouage du verre. Bouche ample, expressive, à la fois aérienne et douce. Et un gras rencontré dans aucun autres des vins de la dégustation. Joli."

Eric
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PdGvins a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

J'ai rencontré Jean-Philippe Padié, hier à Olne. J'ai été séduit et convaincu par le discours et par les vins de ce vigneron passionné et passionnant. On sent vibrer le terroir dans ses cuvées et particulièrement sur le haut de gamme Milouise 2008 en en blanc et Ciel Liquide 2006 en rouge.
Des vins denses et qui restent frais, assez élégant et d'une bonne longueur.
A noter l'élevage de 3 ans pour le rouge (1 an en barriques anciennes, puis inox et enfin en cuve béton).

Et aussi des bouteilles originales comme le rosé 100% mourvèdre sur schistes ou Llan-A, 15° et 70 g de sucre résiduel, récolté tardivement sur une très vieille parcelle complantées d'une dizaine de cépage différent. J-Ph. Padié dit que ce vin "c'est n'importe quoi". Et justement non, ce n'est pas n'importe quoi, c'est une réussite. Belle rencontre.

Didier

Didier
Oenophile, personne qui prend la vie du bon coteau.
#62

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Eric B a répondu au sujet : CR: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)


CR: J'avais découvert ses blancs lors d'une dégustation Roussillon en Vendée. Et l'un de ses rouges chez mon ami Franck Pascal (Jonc Blanc, pas Champagne). A chaque fois, de véritables chocs gustatifs. Si vous y rajoutez des étiquettes qui sortent de l'ordinaire et des noms de cuvée étranges (Ciel liquide, Milouise, Fleur de caillou, Petit taureau), l'envie de rencontrer son géniteur devient quasi-irrépressible. Donc forcément, lorsqu'il est planifié de passer à Calce, vous le contactez pour faire une visite du domaine. Et vous apprenez qu'il vous connait, VOUS, parce qu'il lit régulièrement A boire et à manger (un blog que je vous conseille ;)).

L'air de rien, cette connaissance par vins et blog interposés, ça permet tout de suite de faire sauter un certain nombre de barrières. Et dès le premier serrement de pognes, nous nous tutoyons comme si nous nous connaissions depuis longtemps.

Bon, ça, c'est une fois la bonne porte dénichée. Car j'avais bien retenu que c'était rue des Pyrénées, mais pour le n°, je m'étais dit que serait forcément indiqué. Et là ... nada. Par chance, étant arrivé en avance et quasi mourant de soif, j'avais fait une halte au Presbytère, le seul café de Calce. L'aimable personne qui m'a servi mon Perrier m'a indiqué la bonne porte ;o)

Première prise de contact, donc, et de suite nous descendons au chai, à la fraîcheur bienvenue. Rien de bien impressionnant. Ce n'est pas fait pour : quelques cuves bétons, quelques cuves inox, des barriques et des demi-muids. Il faut dire que la production n'est pas énorme : 10 hectares avec des rendements qui sembleraient ridicules dans la plupart des régions, ça ne prend pas beaucoup de place.

Nous attaquons directement la dégustation, ce qui permet d'évoquer la philosophie et le travail du domaine, autant dans les vignes qu'au chai. Le service se fait " à la bourguignonne", à savoir les vins rouges en premier. Nous faisons des "mini-verticales" par cuvée.

Nous commençons par Petit Taureau (à cause de Nougaro). L'idée est faire un vin sur le fruit, accessible dès sa jeunesse, provenant de vignes jeunes ou "mal" exposées : majoritairement carignan et syrah, sur sols schisteux.

Petit taureau 2007 : nez dominé par la framboise fraîche, légèrement poivrée. Un peu de réduction aussi, mais elle disparaît vite. La bouche est ronde, friande, élancée, soulignée par une note végétale très plaisante. La finale a une mâche gourmande qui incite à boire rapidement une autre gorgée.

Petit taureau 2008 : nez plus intense, toujours aussi framboisé. La bouche se fait plus charnelle, plus moelleuse, avec un fruit d'une intensité rare, tout en restant bien fraîche. La finale évoque positivement la rafle, rappelant les vins bourguignons à l'ancienne. Attention TUERIE !

Petit taureau 2009 : en plein élevage cuve, le vin est fortement réduit, mais laisse entrevoir un joli fruit. La bouche est plus ample, plus généreuse, avec une maturité plus poussée, et hélas, plus de chaleur. J'accroche moins. Mais il faudra attendre la fin de l'élevage pour le juger.

Ciel liquide, c'est une formule de Baudelaire reprise par Gainsbourg dans son premier (et génial) album ("Comme un flot grossi par la foudre des glaciers grondants, quand l'eau de ta bouche remonte au bord de tes dents, je crois boire un vin de Bohème, amer et vainqueur, un ciel liquide qui parsème d'étoiles mon coeur." ). L'idée ici est de transcrire dans le vin l'âme complexe et profonde du terroir de Calce à travers ses vieilles vignes de grenache et de carignan (complété par du mourvèdre et de la syrah).

Ciel liquide 2006 : nez sur des notes de fruits noirs confits et de fumée. Bouche ample, soyeuse, évoquant la lave qui se solidifie : d'abord fluide, elle prend de la consistance, avec un joli grain, puis gagne encore en densité pour devenir profondément minérale, avec une solide mâche. Une expérience aussi physique que mystique.

Ciel liquide 2007 : nez gourmand sur les fruits noirs mûrs, la garrigue. Bouche douce, charnue, fraîche et élégante, se densifiant dans une finale puissante.

Ciel liquide 2008 : nez expressif et classieux, avec le fruité du 2007 et la fumée du 2006. Bouche dense et fraîche, très gourmande, avec un fruit superbe ... et toujours cette fumée, signature du schiste. Finale tannique, mais bien mûre. Un très beau vin ! (2008 est vraiment une GRANDE réussite au domaine).

Ciel liquide 2009 : si le nez est le plus expansif de tous, c'est aussi le plus fin et le plus complexe, avec des notes florales, balsamiques (ciste), de pierre chauffée au soleil. On est immergé dans le vignoble de Calce ! La bouche est d'une grande densité, avec un côté puissant, impérieux. Le potentiel est hénaurme.

Fleur de caillou évoque tout autant les fleurs qui poussent avec témérité au milieu de l'aride caillasse, qu'aux sensations provoquées par ce vin, d'abord fruité et floral, puis profondément minéral (on croque dans le caillou). Il est composé de grenache blanc, grenache gris et maccabeu.

Fleur de caillou 2009 : nez sur la pêche, le miel, la fumée, la pâte d'amande... Puis après aération, le fenouil (qui pousse comme du chiendent dans les vignes !). Bouche fraîche, limpide, avec une énergie communicative. Une deuxième gorgée laisse percevoir une texture granuleuse qui passe inaperçue au premier abord. La finale est vraiment pierreuse, et j'adore ça ! Un vin remarquablement construit qui irait à merveille avec mon risotto de fenouil.

Milouise, c'est une évocation de ses arrière-grands Parents. Milou, "sec comme un haricot", et Louise, toute en rondeur. Le vin est à leur image : des grenaches blancs, vifs et tendus, et des grenaches gris, gras et généreux.

Milouise 2009 : nez mêlant la pierre chaude et le raisin de grenache frais. Bouche ample, évoquant là aussi le grain de raisin, dans son côté juteux, pulpeux, gourmand. J'ai rarement senti cela dans un vin, et c'est assez (positivement) troublant. Il faut lui laisser encore du temps pour percevoir sa véritable personnalité. En tout cas, la finale mâchue est très prometteuse !

Jean-Philippe me demande si j'ai du temps pour faire un tour dans les vignes. OUI, autant qu'il veut. Et nous partons donc pour une expédition dans le vaste vignoble de Calce.

Nous sommes ici sur la partie calcaire qui est dominante dans le secteur (identique aux voisines Corbières). Parfois le calcaire est vraiment très affleurant, comme ci-dessous.

C'est un calcaire très différent de celui de la Loire. Alors que ce dernier est tendre, celui-ci est dur et dense, se rapprochant du marbre, y compris par des veines rosées.
Si la lavande aspic pousse naturellement dans le coin, la lavande "normale" a été implantée ici par l'homme.

Là, nous avons une vue sur une partie du vignoble des Gauby, mais aussi sur la parcelle de la Petite Sibérie de Hervé Bizeul (le triangle pointe en bas sur la droite). Allez, je vous l'agrandis ;o)
La voilà, au premier plan
Un bel exemple de sol marno-calcaire


Et là, un sol TRES calcaire !



Un vieux pied en gobelet



Pas besoin de se baisser pour tailler...



Et voila des sols de schiste, rappelant l'ardoise



En gros plan !



La parcelle au fond, entourée d'arbres : la syrah de la Muntada !


Là, c'est du mourvèdre, appelé aussi Etrangle-Chien, car l'extrémité des rameaux ont tendance à s'auto-étrangler, limitant ainsi leur croissance. La vigne, un peu perdu, peut même alors créer de nouvelles grappes :

Bon, c'est pas tout, mais Jean-Philippe a aussi une famille. A un moment donné, il a donc fallu rentrer au village. Une très belle balade, en tout cas, très instructive, qui m'a mieux fait comprendre le terroir de Calce.


Merci à Jean-Philippe pour son accueil remarquable !

Eric
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#63

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Jean-Christophe a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

Eric,

Bravo pour ce très beau reportage. Tu nous permets de mieux connaître et comprendre certains vins que nous buvons!

Il y a 2-3 mois nous avions rencontré JP au salon d'Olne (région de Liège en Belgique), il nous avait fait goûter ses vins sur la cuisine de notre compère LPVien Vicentdebolland. Un très agréable moment. Je me souviens avoir beaucoup aimé Milouise et Petit Taureau, mais je ne me souviens plus du millésime. J'ai également déjà eu l'occasion de boire Fleur de Cailloux, que j'ai beaucoup aimé pour sa fraîcheur et un côté très minéral.

JC

Jean-Christophe
Liège, Belgique
#64

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Patrick Bottcher a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

Merci Eric pour tout ceci... c'est du pur bonheur à lire sur ce forum....

J'en ai d'autant plus le vin à la bouche que dans 2 semaines, je serai à ta place ;).

Il y a chez Jean-Philippe Padié une rare symbiose entre la terre et le fruit, comme si tout ne faisait qu'un. Cela se ressent énormément en parlant avec lui et en goûtant ses vins.

Patrick Böttcher
VinsLibres.net
#65

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Eric B a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

J'en ai d'autant plus le vin à la bouche que dans 2 semaines, je serai à ta place .

Bon alors note bien le n°11 de la rue des Pyrénées (il n'y a même pas de nom sur la sonnette).

Eric
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#66

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enzo daviolo a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

un gars qui porte un tee shirt de no one is innocent, ne peut être un mauvais garçon :)

merci, j'ai appris des choses, je ne savais pas que la petite sibérie était sur calcé, je la pensais sur vingrau.
Sinon quel lien fais-tu entre le ciste et le balsamique?
#67

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Eric B a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

Sinon quel lien fais-tu entre le ciste et le balsamique

Le côté résineux très odorant, pénétrant dirais-je même ;)

Eric
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#68

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enzo daviolo a répondu au sujet : Re: Visite chez Jean-Philippe Padié (dégustation, photos...)

merci.
#69

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AnthonyMartin a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Le domaine de Jean-philippe Padié travaille t'il en biodynamie ? Il m'a semblé le lire quelque part mais je ne trouve plus de trace de cela. Merci par avance !
#70

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22degres a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Certifié en Biodynamie non,
il utilise certains préceptes.

Jef, passé par là il y a quinze jours également...

Jef Heering , Magnum & Balthazar
#71

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santorin a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Bonjour,

Jean Philippe Padié, je l'ai découvert un peu par hasard au salon vinautore à Pignan. Et au dela de l'excellent contact du vigneron, vraiment sympa et abordable, et de la qualité des cuvées citées ici, je tenais aussi à saluer sa cuvée Ad Libitum (un rosé) 2008 basé sur le mourvèdre. Ce vin est rien moins qu'excellent avec sa rondeur, sa volupté, sa longueur... Mais il ne faut pas craquer à tout bout de champ, sinon la caisse ne fera pas de vieux os (j'en avais pris un seul flacon initialement, pour panacher ma commande, puis j' ai vite compris qu'il me faudrait prévoir un petit stock car madame adore... et je suis fan.

Par contre je ne suis jamais passé au domaine mais bravo pour le précédent compte rendu de visite, passionnant.
Bravo Eric.

Cordialement,
William
#72

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Patrick Bottcher a répondu au sujet : Visite au domaine JP Padié

[size=large]12. Jean-Philippe Padié[/size]
[/center] [i]Extrait de "Carnets de route en Languedoc-Roussillon" - [b][color=#0033CC][u][url=http://lapassionduvin.com/phorum/read.php?4,486753,486753#msg-486753]voir article complet ici[/url][/u][/color][/b][/i] [i]Je ne perds non plus pas de vue qu'Eric B m'a précédé dans le temps et la qualité au domaine et sur ce forum (voir plus haut)[/i] Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, Jean-Philippe Padié, c’est un pote incontournable, tout comme ses vins, pour lesquels j’avais déjà traversé la France pour les déguster lors d’un de ses premiers millésimes. Chaque fois que je l’ai ensuite rencontré, mon avis n’a jamais changé d’un iota, la sympathie et la simplicité de Jean-Phi transparaissent à travers ses vins qui sans manquer de complexité sont d’une grande buvabilité, avec beaucoup de fraicheur. On imaginera donc bien que ce qui va suivre est forcément d’une grande subjectivité. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie01.jpg][/center] Notre homme fait donc du vin à Calce, où à part quelques « anciens » réfractaires à tout changement et adeptes des sols lunaires, tout le petit monde vinicole gravite autour du concept biodynamique dont Gérard Gauby a plus que jeté les bases dans la région, au point que tous ces djeunes qui sont, comme Jean-Phi, venus s’installer là, attirés comme un banc de poisson par une lumière vive dans la nuit, considèrent le Gauby non pas comme un maître, mais comme un véritable gourou. Et il faut leur laisser qu’ils n’ont pas vraiment tort, n’y d’avoir travaillé chez Gérard et de s’en être inspiré, ni de s’être installé à ses côtés, parce qu’il respire un étrange parfum de symbiose autour de la petite place de Calce où trône la délicieuse auberge « Le Presbytère » où qualité culinaire vient se greffer au fait que si vous désirez rencontrer les zozos du coin, c’est par là que tout commence. « Symbiose » est donc, à mes humbles yeux, le maître mot, tout le monde semblant profiter de cette relation particulière tissée entre la famille Gauby et les « élèves » comme Jean-Philippe. La personnalité du maitre et de ses vins attire du monde de partout, et parallèlement, par le respect que lui prodiguent ses « élèves », la réputation du maître grandit. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie02.jpg][/center] [size=small][center]Sols Calcaires[/center][/size] Et comme les élèves ont le bonheur d’affirmer leur style, leurs différences dans l’expression des vins, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le décor est ainsi planté, enfin, le décor idéologique. Le géographique, lui est tout autant particulier, parce que les vignes de Calce semblent retirées du monde aux yeux des visiteurs débarquant d’Estagel par ce qu’on peut appeler une vraie route de montagne, et parce que l’on a ici un véritable patchwork de terroirs, consécutifs à de multiples fractures et de veines, lié à cet effondrement entre Corbières et Pyrénées. En fait…. On se croirait en Alsace. Pour ajouter à l’intérêt de la chose, les vignerons du coin s’y partagent de multiples parcelles aux cépages multiples. Je dis « Alsace », mais pas question de tapis de vignes ici… c’est plutôt du plic ploc, le tout inséré dans une incroyable biodiversité. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie03.jpg][/center] [center][size=small]Sols de schiste en ardoise[/size][/center] Après des études d’Agro à Montpellier où il rencontre Agnès, sa compagne, et avant de se lancer à son compte en 2003, Jean-Philippe fait un premier job au Mas Amiel, mais c’est en travaillant deux ans chez Gérard Gauby que sa construction de vigneron se met en place. Son amitié et son association avec son ami et globe-trotter humanitaire, Guillaume Jouquet, seront le signal définitif du début de l’aventure à Calce. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie05.jpg][/center] [size=small][center]Entrée du cuvier sur la place[/center][/size] Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste. Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg][/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie00.jpg]

Extrait de "Carnets de route en Languedoc-Roussillon" - voir article complet ici
Je ne perds non plus pas de vue qu'Eric B m'a précédé dans le temps et la qualité au domaine et sur ce forum (voir plus haut)

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, Jean-Philippe Padié, c’est un pote incontournable, tout comme ses vins, pour lesquels j’avais déjà traversé la France pour les déguster lors d’un de ses premiers millésimes. Chaque fois que je l’ai ensuite rencontré, mon avis n’a jamais changé d’un iota, la sympathie et la simplicité de Jean-Phi transparaissent à travers ses vins qui sans manquer de complexité sont d’une grande buvabilité, avec beaucoup de fraicheur.
On imaginera donc bien que ce qui va suivre est forcément d’une grande subjectivité.
[/center] Notre homme fait donc du vin à Calce, où à part quelques « anciens » réfractaires à tout changement et adeptes des sols lunaires, tout le petit monde vinicole gravite autour du concept biodynamique dont Gérard Gauby a plus que jeté les bases dans la région, au point que tous ces djeunes qui sont, comme Jean-Phi, venus s’installer là, attirés comme un banc de poisson par une lumière vive dans la nuit, considèrent le Gauby non pas comme un maître, mais comme un véritable gourou. Et il faut leur laisser qu’ils n’ont pas vraiment tort, n’y d’avoir travaillé chez Gérard et de s’en être inspiré, ni de s’être installé à ses côtés, parce qu’il respire un étrange parfum de symbiose autour de la petite place de Calce où trône la délicieuse auberge « Le Presbytère » où qualité culinaire vient se greffer au fait que si vous désirez rencontrer les zozos du coin, c’est par là que tout commence. « Symbiose » est donc, à mes humbles yeux, le maître mot, tout le monde semblant profiter de cette relation particulière tissée entre la famille Gauby et les « élèves » comme Jean-Philippe. La personnalité du maitre et de ses vins attire du monde de partout, et parallèlement, par le respect que lui prodiguent ses « élèves », la réputation du maître grandit. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie02.jpg][/center] [size=small][center]Sols Calcaires[/center][/size] Et comme les élèves ont le bonheur d’affirmer leur style, leurs différences dans l’expression des vins, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le décor est ainsi planté, enfin, le décor idéologique. Le géographique, lui est tout autant particulier, parce que les vignes de Calce semblent retirées du monde aux yeux des visiteurs débarquant d’Estagel par ce qu’on peut appeler une vraie route de montagne, et parce que l’on a ici un véritable patchwork de terroirs, consécutifs à de multiples fractures et de veines, lié à cet effondrement entre Corbières et Pyrénées. En fait…. On se croirait en Alsace. Pour ajouter à l’intérêt de la chose, les vignerons du coin s’y partagent de multiples parcelles aux cépages multiples. Je dis « Alsace », mais pas question de tapis de vignes ici… c’est plutôt du plic ploc, le tout inséré dans une incroyable biodiversité. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie03.jpg][/center] [center][size=small]Sols de schiste en ardoise[/size][/center] Après des études d’Agro à Montpellier où il rencontre Agnès, sa compagne, et avant de se lancer à son compte en 2003, Jean-Philippe fait un premier job au Mas Amiel, mais c’est en travaillant deux ans chez Gérard Gauby que sa construction de vigneron se met en place. Son amitié et son association avec son ami et globe-trotter humanitaire, Guillaume Jouquet, seront le signal définitif du début de l’aventure à Calce. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie05.jpg][/center] [size=small][center]Entrée du cuvier sur la place[/center][/size] Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste. Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg][/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie01.jpg]

Notre homme fait donc du vin à Calce, où à part quelques « anciens » réfractaires à tout changement et adeptes des sols lunaires, tout le petit monde vinicole gravite autour du concept biodynamique dont Gérard Gauby a plus que jeté les bases dans la région, au point que tous ces djeunes qui sont, comme Jean-Phi, venus s’installer là, attirés comme un banc de poisson par une lumière vive dans la nuit, considèrent le Gauby non pas comme un maître, mais comme un véritable gourou.
Et il faut leur laisser qu’ils n’ont pas vraiment tort, n’y d’avoir travaillé chez Gérard et de s’en être inspiré, ni de s’être installé à ses côtés, parce qu’il respire un étrange parfum de symbiose autour de la petite place de Calce où trône la délicieuse auberge « Le Presbytère » où qualité culinaire vient se greffer au fait que si vous désirez rencontrer les zozos du coin, c’est par là que tout commence.
« Symbiose » est donc, à mes humbles yeux, le maître mot, tout le monde semblant profiter de cette relation particulière tissée entre la famille Gauby et les « élèves » comme Jean-Philippe.
La personnalité du maitre et de ses vins attire du monde de partout, et parallèlement, par le respect que lui prodiguent ses « élèves », la réputation du maître grandit.
[/center] [size=small][center]Sols Calcaires[/center][/size] Et comme les élèves ont le bonheur d’affirmer leur style, leurs différences dans l’expression des vins, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le décor est ainsi planté, enfin, le décor idéologique. Le géographique, lui est tout autant particulier, parce que les vignes de Calce semblent retirées du monde aux yeux des visiteurs débarquant d’Estagel par ce qu’on peut appeler une vraie route de montagne, et parce que l’on a ici un véritable patchwork de terroirs, consécutifs à de multiples fractures et de veines, lié à cet effondrement entre Corbières et Pyrénées. En fait…. On se croirait en Alsace. Pour ajouter à l’intérêt de la chose, les vignerons du coin s’y partagent de multiples parcelles aux cépages multiples. Je dis « Alsace », mais pas question de tapis de vignes ici… c’est plutôt du plic ploc, le tout inséré dans une incroyable biodiversité. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie03.jpg][/center] [center][size=small]Sols de schiste en ardoise[/size][/center] Après des études d’Agro à Montpellier où il rencontre Agnès, sa compagne, et avant de se lancer à son compte en 2003, Jean-Philippe fait un premier job au Mas Amiel, mais c’est en travaillant deux ans chez Gérard Gauby que sa construction de vigneron se met en place. Son amitié et son association avec son ami et globe-trotter humanitaire, Guillaume Jouquet, seront le signal définitif du début de l’aventure à Calce. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie05.jpg][/center] [size=small][center]Entrée du cuvier sur la place[/center][/size] Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste. Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg][/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie02.jpg]
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Sols Calcaires
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Et comme les élèves ont le bonheur d’affirmer leur style, leurs différences dans l’expression des vins, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le décor est ainsi planté, enfin, le décor idéologique. Le géographique, lui est tout autant particulier, parce que les vignes de Calce semblent retirées du monde aux yeux des visiteurs débarquant d’Estagel par ce qu’on peut appeler une vraie route de montagne, et parce que l’on a ici un véritable patchwork de terroirs, consécutifs à de multiples fractures et de veines, lié à cet effondrement entre Corbières et Pyrénées. En fait…. On se croirait en Alsace.
Pour ajouter à l’intérêt de la chose, les vignerons du coin s’y partagent de multiples parcelles aux cépages multiples. Je dis « Alsace », mais pas question de tapis de vignes ici… c’est plutôt du plic ploc, le tout inséré dans une incroyable biodiversité.
[/center] [center][size=small]Sols de schiste en ardoise[/size][/center] Après des études d’Agro à Montpellier où il rencontre Agnès, sa compagne, et avant de se lancer à son compte en 2003, Jean-Philippe fait un premier job au Mas Amiel, mais c’est en travaillant deux ans chez Gérard Gauby que sa construction de vigneron se met en place. Son amitié et son association avec son ami et globe-trotter humanitaire, Guillaume Jouquet, seront le signal définitif du début de l’aventure à Calce. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie05.jpg][/center] [size=small][center]Entrée du cuvier sur la place[/center][/size] Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste. Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg][/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie03.jpg]
[size=small]Sols de schiste en ardoise[/size]

Après des études d’Agro à Montpellier où il rencontre Agnès, sa compagne, et avant de se lancer à son compte en 2003, Jean-Philippe fait un premier job au Mas Amiel, mais c’est en travaillant deux ans chez Gérard Gauby que sa construction de vigneron se met en place. Son amitié et son association avec son ami et globe-trotter humanitaire, Guillaume Jouquet, seront le signal définitif du début de l’aventure à Calce.
[/center] [size=small][center]Entrée du cuvier sur la place[/center][/size] Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste. Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg][/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie05.jpg]
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Entrée du cuvier sur la place
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Jean-Phi y possède aujourd'hui des parcelles calcaires, marno-calcaires, schisteuses et même une intéressante microparcelle d’ardoises. Il ne recherche pas actuellement de faire ressortir un terroir particulier, préférant, à la manière du melting pot, laisser l’alchimie des sols s’exprimer du floral au pur jus de caillou. Il est vrai aussi que les rendements « de m… », comme il dit, (15 hectos et moins) et ce côté micro-parcellaire ne lui permettent pas trop de faire ce que Gauby réalise entre autres sur Coume Gineste.
Cela ne l’empêche pas de connaître la composition de ses sols au moindre détail et de les commenter avec bonheur lors de notre ballade en cette matinée ensoleillée et fraichement venteuse. Un autre facteur de diversité sont les multiples orientations des parcelles et le fait que souvent partie de celles-ci se trouvent protégées par un mamelon ou autre bosquet donnant de l’ombre.
[/center] [size=small][center]Première parcelle du domaine[/center][/size] La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg][/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie04.jpg]
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Première parcelle du domaine
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La dégustation qui suit notre ballade se passe à deux endroits, d’abord dans le petit endroit de stockage sous la maison, puis au cuvier, 100 mètres plus bas, sur la place face au « Presbytère ». Par facilité, je ne suivrai pas l’ordre de dégustation imposé par ce schéma bipolaire mais par quelque chose de plus classique.
[/center] Le premier commentaire sera donc pour le [b]VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009[/b] issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise. Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg][/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie06.jpg]

Le premier commentaire sera donc pour le VDP des Côtes Catalanes « Fleur de Cailloux » 2009 issu de 50% de grenaches blancs argilo-calcaires, de 30% de grenache gris sur des marnes calcaires grises et de 20% de maccabeu sur des marnes schisteuses et élevé partiellement en cuve et en barriques. Après avoir connu quelques soucis sur d’anciennes cuvées absolument sans soufre, les vins sont très légèrement sulfités à la mise.
Dès le nez, on est ici sur une fraicheur remarquable où le floral domine la minéralité avec une incroyable légèreté. En bouche, la finesse égale la précision, l’acidité superbement maîtrisée apporte ce qu’il faut de fraicheur et le tout est emballé par une buvabilité qui empêche la bouteille de tenir plus d’une demi-heure. Si je n’ai pas toujours été fan de ces « fleurs de pierre », là, je suis conquis et c’est le cas à l’unanimité du petit groupe qui m’accompagne.
[/center] On passe ensuite logiquement au [b]VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009[/b],, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg][/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie07.jpg]

On passe ensuite logiquement au VDP des Côtes Catalanes « Milouise » 2009,, le nom provenant des prénoms Emile et Louise, ancêtres paysans de Jean-Phi dont il revendique les origines. Cette cuvée est composée à part égales de grenaches gris et blancs issus d’une mosaïque des meilleures parcelles, le vrai melting pot, et est élevée en demi-muids pendant 12 mois. Dès le nez, on sent ici une différence incroyable : si l’impression de fraicheur n’a pas disparu, c’est maintenant la pierre qui l’emporte contre les fleurs, avec une profondeur et une complexité assez austère. A nouveau, la bouche confirme le nez, l’énorme minéralité étant toutefois polie par le fruit et la fraicheur ambiante. Vin totalement de gastronomie (et le Jean-Phi, manger, ça le botte énormément), ce vin encore très jeune séduit par son incroyable puissance et la droiture de sa minéralité. La finale promet un grand avenir. Du travail de tailleur de pierre.
[/center] On attaque ensuite le premier rouge, le [b]Côtes du Roussillon « Petit Taureau »[/b], nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois. Trois millésimes ont été goûtés : Le [b]Petit Taureau 200[/b]7 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre. Le [b]Petit Taureau 200[/b]8, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité. Le [b]Petit Taureau 2009[/b], goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct. [center][img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg][/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie08.jpg]

On attaque ensuite le premier rouge, le Côtes du Roussillon « Petit Taureau », nom donné en souvenir d’un titre de l’ami Nougaro qui prône la fougue et la générosité tout en rappelant, qu’avec Jean-Phi, on n’a pas affaire à un chti. La cuvée est composée de 50% de carignan, de 30% de syrah, et 10% de grenache noir et mourvèdre. Comme pour Milouise, on retrouve le patchwork de sols, bien que le schiste soit ici dominant. Les raisins sont égrappés, macérés de manière traditionnelle environ un mois puis le vin est élevé en cuve béton environ 12 mois.
Trois millésimes ont été goûtés :
Le Petit Taureau 2007 a un nez d’abord un peu réservé puis s’ouvre doucement sur du fruit (rouge) et des notes épicées. La bouche est fraiche, tendue avec des tanins très souples et le fruit se montre nettement plus vif qu’au nez. On n’est pas vraiment sur une gourmandise comme certains plus anciens millésimes, 2007 apportant un peu d’austérité ce qui donne à ce vin, surtout en finale beaucoup de profondeur et une grande sensation d’équilibre.
Le Petit Taureau 2008, lui, est vachement plus généreux dès le nez, délivrant un gros bouquet de fruits rouges qui me rappellent un peu la Rozeta de Maxime Magnon. Une fois de plus, est-ce une marque de fabrique chez Jean-Phi, la bouche n’étonne pas, tellement elle est en cohérence avec le nez. Si la fraicheur est toujours là, on rejoint avec le côté gourmand du fruit l’appel à la torchabilité déjà présent sur les « fleurs ». Jamais trop tannique, mais pas sans relief, ce vin s’avère idéal dans la générosité.
Le Petit Taureau 2009, goûté sur cuve, semble prometteur par sa générosité qui le rapproche plus du 2008 que du 2007, mais la réduction actuellement présente rend le vin d’un accès plus difficile. Je pense qu’il fera quelque chose d’aussi explosif que son ainé direct.
[/center] Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le [b]Côtes du Roussillon « Ciel Liquide »,[/b] au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf. Le [b]Ciel Liquide 2006[/b], pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin. Le [b]Ciel Liquide 200[/b]8, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand ! Le [b]Ciel Liquide 200[/b]9 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement [i]Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau ! Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants. En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau ![/i] Domaine Padié Jean-Philippe Padié Rue Pyrénées, 11 66600 Calce TEL : 04 68 64 29 85 Web : www.domainepadie.com[img=http://www.bottcher.be/vinum/images/lrpadie09.jpg]

Et on arrive doucement à la dernière cuvée du jour, le Côtes du Roussillon « Ciel Liquide », au nom inspiré d’une rime de Baudelaire reprise par Gainsbourg « un ciel liquide qui parsème mon cœur d’étoiles ». Carignan et grenache noir à 30% chacun y côtoient 15% de syrah et de mourvèdre issus à nouveau de nombreux terroirs variés. L’élevage est ici plus long (18mois) et se fait dans le bois, jamais neuf.
Le Ciel Liquide 2006, pour commencer, offre un nez alliant les fruits du taureau à la minéralité de Milouise. Déjà ouvert sur des notes évolutives, la complexité s’impose dans une forme de recueillement. La bouche est d’un équilibre fusionnel entre fruits, tanins souples fraicheur et profondeur. Lentement, la roche se met à dominer pour tout maîtriser sur le finale. Un très grand vin.
Le Ciel Liquide 2008, ensuite, dégusté sur fût, est plus généreux au nez avec un fruit plus présent bien que la trame minérale si bien présente. En bouche, tout est splendidement intégré avec un fruit qui emplit littéralement la bouche avant que le roche fasse valoir ses droits. Un vin incontournable, équilibre parfait entre complexité et générosité, un vin à la finale magique qui déjà fait rêver. Grand !
Le Ciel Liquide 2009 clôt les débats. Au nez, il a un peu le même soucis que le « taureau », soit une pointe de réduction et un peu de volatile, mais très vite les aromes nobles prennent le pas et on retrouve tant au nez qu’en bouche ce très bel équilibre entre fruit, structure tannique et extrait de roche. Un vin de terroir qui grandira lentement, sûrement et plus que probablement, prodigieusement

Jean-Philippe Padié et ses vins ont tout d’une œuvre poétique avec la musicalité complexe d’une Moldau où l’on respire, l’on se secoue, et l’instant d’après, l’on fainéantise doucement, mais toujours où on respire le bonheur, celui de vivre simplement sa condition de vigneron dans un pays à la fois dur et généreux. Il y a aussi la douceur et le calme rationnel d’Agnès, sa compagne, rencontrée au repas de midi, le complément parfait, la symbiose… à nouveau !
Et puis, il y a Calce, et cet espèce d’envoutement qui fait qu’on ne voudrait jamais partir pour pouvoir se transformer comme ceux que j’ai eu le bonheur d’y rencontrer en quelque chose qui n’est ni un lieu, ni un humain, une forme d’intégration parfaite… des « Ents » probablement, mais si incroyablement vivants.
En écrivant ceci, mes yeux brillent d'émotion… j’ai croisé l’homme et la terre unis comme un couple inséparable, c'est beau !


Domaine Padié
Jean-Philippe Padié
Rue Pyrénées, 11
66600 Calce
TEL : 04 68 64 29 85
Web : www.domainepadie.com

Patrick Böttcher
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#73

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FGsuperfred a répondu au sujet : CR:petit taureau 2003 padié

CR:JP Padié "petit taureau" 2003 côtes du roussillon :
et dire que j'avais acheté ce millésime en me disant que je pourrais ainsi attendre mes 2005 !
le nez sur le vieux cidre me fait rappeler de douloureux souvenirs sur des vins dis-natures ! et occulte tout autre chose que le vin pourrait éventuellement offrir
après secouage et carafage de 24 heures, il faut bien me résoudre à constater que le vin est mort, sale tant au nez qu'en bouche, complètement reparti en fermentation
pas assez (pas du tout) protégé par le soufre de toute évidence..
fais ch... pourtant j'adore les vins de "jean-phi"... :(


frédéric Gautier, passionné
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#74

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santorin a répondu au sujet : CR: Domaine Jean-Philippe Padié Ciel Liquide 2006

CR: Domaine Jean-Philippe Padié Ciel Liquide 2006

Le vin se présente sur des arômes de réduction, de l'"animalité" à l'ouverture, avec une grosse charge tannique qui se resserre. Je décide de carafer deux heures, qui furent profitables.

La robe est très sombre, presque noire mais transparente. Les larmes ne colorent pas les parois du verre. C'est bien fluide.

Le nez complexe et délicat est sur les fruits rouges confits, la braise, la pierre.

En bouche, ce vin très droit me semble présenter des arômes de cranberries.
Le fruit n'est pas frontal mais subtil, et difficile à définir (ça ne gâche rien: on n'est pas là pour se faire des noeuds au cerveau...).
La fraîcheur semble contenir et maîtriser un feu qui couve, elle donne un toucher de pêche à ce stentor.
Une mâche savoureuse et des tannins de grande classe...imposants, mais "impreignés" par cette fraîcheur endémique. L'équilibre est imparable...

Pas d'amertume venant singer une tension ici. Mais pour vibrer... ça vibre sec!

Longueur incroyable encore sur cette fraîcheur phénoménale qui persiste et signe.

Splendide. Délicat dans sa forme malgré la force de son contenu.
Il est encore tout jeune, et le potentiel de garde important j'imagine.

Cordialement,
William
#75

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santorin a répondu au sujet : CR: Jean-Philippe Padié Fleur de caillou 2008

J'ouvre ce midi une bouteille de CR: Jean-Philippe Padié "fleur de caillou 2008",

La robe est miel d'acacia, le nez à la fois minéral et fruits jaunes, pamplemousse.
Un peu de gaz à l'ouverture, qui s'estompe assez vite.
La bouche est un modèle d'équilibre, sur une grosse tension et une trame solide comme un roc.
Profondeur, complexité, longueur minérale. Fraîcheur à tous les étages...
Absolument Impossible de ne pas enchaîner les verres...
La longueur est très bonne.
à table... une place qui sied bien à ce vin, fruits de mer et risotto font des compagnons de route bien complémentaires.

Un vin tonitruant, de gastronomie.

Cordialement,
William
#76

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jpfre a répondu au sujet : Domaine Jean-Philippe Padié

Dégusté hier chez un caviste de Strasbourg la gamme du Domaine Padié.
CR:
Rien à redire, tout est bon ! le niveau des vins est exceptionnel.

Fleur de Caillou 2009 (blanc) : très à son avantage sur la dégustation, elle était éclatante de fruits blancs (et mûrs) sur une superbe trame acide; le genre de bouteille à se vider à vitesse grand V; belle longueur.

Milouise 2008 (blanc) : Plus sévère mais beaucoup plus ambitieuse également. Une GROSSE matière derrière une GROSSE minéralité/acidité. Pourtant mis à décanter et servi en carafe ovarius qui oxygène et déstructure un maximum, le vin reste assez austère... mais quelle longueur ! j'adore cette force minérale, c'est un véritable rayon laser. je parie que cette bouteille sera magistrale d'ici quelques années. D'ici là, ne pas hésiter à longuement carafer.

Petit Taureau 2007 : Comme Milouise on est devant une grosse matière bien serrée. Les tannins sont fins, le vin a du mal a se libérer, c'est bon mais j'aurais aimé que ce soit plus "éclatant"

Ciel Liquide 2006 : coup de coeur, Quelle classe pour ce vin. les 3 ans d'élevage et le bois apporte une complexité à tomber. Loin des bombes alcoolisées, on est devant une matière riche mais parfaitement intégrée, des tannins veloutés et une très belle longueur. Le potentiel de garde est long (comme Milouise d'ailleurs), je trouve le rapport QP parfait.

Merci au Caviste "Au fil du vin libre", pour cette belle dégustation.

Amicalement,
Jean-Pierre.
#77

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Chambourcin a répondu au sujet : CR: Domaine Jean-Philippe Padié

CR: Domaine Jean-Philippe Padié Petit Taureau 2007

Ouvert avant-hier, terminé hier. Je ne l'ai pas bu dans les meilleurs conditions et je n'ai pas pris de notes, mais voici mes impressions.

La robe est d'intensité moyenne, pas de surextraction ici. Au nez c'est le minéral, le caillou du chiste qui me semble dominer, avec un côté fumé, des notes animales et un peu de fruit noir, cerises bien mûres, des notes épicées. La bouche dévoile une matière moyenne, de beaux tanins lisses et souples, un bon équilibre, un joli fruit soutenu par une belle minéralité, une intensité moyenne. C'est bien fait, digeste, bonne buvabilité, pas trop extrait. Comme dans d'autres vins de Calce j'apprécie cette belle acidité, cette superbe minéralité, et le côté digeste et plutôt introverti de ce Petit Taureau n'est pas pour me déplaire. Ca me donne envie de regouter les autres qui attendent sagement leur tour (Ciel Liquide 06, Calice 09, Fleur de Caillou 09... pas de Milouise hélas)...

:P
#78

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FGsuperfred a répondu au sujet : CR:petit taureau 2005

CR:Jean Philippe Padié 2005 côtes du roussillon "petit taureau"

en voilà un vin "couillu" avec du caractère et tutti quanti !

j'avais eu le plaisir de l'acheter après l'avoir superbement dégusté chez laurent mais par la suite j'avais été déçu-malgré un carafage- par les flacons suivants, celui-ci l'a été aussi...

donc c'était à charge de revanche tout comme le marques de vitoria !

à noter que le bouchon est comme au premier jour "diam" donc une sorte de bouchon "bio" et qui en plus lutte contre les gouts de bouchon, donc tout bon !



le nez est très ample et fin à la fois sur les fruits noirs (mûre, myrtille) mais aussi la pomme le poivre le piment, du thym.

la bouche ne se distingue pas à l'attaque et à l'ouverture par sa pureté, mais le vin finit par se dévoiler après 2 bonnes heures de carafe : le milieu de bouche est serré-certes encore- mais s'ouvre ensuite joyeusement sur une structure d'une finesse et d'une précision diabolique, des tanins gourmands toujours avec cette superbe acidité qui donne allant et peps au vin, les notes de pomme ayant la bonne idée de se faire plus que discrètes, l'ensemble me ravit, me touche, enfin (au bout du 3e flacon !)

la fin de bouche présente une très belle longueur sur l'acidité certes mais aussi les fruits et une superbe minéralité (du caillou "frais") du plus bel effet

bien+/très bien-


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#79

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Hervé Bizeul a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Euh, un bouchon "bio", c'est peut-être un peu excessif. Disons pratique, pas cher, sans TCA, c'est déjà beaucoup....
#80

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FGsuperfred a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

hervé,
lis cela ;)

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#81

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Hervé Bizeul a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

Si avoir un bilan carbone meilleur qu'une capsule en alu rend un bouchon "bio", on en est vraiment rendu au degré 0 de chose.

Je me permet de te signaler que c'est plus de 50 % de plastique et de colle chimique, avec en plus un bain de CO2 supercritique... Super, ce genre de "bio"

Après, que ce soit un bon bouchon, pratique, sans TCA et à au tiers du prix d'un liège, on peu discuter. Mais, sur le "bio", je te trouve étonnement naïf sur ce coup là. Comme quoi, la bonne com...
#82

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PEIO a répondu au sujet : CR: Domaine Jean-Philippe Padié - Ciel Liquide 2007

CR: Domaine Jean-Philippe Padié - Ciel Liquide 2007
Bonjour,
J'ai profité d'une petite rando sur 2 jours dans le Canyon d'Ordesa (Espagne) pour emporter une bouteille de Ciel Liquide 2007.
A l'ouverture, le vin affiche des arômes sauvages (limites déviants) qui disparaissent rapidement à l'aération.
L'attaque est croquante (fruits noirs) avec beaucoup d'épices (notes de fumé).
L'ensemble est très digeste et très équilibré. On est bien loin des vins du sud au côté solaire.
Il finit par une belle acidité.
Belle minéralité. C'est diablement bon (tu)
Peio

[IMG=http://img171.imageshack.us/img171/2778/ordesacielliquide.jpg]
#83

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Tucky a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié - Petit Taureau 2005

Petit Taureau 2005

Notes de réduction, vite écartées après un coup de carafe énergique - genre c'est qui le taureau ici, hein ?! -

C'est plein de fruit, gourmand à souhait, on a envie de prendre une autre rasade...mais c'est couillu ce truc !
#84

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syl20bt1 a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié - Fleur de cailloux - 2010

CR: Jean-Philippe Padié - Fleur de cailloux - 2010

Robe : Jaune paille aux reflets dorés - Limpide et très brillante
Nez : Complexe - Elegant et vif : Sur des arômes d'agrumes (citron et pamplemousse) et de fruits blancs. Des arômes floraux (tilleul et fleurs blanches) avec une pointe un peu mielleuse
Bouche : Très agréable, ample et veloutée. Grande finesse entre puissance et acidité. On retrouve des arômes de fruits blancs et d'agrumes. Du gras avec un côté beurré. Mais surtout cette très longue finale sèche de minéralité associé à une bonne amertume.

Conclusion : Coup de coeur pour ce vin et aussi pour le bonhomme. Il a des convictions qui se ressentent dans son vin : précision, tension et équilibre. Attention, ça se descend à la vitesse de la lumière !

Sylvain
Blog vin : Décalé - Esthète et épicurien
#85

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barbichon a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié - Fleur de cailloux - 2010

tout à fait d'accord avec ce commentaire, vraiment un tres beau blanc du sud.

leo
#86

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kamuro a répondu au sujet : Domaine Jean-Philippe Padié , petit taureau 2007

CR: Domaine Jean-Philippe Padié , petit taureau 2007

Un nez expressif, sur la cerise très mure, le fumé, les olives noires, et un gros coté caillou.
En bouche un vin gourmand qui glisse tout seul, les tannins sont veloutés et fondus. Du fruit, un coté ardoise, et une belle fraicheur, c'est assez long et super digeste. Bref une superbe bouteille et un rapport qualité prix génial. Très bien
#87

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syl20bt1 a répondu au sujet : Domaine Jean-Philippe Padié - Petit Taureau - 2009

CR: Domaine Jean-Philippe Padié - Petit Taureau - 2009

Robe : Belle robe intense et profonde. Brillante et limpide – Couleur rubis avec des reflets violines
Nez :Nez agréable – Sur la réduction d’abord (notes animales et de cuir) – Un peu grossier ensuite sur des arômes intenses de fruits confiturés (pruneau) et fumés – Pour finir sur des notes agréables de petits fruits rouges (framboise), d'épices (cannelle), aromates (garrigue) et de pain grillé
Bouche : La bouche est très agréable, très gourmande. Le vin caresse littéralement le palais et la langue d’un velouté très agréable. C’est onctueux, ample et très bien fondu. La finale est très longue sur une grande fraicheur mentholée avec une pointe de minéralité.

Conclusion : Vin pas facile à apprivoiser, réduction un peu tenace, nez fermé. Bouche par contre très agréable et gourmande. Vin de plaisir à carafer et à ne pas laisser trop monter en température

Sylvain
Blog vin : Décalé - Esthète et épicurien
#88

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mauri a répondu au sujet : Jean-Philippe Padié «Petit Taureau» 2007

CR: Jean-Philippe Padié «Petit Taureau» 2007
Robe rubis, sombre. Au nez, d’abord du fruit plutôt discret (confiture de framboise ou cranberries cuits), puis une touche fraiche végétale (herbes séchées, garrigue) et des notes légères d’épices douces toastées. Bouche plus expressive, qui présente un trame assez vive (que je retrouve souvent dans les vins de Calce) et minérale, aux tannins ronds, friande. Longueur correcte. Un vin digeste. (25,5/30) Bu avec noisette d’agneau au miel

Mauri
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#89

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DUROCHER a répondu au sujet : Re: Domaine Jean-Philippe Padié

CR: Domaine Jean-Philippe Padié
Ai goûté trois vins lors d’une dégustation chez mon caviste:
Fleur de Cailloux 2010, la robe est claire et brillante, vraiment une belle couleur jaune paille ; au nez on sent les agrumes, les fleurs blanches, c’est très agréable, en bouche voilà un vin du Sud aucunement lourd, certes c’est assez puissant mais minéral avec une acidité bienvenue. C’est assez long en bouche, très bon vin équilibré
Calice 2009 100 % carignan , robe très foncée, au nez c’est pas très net puis cela s’arrange rapidement et c’est un panier de fruits rouges qui domine , en bouche c’est très fruité, digeste, un peu rustique mais très agréable, beaucoup de fraicheur dans ce vin de copain
Ciel liquide 2003, on change de registre, quel beau vin, au nez les fruits noirs s’imposent, c’est d’une grande fraicheur, en bouche c’est superbe, quelle ampleur , là on a l’élégance, la puissance, c’est soyeux mais sans lourdeur, toujours beaucoup de fruits noir, note fumée et épicée, très belle longueur , grand vin
Bernard
#90

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