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Au sujet de la minéralité

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

J'en pense qu'il parle tout de même bien plus de changement de structure en fonction du type de sol que de minéralité proprement dite (d'ailleurs, peut-on dire proprement minéralité ;)).
A moins bien sûr que la suavité, la générosité, le gras et la facilité d'approche fasse partie de la minéralité...

Luc
#181

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Eric B a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Par contre, j'ai retenu dans l'intervention l'importance du PH (il parle d'alcalinité). En cherchant vite fait à ce sujet, je suis tombé là-dessus qui m'a l'air assez intéressant. Ce serait intéressant que les spécialistes du Rhône nous disent s'ils ressentent une différence de minéralité entre la Côte blonde (schiste acide) et la Brune (schiste calcaire, basique)?

Eric

Eric
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#182

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gerardmansoif a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Luc, ce sont ses mots. 8-)
Je n'étais que le scribe de cette magnifique journée cadencée par le maître !

Dès lors, je ne m'aventurerai pas plus dans ces discussions, néanmoins, cette notion de trame a été révélatrice lors de la dégustation, à lire dans le prochain reportage qui sera posté début septembre.

La certitude tue, le doute te préserve.
#183

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Merci Eric pour le lien.

J'y lis entre autres :

Le vin issu de ce terroir schisteux (acide ou calcaire) aura une robe rouge profond.
Les arômes dominants sont les épices, avec des notes d’olive noire.
On peut également y déceler des arômes de framboise accompagnés de quelques touches de violette.
En bouche, le vin sera très dense et élégant.
Ce vin se caractérise par un très bel équilibre et des tanins très présents mais soyeux.


Et la minéralité là-dedans, elle est où ?

Luc
#184

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Ma contribution au hors sujet : Les cafés issus de plans qui poussent sous les bananiers sont meilleurs et ont des arômes de banane dit-on. Ces crus sont assez rares, je n'en ai pas goûté pour confirmer.

Gerardmansoif : Je ne sais pas ce que M. Chave a voulu dire par cette "pointe", peut-être qu'elle est discrète mais présente. Par contre il introduit autre chose que nous avons abordé : le sol peut avoir une influence sur la structure du vin, et des aspects non minéraux de ce vin. On le savait déjà, mais il doit falloir une sacré expérience de la dégustation et une bonne mémoire, pour savoir analyser et repérer ces aspects déjà plus techniques!

Eric : Intéressant cette introduction à l'influence du pH, merci pour le lien!

Considération générale : Cette discussion aura eu un mérite : prendre conscience des différences de perception. Autant que possible on pourra essayer d'être plus précis à l'avenir lorsqu'on parlera de minéralité. Malheureusement, on se rend compte qu'il n'est pas toujours facile d'identifier formellement un fruit; et c'est encore plus dur pour les arômes minéraux. J'ai parfois bien de la peine même si je reconnais un parfum de pierre, à savoir si j'ai senti ce parfum plus sur du schiste, du basalte ou autre. De plus les minéraux ont des odeurs assez différentes selon qu'ils sont humides ou secs. Ceci explique sans doute en partie qu'on emploie ce terme un peu plus flou de "minéralité" ;)

L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#185

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LaurentM a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Bien que je sois assez loin d'être d'accord avec bebert, il n'a pas tout à fait tort non plus, voici quelque chose qui pourrait l'aider.
La présence de notes d'eucalyptus dans certains vins du chili avait ausi été reliée à la présence de ces arbres. Luc devrait s'en souvenir. voir soirée dégustation chili sur ce site

voici l'autre lien

bon cette fois je vous quitte vraiment

@+

Laurent

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BrutdeCrayon
#186

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Hervé Bizeul a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Bon, je précise car j'ai l'impression que je me suis fait mal comprendre : bien sûr, le sol donne plein de choses différentes et il ne s'agit pas là de le nier d'une QUELCONQUE manière.

Cependant, une odeur "d'argile" ou de "schiste", si tant est qu'elle puisse être isolée en chromatographie en phase gazeuse, ne peut pas se glisser dans la sève depuis les racines, puis passer du fruit au vin. C'est plus complexe que ça. Et moins romantique (comme le disait Axel, dont j'ai lu le post après avoir écris ce billet...)

Certains terroirs, certains cépages, certaines pratiques culturales (échalas plutôt que palissage, par exemple ou rendements bas ou mise au soleil des grains à certains moment plutôt qu'à d'autres) donnent naissance à des "précurseurs d'arômes" différents, et aussi en quantités différentes. Puis, la levure, selon sa souche, ou la méthode de vinification (froid, chaud, pressurage, cuvaison, etc.) va les récupérer pour les faire NAITRE à partir des précurseurs d'arômes.

Un petit coup de Google pour ceux qui veulent creuser, car ça devient vite complexe. A noter que Montpellier est le centre de la recherche sur les précurseurs d'arômes. On notera que sur certains cépages aromatiques (muscat, sauvignon), de simples analyses permettent de décider la date de vendange en fonction des maturités. A quelques jours prêt, on changera ainsi totalement et précisément la gamme aromatique du futur vin, que la levure soit indigène ou cultivée. Pour ceux que ça intéresse, bien sûr... ;-)
#187

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Hervé Bizeul a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Bon, et bien ce post cavale, dites donc. Je commence la réponse avant le repas, je la termine après et ma réponse est larguée à deux pages... ;-))

Bon, sur la détection de la pluviométrie de l'année en sentant le "calcaire mouillé" du "calcaire sec", je ne m'étendrais pas, vous vous en doutez ;-). De toute façon, sentir (au nez) le "calcaire" est pour moi une totale ineptie, ne serait ce que parce qu'il y a des dizaines de calcaires, plus ou moins anciens, plus ou moins durs, plus ou moins décomposés et que leur ph varie dans des proportions phénoménales. Affirmer qu'il y a "un arome calcaire" universel, c'est en soit nier en fait ce que l'on défend, la merveilleuse diversité des terroirs. cf Champagne/vingrau, deux calcaires totalement différents, l'un très actif, l'autre pas du tout...

Rahan, bien sûr que les minéraux passent dans le vin ! C'est d'ailleurs ça, la vrai minéralité ! Si tu as de vieilles vignes, enfoncées profondément, aux milliers de radicelles collées à la roche et que tu fait 20 hl/ha, tes vins ont plus d'extraits secs, plus de minéraux.

Je te (vous) propose une expérience fascinante et qui va tous vous mettre d'accord : tu prends un verre de Contrex (une des eaux les plus "minérales" de france, autour de 800 ppm) et une de Mont Roucous (une de celle qui l'est le moins, autour de 20 ppm). Tu les goûtes et là, déjà, tu sens une sacré différence. Ce sont les minéraux (dont le magnesium, très amer, cité fort justement plus haut.

Tu mets dans chaque verre 15 % d'alcool (inodore et sans saveur). Tu goutes les deux. Dans la contrex, tu ne sens pratiquement pas l'alcool. Dans la mont roucous, tu as l'impression de te bruler la bouche... Tu te reverse deux autres verres. Tu fait pareil avec un sucre (l'une est archi sucrée, l'autre pas), puis avec des tanins oenologiques (l'amertume de l'une est agressive, l'autre pas), puis de l'acide tartrique (tu bois avec plaisir l'une, l'autre te fait faire la grimace).

Et là, tu as vraiment compris ce qu'est la minéralité...

C'est essentiel, c'est ce qui fait les grands vins, en fait. C'est aussi ce qui explique que tant de vins qui n'ont pas de terroirs, de trop gros rendements ou d'autres problèmes doivent être rectifiées oenologiquement en cave. Et pourquoi un vin hyper tannique à 15 % d'alcool peut te sembler bien plus équilibré (et sera d'ailleurs plus digeste et fera dire des choses drôles et intelligentes...) qu'un autre à 11 °, qui va te sembler brulant et va t'abrutir, te rendre violent ou t'endormir.

Je remercie au passage D. Levebvre, qui m'a permis de faire l'expérience et de comprendre très précisément le challenge...

Donc, pour moi, le mot "minéralité" ne devrait s'employer que pour définir le taux en éléments minéraux du vin (il pourrait d'ailleurs être vérifié à l'analyse). On les ressent d'autant plus dans certains vins qu'il sont absents de la plupart des vins que nous n'aimons pas...

Cela expliquerait d'ailleurs très bien aussi cette sensation de "tension", typique des vins riches en sels minéraux et souvent en provenance des terroirs vraiment adaptés à l'élaboration des grands vins. Au passage, pas toujours facile de les faire passer dans les vins, ces fameux minéraux...

Enfin, on notera que "l'extrait sec", isolé depuis très longtemps par les anciens, était un critère essentiel pour le choix d'un vin et pour juger son aptitude à la garde (déjà sur les analyses de la maison NICOLAS il y a plus de cent ans, je les ais vues). Il incluait les tannins mais aussi tous les éléments minéraux et quelques autres trucs.

Voilà,pardon d'avoir été long. Et j'espère avoir été clair.

Et Bébert, ne te braque pas. Je suis sûr que tu sent ou tout du moins ressent quelque chose. Je te crois. On cherche simplement à savoir quoi. On aimerai que tu emplois des mots que nous comprenons parce qu'ainsi, nous serons d'accord sur leur sens et comprendrons ce que tu as bu.

P.S. : bien sûr, des végétaux ou des arômes extérieurs au raisins peuvent venir aromatiser celui ci. Si on laisse le fenouil envahir la vigne et que, de plus, on en ramasse un peu avec, l'arôme peut se retrouver dans le vin. D'ailleurs, on le fait bien avec de la résine de pin en Grèce. Mais ce n'est pas fermentaire. De même, une simple poignée de baies d'eucalyptus peut parfumer une cuve. C'est pourquoi cet arbre, autrefois très proche des vignes, est désormais éloigné en Australie. Du coup, le fameux "gout de terroir" est moins fréquent ;-) Enfin, on peut aussi rajouter des arômes, naturels ou artificiels. Mais en parler, c'est tabou...
#188

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Eric B a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Merci, Hervé (tu)

Eric

Eric
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#189

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Hervé tu as su expliquer en deux messages une énorme partie des divergences et les rendre à peu près compatibles! Merci pour ces brillantes explications.

L'ajout d'arômes naturels ou artificiels est un sujet tabou, ce tabou me gonfle, j'aimerais qu'on en parle librement.

Il y a déjà le fut de chêne qui est un arôme naturel ajouté (lorsqu'on met délibérément 100% de fut neuf c'est une aromatisation) alors pourquoi ne pas parler de tous les arômes ajoutés? De peur de casser le rêve?

Comme pour le bois on devrait essayer d'avoir une démarche compréhensive et consensuelle. Evidemment, si on le dit, on risque de subir une grande offensive intégriste qui va remplacer le microbullage par l'aromatisation pour un mondovino bis... Mais je crois en la vertu du dialogue tout de même.

Je note qu'on ajoute une liqueur dans les champagnes, qui n'est pas nécessairement du pur sucre de canne...
J'entends parler de plus en plus de levures sélectionnées pour leurs capacités à faire des goûts...
Et je n'ignore pas qu'un "Montlaurier", pour ne citer que lui, a peut-être la chance que le terroir lui donne naturellement un goût de laurier, mais qu'il n'est pas impossible non plus qu'on ait forcé la main à la chance...
Je ne crois pas que la répression des fraudes vienne se mêler des affaires d'un vigneron qui aurait malencontreusement laissé tomber un peu de laurier dans une cuve... par inadvertance. Si?

Combien sont tentés?

N'y a-t-il pas là un sujet à développer?

L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#190

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Bertrand Le Guern a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Les vins issus de cette parcelle s’exprime avec plus de facilité dans leur jeunesse, ils sont dotés d’un gras flatteur avec une pointe de minéralité.

Que les différentes parcelles aient des caractéristiques différentes, c'est un fait.
Quelles en sont les causes? difficile d'en donner la raison.

avec une pointe de minéralité

Toujours la même interrogation: que signifie minéralité?

blg
#191

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Bertrand Le Guern a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

La présence de notes d'eucalyptus dans certains vins du chili avait ausi été reliée à la présence de ces arbres. Luc devrait s'en souvenir. voir soirée dégustation chili sur ce site

Certains me l'ont d'abord expliqué par des vignes bordées d'eucalyptus puis d'autres, des oenologues travaillant sur place, ont une autre explication: les graines des eucalyptus tombant dans les bennes au moment des vendanges!

Tout comme le goût d'ail de certains (mauvais) vins français proviendrait des aulx sauvages se retrouvant aussi, maladroitement, dans les bennes.

J'en ai entendu d'autres: une propriété bourguignonne dont le Corton-Charlemagne a eu une certaine année un fort goût de goudron, soupçonnait le goudronnage de la route longeant la parcelle au moment de la fleur.

Personne n'a jamais cité le sol ... ni la minéralité, d'ailleurs le mot n'avait pas encore été inventé!

Et même si, tel Bebert et ses cailloux (non, tout de même pas!!) je distingue souvent les syrahs sur schiste de Saint-Chinian à leur "goût de violette" (que d'autres immanquablement qualifient de "goût d'olive noire" ... montrant ainsi que les arômes sont tout à fait personnels) je n'attribue pas ça à la roche, mais (sans donner ma tête à couper) à la maturité plus avancée des syrahs sur ce type de sol, tout comme le goût de cassis apparaît dans le cabernet-sauvignon très mûr.

blg
#192

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Eric B a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Bertrand, la minéralité que je sens sur les syrah sur schistes est indépendant de l'olive noire ou de la violette (il m'arrive souvent de sentir l'un ou l'autre EN PLUS de mon odeur "schisteuse"). Je ressens ce côté schisteux également sur des carignans ou des grenaches, qui ne sentent pas la violette...

Eric

Eric
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#193

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Martinez a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Merci à Hervé Bizeul pour ces explications concrètes, c'est passionnant, instructif.
Ma journée commence bien.

Jmm

Jmm
#194

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Bonjour Bertrand,

Lorsqu'il s'agit du gout des cailloux, vraiment je ne vois pas l'intérêt de passer par quatres chemins, il vient du sol.

Lorsqu'il s'agit de la violette, ou de l'olive, je penserais comme toi que cela vient d'une conséquence secondaire, ou d'un croisement de conditions favorables. Tu envisages un meilleure maturité des Syrah. Cette explication ne suffit pas, car on trouve cette combinaison particulière olives noires violette encore plus nettement parfois sur d'autres cépages.

Très net sur un Edelswicker du chili, très net aussi sur Mont de Marie (Aramont Cinsault Gernache) et sur les Passerillés rouges de domaine Henry. Pas de Syrah dans ces vins (quoi que le domaine Henry en met peut-être une pointe, il refuse de me dire). Or ces vins sont-ils tous cultivés sur des schistes? Cela vaut le coup que je me renseigne, on saura mieux dans quelle mesure les Schistes sont nécessaires pour obtenir ces résultats. L'homme, par nature, est curieux et aime l'empirisme. Je pense que de nombreux professionnels ont déjà eu cette réflexion et ont déjà pu dégager sans trop de doute les conditions nécessaires ; c'est pourquoi j'ai confiance à priori dans les explications d'Hervé.

Il y a aussi un tas de Syrah sur lesquelles on ne perçoit pas du tout d'olive ou de violette.

L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#195

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Bertrand Le Guern a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Lorsqu'il s'agit du gout des cailloux, vraiment je ne vois pas l'intérêt de passer par quatres chemins, il vient du sol.

Le tout est de savoir s'il est réel ou imaginaire?
Quant à ton talent d'identifier la météo des millésimes au goût de caillou "sec" ou "mouillé" ça aurait fait un bon gag pour "L'aile ou la cuisse"!

Cette explication ne suffit pas

Ai-je jamais prétendu le contraire?

Il y a aussi un tas de Syrah sur lesquelles on ne perçoit pas du tout d'olive ou de violette.

Peut-être sont-elles moins mûres?

Des syrahs ont un goût de cassis, ça c'est abattu sur le Rhône nord au début des années 80, d'abord comme un bienfait puis comme une calamité tant c'était lassant, ça a été attribué au clone de syrah qui était alors en vogue, pas au sol ou à la minéralité ... qui n'avait pas encore été inventée.

blg
#196

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axel a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Hello Hervé,

Merci de ces explications pertinentes et pleines de bons sens! Très intéressant le coup des eaux minérales, il faudra que je teste cela!

Pour revenir aux arômes, et pour illustrer les propos d'Hervé, il suffit de comparer la simplicité (et la pauvreté) des arômes d'un moût à peine pressé (parlons des blancs, car c'est là que les recherches sont les plus avancées) à la complexité d'un vin "fini"!
En effet, à l'exception de certains cépages (comme le Muscat), de nombreux arômes n'existent pas sous leur forme odorante dans le raisin, mais sous forme de précurseurs, qui sont généralement des molécules plus grosses et inodores. La nature et la quantité de ces précurseurs varient considérablement en fonction du cépage, de la maturité du raisin, du millésime, du terroir, etc...
Ce n'est que la phase de fermentation alcoolique qui va permettre la révélation des arômes, sous l'action des Levures, qui, en rompant certaines liaisons chimiques (dérivé cystéiné-thiol par exemple), dénaturent le précurseur et libèrent ainsi la substance odorante volatile (thiol, dans cet exemple).
C'est au cours de ces différentes réactions, dépendant naturellement des souches de Levures et des conditions du milieu, que se forme le nez du vin jeune.

Tout ceci est bien sûr schématisé à l'extrême, et vous trouverez des données plus précises dans le Traité d'oenologie, Tome 1 (pages 336 à 340), ou plus simplement sur google (je vous conseille google scholar si vous voulez des références de publications).

Axel

PS : parallèlement à Montpellier, de nombreux travaux de recherche sur les précurseurs d'arômes ont également été réalisés à Bordeaux, notamment sur le Sauvignon blanc (je le dis dans un simple but d'information et sans chauvinisme, je n'ai pas encore passé suffisamment de temps en Aquitaine pour éprouver le moindre sentiment régionaliste ;-)).
#197

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

BLG : Quant à ton talent d'identifier la météo des millésimes au goût de caillou "sec" ou "mouillé" ça aurait fait un bon gag pour "L'aile ou la cuisse"!

En effet, sauf que je n'ai jamais dit cela.
Ta tendance systématique à prêter des propos idiots à tes interlocuteurs pour les ridiculiser dévoile à tout le monde ton vice pervers de vouloir toujours avoir le dernier mot, quels que soient les mensonges qu'il faudra inventer pour cela.

J'ai depuis longtemps dénoncé cette attitude très vulgaire que tu as en permanence sur LPV. Tu aurais pu essayer de te retenir un peu pour maintenir une certaine illusion, mais là tu commence à faire l'unanimité chez les LPViens qui te trouvent misérable.

Ce que j'ai dit c'est qu'il existe une différence d'odeur entre les pierres sèches et chaudes, et les pierres humides. Ceci tout le monde peut s'en convaincre en faisant l'expérience de sentir un même caillou sec puis mouillé, la différence est EVIDENTE. A part pour toi qui ne sent manifestement pas les odeurs des minéraux, puisque tu tiens seul contre tous la ridicule position que ces odeurs sont imaginaires.
Ce que j'ai dit aussi c'est que cette odeur typique des cailloux au soleil, je la sens souvent dans les vins du Languedoc; et qu'en Bourgogne je ne l'ai perçue que sur certains 2003.
J'en ai déduit que la météo influe sur le vin, ce qu'on savait déjà, rien de révolutionnaire ni de bien prétentieux, mais aussi que les arômes minéraux sont peut-être concernés, hypothèse fort simple qui n'est même pas audacieuse, même si elle reste évidemment discutable.

Bertrand, lorsque ton émotion te fait souhaiter que l'adversaire (que tu t'inventes) paraisse ridicule, évite d'aller jusqu'à lui attribuer des propos qu'il n'a jamais tenus : cela trahis tes vices et une certaine laideur d'esprit.

Lorsque Don Quichotte partait en guerre contre des moulins qu'il prétendait être des géants; au moins, lui, était-il sincère. Il avait même le bénéfice de la bêtise : on sait donc qu'il n'était pas mauvais. Or toi tu n'es pas bête...


L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#198

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Euh, Bebert, c'est pas toi qui a écris cela : "Dans le même registre, les odeurs minérales dans un même vin du même domaine peuvent indiquer la météorologie générale du millésime. Si vous savez distinguer l'odeur des cailloux chauffés par le soleil des cailloux mouillés, vous retrouverez l'une ou l'autre dans le même vin, selon que l'année aura été exceptionnellement sèche ou humide." ?

Luc
#199

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Je te remercie Luc de faire le travail à ma place en retrouvant ma citation, de sorte que tout le monde verra bien que je n'ai nullement dit que je sais deviner la météo dans un vin.

Tu vois écrit ça toi?
J'ai beau chercher...
Je pense et je continuerai de penser que les arômes minéraux peuvent varier en fonction de la météo, de même que bien des qualités du vin qui en dépendent.

Mais vous êtes forts pour lire entre les lignes tous les deux!

L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#200

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Je ne sais pas, tu ne dois sans doute pas parler la même langue que moi... ;)

Luc
#201

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Peut-être parce que je lis ce qui est écrit au lieu de lire ce que j'ai envie qu'il soit écrit?

Plus sérieusement Luc, mes affirmations sont issues de mon expérience, qui n'égale pas la tienne, et elles sont discutables... Heureusement qu'elles le sont. Mais discutons-les sans les caricaturer ni les déformer, le débat en sera beaucoup plus riche!

L'épouvantable suffisant. (c) PatrickEssa
#202

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lanèfle a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

bonjour !

Madre de dios quel débat ! Loin de moi l'idée de vouloir relancer la polémique. Je dirais juste ceci : Luc, BLG, Hervé, Axel, merci de rester les pieds sur terre et d'apporter des explications très claires.
Vos réflexions (surtout celles d'Axel) m'amènent à quelques questions et remarques que je vous livre de façon assez décousue j'en conviens. J'en suis désolé :

Axel, quelle est la part de l'inné dans les facultés olfactives de chacun ? Avez-vous des données, des exemples ?
Pour ma part, je pensais que nous partions tous avec des bases à peu près semblables, hormis des cas d'anosmies sélectives assez rares finalement. Enfin, finalement, vu ce qu'on sait du système sensoriel olfactif, est-ce si important ?

Bertrand, lorsque vous parlez d'imagination, de différences liées au vécu du dégustateur, je pense que vous touchez du doigt quelque chose de fondamental, surtout lorsqu'on pense à la façon dont fonctionne notre système olfactif(encore largement incompris d'ailleurs !).

Pour ma part, je pense qu'un vocabulaire commun est important lorsqu'on veut communiquer avec ses semblables. La minéralité évoquée à tout va me gêne beaucoup en ce sens. Ainsi que les notes de fruits rouges p.e. Des notes de cerise, de framboise, de fraise, ok. Mais le fruit rouge c'est quoi ? Un terme qu'on emploie lorsqu'on a affaire à un vin rouge et qu'on n'a rien d'autre à dire ?

Enfin, reconnaître des arômes est une chose mais les relier à un terroir, un processus de vinification, la météo... bon sang, un peu d'humilité !
Une petite réflexion du bout de ma lorgnette. Je vinifie un tas de fruits et voici ce que je constate. Plus le fruit au départ à un goût prononcé et facilement reconnaissable, plus le vin est marqué par ce goût, plus la complexité aromatique est écrasée, voire inexistante. Un vin de griotte goûte la griotte point. Idem pour la fraise. J'ai l'impression qu'un fruit aux arômes plus subtils et, d'autre part, moins connus du dégustateur (sureau, nèfle, p.e.) donne un vin plus fin, riche en arômes subtils, divers. Place de l'imagination ? peut-être mais plaisir plus grand certainement.

J'ai l'impression que certains arômes, évidents ne font pas partie de l'imaginaire mais sont là. Par contre, dès que l'on va dans le subtil, l'imaginaire est là. Les arômes dits minéraux, sont soit frappants et souvent des défauts (les rieslings qui pétrolent à fond p.e.) soit subtils. s'ils sont subtils, notre nez peut les détecter soit, mais notre cerveau en cherchant à mettre un nom dessus risque de faire dévier la dégustation dans le domaine de l'imaginaire. Ceci dit, ce n'est pas un crime l'imagination, mais de grâce reconnaissons le ! Les arômes minéraux subtils appartiennent à ce monde difficile à cerner mais aussi à dire, à faire comprendre. Car si tout le monde comprend fraise, qui comprend silex ? Les suceurs de cailloux (pas d'insulte, j'en fais partie, ou du moins de la tribu des senteurs de terre) ? Alors la minéralité, concept encore plus flou, parce que jouant dans le domaine de l'olfactif, du gustatif, du "touché de bouche" même pour certains... Pente savonneuse, d'autant que comme l'a dit Luc, la minéralité est souvent associée par certains terroiristes du dimanche à une notion de qualité. Alors Dieu me préserve de voir de la minéralité partout.

Beau débat en tout cas, passionnant et instructif.

Merci


Nous n’avons plus de grand homme mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche
avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect. Desproges
Le blog du rustre
#203

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Lanèfle,

Bien que je ne vois aucun crime de lèse-humilité dans le fait de relier simplement les innombrables arômes du vin à ce qui la vu naitre : la terre, le temps, l'environnement, ton exposé est très compréhensible et on voit ce qui te gènes.

J'avais déjà comparé le sujet de la minéralité à celui du fruit; je partage ton avis que "fruité" est un terme aussi très vague. Quant à "fruit rouge", je ne l'ai jamais compris non plus, n'ayant jamais trop distingué dans le fruit le gout que donne la couleur.

On rejoint en effet l'imaginaire, et il y a fort à parier que le dégustateur dira "fruit rouge" si le vin est rouge et pas "fruits blancs", même si les deux sont largement présents.

Lorsque je parle de "minéralité" dans un vin, il est évident que j'aimerais être plus précis. Je serais ravi de savoir du quel minéral il s'agit et de dire "un arôme proche de galets bretons au soleil", mais je note tout de même qu'on se foutrait de moi tout autant, et qu'il y a fort à parier que les lecteurs ne sauront pas la différence entre le galet breton et les chailles languedociennes.

Alors Lanèfle, puisque tu insistes sur le fait que tu souhaites un vocabulaire commun, pourquoi ne pas adopter "minéralité" pour englober des arômes minéraux, avec justement un peu d'humilité puisqu'on ne sait pas tout reconnaître?
Lorsqu'on fait un CR le but n'est-il pas de décrire un peu le vin? Doit-on se mettre au style Parker qui ne dit strictement rien sur les vins tant ses commentaires se ressemblent les uns les autres? Ne jamais se mouiller? On met une note sur 20 ou sur 100 qui ne veut rien dire non plus et c'est tout?

Moi je continuerai de dire "minéralité" car quoi qu'en pensent certains, je suis d'avis que les lecteurs majoritairement comprennent ce mot et l'entendent dans le même sens que moi.
Je continuerai aussi à dire "fruité" pour les mêmes raisons.
Faut-il savoir reconnaître chaque arôme de fruit et chaque arôme de caillou pour pouvoir parler du vin? Non. Les CR en serait beaucoup moins lisible, et en plus, dans le vin, tout n'est jamais seulement cassis ou seulement griotte.

Chacun doit faire ses comptes rendus comme il l'entend et peut parler du vin sans prise de tête. Le flou n'est pas un ennemi.

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#204

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Bertrand Le Guern a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Quant à "fruit rouge", je ne l'ai jamais compris non plus, n'ayant jamais trop distingué dans le fruit le gout que donne la couleur.

Ce que c'est que la spécialisation! certains font (du moins prétendent le faire) la différence entre les cailloux secs et mouillés, d'autres entre une cerise, une framboise ou une fraise et une pomme, une poire ou une pêche ...

blg
#205

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

En ce qui concerne le fruité, quand je lis que le nez est fait de fruits rouges plutôt que de fruits noirs, ou inversément, ça me parle et me donne une bonne idée du profil aromatique.

Bizarrement, ça me parle moins quand on se contente de dire minéral plutôt que silex ou craie.
Mais soit, on peut bien entendu accepter cette imprécision.
Le plus gênant n'est pas là, mais plutôt dans l'interprétation que beaucoup font de la présence de ce type d'arômes, avec force grandeur et terroir qui pointent à l'horizon.

Luc
#206

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lanèfle a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Luc Javaux écrivait:

> Le plus gênant n'est pas là, mais plutôt dans
> l'interprétation que beaucoup font de la présence
> de ce type d'arômes, avec force grandeur et
> terroir qui pointent à l'horizon.
>
>
> Luc

Ouf merci !
Peut-on être plus clair ?
Je ne le crois pas.


Nous n’avons plus de grand homme mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche
avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect. Desproges
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#207

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Bebert a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Luc, nous sommes parfaitement d'accord. Quoiqu'on puisse l'apprécier, ce n'est pas la minéralité qui fait les grands vins, au mieux elle y participe pour certains amateurs.

Merci d'avoir déplacé ce sujet au fit.

Bertrand : là ton cynisme prend tout son charme et conclue quand même adroitement.

;)

Luc, j'envisage sans honte d'être peut-être à côté de la plaque sur le fruité, mais il y a réellement pour toi au goût un point commun aux fruits rouges que n'ont jamais les fruits blancs et réciproquement? Ou bien il s'agit plus lorsqu'on dit "fruits rouges" d'un raccourci satisfaisant qui parle à ton imaginaire?

Pour ma part les deux explications me conviennent, et même si ce raccourci me parle assez peu, je ne me plains pas qu'on l'emploie.

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#208

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Luc Javaux a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

il y a réellement pour toi au goût un point commun aux fruits rouges que n'ont jamais les fruits blancs et réciproquement?

Oui, j'ai assez clairement en tête des différences entres les différentes familles d'arômes fruités. Tu ne nieras pas, j'espère, qu'il y a plus de points communs au niveau aromatique entre une fraise et une framboise ou entre une pomme et une poire qu'entre une fraise et une pomme ou entre une framboise et une poire.

Luc
#209

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Eric B a répondu au sujet : Au sujet de la minéralité

Et entre la fraise bien mûre et l'ananas? (même molécule aromatique)

Eric
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