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Le tasting du demi-siècle

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Le tasting du demi-siècle a été créé par claudius

LPV, site d'amateurs passionnés ou réseau social ?

1 mois après avoir fondé LPV en septembre 2002, je rencontre pour la 1ère fois notre co-fondateur Anthony au Plaza de Buenos Aires avec au programme une dégustation mémorable des meilleurs malbecs argentins. Nous avons depuis partagé "quelques" bt ensemble et d'innombrables moments merveilleux. Il fêtait son 1er demi-siècle il y a quelques jours, il avait convié 3 amis proches pour un programme épique ... 

vendredi soir
prélude & mise en bouche 
dégustation à l'aveugle complète 

1) excellent champagne comme je les aime, très beau nez complexe, superbe bouche bien briochée avec une bulle fine, trrrrès bon

Egly-Ouriet 2011
 

 

2) robe aux bords du disque brunâtres, nez sur des notes boisées agréables, note mentholée - anisée, ensuite lard, café, c'est assez étonnant, cela fait penser à un très vieux bordeaux ... en bouche la chose est déjà moins intéressante, les saveurs sont diffuses, tout est assez flou et sans contours, seule une acidité bienvenue amène le vin sur des tanins encore bien présents

Lynch Bages 1971

 

3) le vin a besoin d'un peu d'aération pour se mettre en place, il gagne en précision et atteint rapidement sa vitesse de croisière,
un peu comme ces robots pour enfants, démembrés qui se reconstituent tout seuls
le nez décline des notes de cèdre caractéristiques, un beau fruit avec une note mentholée, les herbes sèches, du tabac blond, 
la bouche bien vivante aboutit sur des tanins mûrs et fondus dans la matière,  
elle est ronde et veloutée avec des notes de bois noble, c'est vraiment excellent, je dis Pauillac 1988 ... c'est 

Léoville Las Cases 1985 

 

4)Notes tertiaires, humus, sous-bois de forêt en automne, en bouche aussi, les saveurs déclinent les notes tertiaires & variations sur le thème
mais sur une belle structure qui tient parfaitement la route ... le vin gagne en puissance à l'aération, de très beaux tanins mûrs et conséquents envoient la finale sur orbite ... je ne reconnais pas le Pomerol en magnum bu il y a 3 ans ... une bt qui fait partie de mes références absolues à Pomerol ... le même vin en magnum est d'une jeunesse incomparable 

Le Gay 1982 

 



 
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23 Jui 2021 12:13 #1
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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Merci Claude !

Etant occupé à vous recevoir vendredi, je n'ai pas pris de notes, mais mon souvenir est dans l'ensemble aligné avec ton compte-rendu.

J'ai plus apprécié le Lynch Bages 1971, probablement car un peu ému qu'un vin de 50 ans puisse procurer de telles sensations, même s'il était clairement sur la pente descendante. Et que ce n'est clairement pas le meilleur rive gauche du millésime.

J'ai adoré le Las Cases 1985. Ayant hésité avec le 1990, je suis content que le 1985 fut si expressif, au sommet, tellement charmeur avec ses arômes tertiaires.

Et, n'ayant pas ton vécu par rapport à Le Gay 1982, je l'ai personnellement trouvé au top, presque encore jeune, avec du peps et une finale magnifique. En tout cas je ne regrette pas cet achat.

En ce qui concerne les champagnes, l'Egly-Ouriet Brut Grand Cru Millésime 2011 a rempli à merveille son rôle de remplaçant de luxe, lui qui fut ouvert à l'arrache, trop chaud pour enrayer le faux départ des festivités dû à un Laurent-Perrier Grand Siècle Grande Cuvée N°24 malheureusement bouchonnée :( ... 



... A noter également en apéritif un toujours excellent Clandestin Les Semblables Boréal (un Blanc de Noirs de Benoît Doussot), et un Obrecht brut rosé des plus rafraîchissants.

 

Un bon début de week-end !

 

Anthony
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23 Jui 2021 12:52 #2
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Réponse de dfried sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Magnifique Anthony !

Tous mes vœux pour que ton demi-siècle suivant (a minima), soit encore plus sympathique :)
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23 Jui 2021 13:07 #3

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Réponse de claudius sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Anthony a pensé et préparé cette 1ère dégustation de la journée pendant au moins 6 mois.
Le résultat et la satisfaction tant du point de vue du concept que de la qualité des vins dégustés se révèleront ahurissants ! 
8 / 4 = 8 bt pour 4 pers., assis dans sa spacieuse salle à manger, nous commençons autour de 9:30 et accordons environ 1h à chaque bt, 
Anthony surgit tour à tour de sa cave avec 4 verres servis à température parfaite.

les tel. sont débranchés, nous entrons dans la bulle spatio-temporelle

samedi matin & après-midi
sonate tripartite avec introduction et coda 
dégustation à l'aveugle complète

1) introduction 
Couleur jaune-or, c'est du Champagne ... un peu particulier. Bouquet vineux, complexe, pomme, une pointe de note oxydative, brioche,
bulle hyper fine mais foisonnante, la bouche tonique, tranchante, minérale avec une note citronnée semble beaucoup plus jeune que le nez. 
Très belle longueur pour un Champagne.
Anthony nous demande ce que c'est ... ? Incapable d'émettre une hypothèse sur la maison ou l'année,  je fait noter que la bulle ressemble à celle d'un Krug ...

Krug Collection 1990 N°898

 



2) sonate tripartite - exposition
Disque aux reflets tuilés, bouquet de type bordelais parfaitement à point absolument splendide ! mélange complexe de fruit ( cassis) et notes tertiaires, avec une note fumée. Immense finesse de texture en bouche, caractéristique des grands vins, bouche savoureuse et expressive où chaque pixel est devenu goût, plus longiligne que large avec un flux qui aboutit sur des tanins parfaitement proportionnés, enrobés et fondus dans la matière qui propulsent la finale.
Le bouquet est évolutif, les proportions sont parfaites, la bouche est en finesse avec une allonge merveilleuse, le tout est absolument superbe et cueilli à son apogée. Grand vin ! Je dis Bordeaux au nez mais pas en bouche (je pense à un Italien du Nord ou à un Californien de style bordelais) ... mais c'est un Bordeaux ! Qqn émet l'hypothèse, un 1990 ? ... plus ancien nous dit Anthony.  Pas un monstre tannique donc ni 1986 ni 1975, cela ne ressemble pas à un 1985 ni à un 1982, je lance 1978 ...

Château La Mission Haut-Brion 1978 

 



3) Robe translucide tirant sur l'orange, nez de Nebbiolo  c'est clair ! Je m'exclame Barolo ... à voir la mine de Anthony cela doit donc être un Barbaresco ... oups. 
Nez fabuleux mûr et à point, hyper complexe, écorce d'orange, épices fines etc etc etc, un ballet fou, feu d'artifice olfactif  -connaisez-vous un autre cépage ou assemblage rouge qui offre une telle richesse et variété d'arômes ? ... ma réponse est non ! (cf dernier cr sur Tre Tine 2011 de G.Rinaldi) -  
quelle énergie en bouche, quelle vigueur, quel dynamisme, j'adore ! finale sur des tanins qui méritent encore leur nom et qui propulsent le vin dans l'espace ...
belle résonance.
Grand et coup de coeur !
Le verre vide repris + tard sent les épices fines, c'est merveilleux ! 
Quel millésime ? je propose 2001 ou 1999 ... non c'est plus vieux ... un grand millésime nous dit Anthony ...

Roagna Crichët Pajé 1985 

 



4) Robe nettement plus juvénile et plus intense, au nez Pinot Noir c'est clair !
Petits fruits rouges, pointe de végétal noble qui donne du pep et de la fraîcheur, cerise ...
superbe d'élégance et de raffinement, équilibre parfait, rien ne dépasse, la matière riche et sphérique remplit le palais, une forme de perfection ! 
N'a pas encore rejoint son apogée à mon avis et devrait encore gagner en expressivité ...
 Je dis Côte de Nuits impressionnant ...

Domaine Comte de Vogüé Musigny 2002 

 




à suivre 
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24 Jui 2021 13:29 #4
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Réponse de Anthony sur le sujet le tasting du demi-siècle

Il y a effectivement eu beaucoup de réflexions, de choix, de doutes, de changements, de chance, de derniers changements et finalement de satisfaction. Satisfaction que des vins portés au firmament par critiques et amateurs aient confirmé leur grandeur.

Krug Collection 1990 est le millésimé "late release" du domaine, gardé plus de 25 ans dans les caves de la maison avant d'être embouteillé et mis sur le marché. 1990 fut un millésime chahuté, rythmé par un hiver doux, des gelées en avril, un printemps frais et un été chaud.

J'ai adoré sa magnifique couleur or, son nez hyper pur, ses arômes légèrement oxydatifs sur la pomme, son côté exotique, sa bouche tendue, son aspect minéral et, la raison pour laquelle je suis fan de Krug, la qualité de sa bulle. Sa longueur fut magnifique et je suis un conquis par ce type de champagne combinant un certain bagage avec une fraîcheur toute juvénile.

 

La Mission Haut-Brion 1978 fut un achat spontané lors d'une vente aux enchères. J'étais plutôt parti sur un Cheval Blanc 1982 que je voulais toujours boire, mais certains CR d'un vin devenu moyen m'en ont dissuadé. Le domaine m'avait averti que ce 1978 était sur une pente descendante et m'encourageait à ne l'ouvrir que juste avant la dégustation. Bien m'en a pris de lui laisser 3h d'aération car il n'a fait que s'améliorer au fil de la matinée.
Ce qui m'a marqué et m'a conquis fut ce nez terreux, terrien, mariant finesse et intensité, amenant sur une bouche soyeuse, aux tannins hyper fins et patinés et une finale incroyablement longue. Ce côté fumé, tant au nez qu'en rétro-olfaction, et cette note d'eucalyptus lui donnaient un supplément d'âme. Magnifique Bordeaux rive gauche à pleine maturité.

 

Crichët Pajé 1985 fut mon achat 100% risque de la dégustation. Risqué car aucun critique n'avait commenté ce millésime, certes spectaculaire au Piémont, mais où Crichët n'était encore qu'un vin de table. Risqué car acheté à un particulier. Mais je savais que Claude ne jurait (plus) que par Roagna et que c'était un challenge à prendre. "Crichët Pajé" signifie "le haut de petite colline" en piémontais et remporte assurément le prix de l'étiquette la plus moche. Mais aussi celui du vin le plus fou de notre dégustation. Un Roberto Benigni du vin !

Quelle énergie dans ce nez ! Il trahit son origine piémontaise par ce côté écorce d'orange, herbes macérées, mais quelle fraîcheur, quelle matière, quel équilibre mariant des tannins encore présents et une sensualité folle, quelle longueur. Un grand vin tout simplement ... après 36 ans !

 

Comte de Vogüe Musigny Vieilles Vignes 2002. Je suis un grand amateur de Chambolle, et j'avais eu une fois l'occasion de tremper mes lèvres dans un ancien millésime. Est-ce que 2002 serait trop jeune, trop peu solaire, trop ci, trop ça ? Je m'en fichais un peu mais je me suis quand même levé aux aurores pour décanter la bouteille et ensuite pris la décision de le retarder dans l'ordre de service afin de lui donner le temps de s'exprimer.

Envouté par ce nez frais, parfumé, qui pinote sur un végétal noble, cette minéralité, cette note de poudre de riz, cette menthe poivrée, ce fruit rouge, cette cerise .... Une bouche ciselée, à l'acidité parfaitement maitrisée et qui finit sur de la soie. Tout cela se fondera dans les 15 années à venir et donnera une légende.

 

To be continued effectivement ...

Anthony
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24 Jui 2021 15:38 #5
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Réponse de claudius sur le sujet Le tasting du demi-siècle

développement
ballet de perceptions, les 4 vins du matin résonnent, s'enlacent et se délacent pendant la pause déjeuner avec les gougères dorées à peine sorties du four ainsi qu'un plat de pâte ...

5) reprise
toujours à l'aveugle complète 
pareil nez, c'est un Barolo ! l'immense diversité de la palette d'arômes nebbiolesque est présente avec même une note de kirsch (pour moi caractéristique plutôt rhôdanienne du sud).  La bouche me déroute tant elle est opulente, d'une richesse hors du commun, telle une onde expansive elle envahit les derniers pores et recoins secrets du palais ... hyper charnue, balsamique, de la réglisse, du goudron, quelle intensité et concentration, les tanins hyper mûrs sont gobés par la masse de fruit ...
un véritable éléphant rose volant dans le ciel ... je n'ai jamais bu pareil Barolo ... tout simplement phénoménal, une symphonie en devenir sur les prochaines décennies
Anthony nous demande le millésime ... vu la relative jeunesse, richesse et buvabilité, je tente 2007 ou 2008 

Giacomo Conterno Monfortino 2008 

 



6) le verre suivant arrive ... Bordeaux ... 
PARFAIT ! ... rien à rajouter, circulez, ce serait presque insultant que de décrire pareil vin ...
perfection formelle et gustative ... un monument !
il est là, se livre complètement sans retenue ni chichis
un vin universel
une évidence indiscutable
sa beauté est si naturelle, si évidente que l'on se demande pourquoi il est si difficile d'atteindre pareil résultat 
Anthony me dit, tu es le seul d'entre nous à déjà avoir bu ce vin ...
je ne le retrouve pas ...

Château Haut-Brion 1989 

 



7) encore abasourdis mais heureux, nous poursuivons le cheminement extatique
Pinot Noir, il n'y a aucun doute possible 
nez complet, tout est là, mûr mais avec une belle fraîcheur, splendide, une évidence de grand vin !
en bouche masse de fruit, avec une touche douce agréable, une bouche avec une belle directivité
à nouveau perfection formelle et gustative !
vin d'une élégance folle, à point et qui le restera longtemps encore 
Anthony annonce 1999, ...  quelle jeunesse ...
vin immense !

le plus étonnant pour moi est la magie de ce vin XXL perché sur des chaussons de danseuse étoile qui évolue avec grâce et légèreté en touchant à peine le sol .. merveilleux et émouvant ...

DRC Richebourg 1999

 



8) coda 
nous passons au jardin pour conclure ce parcours initiatique sur une  méditation avec vin et cigare
Guillaume est parvenu à dénicher 4  Lusitanias 1998 de Partagas
que nous fumons en dégustant un vin brun foncé  tirant sur le noir, sur des arômes et saveurs de figues sèches, dates, massepain avec quelques notes d'herbes aromatiques et d'épices, un vin d'une longueur époustouflante !

Don PX 1946 

 


à suivre 

Anthony avec grande classe, nous avait préalablement demandé de ne pas aborder le thème monétaire pour nous concentrer exclusivement sur le plaisir de la dégustation. Je vous demande de faire de même ici dans ce topic, merci d'avance. 


 
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25 Jui 2021 13:38 #6
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Réponse de Nicoco sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Whoa - des vins de légende pour fêter un événement légendaire !
Bonne dégustation à vous et bien entendu bon demi centaine :)

Quels sont les plats qui ont accompagnés cette divine symphonie ces divins breuvages ? 
Nicolas
25 Jui 2021 14:26 #7

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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Nicoco,

Pendant la dégustation, nous n'avions que pain, huile d'olive, sel marin, grissinis et une pause gougères. Et beaucoup d'eau gazeuse. Nous avons fait une pause pour le déjeuner, à l'eau et avec un bon plat de pâtes.
Donc, non, ces vins n'ont pas été bus à table, mais cela me semblait plus adapté sachant que nous donnions 45-60 min à chaque vin et le temps de prendre le temps.



 

Anthony
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25 Jui 2021 14:47 #8

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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Claude,

ton CR me donne la chair de poule car il retranscrit exactement la magie qui régna ce jour de juin 2021. Et si j'avais effectivement annoncé que l'ordre de service n'était pas croissant en terme de qualité supposée mais pensé par rapport à une évolution de nos papilles, il est clair que j'espérais que les 4 derniers vins nous épateraient au plus haut point. Et là encore, aucune déception.

Monfortino 2008 .... mon Dieu ce que j'ai débattu avec moi-même avant l'achat de cette bouteille .... Conterno ou Giacosa, quel millésime, quel format .... j'ai en fin de compte suivi mon intuition de vouloir une fois goûter Monfortino et le prendre sur un de mes millésimes de coeur, 2008.
La bouche était une alcôve de fruits, intense, avec une note éthérée surprenante, des herbes, de la terre, des notes balsamiques et cette odeur de lard fumé. La bouche est splendide, charnue, aux tannins incroyablement soyeux et d'une longueur. Un Barolo de légende !
 

Haut-Brion 1989, une évidence de l'avoir dans cette dégustation tellement j'en ai entendu parler et tellement je me suis dit qu'un jour je le goûterai. Claude a parfaitement résumé ce vin. Si nous avons pris environ 30 min pour chaque verre précédent avant que je révèle le nom du vin, celui-ci ne nous a demandé que 5 minutes tellement il était parfait .... et il n'y avait presque rien à dire si ce n'est, en silence, d'apprécier ce moment irréel. Mes notes disent "nez de petit lait, tout est intégré, cassis, herbes ... un nez d'une profondeur et d'une complexité encore jamais vues sur un Bordeaux. La bouche est immense, fine, fondue, avec un goût de viande, interminable". Mais ce qui a vraiment marqué fut cette plénitude, ce cube de 10 x 10 x 10 rempli de 1000m3 de perfection et d'intégration. Immense, que dis-je stratosphérique ...
 

Richebourg 1999 La Romanée Conti ... un autre vin qui a émergé des mes réflexions entre une RSV, une Tâche, un vin de Leroy. Et finalement je me suis dit mieux prendre Richebourg dans un grand millésime où on le dit concurrencer les autres vins du domaine. Clin d'oeil également au 1999 de la RSV de Confuron que Claude m'a servie quelques fois et qui fut ma première grande émotion en Bourgogne, et au Richebourg car nous n'avions bu qu'un 2000 de Liger-Belair et il fallait un jour retremper nos lèvres dans un tel cru. Donc Richebourg 99 de la DRC ... quel nez, quel bouquet, quelle finesse sur les fruits, les fleurs, le végétal noble, le poivre rose. Un kaléidoscope d'arômes qui dépasse de loin ma capacité de discernement. La bouche est incroyablement mûre mais fraîche, gustative avec l'impression de déguster un plat d'un grand chef. Tout dans ce vin est magique et j'ai posé mon stylo afin de profiter de ce moment unique, un moment auquel j'avais longuement rêvé, celui de trouver le Saint Graal du Pinot Noir ...
 

Don Px Convento 1946 x Partagas Lusitanias 1998 ... comment ne PAS redescendre sur terre tout en préparant un retour à la vie épicurienne. Certes, l'accord n'est pas celui que prônerait les puristes mais j'ai adoré cette combinaison entre un vin "blanc" de 75 ans, qui nous survivra tous, avec ses arômes caractéristiques de fruits secs, de balsamique, de touche oxydative, de réduction de jus de viande, cet équilibre de folie et qui continue même à sentir bon 24h plus tard, avec un module vintage qui s'était intégré et harmonisé comme je n'avais jamais ressenti dans un cigare. Quelles magnifiques 2 heures passées au jardin en refaisant le monde ... et la journée. Et cela ne laissait présager que du bon pour la soirée à venir ....
 
 

Anthony
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25 Jui 2021 16:21 #9
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Réponse de Gombi sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Anthony,

d'où sortent ces magnifiques verres?

Xavier
25 Jui 2021 22:40 #10

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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Xavier,

avec le Krug, ce fut le Riedel Vinum Champagne.
Avec les 2 Bordeaux, ce fut le Riedel Vinum Bordeaux.
Avec le Crichët Pajé, ce fut le Zalto Bourgogne.
Avec le Musigny et le Richebourg, ce fut le Riedel Sommelier Grand Cru Bourgogne.
Avec le Monfortino, ce fut le Zwiesel Conterno Sensory.
Et avec le Don Px, ce fut le Riedel vin blanc en forme de tulipe (ne me rappelle plus de la série car c’est un verre qui appartenait à ma maman et qui doit dater des années 80).

Le Sensory est, à mon point de vue, le verre idéal pour les Nebbiolos à point.

Anthony
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26 Jui 2021 08:11 #11

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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Le Monfortino 2008 m’aura donné l’occasion d’annoncer la thématique de la soirée: ce sera les Piémontais 2008, région que j’adore et millesime dont je raffole tant les vins sont raffinés et parfumés. Les notes sont succinctes car la soirée était active entre grillades, discussions et intendance logistique.

Produttori del Barbareso Riserva 2008, un vin qu’ils ont sorti pour les 50 ans du domaine et qui est un assemblage des neuf 1ers Crus de la cantina: très frais et parfumé, une touche fumée, une bouche avec de la prestance et ciselée. Bien, voire plus mais ce vin a eu la difficile tâche de faire la transition entre la stratosphère et le retour sur terre. 

Massolino Vigna Rionda Riserva 2008 (Serralunga): un vin tout en finesse (comme à son habitude), superbes tannins. Il souffre dans une dégustation comparative mais je l’adore à table.  ​​​​​​​

Giuseppe Mascarello Monprivato 2008: (Castiglione Falletto): un nez intense, fondu, épicé. Une bouche tendue fraîche et longue, mais il semblait lui manquer un peu d’âme et de complexité pour rivaliser avec les meilleurs ce soir-ci.  ​​​​​​​

Aldo Conterno Colonello 2008 (Bussia): intense et moderne, porté par la griotte, le bois, séchant un peu en bouche et aux tanins quelque peu rêches. Pas mon style de Barolo.  ​​​​​​​

Luciano Sandrone Le Vigne 2008 (plusieurs crus): très frais après le Colonello, bel équilibre sur l’amertume, long et profond. Toujours magnifiquement bien réalisé mais manque un peu d’âme pour m’émouvoir.  ​​​​​​​

Bartolo Mascarello 2008 (plusieurs crus): un vin magnifique mélangeant finesse et puissance, aux notes de petit lait, un côté fumé, des notes de réglisse​​​​​, une bouche longue et goûteuse. Un bijou!  ​​​​​​​

Giuseppe Rinaldi Cannubi San Lorenzo 2008: des arômes plus évolués que le Bartolo, une touche balsamique. Une bouche de velours d’une finesse encore inégalée dans cette soirée. Magnifique, un grand choc gustatif.  ​​​​​​​

Giuseppe Rinaldi Brunate Le Coste 2008: le plus grand de tous, un ensemble d’une complexité et d’une rare finesse, mélangeant notes balsamiques, confites, herbes mais avec ce côté soie et féminin. Envoûtant ! 

Les 2 vins de Rinaldi et le Bartolo sont des sommités du millésime, les autres suivent. 

 

Anthony
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11 Juil 2021 13:45 #12

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Réponse de tomy63 sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Bravo pour cette dégustation exceptionnelle et le choix des bouteilles ! Qu entends-tu par moderne pour le colonello ? On est bien sur un élevage traditionnel en foudres non ?
11 Juil 2021 14:12 #13

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Réponse de Anthony sur le sujet Le tasting du demi-siècle

J’avais lu 28 mois en grands fûts de chêne, ce qui en lui-même ne veut pas dire élevage moderne, mais ce côté asséchant mélangé avec un fruit tapageur détonnait fortement dans cette dégustation.  

Anthony
11 Juil 2021 14:30 #14

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Réponse de claudius sur le sujet Le tasting du demi-siècle

Bravo pour cette dégustation exceptionnelle et le choix des bouteilles ! Qu entends-tu par moderne pour le colonello ? On est bien sur un élevage traditionnel en foudres non ?

 

j'ai été surpris à la dégustation de découvrir des notes toastées qui détonnaient dans la série, donc je crois que l'info mentionnée par Anthony est juste ...
de plus un petit côté séchard désagréable sur la langue 
12 Juil 2021 08:31 #15

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