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Quelques occasions à fêter

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Quelques occasions à fêter a été créé par Gaija

Ce week-end, les étoiles s'alignent bien : on fête à la fois l'annif du paternel, de la belle-soeur (ça on s'y préparait) mais également, coup de théâtre, le premier job de mon petit frère, le pti dernier.

Voilà un bon prétexte pour se faire un peu plaisir ... MiaM!

Autour d'un repas, donc, commandé à un resto du coin.

On commencera par un petit apéritif autour d'un

CR: Champagne Deutz, Brut Classic (dégorgement 2019, je crois)

Et c'est vraiment bon !

On entre dans le Champagne classe, classique et qui ne sort pas vraiment des sentiers battus, mais qui a quand même quelque chose à raconter. Très joli profil que je qualifierais de "complet" puisqu'on y lit aussi bien le chardonnay que le pinot (ou devrais-je dire les pinots, puisqu'on est sur du 1/3 ; 1/3 ; 1/3 je pense).

On navigue en territoires connus mais rassurants, entre le brioché-levuré très beau et un joli fruité qui tire presque sur les fruits des bois ; le tout se traduit mot pour mot en bouche, l'équilibre acidité-dosage est idéal à mon sens, toucher crémeux, bulle fine et présente sans être envahissante, ce que j'apprécie particulièrement (j'ai du mal avec les champagnes qui jouent la surenchère de la bulle, pour moi à partir d'un certain stade ça rend la lecture organoleptique plus difficile).

Très bien - / 15.5/20


Entrée ensuite, sur une raviole de skrei, poireau, sauce créméé haddock-safran.

Je me dis que c'est l'occasion toute trouvée pour partir sur un joli Bordeaux Blanc qui, à mon avis, doit être à point :

CR: Clos Floridène, Graves Blanc, 2015

L'expérience confirme mon amour (naissant mais sûr) pour ce genre de Bordeaux blancs.

Superbe robe jaune or intense, bien brillante.

C'est juste excellent, similaire et au niveau d'un Pessac Blanc plus qu'honnête, et à l'apogée niveau vieillissement je pense.

Nez initialement sur l'élevage, partition empyreumatique et patissière (tarte citron meringuée, assez typique du secteur quand élevé sous bois à mon expérience). Mais cette facette n'est pas envahissante, et derrière, le mariage parfait du sauvignon et du sémillon est consommé.

On se laisse porter entre la finesse agrumique et florale du premier et l'onctuostié exotique et hédoniste du second. Citron vert, mandarine, mangue, passion, chantilly, aneth, chèvrefeuille, violette ... et en bouche tout pareil, avec ce toucher "de crème fraiche", cette tension calcaire et citronnée, et tout ce que j'ai déjà cité.

Bref, du bonheur. Ne pas commettre l'erreur de le boire trop frais : il a suffisamment d'acidité et de tension calcaire en bouche que pour garantir une fraicheur "intrinsèque" tout à fait suffisante même à 14 degrés, or c'est vraiment à ce genre de température que la complexité aromatique adjacente (notamment le côté fruits exotiques du sémillon) est la plus parlante.

Excellent - / 17/20, et sans surprise l'accord fonctionne très bien.


On passe au plat, sur un parmentier de cuisse de canard au chou grillé barbecue.

Le père sort une belle quille qui ne devrait plus avoir à attendre bien longtemps :

CR: Château Les Ormes Sorbet, Médoc, 2005 - En magnum

Bouchon impeccable, robe rubis étincelante superbe, brillante.

Le vin est en pleine forme, probablement dans sa fenêtre de consommation optimale.

La classe médocaine au nez sur un cabernet sérieux mais assagi par le temps, joli registre végétal cèdre, tabac, poivron mais pas dans le sens négatif du terme. Sous-bois et champignon du côté tertiaire. Grande noblesse florale sur la jacinthe et le lys, surprenant, en particulier hyper frappant dans le verre vide (rarement vu une floralité de ce type aussi appuyée sur un Bordeaux rouge).

Bouche vibrante, tanins absorbés mais quelle jolie présence laissée derrière eux ! Cerise noire, tabac, champignon, thé noir, grande buvabilité. Loin d'être sur la descente, ce beau Bordeaux à la structure libérée joue bien sa partition classique, même si un rien de profondeur supplémentaire aurait pu l'amener plus loin. L'accord, classique lui aussi, fonctionne très bien.

Très bien / 16/20


Rien de prévu sur le dessert en lui-même, qu'on a préféré léger (Chou à la crème montée au Yuzu), même si je m'étais quand même gardé un fond de Clos Floridène pour l'accord sur l'agrume, qui a très bien fonctionné.

En digestif par contre, on finit sur une jolie bouteille dont je cherchais l'occasion d'ouverture (vu que mon père aime assez bien le Tawny, la voilà toute trouvée) :

CR: Graham's, Single Harvest Tawny Port, 1994 - "The Apprentice"

Bouteille qui a eu un joil succès critique et été notamment plébiscitée par Manuel Peyrondet.

Le nez manque peut-être un rien de complexité mais je suis prêt à mettre la faute sur la chronologie de fin de repas (sens un peu saturés) et le fait que la bouteille venait juste d'être ouverte.

En l'état c'est "juste" un joli nez de Tawny très net, pur, sur l'airelle et l'amande, mais sans complexité outre mesure (à revoir).

Par contre en bouche, mes aïeux, ça pète, ça vibre à fond, ça vient vagues par vagues, équilibre parfait entre nervosité et sucrosité, confiture de fraise aux épices, églantier, vermouth rouge, amande fraiche et massepain, girofle, champignon frais, thé Earl Gray, le tout agissant comme un tremplin vers une finale de longueur impressionnante en queue de paon, vibrante elle aussi, appuyée, "assertive" comme dirait l'autre.

Très jolie bouteille, qu'on revisitera avec plaisir !

Très bien + / 16.5/20


Le tout dans le tout : jolie soirée ! %tchin

Beau dimanche à tous !

Brieuc
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: oliv, Olivier Mottard, dfried, Moriendi, starbuck
14 Mar 2021 15:20 #1

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