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Un rien plus de 6 vins chez 6l'vin (compte rendu des retrouvailles d'une poignée de PACAs désœuvrés cet été)

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apoitou a créé le sujet : Un rien plus de 6 vins chez 6l'vin (compte rendu des retrouvailles d'une poignée de PACAs désœuvrés cet été)

On le connait sur ce forum pour certains des CR les plus inspirés, souvent éclairés autant qu’étayés comme après notre rencontre avec JL Chave ( https://lapassionduvin.com/rhone/3752-domaine-jean-louis-chave?start=390#387502https://lapassionduvin.com/rhone/3752-domaine-jean-louis-chave?start=390#387502 ) et H.Bonneau ( lapassionduvin.com/r... ) ou parfois illuminés, comme cet incontournable de LPV, le plateau télé Rayas 78, narration OVNIEsque autant qu’improbable et pourtant crédible puisque gobée par les moins crédules, ( lapassionduvin.com/a... ).
Nous chez LPV Paca on le connait aussi pour d’autres de ses qualités. Son aptitude à capter et consigner les plus infimes dérapages verbeux qu’il réutilise ensuite tels des émaux, dans ses CR façon zellige. Sa rigueur germanique autant que créative de la Dégust et de son bon ordre quand il est M.C, qui lui donna l’occasion d’introduire la quadruple aveugle à négation de phase inversée. Son verbe et ses qualificatifs colorés quand il s’agit de commenter la bouche ou le nez de son verre, leur trouvant des notes de soupe de poireaux ou de miel de cédrat.

C’est pourtant pour une autre de ses qualités, réservée aux PACA, que j’ai accepté de prendre la plume et narrer ici une petite dégust en forme d’étirement temporel à la suite de notre virée alpine et de la sortie du confinement, je fais référence ici à sa générosité. Générosité qui s’exprime plus aigüe encore, en période estivale, dans l’organisation de ces repas sur sa délicieuse pelouse, qui nous regroupent autour de bouteilles souvent fort sympathiques, de bons mets, et surtout d’une convivialité à toute épreuve, je le laisserai citer ici quelques-uns de nos lâchés de conneries.
Ci-dessous quelques commentaires de la dégustation, de mémoire car sans prise de notes tant la dégustation était sous le signe de l’amitié et de la franche déconnade-tagada-tsoin-tsoin, des vins bus autour d’un repas de terrines de Raphael Chapierro (cochon-gambas, quelle magnificence !) et d’autres amuse-bouche (dont de splendides chèvres frais et moins frais dont même Arnaud a repris), d’une côte de bœuf grillée au bar-b-q, terminé par un éclair au chocolat géant régressif au possible.

Accueillis verre à la main par une première bouteille découverte (toute la suite sera goutée à l’aveugle comme à l’accoutumée), on est bien. On est également en Alsace sans nul doute, un Riesling de plaisir immédiat autant qu’instantané. Bonjour se dit avec ce vin sur des arômes de pomme verte et de pêche citronnée. La bouche confirme avec une grande fraicheur conférée par une acidité présente et une richesse ou le fruité se retrouve.
Alsace vieilles vignes lieu dit Harth – Riesling – Schoffit - 2014
Glou +.


Les deux niveaux d’affinage de chèvres frais, les pickles de poulpe et les anchois cherchent un adversaire de taille. Un premier adversaire s’y essaye, un vin gourmand et riche, aromatiquement complexe avec un abricoté au nez qui trahit la présence de viognier, mais il y a plus que cela et les jolies notes de citron mûr et de coing ne permettent pas de distinguer l’assemblage. Et pour cause, il est certes majoritairement Chenin, mais fait également de Grenache blanc, Roussane, Viognier donc et petit Manseng. Fort de cette information dévoilée avec l’étiquette, et percevant une finale saline sur la pêche cuite je lui trouve des similitudes avec de Chenin sudaf.
IGP Herault blanc – L’Etincelle – Mas Cal Demoura- 2018
½ Glou.




Je prends ensuite un gros plaisir sur un vin à la tension et la minéralité plus qu’avenantes. C’est long et avec beaucoup d’amplitude. La gamme aromatique de prime abord est pour moi celle d’un chenin de Loire, mais avec beaucoup de minéralité calcaire presque iodée à saline. Fort gourmande en tous cas, seules des notes miellées auraient du me mettre sur la piste d’un Chardo. C’est en tous cas une très belle bouteille.
Chablis Grand Cru – Vaudésir – Jean Paul et Benoit Droin - 2010
Glou Glou+.

Plus sûr de moi, j’annonce le chenin à nouveau sur cette bouteille, craignant une nouvelle fois d’être à coté, mais ne craignant pas le ridicule face à ces récipiendaires du concours de la RVF.
La complexité des arômes du coing se mélangeant à ceux de la pomme, le tout dans une tension des plus rafraichissantes. La longueur n’a d’égale que l’équilibre de cette bouteille.
Vouvray – Sec – Clos Naudin - 2010
Glou Glou.


Les notes de poivre gris et de mine de crayon tutoient la framboise et la groseille avec une certaine élégance et sans lourdeur excessive pour ce vin indiscutablement sudiste, mais au racé indubitable, qui cache toutefois à peine une certaine austérité. C’est plaisant et la bouche n’a pas la densité que l’on aurait pu craindre.
Côtes du Roussillon Village - La Truffière - Domaine Danjou Banessy - 2015
½ Glou.


L’humilité que nous impose la dégustation à l’aveugle nous révèle aussi parfois que nos Graal peuvent s’avérer aussi décevants. L’oxydation est là, qui ruine au nez toute perspective de plaisir. La bouche confirme la déception annoncée. Mierda, un Charvin de 2007, c’est pas tous les jours que ça se présente et quand c’est flingué, c’est triste comme des ris de veau poêlés sans un Dagueneau évolué.
Chateauneuf-du-Pape - Domaine Charvin - 2007
Non noté.


Les grands millésimes ont cela de réconfortant que même les dégustateurs frustrés, comme nous l’étions après cette belle étiquette aux promesses envolées par la vilénie d’une oxydation prématurée, y trouvent là matière à réveiller les muscles faciaux en particulier les zygomatiques. La finesse de ce nez sur les épices douces, la cerise à l’eau de vie et ces notes de racine de thuya (celles dont l’odeur subtile noble de résine vous envahit dans les souks d’Essaouira).
La bouche d’une matière un peu poudreuse conserve un toucher élégant et offre au vin cette plénitude d’une grande douceur. Aromatiquement digne d’un beau C9P il est dans sa maturité mais ne semble pas s’en éloigner.
Côtes du Rhône – Coudoulet - Domaine Beaucastel - 2001
Glou Glou+.


L’humilité que nous impose la dégustation à l’aveugle nous révèle aussi parfois que nos Graal peuvent s’avérer aussi décevants (bis repetita). Pas de défaut net sur ce vin, mais une quille que l’on a cent fois goutée avec une indéfectible marque de jouissance béate affichée sur nos visages, un vin que l’on a presque systématiquement hissé sur les plus hautes marches, qui a inspiré certaines de nos plus belles envolées lyriques, et qui ce soir-là se montre en retrait, discret et sans panache. Une belle endormie, c’est triste comme des ris de veau aux morilles sans un blanc évolué de J.L. Chave.
Côte Rôtie – La Barbarine – Gangloff 20..
½ Glou.


Le vin est un affaire de gout, le gout une affaire de culture. Elevé en Provence, sensible aux notes giboyeuses, sauvages et chocolatées du mourvèdre, j’apprécie au nez ce vin. Je lui trouve de l’élégance dans l’évolution et sa trame fruitée ne fait que renforcer cette appétence. Je suis visiblement bien seul. La dureté de la bouche quant à elle fait se questionner l’assemblée sur l’espoir de voir un jour le toucher se détendre et s’assouplir. C’est difficile mais c’est un vin qui doit supporter une certaine gastronomie. Pas celle du jour j’en conviens.
Madiran– Vieilles Vignes – Château Bouscassé - 2001
pas Glou.



Quand j’ai le moral en berne, j’ai souvent LA solution, boire bon ! L’autre solution c’est un peu de satisfécit. Cette bouteille va m’offrir un doublé de remontant d’moral.

C’est l’olive noire, l’anchois, le poivre noir, qui parviennent en première salve d’arômes, juste suivis d’une cerise juteuse et d’élégantes pointes de fraise des bois. La bouche ne dément pas cette origine sudiste, avec cette gourmandise entre garrigue et laurier, l’acidité de la prune sauvage en prime, octroyant une fraicheur des plus élégantes couplée à ce jus séveux. C’est du jouissif à l’état pur. Pour moi, LA quille de la soirée ! Qu’ils me soient apparus comme une évidence à la dégust, cuvée comme millésime lui adjugent ce petit supplément de joie de ceux qui impriment un sourire imbécile au visage.
Pic Saint Loup – Guilhem Gaucelm – Ermitage du Pic - 2012
Glou Glou ++.


Le monstrueux éclair au chocolat géant (en une seule pièce pour 6) ne pouvait être qu’associé avec des sucres roussillonnais connaissant notre hôte.

Le premier est d’une insolente jeunesse, un grand porto vintage sur la mûre et la myrtille, le cacao, la bouche a conservé fruité et jus sapide, quelle gourmandise si petitement affectée par le temps ! Il ne s’agit en fait pas d’un porto vintage, mais d’un splendide Maury millésimé de 85, whaou !! Accord absolu avec l’éclair.

Maury – Vintage – Mas Amiel - 1988
Glou Glou.

Le second, maintenant qu’on est dans la place, ne laisse que peu de place au doute. Les belles notes de rancio, de café en torréfaction, de la tarte à la noix glacée, de vieux vin d’orange et cette envolée finale sur la figue. Pas de doute on est à Banyuls. Le sucre n’écrase pas le vin, bien qu’il y soit encore présent, la complexité le contre balance plaisamment. Un bien beau Banyuls dans un style rancio aussi classique qu’impérial.
Banyuls – Cuvée Réserve – L’étoile - 1995
Glou Glou.



La suite est histoire d’alcool fort et de gaudrioles, je préfère laisser la parole au scribe consignateur.
Merci à lui pour son hospitalité.
#1
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