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LPV Vaucluse se réunit chez Arnaud autour de Chablis et de Bourgogne rouges

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Cela faisait quelques temps qu'Arnaud ne tenait plus !
3 mois sans dégustation avec LPV Vaucluse, s'en était trop !
En désespoir de cause, il nous propose de nous réunir fin août autour du thème des Chablis et des Bourgogne rouges et -cerise sur le gâteau- de nous cuisiner des rognons !
Le problème c'est que contrairement au Tarot la cuisine ce n'est pas le point fort de notre Nono ! Alors des rognons :woohoo: ?!
Nous sommes joueurs mais il y a des limites !
Allez soyons fous tentons le coup et advienne que pourra ;) !

Comme à l'accoutumée, les vins ont d'abord été dégustés à l'aveugle, puis étiquettes découvertes sur les plats suivants :
- salade de crevettes marinées, haricots Mungo
- curry de bœuf, algue et carotte, riz, courgette et pomme de terre
- rognons "blanche-neige" façon Nono le Tonneau
- plateau de fromages : Brie, Camembert, Saint-Nectaire, Comté, Selles-sur-Cher
- tarte à l'orange


Je vous livre mes impressions et laisse les collègues donner leur ressenti.

Les Chablis
Vin 1
Robe gris perle.
Nez vanillé sur le citron confit.
L'attaque en bouche est riche mais la matière manque d'une trame qui canalise ce côté riche et rond, d'où cette sensation d'un manque de peps.
Je ne retrouve pas dans ce vin ce que j'attends d'un Chablis.
La Chablisienne Grenouille 2013 - Chablis Grand Cru


Vin 2
Robe vert pâle tirant sur le grisé.
Nez profond sur le citron, l'iode et le fumé.
Le vin affiche d'entrée sa personnalité avec une attaque fraiche et tendue.
Le jus est épuré, sans artifice ni compromis et porté par une acidité ciselée mêlée à une fine amertume qui lui apporte sa complexité.
La texture est à la fois riche et épurée selon son évolution en bouche avec la perception d'une belle tension qui lui apporte de la tenue et de l'énergie.
La finale encore un peu serrée montre que ce très beau vin en a encore sous la pédale !
Domaine Jean-Paul et Benoît Droin 1er Cru Montée de Tonnerre 2016 - Chablis


Vin 3
Robe or pâle aux reflets verts.
Nez peu commun pour un Chablis sur la verveine et le thé.
La bouche est perlante avec un gustatif particulier mêlant le citron à des notes fermentaires.
La trame acide est présente mais accompagné de perceptions qui me font penser à des notes d'évolution.
J'avoue que ce vin me perd un peu car trop éloigné de l'idée que je me fais d'un Chablis.
Domaine De Moor l'humeur du temps 2018 - Chablis


Vin 4
Robe sable.
Nez ou le côté beurré et brioché se mêle à la menthe et au jasmin.
Bouche à l'attaque large et au départ un peu plat qui semble jouer plus sur le registre de la distinction que sur celui de l'énergie.
La matière est grasse et appelle la table pour se révéler pleinement.
L'aération lui fait du bien en lui apportant de la densité.
Il y a indéniablement de la classe dans ce vin mais il lui manque à ce stade d'un peu d'énergie comme s'il était encore endormi, même s'il fait preuve d'une belle relance en finale.
Peut-être lui manque-t-il quelques années pour pleinement s'épanouir.
Domaine Vincent Dauvissat Les Clos 2006 - Chablis Grand Cru


Les Bourgogne rouges
Vin 5
Robe fraise.
Nez sur la cerise et la fraise des bois.
Bouche à l'attaque gracieuse où les fruits rouges ressentis au nez sont portés par une fine acidité et complexifiés par les épices douces.
Les tanins sont à peine perceptibles avec une sensation de souplesse de corps qui me fait penser à un Chambolle.
Domaine Arlaud Gevrey-Chambertin 2010 - Gevrey-Chambertin


Vin 6
Robe grenat aux reflets bordeaux.
Nez viandé sur les fruits noirs et la rafle.
L'attaque en bouche est glissante avec des tanins bien intégrés qui soutient une texture souple et fraîche agrémentée d'épices.
L'acidité pointe son nez sur la finale, laissant une bouche nette.
Domaine Paul Garaudet Pommard 2016 - Pommard


Vin 7
Robe carmin au pourtour tuilé.
Nez classieux sur les fruits rouges macérés (fraise des bois), les épices, le jus de viande et le sous-bois.
L'attaque en bouche propulse d'entrée une matière à la texture soyeuse et mûre à cœur où les épices se marient aux fruits rouges.
La trame fraîche canalise parfaitement une matière impactante qui prend de plus plus d'ampleur au fur et à mesure de son déroulé.
Les fruits rouges qui reviennent sur la finale amènent une perception acidulée à ce jus d'une superbe complexité.
Attention grand vin !
Joseph Drouhin Chambertin-Clos de Bèze 1998 - Chambertin-Clos de Bèze Grand Cru


Vin 8
Robe bordeaux au pourtour tuilé.
Nez réglissé mêlant des senteurs de fruits noirs macérés et de sous-bois.
L'attaque en bouche est mâcheuse avec une matière plutôt corpulente et un peu stricte.
Les fruits rouges percent ensuite en milieu de bouche et confère au jus une trame plus aimable.
La finale manque légèrement de précision mais sait rester élégante.
Maison Bouchard domaines du château de Beaune Ancienne cuvée Carnot Volnay-Caillerets 1990 - Volnay 1er cru


Vin 9
Robe carmin au reflets brique.
Nez viandé sur le soja et les fruits rouges (Arnaud trouve que ça sent le cul mais je pense qu'il est déjà perturbé par la cuisson de ses rognons !).
Bouche terrienne à la trame acidulée mais je trouve que la bouteille a un pet.
Apparemment les collègues semblent plus apprécier que moi...
Hospices de Beaune clos des Avaux 1989 - Beaune 1er cru


Vin liquoreux
Vin 10
Robe cuivre foncé tirant sur l'ambré.
Nez sur la cassonade, le thé, le caramel, notes de fruits confits et de marmelade d'orange, pointe de cire et de safran.
Bouche facile qui manque de tonicité et d'acidité.
La matière est fondue avec un gustatif doucereux -principalement sur l'abricot- qui se laisse boire facilement mais qui ne décolle pas.
Château Nairac 1975 - Sauternes


En plus de ces vins, nous avons également dégusté au cours du repas un Saké traditionnel l'aube 2019 produit en France et servi frais puis tiède sur le curry, (merci Damien !) et une Pialade 2009 (merci Arnaud !).



Merci à Arnaud pour cette belle soirée et merci aux collègues pour leur présence...et à la prochaine !

David
LPV Vaucluse
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31 Aoû 2020 17:37 #1

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Merci David pour ce CR comme toujours précis et évocateur !
Et merci à tous les cuisiniers, Arnaud compris, tous les plats étaient réussis, même si l'adéquation avec le programme de dégustation n'était peut-être pas idéale.
En ce qui me concerne les déceptions ...se limitent à une seule, le Grenouilles, assez agréable au nez, plutôt plat en bouche, et trop loin de l'idée qu'on se fait d'un grand cru chablisien. Une demi-déception tout de même, le Volnay-Caillerets, dont la texture virile entraînait plutôt vers Aloxe-Corton ou Pommard, mais son caractère très strict et hermétique m'a laissé dubitatif.
Le vin qui le suivait, initialement choisi par David mais qu'il a doublé par le Volnay car il lui trouvait un pet, m'a au contraire limite enthousiasmé par son caractère sauvage, terrien ; oui il y avait un peu de réduction (qui disparut quasiment à l'aération et ne m'a pas gêné), un gustatif tertiaire prononcé, mais soutenus par la fraîcheur et la persistance épicée du vin.
Parmi les chablis, le Montée de Tonnerre et les Clos nous ont ravis par leur classe et leur finesse, David a tout dit. Je suis moins sévère que lui sur le Chablis du domaine De Moor, certes peu classique (le gustatif fermentaire m'a fait penser à un vin de macération) mais très plaisant à mon goût, et il a bien accompagné les fromages.
Le gevrey d'Arlaud et le pommard ont bien fait le job et se mariaient le mieux avec les rognons.
Enfin le chambertin m'a enchanté par son nez merveilleux, cette aromatique en feu d'artifice de fruits, de sang, d'épices douces, cette trame ronde et douce comme un velours, cette fraîcheur et cette persistance sur la groseille et les tanins fins.
Et enfin² ! je suis à nouveau moins sévère que David sur le Nairac, certes pas un grand sauternes, mais je l'ai trouvé frais et surtout l'aromatique sur le thé, le safran, l'orange et l'abricot confits se mariait particulièrement bien avec la délicieuse tarte à l'orange de David (et surtout les zestes !).
Merci à tous pour vos apports de très bonne qualité ! A bientôt pour une prochaine j'espère :)

Hubert
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01 Sep 2020 22:31 #2

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J'ai été ravi de partager avec vous une si belle soirée. Les vins étaient, dans leur globalité, de très bonne facture.

Le Grenouilles un peu plus en retrait, tout le monde était d'accord pour dire qu'il ne méritait pas son statut de grand cru. Néanmoins, on l'a peut-être ouvert un peu tôt, malgré les recommandations du domaine.

Le Droin a été majestueux, s'est pleinement livré, un superbe équilibre. J'ai été ravi par sa structure divine. Un grand vin, cela va sans dire. Je suis bien moins connaisseur de Chablis que mes comparses, mais de ce que j'ai cru comprendre il caractérisait plutôt bien ce qu'est un très joli vin de la région. Après 7 ans de bouteille, il n'a que très peu commencé son évolution.

Le De Moor m'a beaucoup plu par sa justesse, même s'il lui a été difficile de succéder à la claque reçue par Droin. Pour un Chablis village, j'ai été séduit. Le côté fermentaire ne m'a pas dérangé. Néanmoins, il a manqué d'expression sur des arômes plus conventionnels. Déroutant, mais très plaisant.

J'ai été un fervent défenseur du Dauvissat lors de la dégustation. Je n'ai, pour ainsi dire, pas compris le vin à ma première gorgée. La seconde, en revanche, m'a conquis. Et plus je plongeais mes lèvres plus j'ai compris que j'avais affaire à un vin de très bonne facture. Il dénotait des vins précédents par son côté plus apaisé, moins tendu. J'ai osé la comparaison avec un long fleuve tranquille et majestueux. J'ai été transporté, peut-être plus qu'avec le Droin, grâce à son étonnante complexité. En aromatique, j'ai eu beaucoup le jasmin au nez, des notes infusées. Un beau vin de gastronomie.

Les rouges, eux aussi, ont été à la hauteur. Le Gevrey de l'Arlaud, tout en finesse, a été une excellente entrée en matière pour cette série. Les notes d'humus, de champignon et de sous-bois étaient bien présentes. J'ai eu un peu plus de difficulté à y trouver des notes primaires, le vin me semblant déjà à maturité. Un joli vin qui a su plaire à tout le monde sans nous renverser de la chaise.

Le Pommard m'a déstabilisé, un corps bien plus massif qui aurait orienté Vincent et moi-même sur une Syrah des côtes du rhône nord. J'ai apprécié son corps plus franc et solide que ce à quoi je m'attendais, avec des tanins déjà en place. L'aromatique me semblait quand même assez mûre, sur de la cerise noire. Un joli vin, qui mérite encore 4-5 ans pour entrevoir un début d'évolution, mais déjà très plaisant à boire aujourd'hui.

ATTENTION, GRAND VIN ! Le Chambertin Clos de Bèze de Drouhin a été merveilleux. Une claque, rien à dire de plus que les commentaires précédents. Nous avons vécu un grand moment ensemble. C'est dans ces moments-là que je suis ravi d'avoir intégré une si belle équipe de passionnés, car il n'y a pas besoin de mots pour communiquer à l'approche d'un tel vin. C'était beau, merci !

Le Volnay Caillerets a été inattendu. Nous l'avons millésimé sur 2009-2010, un vin pas encore en place mais avec potentiel. Quelle aura été notre surprise de lire 1990 ! Evolution surprenante. Est-ce que ce vin aura quelque chose de plus à nous donner ? Nous restons septiques. Il était apparu fermé, cloisonné, peu enclin à se livrer. Intéressant, mais pas à la hauteur.

L'Hospice de Beaune 1989 concluait ce voyage en Bourgogne d'une jolie manière. David l'a trouvé défectueux, pourtant il ne nous est pas apparu si problématique. Loin d'être un grand vin, il m'a tout de même donné plus de plaisir que le précédent. Meilleur équilibre, plus juste notamment d'un point de vue aromatique où la passerelle entre primaires et tertiaires s'est bien réalisée. Bon vin, beau plaisir.

Le Sauternes m'a beaucoup plu. Ce n'est pas un grand, mais il m'est apparu très bon. Néanmoins, là encore, j'ai très peu de points de comparaison, peut-être qu'en goûtant davantage je reviendrai sur ma décision. J'ai ressenti peu ou prou les mêmes choses qu'Hubert, notamment sur le safran et l'orange confite. L'accord a été très juste avec la tarte de David.

Enfin, c'est toujours un grand plaisir pour moi de faire découvrir le saké. Ma femme étant japonaise, c'est une grande joie pour nous de lier nos deux cultures, et le saké est un parfait exemple. Il n'est pas le concurrent du vin, mais un complément. Il ne va là où le vin ne va pas et peut aussi aller là où le vin marche bien (fromages par exemple). J'ai décidé, sur ce coup, d'amener un saké produit en France, par la brasserie Les Larmes du Levant. Pour mon business, (adresse du site modérée), je suis allé visiter cette brasserie qui m'a accueilli à bras ouverts et fait découvrir ses excellents produits. J'ai donc eu l'honneur de faire déguster à mes amis LPViens un saké junmai (eau, riz, "pourriture noble" (kôji) seulement). L'avantage du saké est d'être consommable à plusieurs températures. Frais (8 - 12°C) pour la consommation moderne, tiède (20-25°C) et chaud (40-50°C) pour une consommation plus traditionnelle. Du coup, on a servi ce saké tiède et chaud, pour expérimenter. Le jeu a l'air d'avoir plu, tout comme le curry japonais.

Merci encore pour ces moments de partage. Je suis ravi de passer du temps avec vous et de discuter vin pendant des heures. J'ai hâte d'être à la prochaine séance !
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: bertou, Hubert, Jean-Loup Guerrin, Frisette, david84, Kiravi, Garfield
06 Sep 2020 10:54 #3

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Je vois que les copains se sont bien lâchés sur les commentaires, bravo à eux !
Je vais donc juste parler de mes émotions, les aspects plus "techniques" ayant été déjà largement décrits et commentés, avec justesse.

En Chablis, j'ai vraiment apprécié la MT de Droin, très "Chablis". Déçu par Grenouilles, mon apport, pas prêt me semble-t-il. De Moor était surprenant, pas typé Chablis, avec à mon sens une reprise de fermentation qui ne l'a pas servi. Et un Dauvissat très bien fait mais difficile en dégustation pure, et qui n'a pas trouvé un top accord lors du repas.

En rouge, J'ai personnellement adoré le Clos de Bèze, dans mon top 5 de l'année, magnifique autant sur l'arômatique (complexe) sur le gustatif. J'ai bien aimé le Pommard, d'une grande buvabilité, beaucoup de fruits, mais que perso, j'aurais mis en Rhône Nord en aveugle totale.

Vincent LPVVaucluse un jour, LPVVaucluse Toujours !
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: david84
07 Sep 2020 19:20 #4

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Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck