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Thème libre de déconfinement

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Raisin breton a créé le sujet : Thème libre de déconfinement

Déconfinement !

Nous pouvions enfin nous retrouver pour une vraie dégustation, de plus nous étions au complet pour la première fois depuis des mois. Forcément, nous avons eu envie de déconfiner de belles cartouches !
Je pense que l’excitation des retrouvailles et la gestion difficile des températures ont quelque peu mis en difficulté les vins. Mais peu importe, la joie de se retrouver, les vannes qui fusent… Ça fait du bien !
Vins dégustés à l’aveugle comme toujours, sauf le Coche-Dury qui était un achat partagé par tout le groupe.

L’attente
En attendant un des membres, il faut faire patienter les fauves avec de la chair fraîche !
Domaine Labet, Fleurs, Côtes du Jura 2016
Pas de notes sur certains vins puisque je joue à domicile et doit jongler entre diverses obligations. Sur celui-ci, le vin est conforme à mes attentes, énergique (mais pas aussi traçant que le Fleur de savagnin 2016 goûté il y a peu), déjà agréable mais il gagnera sûrement à attendre un peu (un 2014 bu cet hiver était superbe). Longueur pas exceptionnelle mais je n’ai pas eu le temps de me concentrer dessus.

L’ouverture
Domaine Coche-Dury, Bourgogne Aligoté 2015
Nez un peu timide, finement beurré, citronné et herbacé. Bouche concentrée, glycérinée, tendue par des amers herbacés. Longueur moyenne (+).
C’est bon mais il faut aimer le genre. Le prix en seconde main laisse pantois.

Le champ’
Pascal Agrapart, Avizoise, Champagne Grand Cru 2010
Nez intense de mie de pain, brioche, noisette grillée, du fruit évolué, de la craie humide. Bouche à l’attaque mûre, gros volume, c’est dense et crémeux. La bulle est fine, ça se ressert en finale avant une longue persistance qui se diffuse largement.
Superbe et semble à point !


Les blancs
Paire bourguignonne pour une belle opposition de styles.

Domaine Rapet, Corton-Charlemagne 2012
Nez intense, beurre-noisette, pêche, pas forcément subtil mais beau. Bouche à l’attaque dense, énorme volume en milieu de bouche, immense longueur avec une touche saline qui équilibre un peu un ensemble très butyrique tout de même.
Excellent si vous n’êtes pas allergiques au bois. Plus un vin d’automne que d’été je pense, parce qu’avec la chaleur dans la pièce, difficile de le garder sur un point d’équilibre.

Domaine des Comtes Lafon, Genevrières, Meursault 1er cru 2010
Le nez est moins intense, plus droit et citronné. Bouche à l’attaque saline et tendue, milieu à l’impact puissant. La finale est longue et fine, minérale, épicée et légèrement glycérinée.
C’est franchement superbe.


Les rouges
Vague de rouges un peu décevante par rapport aux étiquettes, même si je pense que la question des températures a joué, et que nous avons été sévères avec ceux d’entre-eux qui ne sont simplement pas dans notre palette habituelle.

Tenuta San Guido, Sassicaia, Bolgheri 2007
Robe très légèrement évoluée. Nez intense, crème de cassis, herbes, charbon. Un peu monolithique mais beau tout de même. Bouche à l’attaque croquantes, milieu crémeux, finale encore très tannique et légèrement chaleureuse, belle longueur sur le cassis et la framboise avec un retour de fraîcheur.
Le vin s’équilibre remarquablement avec la viande, qui gomme l’assèchement tannique et la chaleur.
C’est très bon mais à attendre encore je pense.

Pignan, Châteauneuf-du-Pape 2009
Pas de notes. Nez assez intense, kirch, prune, épices. À l’aération, ça part sur les agrumes. La bouche offre des sensations fortes mais le vin est un peu chaud, ce qui ne permet pas de masquer l’alcool qui chauffe généreusement la finale.
Le fond de bouteille bu le lendemain, bien rafraîchi, se montre plus aimable même si ça joue toujours en puissance. Le nez est un voyage et la bouche sort de l’ordinaire. Un vin de caractère.

Okonomierat Rebholz, Im Sonnenschein Spatburgunder Grosses Gewarchs, Pfalz 2013
Nez moyennement intense, sur les fruits noirs, la noisette, le toasté. Bouche à l’attaque fraîche et croquante, milieu toasté, longueur moyenne (+).
C’est bon mais à ce niveau de prix on attendrait quelque chose de plus. Déception après le coup de cœur des derniers mois sur le spatburgunder « village » 2016, archétype du pinot parfumé et sensuel.

Jean-Michel Stéphan, Côteaux de Tupin, Côte-Rôtie 2014
Gazeux, nez de gueuze, bouche fuyante, c’est indigne.

En remplacement, domaine de la Porte St-Jean, Les Cormiers, Saumur rouge 2013
Il ne faut pas espérer de miracle en rouge sur ce millésime en Loire, mais c’est quand même bon. Matière légère et acidité haute mais pas de sensation végétale, un vin relativement parfumé et agréable.


Le dessert
Domaine Zind-Humbrecht, Clos Windsbuhl Pinot Gris, Alsace Vendanges Tardives 1994
Nez intense, sur les fruits rôtis, fraise, rhubarbe, thé vert. Très beau. Bouche à l’attaque fraîche, croquante, épicée. Milieu ample mais suffisamment tendu pour éviter la lourdeur, finale à la fois large et longue.
Superbe. Peut-être qu’un chouia de vivacité en plus lui permettrait d’atteindre des sommets plus élevés encore, à mon goût du moins.


After
Trop contents de nous retrouver, nous ne nous laissons pas abattre et continuons dans le jardin.

Toujours excellent, le Champagne Égly-Ouriet, Brut Tradition (je ne me souviens plus de la date de dégorgement mais assez ancien je crois) dont la belle évolution a conservé la fraîcheur. Ça se boit sans soif.

Un très beau Domaine du Collier, La Charpentrie, Saumur blanc 2012. J’adore le « simple » Saumur blanc mais là on est vraiment un gros cran au-dessus en termes de finesse et de longueur.

Une belle découverte que ce Château-Fuissé, Tête de Cuvée, Pouilly-Fuissé 2017. Sur le côté acidulé du chardonnay, et plutôt porté par la fraîcheur que par la richesse.

Un agréable Michel Juillot, Clos du Roi, Mercurey 1er cru 2010, même si je continue de trouver l’excellente réputation de 2010 un peu surfaite (peut-être pas en Côte de Nuits mais j’en ai goûté trop peu) avec des vins agréables mais manquant souvent un peu d’épaisseur.

Franchement décevant que ce domaine Confuron-Cotetidot, Les Suchots, Vosne-Romanée 1er cru 2014. Tanins accrocheurs, sensations d’extraction poussée et de rafle. Alors peut-être que dans 10 ou 20 ans ça va trouver un point d’équilibre mais je ne parierais pas là-dessus, surtout au prix demandé.

Très agréable en revanche ce Domaine Anne et Hervé Sigaut, Chambolle-Musigny 2016. Concentré comme peuvent l’être certains vins du millésime, avec de la matière et du tanin, mais porté par une aromatique fraîche et gourmande. Ça doit pouvoir évoluer joliment sur quelques années.


Merci les amis, on se revoit bientôt !

JB
"Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ? - Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !" Raymond Devos
#1
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