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Le temps des copains - saison 2

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Stalker a créé le sujet : Le temps des copains

C'est le début des vacances estivales. Les amis sont venus passer 4 jours à la ferme. L'occasion idéale pour moi de sortir quelques bouteilles de la cave et de régaler les copains. J'ai servi toutes les bouteilles à l'aveugle. Quasiment tous les vins se sont très bien présentés, les déceptions et défaillances se sont faites rares... Je vais commenter tous ces vins dans l'ordre dans lequel ils ont été bus, tant pis pour le côté pot pourri de ce compte rendu de dégustation.




CR: Le Clos du Tue-Boeuf - Vin Rouge 2016

J'ai déjà commenté ce vin ici. Rien à bougé depuis. Toujours aussi bon.


Noté 14/20




CR: Le Temps des Copains (Domaine de l'Ecu et Domaine Landron Chartrier) - Astra 2016



La robe est jeune, pourpre sombre.

A l'ouverture le vin est complètement réduit sur le pet et l'oeuf pourri... Pas engageant du tout. La bouteille est mise de côté et bue 2 jours après. La réduction est partie, aucune trace d'oxydation. Pointent alors des arômes variétaux évoquant une très grande maturité et concentration des baies de gamay: cerise noire, mûre confiturée, poivre. Le nez, bien que désormais plus séducteur, reste néanmoins sur la réserve. Le vin semble fermé.

En bouche, le vin est, à l'ouverture, complètement serré et fermé à triple tour. Il finira par s'ouvrir timidement à J+2, sur ce même registre de gamay très mûr, avant de basculer dans l'oxydation à J+3.

Commentaire général:
Pas prêt. Le vin reste fermé à ce stade et ne s'est pas bien présenté. Difficile à évaluer à ce stade. Il n'y a pas de plaisir possible pour le moment. J'attendrai les autres au moins 3 ans. La bouteille sera finie à 4h30 du matin avec un reste de poitrine de veau roulée aux herbes où elle sera alors appréciée. Mais bon...

Non Noté




CR: Quentin Bourse et Sébastien Fleuret - Antigel 2016



La robe est rubis assez claire, légèrement trouble.

Très forte volatile à l'ouverture, avec un nez essentiellement sur le vernis à ongles et le dissolvant. La bouteille est mise de côté. Le lendemain, c'est pas beaucoup mieux...

En bouche, le vin est acide, âpre, sur ces mêmes notes de dissolvant. La "bouteille" est clairement défaillante et dans les 2 jours qui suivent, le vin ne s'améliorera pas.

Commentaire général: Défectueux. Bon là c'est clair, il n'y a pas de doutes permis, la bouteille est daubée. Je n'en tire aucune conclusion quant au travail du vigneron (j'avais apprécié ses 2 rouges de copains que sont "Rouge against the machine" et "Leon"). Mais là, c'est clairement foireux. Est-ce que le contenant plastique y est pour quelque chose?... Ca a fini dans le coq au vin.

Non Noté


CR: Emile Hérédia - Montrieux - Brut de Bulles 2011



La robe est jaune claire. Les bulles nombreuses.

Le nez est assez discret (le vin est peut-être bu un poil trop frais), mais très agréable, sur le coing et les fleurs blanches.

La bouche est vive et tendue. C'est un pétillant très sec, désaltérant, avec une bulle fine. Très bon, moins vineux et peut-être plus fin que ce qu'on a l'habitude de boire avec un Champagne. Les sucres sont très peu perceptibles. On retrouve en bouche le coing et les fleurs blanches (notamment la fleur de sureau et le tilleul).

Commentaire général: Très bon. Moi qui ne suit pas un grand amateur des bulles, cette bouteille que j'ai souvent bue fait bien partie pour moi des 2 ou 3 meilleurs pet'nat' que je connais. Une magnifique bulle de chenin, sans aucune lourdeur.

Noté 14,5/20



CR: L'Anglore - Tavel 2017



Superbe robe d'un rosé intense aux reflets ambrés. Difficile néanmoins de l'apprécier correctement ce soir là, le vin étant bu dans l'obscurité.

Le nez est magnifique, comme toujours sur cette cuvée. Sur la grenadine, les épices douces, l'orange amère et une vaste panoplie de notes florales qui prennent ici clairement le dessus. C'est un nez qui fait terriblement saliver et il est difficile de résister à la tentation d'y tremper les lèvres.

La bouche est ronde, suave, associant fraîcheur, finesse et douceur (avec une légère sucrosité). On retrouve les arômes du nez avec ces beaux amers caractéristiques du domaine en finale, même si moins marqués sur ce millésime (que je goûte ici pour la première fois). Le vin est léger et fin, parfaitement à boire, alors que j'ai encavé pour quelques temps les 2016.

Commentaire général: Délicieux, tout simplement. Je n'ai que rarement croisé des rosés qui puissent lui être comparés (le Parisy de Reynaud, le rosé d'Alain Castex), et clairement jamais de Tavel qui soit de ce niveau. C'est vraiment très très bon... Les copains sont sur le cul d'apprendre que c'est un rosé!

Noté 17/20



CR: Les vins du Cabanon - Canta Manana 2018



La robe est rosée assez sombre, tuilée voire légèrement ambrée dans le disque.

Très beau nez, à dominante de notes florales, notamment sur le chrysanthème. On y trouve également les petits fruits rouges (framboises et groseilles), le raisin blanc et de légères notes muscatées.

En bouche, c'est un pur bonheur. Le vin est rond, avec une acidité discrète. Assez vineux, mais sans aucune lourdeur: c'est frais, désaltérant, d'une buvabilité hors norme.

Commentaire général: Délicieux. Peut-être pas au niveau du Tavel de l'Anglore bu la veille au soir (quoi que...), meilleur que certains millésimes de Parisy, c'est assurément l'un des 3 ou 4 meilleurs rosés produits en France.

Noté 16,5/20



CR: Emmanuel Reynaud - Parisy (millésime inconnu)



La robe est rose-orangée, aux reflets légèrement peaux d'oignons, proche de celle d'un Ploussard.

Magnifique nez sur la fraise des bois, les fleurs tubéreuses (géranium encore), le poivre blanc et une touche de fumée. Très légère note animale également. Le nez est plus profond que celui du Canta Manana et plus sudiste que celui de l'Anglore.

La bouche est ronde, avec de la puissance aromatique, mais sans aucune lourdeur. Le vin présente une certaine douceur et affiche dans le même temps une grande maturité de raisins et une belle fraîcheur en finale. L'équilibre est remarquable, avec un alcool très discret (j'ai déjà bu cette cuvée beaucoup plus marquée par des notes d'alcool trop appuyées).

Commentaire général
: Superbe rosé. C'est un très beau Parisy que celui-ci. Dans un registre plus puissant, plus corsé et plus mûr que l'Anglore mais présentant la même souplesse et la même complexité aromatique. Entre les deux, mon coeur balance, c'est une question de style.

Noté 17/20



CR: L'Anglore - Les traverses 2016



La robe est rubis assez claire, aux reflets très légèrement cuivrés.

Le nez est encore une fois superbe sur les petits fruits rouges (fraise notamment), les épices (curcuma et poivre) et l'orange sanguine. C'est très expressif, sur un registre plus épicé et moins floral que le Tavel du même millésime.

En bouche on retrouve les arômes du nez. L'orange sanguine et le côté globalement sanguin de ce vin s'exprime encore davantage en bouche. La matière est fine, aérienne, et la texture est fluide et très plaisante.

Commentaire général
: Un sacré canon! Un vrai vin de plaisir à boire sans modération.

Noté 16/20



CR: Henri Milan - Le Clos Milan 1999



J'ai déjà commenté ce vin ici. Rien à rajouter. C'est la quatrième fois que je bois ce millésime, et c'est toujours aussi impeccable. Très beau vin.

Noté 16,5/20



CR: Charlotte et Louis Perot (Domaine de l'Ostal) - Obras Completas 2016



La robe est rouge violacée, plutôt claire, aux reflets rubis.

Beau nez, assez typé nature, sur la framboise, la grenadine, la cerise, le poivre et le biscuit sec (petit beurre).

En bouche le vin présente une très belle fraîcheur et une énorme buvabilité. Ca pinote presque sur les arômes de cerise du nez (la cerise est dominante en bouche). En finale, on retrouve le biscuit sec, laissant l'impression qu'on a laissé fondre un boudoir sous la langue.

Commentaire général: Très joli vin de soif, pas fluide pour autant, il conserve une certaine mâche. La bouteille n'a pas fait un pli. Impossible de partir sur un Cahors à l'aveugle!

Noté 14,5/20



CR: Château Eugénie 1988



La robe est jeune, rouge assez claire aux reflets rubis. On distingue de très légères nuances d'évolution dans le disque, mais on ne partirai sûrement pas sur un vin de 30 ans.

Très beau nez, assez peu sur le tertiaire, avec un très beau fruit (fraise et mûre). De très légères notes animales au départ qui s'estompent progressivement pour laisser place, sur le fond de verre, à une odeur enivrante de confiture de mûre. Pas un nez de grande complexité, mais très net, et étonnamment jeune.

Magnifique équilibre en bouche, avec une finesse de grande classe. On retrouve la mûre essentiellement, et de légères notes d'évolution (cuir), mais ça reste une aromatique essentiellement fruitée. Pas de gros volume ni de grande ampleur, avec une finale de longueur modeste, mais d'une délicatesse remarquable et d'un équilibre stupéfiant.

Commentaire général: Superbe. C'est vraiment un magnifique vin à parfaite maturité et d'une classe remarquable compte tenu de son pedigree. C'est le 3ème millésime que je goûte de ce château dans les années 80, et je suis à chaque fois enthousiasmé par la qualité du vin qui pourrait aisément mettre chaos bon nombre de GCC bordelais du même âge. J'avais alors testé les millésimes plus récents sans y retrouver cette étonnante classe. Faut vraiment que je me décide à appeler le domaine pour savoir si ils ont des vieux millésimes en cave...

Noté 17/20



CR: Château Margaux - Pavillon Rouge 1990



Difficile d'apprécier la robe, car le vin est bu dans une semi obscurité, mais ça a tout l'air d'une robe jeune, qui me semble pourpre, et rubis dans le disque, sans signes d'évolution.

Le nez est très beau, assez fin, sur la prune, les fruits rouges et le cassis. Un peu de vanille et du bois, mais un boisé élégant, plutôt subtil. C'est pas d'une grande profondeur ni d'une grande complexité mais c'est très net, précis, élégant.

En bouche, on a les mêmes impressions: celles d'un vin subtil au très bel équilibre, mais sans grand volume. C'est fondu, élégant, très souple et soyeux. Le toucher de bouche est très agréable. On y retrouve la prune et le cassis et un léger toasté. Tout est parfaitement en place. Un très beau vin de facture classique, difficile d'y trouver le moindre défaut...

Commentaire général: Excellent. C'est le vin impeccable, à l'équilibre irréprochable. Mais c'est peut-être aussi son défaut: c'est un peu trop "propret" et ça manque un peu d'émotion... Mais ne boudons pas notre plaisir, la bouteille a été bue en silence, dans un certain recueillement...

Noté 17/20



CR: Château d'Yquem 1986



Après le Pavillon Rouge, on enchaîne sur le premier blanc de notre week-end, et pas n'importe lequel. C'est Yquem, servi pour accompagner une tarte tatin aux abricots. Je trouve que c'est l'accompagnement parfait pour les Sauternes, je n'ai pas encore trouvé mieux.

La robe est dorée, plutôt claire, elle a à peine commencé à s'ambrer très légèrement. C'est clairement une robe de Sauternes jeune.

Le nez est très puissant, exubérant. Le premier nez est presque violent. Whaou!.... Il faut y revenir calmement pour commencer à analyser tout ce qu'il peut y avoir dedans: ananas rôti, caramel, abricot confit, orange... Le nez est peut-être un peu trop puissant et jeune pour que j'y déchiffre à ce stade toute sa complexité.

En bouche, on retrouve un vin de grande puissance et de grande concentration. C'est vraiment très jeune, mais malgré cette concentration, le vin évite toute lourdeur et une fine acidité en finale permet d'équilibrer harmonieusement l'ensemble. La liqueur n'est pas trop présente. On y trouve un beau rôti et les arômes du nez s'affirment ici, avec surtout le caramel et l'écorce d'orange confite. Une touche de gingembre fait son apparition et participe à la sensation de puissance du vin.

Commentaire général: Grand vin. C'est assurément un grand Sauternes et un très beau Yquem mais il est pour moi trop jeune à ce stade. Je ne lui aurai jamais donné 10 ans de plus que le 1995 bu à Noël. Le registre aromatique et l'ampleur du vin en bouche étaient comparables. Je pense que c'est un millésime à encaver encore quelques décennies. Un vin fait pour mes petits enfants.

Noté 16/20




CR: Château La Nerthe 2008



La robe est difficile à évaluer dans l'obscurité mais semble être d'un beau grenat sans traces d'évolution.

Le nez est très beau, sur des notes de petits fruits rouges et noirs bien mûrs, de réglisse, de garrigue et d'épices. C'est bien un nez sudiste, mais équilibré, sans signes de surmaturité, sans notes animales, sans le pruneau qui me déplaît souvent dans les jeunes vins de l'appellation.

La bouche est à l'image du nez. Un registre aromatique sudiste mais dans une bouche de grande élégance et de grande finesse. La matière est veloutée, les tanins juste comme il faut, souples, et l'alcool imperceptible. La finale s'affirme sur le foin sec, une petite touche fumée et quelques délicates notes florales.

Commentaire général: Un très beau Châteauneuf, d'un équilibre remarquable pour son jeune âge. Décidément, après un magnifique Clos des Papes, 2008 est un millésime qui me plaît beaucoup à Châteauneuf. Les Châteauneufs de moins de 20 ans ont tendance à me fatiguer le palais, ce qui m'avait d'ailleurs éloigné de ce type de vins. Il faut en fait ne pas suivre les avis communs et privilégier les "petits" millésimes donnant des vins plus frais et digestes et encaver quelques "grands" millésimes réputés, favorisant la concentration et la puissance en alcool, pour les générations futures...

Noté 16/20



CR: Domaine Lucy Margaux - Wildman Blanc 2017



J'ai déjà commenté ce vin ici. Ca reste une fois encore un gros coup de coeur. Je regrette simplement de ne pas l'avoir ouvert suffisamment tôt. Le vin se présentait donc essentiellement sur ces arômes de fleurs et de fruits exotiques et il n'a pas eu le temps de s'ouvrir suffisamment pour révéler ces notes exceptionnelles de tabac à chicha et d'épices qui m'avaient tant enthousiasmé à Noël.

Il n'empêche que c'est un superbe Sauvignon, qui n'a d'égal que ceux de Pierre Beauger.

Noté 17/20



CR: Domaine Gramenon - A Pascal S. 2007



Très belle robe pourpre, sombre, encore très jeune et sans traces d'évolution.

A l'ouverture, c'est une catastrophe. Le nez est complètement réduit, la bouche asséchante et alcooleuse. Le vin est donc mis de côté, ouvert, et regoûté le lendemain.

Et 24 heures après, c'est un tout autre vin qui se présente. Le nez est superbe, sur les fruits noirs confiturés, la cerise, le cuir et les notes florales (violette). C'est un nez encore bien jeune, puissant et primaire, mais profond et équilibré. A l'aveugle, on partirai aisément sur une très belle Côte Rôtie.

La bouche est magnifique, suave, ronde, chaleureuse, mais sans aucune lourdeur. La texture est superbe, avec là encore la classe et l'élégance d'une grande Côte Rôtie. La finale légèrement mentholée fait ressortir une petite touche d'alcool, ce qui me fait penser que le vin aurait mériter quelques années de cave de plus pour être totalement raccord avec mon palais.

Commentaire général
: Excellent. C'est un très très beau Côtes du Rhône, digne d'une très belle Côte Rôtie. Le vin a d'ailleurs très largement surpassé une Côte Rôtie de Chapoutier bue le lendemain. J'y reviendrai. Seul petit bémol: c'est encore un poil jeune pour moi.

Noté 16,5/20




CR: Azienda Agricola Serragghia - Zibbibo Bianco 2014



La robe est étonnante, orange claire, très trouble, avec de la matière dedans! Le fond de bouteille est même épais. Une robe qui évoque celles de certaines bières blanches.

Whaou! Le nez est explosif. C'est superbe, et d'une complexité folle. Il y a de la volatile c'est certain, mais l'expressivité des arômes emporte tout. On passerait des heures le nez dans le verre: fruits exotiques, litchi, écorce d'orange, bergamote, abricots secs, miel, épices douces et fleurs (rose). Rien que ça! Juste ENORME.

En bouche, là aussi, l'intensité aromatique est stupéfiante. Quelle claque! Le vin présente une énergie folle, une grosse puissance aromatique sans manquer de finesse et de fraîcheur (le vin est désaltérant et se prête magnifiquement à cet apéro estival). La finale est interminable et on réactive tous les arômes en bouche dès qu'on resalive.

Commentaire général: Superbe. C'est divin. Je suis décidément de plus en plus un adepte intégral de ces superbes vins d'émotion.

Noté 18/20



CR: Dario Princic - Pinot Grigrio 2015



La robe est vraiment surprenante pour un blanc, même macéré. On a un magnifique rouge vermillon, assez clair. Ca ne peut être que du pinot gris.

Un peu fermé au départ, le nez devient énorme lorsqu'il accepte de s'ouvrir. C'est un nez très épicé, sur les épices orientales: cumin, cardamome, muscade et même cannelle. On y trouve aussi des notes de miel, d'abricots secs, et une pointe de vivacité sur le citron confit et le pamplemousse.

En bouche, la matière est superbe. On retrouve toute la gamme aromatique du nez mais une petite amertume en finale me fait penser que ça vaut le coup de garder les prochaines quelques années supplémentaires en cave.

Commentaire général: Superbe. Un pinot gris de macération de très haut niveau qui montre bien, après ceux de Pierre Beauger, que ce cépage, qui ne m'a jamais séduit en blanc, devient exceptionnel en orange. Il révèle alors un incroyable potentiel aromatique sur un vaste registre d'épices orientales. C'est un coup de coeur.

Noté 17/20




CR: Château Pichon Longueville (Baron) 2002



La robe est très sombre, presque noire. C'est de loin la robe la plus sombre des 30 et quelques bouteilles dégustées. C'est une robe encore jeune, aux reflets aubergine.

Le nez est puissant et très charmeur, sur le cassis, le cèdre, le cuir. Le fond de verre révèle des notes de tabac et de chocolat mais ça reste un nez plutôt primaire, avec un boisé présent mais discret (ce n'est pas lui qui donne de l'intensité au nez).

La bouche est très mûre, avec une grande concentration. La matière est superbe, soyeuse, avec des tanins mûrs et enrobés. On retrouve le cassis et une petite touche fumée. C'est dense sans manquer de finesse, à la fois rentre-dedans et totalement harmonieux. Le vin est riche, juteux avec une mâche délicieuse et rien ne vient amoindrir le plaisir. La finale est interminable.

Commentaire général
: Grand vin. Indiscutablement. Comme pour le Pavillon Rouge, il n'y a rien à redire à ce vin parfaitement équilibré et archétypique de l'appellation, mais après les 2 macération italiennes, l'émotion retombe un peu. Un vin qui procure dès maintenant beaucoup de plaisir: je ne prendrai pas le risque de le garder beaucoup plus longtemps car je ne vois pas trop comment il pourrait être meilleur.

Noté 18/20



CR: Château Bel Air Marquis d'Aligre 1975



La robe est grenat assez sombre, aux reflets terreux dans le disque.

Le nez est étonnant de puissance et de profondeur, sur le cassis, la mûre, le cuir, la boîte à cigares. Je n'y retrouve pas la subtilité des BAMA de ces années que j'ai déjà bus, mais dans un registre plus classique de grands Bordeaux, c'est superbe.

En bouche, le même étonnement pour moi. Je n'avais encore jamais bu un vieux BAMA aussi concentré, aussi charpenté mais sans être serré avec des tannins durs comme on en rencontre si souvent dans les grands Bordeaux de ce millésime, qui a souvent été mal géré. Si je ne reconnais pas ce que je connais des vins du domaine, je prends énormément de plaisir sur ce vin plus "classique", peut-être le plus margalien des vins de Boyer. Disons que ça ressemble plus à ce que pourrait être le Château Margaux si ce dernier, dans ce millésime, n'était pas aussi ferme. Le vin a commencé à basculer dans un registre aromatique tertiaire, tout en gardant du fruit (cassis essentiellement), mais il ne faut pas se presser de le boire pour autant tant la richesse du vin lui garantit encore quelques belles années.

Commentaire général: Grand vin. C'est tout simplement le plus grand Bordeaux de 1975 que j'ai bu jusqu'à maintenant...

Noté 18/20



CR: Clos Fourtet 2001



Belle robe pourpre présentant de premiers très légers signes dévolution grenat dans le disque.

Très beau nez de fruits noirs bien mûrs (cassis, mûre), de cerise, et de notes grillées. Le nez est encore jeune, sur le fruit, avec un beau volume et une grosse intensité, mais sans grande complexité.

La bouche présente une magnifique texture soyeuse à l'équilibre remarquable: les tanins sont déjà bien souples et fondus et l'alcool discret malgré un gros volume. C'est un très beau vin, dense et charpenté, mais sans aucune lourdeur. La finale présente une petite amertume plaisante pouvant rappeler l'orange cuite.

Commentaire général
: Excellent. Très agréable à boire aujourd'hui mais qui en a encore gros sous la pédale. Le seul petit bémol est peut-être un petit manque de complexité mais qui pourrait se combler au vieillissement. Je conseillerai donc de l'attendre encore juste le temps qu'il commence à évoluer sur le tertiaire.

Noté 17/20



CR: Hugues Béguet - Côte de Feule 2017



Superbe robe très "ploussardienne", entre le rouge vermillon et l'orange.

Le nez est magnifique. Très typé Ploussard nature, mais sans aucun défaut. On y trouve une petite note animale variétale mais qui ne prend pas le dessus et reste discrète pour laisser la place à un bouquet de grande douceur: les fruits (fraise écrasée, grenadine, écorce d'orange séchée), les épices (safran, curcuma, poivre blanc) et enfin les fleurs, que je ne saurai identifier. Tout y est.

La bouche ne déçoit pas. Elle est ample, avec une belle rondeur et une grande souplesse. On y retrouve les arômes du nez, dans le même ordre, ponctués d'une petite pointe fumée. C'est d'une très grosse buvabilité.

Commentaire général
: Excellent. Un magnifique Ploussard de soif qui se boit sans soif. La bouteille et les verres se vident à une vitesse ahurissante. Voilà un vin qui réconciliera les détracteurs avec les vins "nature". C'est un vin qui ferait un carton dans les bars branchés de la capitale et qui n'a rien à envier aux Ploussards d'Overnoy, pour un prix nettement plus doux. Autant faut-il en trouver... C'est pour moi un gros coup de coeur.

Noté 17/20



CR: Les Bertrand - Fleurie - Cuvée du Chaos 2017



La robe est magnifique, rouge carmin aux reflets vermillon.

Passée une légère volatile à l'ouverture qui s'efface presque aussitôt, le nez se présente dans un superbe bouquet de petits fruits rouges bien mûrs (framboise, fraise des bois) réhaussé de délicates notes florales (rose, violette) pour finir sur le poivre blanc. Très beau, très pur.

Le toucher de bouche est magnifique, le vin soyeux, avec une acidité discrète. La matière est à la fois présente, tapissant le palais d'une délicieuse sensation de velours, et très aérienne. Aucune altérité ou aspérité en bouche, ça coule tout seul dans nos gosiers reconnaissants. La bouche est surtout portée sur les épices (poivre) et les fleurs. C'est absolument délicieux.

Commentaire général
: Très très bon. Un Fleurie divin, de grande classe.

Noté 16,5/20



CR: Château Haut-Bommes 1955



Ah... J'aime cette robe des vieux Sauternes, d'un superbe acajou aux reflets ambrés.

Le nez est fabuleux, parfaitement équilibré, sur la confiture d'abricots, l'orange confite, la banane flambée, le miel, le caramel, le café, la mangue et les agrumes. On passerait des heures le nez dans le verre, et d'ailleurs, je vois les amis qui replongent régulièrement leur nez dedans, même si ce dernier est vide. Le passage à la bouche, lorsque le nez est aussi prometteur, est toujours animé d'une certaine crainte...

Crainte totalement injustifiée dans ce cas, tant la bouche est harmonieuse. La complexité et la richesse aromatique sont incroyables, sur la pâte de coing, les raisins de Corinthe, le Lemon Curd et tous les arômes du nez. On y trouve aussi une petite note de noisette. Le vin a digéré ses sucres, mais pas complètement. La finale sur le Lemon Curd présente une fine acidité qui équilibre magnifiquement le vin et donne furieusement l'envie d'y revenir.

Commentaire général: Superbe. C'est toujours un moment privilégié que la dégustation d'un vieux liquoreux. Celui-ci était magnifique, à parfaite maturité si bien que j'y ai pris bien plus de plaisir que sur le Yquem. Un grand moment.

Noté 18/20



CR: François Dumas - Condrieu 2015



Cette bouteille est choisie par les copains dans ma cave et m'est servie à l'aveugle.

La robe est jaune claire, un peu trouble, aux reflets légèrement verts.

Le nez est très frais et délicat, sur les fruits jaunes à noyaux (pêche et abricot) essentiellement, les agrumes (pamplemousse) et de légères notes florales (chèvrefeuille). On y trouve aussi un petit côté "levuré" qui me fait tout de suite partir sur un vin nature. Mais rien de variétal ici et je ne parie sûrement pas sur un viognier.

En bouche, on a affaire à un beau blanc sec, avec de la vivacité et de la fraîcheur. Cela ne l'empêche pas d'avoir un beau volume et une belle profondeur. Le registre aromatique sur l'abricot, le coing, la bergamote et le chèvrefeuille associé à la vivacité et la fraîcheur du vin, avec une belle acidité en finale, ne m'évoque pas grand chose de connu. Je propose un grand cru d'Alsace. Mais pas du tout. J'oublie donc l'acidité et le tranchant du vin et me focalise sur l'aromatique pour proposer alors: "un très très beau viognier"...

Commentaire général: Très bon. C'est un Condrieu qui n'en n'est pas un, qui bouscule tout ce que l'on peut penser connaître du viognier. Je n'avais encore jamais bu un viognier, et encore moins un Condrieu, avec une telle vivacité et une telle acidité en finale... Au final, c'est un très beau vin, avec une indiscutable élégance qui étonnera les amateurs de Condrieu, qui n'y retrouveront pas leurs habitudes, mais qui ravira tous ceux qui trouvent le viognier mou et/ou trop gras et onctueux. Assurément surprenant. De la belle ouvrage.

Noté 15/20



CR: Jean-Pierre Rietsch - Sylvaner Vieille Vigne 2018



J'ouvre cette bouteille pour illustrer le caractère alsacien de ce Condrieu de Dumas.

La robe est jaune clair aux reflets légèrement verts.

Le nez est vif, tranchant, sans être agressif, sur les fruits jaunes (abricot, pêche) et les fleurs blanches. C'est assez appétant et fait monter la salive dans la bouche.

La bouche est vive, avec une acidité assez prononcée, mais de belle fraîcheur. La bouche est tendue, la finale iodée et minérale. Aromatiquement, les notes citronnées prennent le dessus en bouche.

Commentaire général: C'est bon. Un Sylvaner sympathique associant notes citronnées et salinité en finale ce qui en ferait un vin d'apéro parfait sur des huîtres.

Noté 14/20



CR: Domaine de Courcel - Pommard Grand Clos des Epenots 2008



Là aussi, la bouteille est choisie dans ma cave et m'est servie à l'aveugle.

La robe est grenat sombre, aux reflets évolués sur des nuances briques, presque terreuses dans le disque.
A la robe, je ne place pas du tout le vin à Pommard, mais sur un Bordeaux de 30 ans ou un Rhône sud...

Le nez est fermé et austère, sur l'alcool, les cerises à l'eau de vie, les fraises au vin de mon grand-père, la réglisse. A l'aération et en essayant de faire abstraction de cette note alcooleuse dominante, je sens les épices et un côté très vert (qui m'évoque la rafle).
Au nez, je ne place pas du tout le vin à Pommard, mais sur un Rhône massif trop jeune (malgré la robe évoluée) ou un quelconque vin du sud oxydé.

La bouche est massive, ferme et serrée ne procurant aucun plaisir à ce stade. On y retrouve la cerise à l'eau de vie, les épices et le bois jeune. La finale est désagréable, avec une forte astringence, des tannins envahissants et asséchants. Beaucoup trop jeune et trop vert. Une bouche loin de ce que représente pour moi le Pinot Noir, surtout sur un grand cru de Bourgogne. La bouche a un caractère sudiste et est beaucoup trop jeune, même si l'amertume et la sécheresse en finale n'augure rien de bon quant au vieillissement futur du vin. Je pars sur un Rhône trop jeune, dans la difficulté de passer outre l'astringence tannique pour déguster correctement le vin.

Commentaire général: Grosse déception. Je tombe de ma chaise à la levée de la chaussette. Ce vin présente tous les défauts que je ne m'attendais surtout pas à y trouver: trop d'alcool, trop de rafles, une surmaturité des grappes, du bois neuf... Et aucune des qualités que j'en attendais. Je me serai attendu à un modèle de finesse et d'élégance, à un pinotage de grande classe et je me retrouve avec un vin vert qui semble oxydé... Oui, une grosse déception, qui me fait même évoquer un défaut de bouteille mais les amis semblent, eux, apprécier (mais ils sont plus coutumiers des vins capiteux).

Noté 10/20



CR: Les Cailloux du Paradis - Racines 2000



Très belle robe grenat aux reflets tuilés très typée Bordeaux à maturité.

Très joli nez évolué, sur le tertiaire, mais qui garde un beau fruit. On y trouve donc des fruits noirs (cassis et mûre) puis, à l'aération le vin se complexifie de notes fauves, de foin séché, de poivre, d'épices, de cuir et de cacao. C'est un nez qui appelle une viande de gibier.

La bouche est très belle, parfaitement équilibrée, avec une matière ronde, douce et soyeuse. On retrouve les notes du nez, un côté très bordelais, mais avec une fraîcheur supplémentaire, notamment en finale, avec une belle touche végétale qui pourrait faire partir sur un beau cabernet franc de Loire. On retrouve en bouche un caractère assez fauve, avec des épices et de la fève de cacao torréfiée, de la confiture de cassis.

Commentaire général: Très beau vin, quelque part entre un beau Bordeaux de 30 ans et un grand Cabernet Franc de Loire. C'est pour moi une très belle découverte parce que je n'avais encore jamais bu cette cuvée avec tant d'années de cave. Et bien ça vaut le coup d'encaver, c'est encore meilleur que lorsque le vin est jeune. Un vin de chasse, pour accompagner un lièvre à la royale.

Noté 16,5/20




CR: Stéphane Montez - Saint Joseph Cuvée du Papy 2013



Ce vin également m'est proposé à l'aveugle.

La robe est jeune, pourpre profond aux reflets violacés. Beaucoup d'anthocyanes... Je pense déjà à une syrah.

Le nez est caractéristique des belles syrahs du Rhône Nord: cerise et cassis puis réglisse, épices (poivre), violette et un petit côté lardé qui me fait penser à une Côte Rôtie. Ca reste un nez de vin très jeune, très agréable malgré sa jeunesse avec une belle fraîcheur.

La bouche est ronde et harmonieuse, bien qu'un peu trop jeune pour moi. Les fruits et les épices dominent ici, avec une note de café vert et un boisé un peu trop présent à mon goût. Le côté lardé perçu au nez s'efface, et c'est un registre plutôt primaire qui domine, sur une Syrah fraîche et boisée. La finale est ponctuée d'une fraîcheur mentholée qui renforce la sensation de jeunesse du vin. Le manque de complexité et de profondeur du vin me fait raviser mon jugement, je pense toujours à une Syrah du Rhône Nord mais de plus modeste origine: Saint Joseph ou Crozes.

Commentaire général: Très bon. C'est un beau Saint Joseph dans un registre très classique. Un peu trop de bois à mon goût. Un vin que j'aurai adoré il y a quelques années, mais les goûts évoluent, et la découverte des Saint Joseph de Gonon ou de Dard et Ribo m'ont depuis éloigné de ce style boisé et concentré.

Noté 15/20



CR: Domaine du Clair Obscur - Bourgogne Pinot Noir 2017



J'ai ouvert cette bouteille après la déception du Pommard de Courcel pour illustrer ce que signifiait pour moi un vin "pinotant". J'avais en effet adoré le 2014 bu récemment (voir commentaire ici), qui pinotait à fond!

La robe est pourpre, très jeune.

Le nez est totalement fermé et muet. En insistant et à force d'aération dans le verre, on y trouve de la griotte et de la cerise à l'alcool, ainsi que des notes herbacées. Ca s'annonce mal.

La bouche confirme malheureusement l'impression du nez. Le vin est vert, fermé, acide, présentant une astringence tannique marquée et une sécheresse en finale. On a l'impression de croquer dans une prunelle. Je regarde alors la bouteille et me rends compte que je me suis trompé de millésime. Je voulais prendre un 2016. Celui-ci est vert, beaucoup trop jeune, et doit se faire 2 ans en cave. Là, il ne présente que peu de plaisir. C'est un échec.

Commentaire général: Fermé. Un vin ouvert au mauvais moment. Je me rends compte qu'un pinot noir "vert" peut être tout aussi ingrat qu'un cabernet franc vert.

Noté 10/20



CR: Chapoutier - Côte Rôtie Les Bécasses 2005



La robe est grenat plutôt claire, aux reflets rubis.

Le nez est assez discret, en retrait. On y distingue néanmoins des petits fruits noirs et de la vanille.

La bouche est à l'image du nez, assez terne. Le vin est campé sur la réserve, la matière est faible de corps, le vin de peu d'ampleur et de volume. On retrouve un peu les petits fruits noirs, le bois et l'olive mais le tout manque clairement d'intérêt. Pas insipide, mais insignifiant. On est très loin de la matière et de la concentration du Gramenon, et même bien en-desous du Montez.

Commentaire général: Anecdotique. Un vin sans intérêt, qui présente une matière fluide et une aromatique en retrait. Du temps où je buvais presque exclusivement des vins conventionnels, où je ne ratais jamais le salon des vins d'Ampuis, j'étais un fervent partisan de Guigal et plutôt un contempteur de Chapoutier. J'achetais la Brune et la Blonde de préférence à toutes les cuvées de Chapoutier et j'en ai d'ailleurs encavées pas mal à l'époque, ce dont je ne suis pas mécontent maintenant que je les retrouve. J'avais fait exception sur ce 2005, car j'avais lu quelque part que c'était la plus grande réussite de Chapoutier sur cette cuvée... Ce n'est sûrement pas cette bouteille qui va me faire virer ma cuti!

Noté 13/20


CR: Jérôme Bressy - Domaine Gourt de Mautens 2012



Belle robe sombre, pourpre, sans traces apparentes d'évolution.

Le nez est magnifique, sur les petits fruits noirs très mûrs (mûre, cassis), les épices, la tapenade, le cuir. Le nez présente un registre aromatique clairement sudiste mais sans lourdeur ni l'ombre d'une pointe d'alcool. Il y a quelques notes animales, un peu fauves, mais qui elles aussi sont subtiles, équilibrées. Une grande inspiration permet de percevoir des notes plus fraîches, légèrement végétales, sur les herbes de Provence.

La bouche est ample, de gros volume avec une grosse concentration et de la mâche mais là encore sans aucune lourdeur. Les tannins sont enrobés, l'alcool imperceptible. Le vin est chaud mais souple avec une texture soyeuse de grande qualité. C'est classe. L'équilibre est remarquable pour un Rasteau et le vin se permet même le luxe d'une certaine fraîcheur en finale, avec de discrètes notes florales.

Commentaire général: Excellent. C'est un superbe vin, indiscutablement fidèle à son origine sudiste mais d'une élégance rare dans l'appelation, avec notamment un toucher de bouche remarquable. Ce vin me convainc totalement et je le place désormais au-dessus des vins de Richaud dans ma hiérarchie des Rasteau: c'est le plus grand de tous.

Noté 17/20




CR: Domaine de Dernacueillette - Le Vin 2009



J'avais déjà eu un coup de coeur pour le 2010 ici. Je retrouve ici ce qui m'avait tant séduit sur le 2010, avec un caractère néanmoins un peu plus chaud.

La robe est pourpre intense, sombre, très jeune.

Le nez est très beau, plus languedocien que le 2010 qui était un peu un OVNI pour moi, mais j'y retrouve ce mélange de fruits noirs trop mûrs écrasés et de cette fraîcheur herbacée sur la garrigue et l'origan. Il y a ici en plus quelques notes un peu fauves qui en font un nez à la tonalité générale plus chaleureuse.

La bouche est très belle, parfaitement équilibrée, avec des tanins précis et une texture remarquablement veloutée pour un Corbières. C'est vraiment la classe. Il y a les arômes du nez et cette alliance de confiture de mûre et de notes mentholées. Si le 2010 avait des accents floraux, celui-ci est un peu plus fauve.

Commentaire général: Très bon. Ce 2009 confirme mes impressions du 2010: c'est un magnifique Corbières et tout simplement un grand vin du Languedoc. Comme pour le Rasteau de Bressy, c'est le toucher de bouche qui place ces bouteilles au sommet de leur appellation.

Noté 16/20


Nous avons passé d'excellents moments autour de ces quelques bouteilles. Pas beaucoup de surprises pour moi, il n'y avait presque que des vins que j'avais déjà goûtés. Presque que des confirmations. Je retiens la grosse déception que fût le pommard de Courcel, et il faut vraiment que je regoûte les vins du domaine pour savoir si c'est un style qui ne me plaît pas ou cette bouteille spécifique qui n'a pas été bue quand il le fallait.

Les plus belles bouteilles sur le papier (Pavillon Rouge, Yquem, ...) ont tenu toutes leurs promesses mais n'ont pas été les vins procurant le plus d'émotion. Dans ce registre, le BAMA, le Cahors 1988, les blancs de macération italiens, le Roumieu ont retenu beaucoup plus mon attention.


artdeboire.blogspot....
#1
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jd-krasaki a répondu au sujet : Le temps des copains

Merci ça me donne bien envie de découvrir certaines de ces bouteilles !

JD | Lutèce
#2

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oliv a répondu au sujet : Le temps des copains

Fantastique série, d'un éclectisme vins classiques vs modernes impressionnant ! (tu)

Le coup de l'anti gel comme humour, le vin serait grand, ce serait lourdaud .
Mais vu le résultat, c'est presque pathétique.
#3

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Frisette a répondu au sujet : Le temps des copains

Sacré Marathon, dis donc!!!:O! :O! :O! (tu) (tu) (tu)

Comme Oliv', concernant l'antigel, j'ai bien du mal à comprendre l'optique du vigneron. A fortiori si le vin est mauvais...

Flo (Florian) LPV Forez
#4

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Ja a répondu au sujet : Le temps des copains

Très beau cr qui fait voyager et une sélection éclectique ! Chapeau...et merci !

In Sangiovese we trust
#5

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jean-luc javaux a répondu au sujet : Le temps des copains

Merci; belle diversité de vins!!
Mais qu'avait fait ce coq pour mériter cela??? :O!

jlj
#6

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starbuck a répondu au sujet : Le temps des copains

Il me revient en mémoire une histoire belge de mon enfance.
Quelle est la différence entre la roulette russe et la roulette belge ?
Dans la russe, il n'y a qu'une balle alors que dans la belge il ne manque qu'une balle :unsure:

Je crois qu'on peut dire qu'ouvrir un Bourgogne rouge 2008, c'est comme jouer à la roulette belge ... zX

Sylvain
#7

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Vaudésir a répondu au sujet : Le temps des copains

Impressionné par le nombre .......... de commentaires mais c'était sur 4 jours donc.

Un coq à l'antigel, pas vraiment l'époque pour une ce plat, pauvre bête :roll:
#8

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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains

oliv écrit: Fantastique série, d'un éclectisme vins classiques vs modernes impressionnant ! (tu)

Le coup de l'anti gel comme humour, le vin serait grand, ce serait lourdaud .
Mais vu le résultat, c'est presque pathétique.


Cet éclectisme est assez représentatif de ma cave et des vins que je consomme.

Pour l'Antigel, j'avais acheté ce bidon d'un litre pour la déconne, me disant que ça pourrait faire un effet sympa en amenant ça en soirée, ou dans un pic nique... Mais bon à 30 euros le bidon, il faut l'avouer, je me suis fait arnaquer comme un débutant.
#9
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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains

Vaudésir écrit: Impressionné par le nombre .......... de commentaires mais c'était sur 4 jours donc.

Un coq à l'antigel, pas vraiment l'époque pour une ce plat, pauvre bête :roll:


Quand le ratio coq/poule atteint une limite critique (1 coq pour 2 poules), il faut faire des gros sacrifices, tant pis pour la saison. Là j'ai profité qu'on avait du monde à la ferme et de la main d'oeuvre pour plumer tout ça pour éclaircir un peu le poulailler....

La sauce était très bonne. Je pense bien que c'était ce que je pouvais tirer de mieux de ce vin.
#10
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shockwave a répondu au sujet : Le temps des copains

Je salive!!! Je salive!!!
Très belle sélection, un marathon qu' on aimerait faire plus souvent.
Pas un seul vin de Loire, carton jaune ::whooo:: :cartj:
#11

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Kaldébaran a répondu au sujet : Le temps des copains

La seule chose que j'ai envie de dire : ça donne envie !!!!!

Magnifique sélection, et tes CR m'ont vraiment donné envie d'en goûter quelques uns, notamment le Zibibo bianco qui m'a l'air d'être une perle d'après ce que tu en dis.

Encore merci pour ce partage !
#12

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tonioaja a répondu au sujet : Le temps des copains

Bien belle sélection en effet.
Pour le Cahors 1988, ca doit encore se trouver, il faut queje regarde dans les vieilles réserves.
Ca sort dans les 50e départ cave.

Antoine. Passionné tout court
#13

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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains

shockwave écrit: Je salive!!! Je salive!!!
Très belle sélection, un marathon qu' on aimerait faire plus souvent.
Pas un seul vin de Loire, carton jaune ::whooo:: :cartj:


Ah ben si, il y a le Puzelat, l'Antigel (bon ok, celui-ci ne compte pas), et le vin de Niger avec les vignes de Landron Chartrier... Après, tu veux peut-être dire qu'il n'y a pas de "grands" vins de Loire... C'est pas volontaire, j'en ai assez peu en cave qui soient prêts à boire.
#14
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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains

tonioaja écrit: Bien belle sélection en effet.
Pour le Cahors 1988, ca doit encore se trouver, il faut queje regarde dans les vieilles réserves.
Ca sort dans les 50e départ cave.


Je leur ai fait un mail. Ils ont en effet quelques vieux millésimes à proposer que je récupèrerai le week-end prochain à la foire du vin et du fromage de Besse (63).
#15

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tonioaja a répondu au sujet : Le temps des copains

C'est donc toi !

Antoine. Passionné tout court
#16

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shockwave a répondu au sujet : Le temps des copains

Tu lis dans mes pensées.
En tout cas félicitations, les copains vont revenir très vite.
Attention a tes stocks !!!
#17

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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains - saison 2

"Toujours plus loin, plus fort, plus vite. Jusqu'au bout de l'extrême limite!".

La saison 1 avait bien marché, voici donc la saison 2. On prend les mêmes et on recommence: début des vacances, la même petite bande d'amis, on mange et on pioche des bouteilles dans la cave... 32 bouteilles l'année dernière; 10 de plus cette année!

Encore une fois, tout est servi à l'aveugle (sauf pour moi, à l'exception des bouteilles amenées par les copains, que je ne connais pas). J'ai servi cette année quelques unes des bouteilles qui comptent le plus pour moi dans certaines appellations. Il n'y avait pas de vins de Loire l'année dernière? J'ai corrigé le tir cette année (d'autant que ma petite bande d'amis ignore presque tout de ce vignoble). Ce serait la Bourgogne le grand absent de cette saison 2, mais je n'ai pas trouvé le moment propice...

Pour moi, il n'y a qu'une seule réelle déception, mais toutes les bouteilles se sont admirablement présentées à leur meilleur.



Allez, on attaque les CRs...


Domaine Matassa - Alexandria 2019



Belle robe jaune paille, assez claire pour une macération de plus de 30 jours...

Le nez est hyper explosif et séducteur. Waouh! Premier nez sur le sirop de pêche, l'abricot confit et l'ananas. Plus j'aère le vin plus il révèle des notes aromatiques nouvelles: agrumes confits (mandarine notamment), notes florales (tilleul, jasmin, rose), fleur d'oranger, résine de pin... Quelle exubérance!

Face à une telle explosion d'arômes au nez, on peut redouter que la bouche ne soit pas à la hauteur... Il n'en n'est rien. La matière est fine, ciselée. Le vin est tendu, mêlant dans un équilibre remarquable l'acidité du pamplemousse et du bonbon anglais avec la fraîcheur et de délicieux amers en finale. Le triangle agrumes/fleurs/fruits exotiques est d'une gourmandise à laquelle il semble difficile de résister... Je ne lui trouve aucun défaut.

Commentaire général: Délicieux. Ca commence très fort avec ce muscat de macération parmi les plus beaux du genre. Sortez ça à votre premier rancard et je vous garantis que tout finira bien...

Noté 16/20


Frédéric Agneray - Kalamite 2018

J'ai découvert ce vigneron lors de la dernière édition des "10 vins cochons". J'ai apprécié toute la gamme proposée, avec une petite préférence pour ce Kalamite. Première fois que je regoûtais depuis le salon.



La robe est pourpre, jeune. Le disque est dans le ton, en plus clair.

Très beau nez qui ne s'offrira franchement qu'après 1/2 heure d'ouverture (faut dire que la séquence après le Matassa ne lui est pas favorable). Au départ assez frais, et quelque peu réservé, sur la cerise fraîche et les épices, le nez s'étoffe au fur et à mesure de l'aération développant de très beaux arômes, plus denses, de confiture de mûre avec toujours ces herbes aromatiques sudistes. Ca donne soif.

En bouche, le vin est rond, gouleyant. C'est un panier de fruits rouges et noirs, avec une touche de garrigue. Il y a de la mâche mais une très belle fraîcheur en finale en fait plutôt un vin léger, de très haute buvabilité.

Commentaire général
: Très bon. Le canon de copains par excellence, à ouvrir pendant qu'on allume le barbecue en lançant quelques boules de pétanque.

Noté: 14/20.


Bouchard Père et Fils (Domaines du Château de Beaune) - Pommard Premier Cru 1979

Bouteille ouverte au débotté après changement inopiné de repas. Sur un filet de ferrandaise donc, pommes de terre et cèpes d'été.



La robe est rubis soutenu, aux reflets légèrement tuilés.

Le nez est encore bien vibrant, sur la cerise, le poivre, la prune, le cuir, une touche fumée. A l'aération prolongée, il gagne en profondeur, bascule un peu plus sur le tertiaire, avec les feuilles mortes, l'humus et les fruits noirs qui deviennent ici sur-muris.

La bouche est tendue, fraîche, avec une acidité très présente qui équilibre une aromatique effectivement portée sur les fruits un peu trop mûrs. On retrouve la cerise, mais ici kirschée. Le fond de verre évoque la confiture de cassis. Les tanins sont très fins, le vin tout en délicatesse, et la longueur énorme avec de très beaux amers en finale sur l'écorce d'orange.

Commentaire général: Très bon. C'est une bien belle bouteille en finesse et légèreté mais qui en a encore sous la pédale. Très bonne surprise.

Noté 15/20


André et Mireille Tissot - Vin Jaune 1978

Bouteille servie en fin de repas sur une assiette de Comté.



Belle robe ambrée, terne, assez trouble avec de très légers reflets vert bouteille.

Le nez est plutôt fin et jeune, pas du tout tel que je l'attendais. On y trouve un peu de noix certes, mais c'est pas dominant. Le nez est plutôt porté sur la pomme pourrie et le champignon (ni cèpe, ni truffe, quelque chose qui s'approcherait de la morille séchée, avec cette petite note fumée). Il y a derrière tout ça une note de levure fraîche (type levure de boulangerie) que je rencontre souvent dans les oxydatifs jurassiens et dont je ne raffole pas des masses.

La bouche est à l'image du nez: encore jeune, sur la pomme verte et la noix. Le côté levuré est là aussi très perceptible si bien que le vin pourrait en devenir rapidement assez écoeurant. Ca reste cependant très bon, mais c'est pas ce que j'espérais.

Commentaire général: Bon. Mais le vin bascule sur ce profil levuré un poil écoeurant là où j'aurai préféré qu'il bascule sur les épices à curry et le sotolon. Je ne m'explique pas ces 2 profils différents que je rencontre dans les vieux jaunes mais il y en a clairement un qui a nettement ma préférence.

Noté: 13,5/20


Dominique Andiran - Pissenlits 2008

J'ouvre cette bouteille pour combler la petite déception que constitue le vin précédent. C'est la troisième fois que je bois cette cuvée, troisième fois que je trouve ça sublime!



La robe est or intense, aux nuances ambrées.

Le nez est d'une complexité folle et semble inépuisable bien qu'encore très jeune. Une note d'amande grillée domine l'ensemble, note qui, associée à une touche de cacao pourrait évoquer ces amandes enrobées de chocolat qui sont parfois servies avec le café. On y trouve également une note de café torréfié. L'aération révèle des notes d'épices à curry et de miel. Très profond sans être rentre dedans, tout ça reste parfaitement dosé et harmonieux.

La bouche est à l'avenant: ample, riche et caressante et qui reste, malgré une puissance aromatique dévastatrice, tendue et superbement équilibrée. J'insiste là-dessus: l'équilibre, pour un vin de ce type, est tout à fait remarquable; le vin se boit très facilement. La finale s'ouvre sur une richesse de palette aromatique incroyable avec, en guise de conclusion, une finale superlative.

Commentaire général: Superbe. Cette bouteille ne m'a jamais déçu et je reste toujours surpris par la finesse et la facilité avec lequel ce breuvage s'écoule dans les gosiers malgré son profil oxydatif affirmé et sa puissance aromatique. A titre comparatif, je n'ai tout simplement jamais pris autant de plaisir sur un vin jaune aussi jeune. Je suis très curieux de voir comment il va évoluer avec le temps, mais il va être très difficile de garder ma dernière bouteille...

Noté: 18/20


Clos Cibonne - Tibouren (rouge) 2019

Je vous rassure, cette bouteille n'est pas bue à la suite de la précédente. On change de jour, et on est alors le lendemain midi à l'apéro. Cette bouteille m'est servie à l'aveugle (j'aime beaucoup me plier à cet exercice, mais il est rare que ça m'arrive: c'est souvent moi qui sert!).



La robe est étonnante, sur un rubis éclatant mais aux reflets légèrement tuilés. Soit c'est un vin jeune mais sur un cépage particulier, soit c'est un vin évolué.

Le nez est très frais, très primaire. On est sur les petits fruits rouges (framboise, groseille), la griotte, et beaucoup d'épices. Ces épices, qui évoquent la garrigue et la myrte, m'orientent assez vite sur la Provence.

La bouche étonne là encore par sa finesse et sa fraîcheur. L'élevage est délicat. On retrouve une aromatique primaire sur la framboise, la groseille et les épices. Mais ce côté primaire ne pêche pas vers une acidité trop prononcée. C'est sympa. A l'aération prolongée, le vin développe des notes plus complexes et un profil sur la griotte et la rose finit par s'imposer. Ca pourrait presque évoquer un pinot noir et je suis un peu perdu. Je finis par trouver ça vraiment très bon et un indice me met sur la voie du Tibouren.

Commentaire général: Très bon. Une très belle surprise. J'apprécie beaucoup la finesse de ce vin, son élevage discret et son profil frais et jeune mais en même temps avec une complexité aromatique très plaisante. Je suis surpris par le millésime à la levée de la chaussette. Ce vin montre que ce cépage peut réserver bien des surprises.

Noté: 15/20


Alain Castex - Canta Manana 2018


On enchaîne avec ce Canta Manana en magnum. Un vin que je connais par coeur et qui fait toujours son effet. J'avais servi la même bouteille l'année dernière, mais mes amis n'ont pas reconnu le vin. Ils en ont pas encore assez bu!



Je reproduis à l'identique le commentaire de l'an dernier car cette année de plus ne se ressent pas dans le vin qui n'a pas bougé d'un iota.


La robe est rosée assez sombre, tuilée voire légèrement ambrée dans le disque.

Très beau nez, à dominante de notes florales, notamment sur le chrysanthème. On y trouve également les petits fruits rouges (framboises et groseilles), le raisin blanc et de légères notes muscatées.

En bouche, c'est un pur bonheur. Le vin est rond, avec une acidité discrète. Assez vineux, mais sans aucune lourdeur: c'est frais, désaltérant, d'une buvabilité hors norme.

Commentaire général: Délicieux.

Noté 16,5/20


Domaine Coquelicot - José 2009

Cette bouteille m'est servie à l'aveugle par l'ami Luc non sans un certain plaisir sadique: il sait d'office que je vais nager dans le potage.



La robe est ambrée assez sombre aux reflets orangés voire bronze.

Le nez est ultra complexe. Ca sent l'oxydatif mais en même temps avec une fraîcheur, un fruité, une impression de douceur qui fait penser à un vin avec du sucre. L'aromatique est riche, sur les fruits secs, les fruits confits, la figue, le raisin de Corinthe, le pruneau, les épices... Tout cela m'évoque fortement un vin passerillé et je commence à avoir une petite idée derrière la tête.

En bouche, tout ce que je prévoyais s'effondre. Pas la moindre trace de sucre, c'est parfaitement sec. On est sur un oxydatif léger et fruité. On retrouve la complexité aromatique du nez mais paradoxalement, c'est comme si le sucre ou une oxydation plus poussée manquait. L'impression en finale est un peu courte. Je n'ai plus aucun repère, je n'ai absolument aucune idée de ce que je bois. C'est très bon mais ça manque un poil de fond (en tout cas par rapport aux attentes du nez).

Commentaire général: Très bon. Un vin au profil assez inédit, qu'on croirait sucré mais non, qu'on penserait oxydatif et il l'est bien mais en finesse. Le cépage, le Merlot, y est sûrement pour quelque chose. Je n'avais jamais rencontré ce profil de vin. Une sympathique découverte. Merci Luc.

Noté 14/20


Didier Dagueneau - Buisson Renard 2011



A l'ouverture, le nez est muet et le vin semble complètement fermé. Je trempe les lèvres dedans et ça confirme que le vin n'est pas prêt: c'est totalement plat. Je mets la bouteille de côté, elle ne sera bue que le lendemain.

La robe est jaune claire, très brillante, limpide.

Le nez est un peu plus causant mais reste quand même en retrait. Avec peu de fruits perceptibles, ce dernier est largement dominé par une note lactique qui envahit tout. En s'y accoutumant, on peut percevoir des notes de miel, de buis et de fleurs blanches.

La bouche est grasse, ample. L'aromatique est là encore totalement dominée par des arômes lactiques de yaourts ou de lait Ribot. Difficile de passer outre, on a le sentiment d'un élevage grossier, ça manque de tension et de finesse, et même Condrieu et le viognier sont évoqués... La finale est plus intéressante, retrouvant un peu d'acidité et des amers agréables. Mais le vin n'est pas du tout équilibré et peu au goût de mon palais (je suis celui qui apprécie le moins).

Commentaire général: Déception. Pas du tout au niveau où je l'attendais. Le vin traverse peut-être une phase de fermeture tant le fruit est totalement absent et la matière caricaturale. Sûrement pas ouvert au bon moment, et à coup sûr beaucoup trop tôt. On est très loin de l'élégance du Mademoiselle M de Bain bue récemment...

Noté: 13/20


Les Cailloux du Paradis - Or' Norm 2015

La bouteille m'est servie à l'aveugle par encore une fois l'ami Luc qui se régale à me proposer des bouteilles rivalisant d'originalité...



La robe est profonde, intense, dorée légèrement ambrée, aux reflets cuivrés. On voit tout de suite qu'il y a du vin dans le verre!

Le nez est très complexe, au croisement de plusieurs choses connues, mais sans avoir aucune des typicités variétales permettant de trancher. Il y a un côté chenin avec les fruits confits, la pâte de coing, le miel mais ce n'est pas du chenin. Il y a un côté riesling à maturité avec un côté légèrement pétrolé, naphté, camphré, voire légèrement fumé, mais ce n'est à l'évidence pas un riesling. Il y a un côté jurassien avec ce qui pourrait ressembler à une pointe oxydative, les fruits secs, des notes d'épices à curry, mais ce n'est pas un oxydatif jurassien. Il y a un côté chardonnay très mûr avec le pain toasté, la compote de pêche, mais ce n'est pas un chardonnay. L'aération prolongée rend le nez plus aérien, moins rentre dedans, avec l'apparition de petits notes muscatées et d'agrumes. Bref, je fais le tour de tout, rien ne convient à ce que je sens.... Je n'ai aucune idée de ce qu'il y a dans mon verre.

En bouche, la même perplexité. Alors certes, c'est très bon, avec une bouche ample, riche, mais parfaitement équilibrée, sans aucune lourdeur, le juste dosage du gras et de la tension, avec une petite acidité en finale sur l'orange confite fort bienvenue. On retrouve les arômes du nez, avec un mélange pomme cuite et épices à curry, miel et notes fumées. C'est très complexe et très bon, mais impossible à mon humble avis de partir sur un sauvignon tant je ne retrouve ici aucune des marques variétales de ce cépage.

Ce vin ne m'évoque pas grand chose de connu mais me rappelle quand même une cuvée de Bouju, "Loin des yeux près du coeur", qui de mémoire était un assemble de cépage alsacien. Mais il y a aussi dans ce vin un côté jurassien avec ce qui pourrait ressembler à une petite note oxydative. J'imagine alors un assemblage riesling-chardonnay-savagnin.... Mais on est très loin du compte! La stupéfaction à la levée de la chaussette de voir qu'on est sur un sauvignon.

Commentaire général: Très bon. C'est complexe, beaucoup plus fin et précis que le nez ne pourrait le laisser présager. J'aime beaucoup mais j'en boirai quand même pas des seaux...

Noté 15/20


Domaine de Vaccelli - Granit 2016

Là aussi, je déguste cette bouteille à l'aveugle mais ce coup ci, c'est Simon qui la propose, Simon qui a l'attention de me proposer des vins que je connais!



La robe est pourpre, jeune, assez légère, aux reflets rubis.

Le nez est frais, très épicé, sur la framboise sauvage, la ronce, la griotte, et la confiture de fraise. Plus le vin s'aère dans le verre, plus il développe des notes d'herbes séchées, d'aromatiques, avec des fragrances florales qui m'orientent vers la Provence, voire au-delà.

La bouche est soyeuse, très raffinée, avec des tanins souples et parfaitement intégrés malgré le jeune âge du vin. Cette jeunesse se ressent plutôt dans le côté primaire des arômes, avec de petites notes acidulées sur les fruits rouges. On retrouve aussi une griotte presque bourguignonne, le cassis, la mûre, le poivre et les herbes aromatiques. C'est surtout le toucher de bouche qui est remarquable et évoque de suite le grand vin. La finale présente une petite touche balsamique presque italienne. Un vin quelque part entre la Bourgogne et la Toscane...

Commentaire général: Excellent. Encore un poil jeune, mais déjà d'une finesse et d'un équilibre remarquable, c'est assurément un très beau vin que j'avais déjà eu l'occasion de déguster, ce qui me permettra de retrouver cette cuvée. J'avais d'ailleurs à cette occasion encavé plusieurs cuvées de ce domaine, je leur laisse encore un peu de temps, mais c'est assurément un domaine à suivre de près.

Noté 16/20


Château des Tours - Vacqueyras 2009

Bouteille amenée par Simon et qui m'est servie à l'aveugle.



La robe est entre le beau rouge carmin et le pourpre. Difficile à dire car il commence à faire nuit et je l'observe à la lumière artificielle. J'y distingue néanmoins de très nets reflets tuilés dans le disque.

Au nez, je suis en terrain connu. Ce mélange de cerises kirschées, de fraises écrasées, de poivre, de rose fanée, avec cette note d'agrumes (orange sanguine)... Le tout enveloppé dans un ensemble donnant une impression de surmaturité, comme si le vin avait pris un petit coup de chaud... L'adjectif "décadent", que j'utilise pour Reynaud et pour Mitjaville, me vient à l'esprit. Je pense instantanément à du Reynaud...

La bouche est superbe, très classique de Reynaud, c'est à dire à la fois fondue et tendue. C'est rond, ample, mais le vin garde une vivacité et une fraîcheur caractéristiques. On retrouve la même impression au niveau des arômes: le vin présente clairement un côté très sudiste, à la limite de la surmaturité et du fruit cuit, mais dans le même temps, une aromatique fine et précise sur la fraise et les épices. La finale s'étire longuement sur un registre plus frais, avec la petite amertume des agrumes. La touche alcooleuse qui m'a déjà gêné parfois avec ces vins est ici totalement absente. Le vin est à point. Je propose un Château des Tours 2010...

Commentaire général: Excellent! Un très beau Reynaud que je n'aurai pas cru déjà aussi prêt à boire. Pour ma part, je n'aurai pas osé le servir si jeune et l'aurai attendu un peu, mais au final le plaisir était clairement au rendez-vous.

Noté 16,5/20


Château des Tours - Vacqueyras 2007

C'est la bouteille que j'avais prévu de servir à l'aveugle à mes amis sans savoir qu'on allait boire le 2009 juste avant... Du coup l'enchaînement est intéressant.



L'éclairage artificiel ne me permet pas de bien juger des variations de nuances de la robe par rapport au vin précédent. Il donne néanmoins l'impression d'être plus sombre dans le verre et plus tuilé dans le disque.

Le nez ressemble beaucoup au précédent, mais il est plus complexe et plus profond. L'impression est un peu moins jeune, il y a du fruit noir qui apparaît, une petite touche fumée, mais on retrouve tous les marqueurs du domaine.

En bouche, même constat. Ca ressemble beaucoup au 2009 mais le vin gagne en soyeux, en rondeur et en volume. La matière est encore plus belle et le vin gagne en profondeur et en longueur. Ce n'est pas là que simplement la différence des 2 ans entre les 2 bouteilles, mais bien ce 2007 je pense qui est plus grand que le 2009.

Commentaire général: Excellent. Un superbe Vacqueyras du Château des Tours, l'un des plus beaux que j'ai bu à ce jour.

Noté 17/20


Peyre Rose - Syrah Leone 2007



La robe est très sombre, dans les tons pourpres. L'éclairage artificiel n'aide pas mais la robe tranche nettement avec les 2 vins précédents. C'est de l'encre qu'on a désormais dans nos verres.

Le nez est puissant, très profond, très Rhône Nord, avec une touche d'épices en plus qui fait la différence, mais pas sûr qu'à l'aveugle j'aurai noté cette nuance. J'y trouve de la liqueur de mûre, de l'olive noire, de l'encre, de la violette, des épices et aromatiques, une note de graphite sur un fond légèrement fumé. C'est un très beau nez, ça sent le "grand vin".

La bouche est très ample, massive, suave, avec une matière soyeuse, riche, incroyablement voluptueuse. L'élevage est très présent mais parfaitement maîtrisé, avec un grain absolument délicieux: pour qui aime le style, c'est un modèle du genre. Ca ressemble beaucoup à une grande syrah du Rhône Nord, et à l'évidence je serai parti à l'aveugle sur l'une des grandes cuvées de Côte Rôtie de Guigal (j'y trouve une parenté dans le style). En sachant ce que c'est, je décèle donc des nuances épicées, des herbes séchées. La finale interminable a la grande classe de nous offrir une note un peu fraîche, peut-être herbacée, avec de beaux amers.

Commentaire général: Grand vin. J'ai vraiment beaucoup aimé. Une superbe syrah, au caractère septentrional. "Une main de fer dans un gant de velours" me semble être l'expression toute désignée pour caractériser ce vin qui en a encore gros sous la pédale. Rien de pressé donc à le déguster, et à boire sur 10 à 15 ans.

Noté 17,5/20


Guigal - Côte Rôtie "Brune et Blonde" 1991



La robe est soutenue et me semble grenat aux reflets légèrement tuilés.

Le nez est superbe, sur la confiture de cassis et de mûre, le lard, le poivre, la vanille, les notes fumées. C'est complexe et profond. C'est un nez évolué mais qui garde encore un beau fruit. Envoûtant. Malgré l'atmosphère bien festive du moment (on a tué le chevreau l'avant veille - il a cuit toute la journée sur la broche et c'est le moment de le manger), le silence commence à se faire autour de la table...

La bouche est magnifique, avec un toucher soyeux, très classieux et du fond. Le vin se présente à nous dans un registre sur la finesse que je n'avais encore jamais rencontré sur cette cuvée (certains partent sur la cote de Nuits!). On retrouve les arômes du nez, assez classique de l'appellation (cassis, mûre, lard, fumé), mais enveloppés dans un voile de douceur, dans un cocon de velours et de suavité qui signe la parfaite maturité du vin. Le fond de verre sent délicieusement la mûre compotée. Tout est parfaitement à sa place. Il est au sommet. L'harmonie et l'équilibre sont exemplaires, avec une longue finale qui s'étire interminablement sur des notes plus fraîches d'eucalyptus. Grand.



Commentaire général: Grand vin. Certainement ma plus belle "Brune et Blonde" de Guigal à ce jour. Moins massive que la plupart de celles que j'ai pu boire, moins démonstrative, mais un tel équilibre et une telle finesse sur cette cuvée sont assez inédits. Le plaisir est vraiment très grand et l'accord sur le chevreau, qui tourne autour de sa broche depuis le début d'après-midi, est juste parfait.

Noté 18/20


Guigal - Côte Rôtie "Brune et Blonde" 1999

La Brune et Blonde 1991 bue juste avant devait être le dernier vin de la soirée, avant de basculer sur la classique pétanque nocturne et revenir à des choses plus fraîches, vins de soif ou bière... Mais je vois les amis revenir vérifier si la bouteille est bien terminée, sentir leur fond de verre vide... Je peux pas les laisser retomber aussi vite, il faut une transition. Je pars donc à la cave ramener cette Brune et Blonde 1999...



La robe est nettement plus jeune que celle du vin précédent: encore pourpre avec un tout début d'évolution.

Au nez, je retrouve les marqueurs plus classiques de cette cuvée. Le cassis, frais cette fois ci et plus confituré, l'encre, le graphite, la viande fumée. On sent qu'on revient sur un registre plus primaire: c'est moins complexe, moins profond, mais peut-être plus immédiatement gourmand.

La bouche est de demi-corps, étonnamment pas plus massive que la cuvée précédente. C'est fondu, élégant, dans un registre aromatique effectivement plus primaire (fruits noirs à profusion). Le vin perd en suavité et gagne en tension. C'est une cuvée qui commence à évoluer, qui a digéré son élevage, mais qui se présente encore au stade de la jeunesse.

Commentaire général: Très bon. L'effet de séquence ne la met pas en valeur et il est certain que bue seule elle aurait fait bien plus d'effet. Il n'empêche que ça reste une belle bouteille, avec de l'élégance, que j'attendrai encore quelques années voir si elle évolue aussi admirablement que son aînée de 8 ans.

Noté 16/20


Pierre Beauger - Sauvignon Blanc 2017

On change de jour. J'ouvre cette bouteille à l'apéro. C'est l'un de mes vins préférés, la cuvée qui m'a fait aimer le Sauvignon... C'est toujours un grand moment d'émotion que d'ouvrir ces bouteilles...



La robe est jaune pâle, très trouble. Les vins de Pierre nous ramènent à des robes brutes, très naturelles. On dirait vraiment que le verre est servi directement en sortie de pressoir.

Le nez.... Comment dire. Je ne peux pas être objectif. Il y a dans ces vins quelque chose d'addictif. Tous les vins de Pierre présentent la même note aromatique (que j'attribue à ses levures) sur laquelle se rajoutent les caractéristiques variétales propres à chaque cuvée. Cette note particulière a un effet vraiment très puissant sur le cerveau. C'est une véritable décharge d'endorphine, de dopamine et de sérotonine. Certains lui attribuent même un pouvoir aphrodisiaque... Décrire cette note n'est pas très simple... Je l'ai baptisé le "Sucah": c'est une sorte de mélange de sueur, de cannabis frais, d'urine de vache (ça ne vous parlera peut-être pas si vous ne côtoyez pas comme moi quotidiennement les vaches mais disons que c'est une odeur proche de la Heineken), de houblon, de fleurs blanches... Je suis certain que ce vin dégage des phéromones... La volatile est ici assez haute sur ce millésime mais ça ne gâche en rien mon plaisir, ça rajoute une impression de fraîcheur à l'ensemble. Sur cette cuvée ce sont des arômes envoûtants de sirop de fleurs de sureau qui dominent et j'y note pour la première fois une note d'agrumes (citron confit) très pure.

La bouche est fraîche, tendue, élancée. L'acidité est haute mais enrobée dans cette douceur qui rappelle le sirop de sureau (mais sans la moindre once de sucres). On y retrouve le houblon, un peu de pomme, les fleurs blanches, le buis, la fougère... La finale retrouve une acidité assez vive et de nouveau les agrumes et le jus de citron apparaissent dans un équilibre parfait entre acidité et amertume qui ne donne qu'une seule envie: porter de nouveau les lèvres au verre. C'est une véritable torture que de boire à petites gorgées ce breuvage bien trop rare, tant on aimerai le boire à grande lampée, plonger dans le verre et s'y noyer...

Commentaire général: Grand vin d'émotion. Vous l'aurez compris, j'ai une relation particulière avec ces vins, qui sont pour moi les plus beaux vins du monde. C'est ma drogue, et fort heureusement pour moi, je n'y ai qu'un accès très limité...

Noté : 18/20


Patrick Bouju - La Bohème 2012

On continue dans le local et on reste en Auvergne. Des vins encore un peu confidentiels, certains n'ont pas encore goûté ce qu'il fallait pour être totalement convaincus... Alors on garde ça pour nous... Les vins de Patrick font référence mais beaucoup, même habitués, les boivent trop vite. Il faut rester patient car ces vins gagnent avec le temps une profondeur intéressante.



La robe est pourpre, encore jeune, aux reflets rubis. Légèrement trouble.

Le nez est sauvage, profond, sur le cassis et la mûre, la cerise, le poivre, le réglisse, et des notes un peu fauves et fumées. A l'aération, il se complexifie de notes florales et de notes de viande crue. Déjà au nez on sent qu'on n'est pas sur un gamay de soif, qu'il y a vraiment du vin dans le verre. Ca sent la "vieille vigne" et si l'aromatique est encore jeune, on sent bien que c'est une vieille dame qui nous l'offre...

La bouche est ronde, suave, veloutée, sur la viande crue, la cerise noire, le cassis et le poivre. Est-ce le sous-sol basaltique, l'âge des vignes, les fûts qu'utilise Patrick pour l'élevage?... Je ne sais pas, mais il y a dans ces vins un caractère sauvage, animal, fumé et en même temps très minéral. Il est bu ce soir-là avec des lapins du poulailler (des fauves de Bourgogne) tués la veille et l'accord est parfait.

Commentaire général: Excellent. Cette cuvée reste, à chaque millésime que je débouche, ma cuvée préférée de Bouju. C'est un grand vin qui pourrait faire penser à certains grands crus du Beaujolais, comme celui qui suit, avec lequel il a quelques ressemblances...

Noté 16,5/20


Jules Desjourneys - Moulin à Vent 2009

J'ai déjà commenté ce vin.

Pas grand chose à rajouter à ce que j'en avais dit en 2018. Toujours aussi bon, avec un toucher de bouche toujours aussi remarquable. Il m'a semblé aromatiquement un peu plus en retrait, à moins que ce ne soit l'effet de séquence avec le Bouju qui part son côté sauvage a peut-être un peu éteint le registre fruité de ce Moulin à Vent. Ca reste un grand vin du Beaujolais.



Noté 16/20


Clos Nouveau - Bourgueil 2008

Là aussi j'ai déjà commenté ce vin ici.

Et là encore, je n'ai pas grand chose à rajouter si ce n'est que depuis ma première dégustation de ce vin il y a bientôt 3 ans, mon expérience des cabernets francs de Loire s'est considérablement étoffée et que je suis devenu un très grand amateur de ces vins.
Celui-ci reste vraiment l'un des plus grands. Il m'est apparu ici encore plus complexe que la première fois, plus charnu avec un soupçon d'évolution, quand le poivron et le végétal s'assagissent et commencent à laisser la place à des notes plus fauves et ténébreuses. Le plaisir a été très grand.



Noté 17,5/20


Antoniolo - Osso San Grato 2009

On finit la soirée par ce vin. Dur de passer après le Bourgueil...



Belle robe sombre, grenat, avec des nuances d'évolution.

Le nez est très exotique pour moi, c'est quelque chose que je n'ai pas l'habitude de rencontrer souvent. Mais c'est un superbe nez, hautement complexe, très sérieux. J'y trouve de la mûre, de la cerise kirschée, de la prune, de la figue, beaucoup d'épices, des fleurs séchées et une pointe balsamique. Malgré l'impression très mûre qui se dégage de ce nez, il reste globalement un sentiment de vin frais, apporté vraisemblablement par la touche balsamique.

En bouche, on retrouve la même complexité aromatique. Le vin est profond, la bouche dense mais portée par une trame serrée. Les tanins sont encore fermes mais ont clairement commencé à s'assagir sur ce millésime qui apparaît plutôt gourmand, presque prêt à boire. Malgré sa richesse et sa maturité, le vin reste droit, élancé, finissant sur un mélange étonnant alliant des notes aromatiques légèrement goudronnées (suie) avec une belle fraîcheur dans une matière ciselée, presque tendue. Un vin tout en contradiction qui se joue ainsi sans cesse des opposés.

Commentaire général
: Excellent. Un très beau vin de gastronomie (il se révèle vraiment à table), que certains pourraient peut-être trouver un tantinet austère mais qui de mon côté m'épate par cette grande générosité dissimulée sous un caractère d'apparence assez ferme et une droiture infaillible.

Noté 16/20


Laurence et Rémi Dufaitre - Les Grillons du Beaujo 2019

Des raisins de Nicolas Renaud, vinifiés par les Dufaitre dans le Beaujolais. Au-delà simplement du raisin, je crois qu'ils ont essayé de rester fidèles aux méthodes de vinification de Nicolas Renaud tant le vin pourrait être signé de ce dernier.



Malgré l'obscurité, on devine une robe très claire, dans les tons roses et rubis aux reflets orangés. Une robe qui me rappelle "Chemin de la Brune" de Pfifferling.

Le nez est extrêmement gourmand, ça sent la friandise! Sur des notes de petits fruits rouges, de bonbons, d'épices douces, et un gros bouquet de fleurs. Clairement un vin de l'école Pfifferling, à l'aveugle je serai parti sur l'Anglore ou Nicolas Renaud sans hésitation.

En bouche, on retrouve là aussi la patte Pfifferling. Autant dire que c'est une tuerie. Un canon de soif qui descend à une vitesse hallucinante, les verres se remplissent et se vident dans un incessant ballet, et en 5 minutes la bouteille, qui heureusement se présentait en format d'un litre, est complètement vide. On y retrouve les arômes perçus au nez, avec une touche d'agrumes en finale. C'est très frais et certains font même la remarque qu'ils n'auraient jamais pensé qu'un vin pouvait ressembler à ça...

Commentaire général
: Sacré canon! Gros effet sur le palais des amis qui retrouvent une pêche d'enfer après ce canon.

Noté 16/20


Jason Ligas - Pata Trava 2019



La robe pourrait au premier coup d'oeil évoquer celle d'un rosé de Provence, mais le disque présente des nuances orangées. C'est une robe rose saumonée légèrement cuivrée.

Le nez est frais, gourmand, fruité. Pas très exubérant mais joli et net, sur la framboise, les épices et les fruits exotiques. Un peu de melon à l'aération.

La bouche est à l'avenant, fraîche, tendue sur les arômes du nez avec une pointe acidulée sur un mélange de fraise et de citron et une finale un peu plus vineuse. Je ne me souviens plus du cépage et donc s'il s'agit d'une macération de raisins blancs ou d'un rosé, mais, à l'image de la robe, ça évoque plutôt un beau rosé provençal très bien fait.

Commentaire général: Très bon. Un parfait vin d'apéro, à boire un peu frais, quand la chaleur n'est pas encore totalement tombée, en grignotant quelques tapas.

Noté 14,5/20



Azienda Agricola Serraghia - Bianco Zibibbo 2014

Un vin qu'on avait déjà bu l'an dernier. Ca n'a pas bougé d'un iota, toujours aussi incroyable. Je reproduis le CR de l'an dernier. Juste deux petites nuances:
- la volatile m'est apparue moins perceptible cette fois ci
- il y a eu un moment pendant la dégustation (n'ayant qu'un verre chacun on l'a fait durer le plus longtemps possible histoire d'en profiter un maximum) où le nez du vin était totalement dominé par un arôme très précis de thym sauvage (serpolet). Ca a du durer une dizaine de minutes avant de rebasculer sur le pamplemousse et les fruits exotiques. Je n'avais pas souvenir que le vin était aussi rapidement changeant dans le verre (mais en offrant toujours un visage particulièrement séducteur).
Bref, le vin était peut-être encore meilleur que l'an dernier.



La robe est étonnante, orange claire, très trouble, avec de la matière dedans! Le fond de bouteille est même épais. Une robe qui évoque celles de certaines bières blanches.

Whaou! Le nez est explosif. C'est superbe, et d'une complexité folle. Il y a de la volatile c'est certain, mais l'expressivité des arômes emporte tout. On passerait des heures le nez dans le verre: fruits exotiques, litchi, écorce d'orange, bergamote, abricots secs, miel, épices douces et fleurs (rose). Rien que ça! Juste ENORME.

En bouche, là aussi, l'intensité aromatique est stupéfiante. Quelle claque! Le vin présente une énergie folle, une grosse puissance aromatique sans manquer de finesse et de fraîcheur (le vin est désaltérant et se prête magnifiquement à cet apéro estival). La finale est interminable et on réactive tous les arômes en bouche dès qu'on resalive.

Commentaire général
: Superbe. C'est divin. Je suis décidément de plus en plus un adepte intégral de ces superbes vins d'émotion.

Noté 18/20


Pierre Beauger - Ah oui, vraiment une très très très très bonne idée... 2016

C'est un pinot gris de macération. Pour moi, le plus beau de tous. Et si je n'ai jamais eu de coups de coeur pour un pinot gris en pressurage direct, la macération révèle totalement ce cépage et on peut se demander si ce cépage a bien sa place dans les cépages "blancs", surtout quand il pousse comme ici dans la Toscane auvergnate où il apparaît bien aléatoire, lorsqu'il est à maturité, de prétendre qu'il s'agit d'un raisin blanc...



La robe est incroyable. Orange très vif, intense, presque fluo quand on passe le verre devant une source de lumière. On croirait vraiment avoir du jus de pamplemousse dans le verre.

Le nez est sublime. On retrouve cette base aromatique commune aux vins blancs de Pierre, avec cette note enivrante de "SUCAH" (sueur, urine de vache, cannabis, houblon) comme sur le sauvignon. Mais là où le sauvignon apportait des arômes de fleurs de sureau et de citron, ce pinot gris révèle des notes complexes de pamplemousse et d'épices orientales (on croirait déambuler dans un souk à Marrakech, avec des montagnes d'épices de toutes les couleurs...). On pourrait faire un parfum de ce bouquet dans on ne se lasse pas de son harmonie et de sa sensualité.

La bouche est fraîche, souple, très harmonieuse. Là aussi on peut penser au jus de pamplemousse dans cette alliance entre acidité et tension d'une part et rondeur et douceur d'autre part. Si beaucoup de pinots gris de macération issus d'une vinification naturelle présentent souvent une forte volatile, celui-ci est exempt de tout défaut: on peut le boire directement après débouchage ou le lendemain, il reste toujours le même. Un vin d'une grande gourmandise, terriblement addictif, qu'il faudra que je tente un jour sur un tajine.

Commentaire général: Superbe. Je suis totalement accroc à ce breuvage.

Noté 19/20


Maxim Lannay - Ploussy Riot 2018



La robe est rubis, assez claire, aux nuances vieux rose.

Le nez est frais, très fruité, sur les petits fruits rouges (framboise, fraise des bois) et les épices douces, avec ce petit côté animal typique du ploussard, mais qui n'est pas dominant ici. On peut tout au plus lui trouver une petite note sauvage, mais ça pourrait tout aussi bien être du gamay.

La bouche est très gourmande, offrant un vin souple, sur les arômes du nez (petits fruits rouges et épices) additionnés de grenadine. C'est fluide, ça se boit dangereusement vite, mais ce n'est pas léger pour autant. La bouche est juteuse avec une belle finale très jurassienne sur les notes fauves, la grenadine et un côté souffré.

Commentaire général: Excellent. Je me dis de plus en plus souvent: et si le ploussard était vraiment LE cépage dédié aux canons de copains? Ces vins se boivent avec une facilité étonnante, font systématiquement l'unanimité, et les vinifications naturelles leur donnent de la complexité, renforçant ses typicités animales et adoucissant une acidité sinon trop vive, sur les notes primaires du cépage. Le seul défaut de cette cuvée c'est son nom... Mais quand est-ce que les vignerons nature vont cesser avec ces jeux de mots foireux, on se croirait au concours du nom le plus ringard de salon de coiffure... Surtout que là, la référence, elle est pas glorieuse...

Noté 15,5/20



La cave à Janot - Myriam 2018


Janot est un vigneron à part, à l'ancienne. C'est un vigneron "de village", enraciné, qui fait d'abord du vin pour ses amis et voisins, vin qu'il vend à des prix ridicules. Rien que pour ça, c'est un vigneron précieux. Vous ne verrez pas ses bouteilles dans les bars chics et tendance, vous pourrez éventuellement les acheter dans 2 ou 3 magasins de producteurs bio d'Auvergne, à côté des pots de miel et des confitures de mûre... Mais le meilleur moyen de découvrir ses vins, c'est de se rendre le vendredi soir au marché de producteurs bio de Moissat à côté de Clermont-Ferrand. Car oui, Janot vend son vin en direct, sur le marché, toute l'année. Vous pourrez discuter avec lui, et goûter sa gamme. Et quand je parle de goûter, on n'est pas ici sur un fond de verre servi avec le crachoir! Il vous en servira plus que vous n'en achèterez, et il faudra prévoir quelqu'un pour vous ramener la voiture!

J'ai ouvert ici sa cuvée de chardonnay. J'avais besoin d'un peu de vin blanc pour la cuisson des lapins en cocotte. Ca c'était le prétexte...



La robe est jaune paille, assez claire, aux reflets légèrement dorés.

La nez est archétypique d'un chardonnay d'Auvergne. Pas beaucoup de surprises avec les vins de Janot: ils sont exactement ce qu'ils sont censés être. C'est un nez frais, jeune, sur les agrumes, les fleurs blanches et la noisette.

La bouche est vive, tendue par une acidité traçante mais avec un petit gras, lié à l'élevage, qui l'arrondit et l'adoucit quelque peu. On retrouve la noisette et les agrumes auxquels se rajoute des notes de pêches de vigne et de poire. A boire un peu frais à l'apéro.

Commentaire général: Sympa. On n'est pas sur un grand vin, mais ce n'est pas ce qu'il prétend être. Après la série sur laquelle on est, on retombe sensiblement et les amis ne semblent pas trop apprécier mais je leur donne le prix de la bouteille et j'essaie de les sensibiliser à la simplicité de ce vin de paysan, honnêtement fait.

Noté 13/20


Jean Maupertuis - Puy Long 2019

C'est un autre Jean. Avec Maupertuis, on reste en Auvergne sur un vin de paysan, fait honnêtement et simplement. Même cépage que précédemment. La différence ici, c'est qu'on bascule sur des vinifications naturelles. Les vins y gagnent en pureté, en élégance, en émotion. Mais Jean, tout comme Janot, ne fait partie de ces vignerons à grosse tête qui vendent hors de prix leurs canons à des hipsters qui s'intéressent au vin naturel en tant que phénomène de mode... Les prix restent très raisonnables compte tenu de la qualité et de la rareté des flacons. Merci à ces artisans de produire des vins vraiment faits pour être bu.



La robe est ce coup ci clairement dorée, profonde et intense, nettement plus mûre que celle du vin précédent.

Le nez est à l'avenant, riche, profond, complexe. On est plus proche d'un grand chardo de gastronomie bourguignon que du chardo d'apéro auvergnat. On y trouve des fleurs, des fruits à chair blanche, de la pêche, des fruits secs et de la vanille. Etonnant, je gardais le souvenir d'une cuvée plus fraîche et légère. Effet millésime?

En bouche, je retrouve cette impression surprenante de gras, de richesse, parfaitement dosé. L'équilibre est bien là, le vin gardant la fraîcheur et la tension nécessaire, mais avec indéniablement plus de fond et de matière que le vin précédent. La finale est longue et salivante et appelle un fromage.

Commentaire général: Très bon. Ca faisait longtemps que je n'avais pas bu cette cuvée et j'en gardais le souvenir d'un chardo plus léger. On a ici à faire à un très beau vin de gastronomie, étonnant de complexité.

Noté 15/20


Nicolas Renaud - Calcaires 2018



J'ai déjà commenté ce vin ici. Je n'ai pas un mot à changer à mon commentaire d'alors, le vin n'a pas bougé d'un iota.

Noté 16/20


Les vignes de Babass - La Navine 2018



La robe est dorée intense, presque ambrée dans le disque.

Waouh! Quel nez! Ca envoie du lourd. Aucun doute possible sur le cépage dès que le nez passe au-dessus du verre: il y a du coing dans tous ses états (confiture, pâte, compote...). On est là sur un chenin puissant, complété de notes d'abricot sec, de brioche, de foin, de noix, de miel, de raisin de Corinthe. C'est de grande complexité. J'y trouve également un petit côté presque pétrolé, et ce vin semblerait avoir une lointaine parenté avec un grand Riesling à maturité...

La bouche est volumineuse, riche, ample et profonde. Le vin est onctueux, avec une petite impression de sucres résiduels, et une grosse matière. On retrouve la complexité aromatique du nez, avec le miel et une petite note fumée en plus. Un peu d'acidité et de fraîcheur en finale équilibre l'ensemble. C'est délicieux, mais à ne pas mettre dans des gosiers non avertis!

Commentaire général: Excellent. Un très très beau chenin...

Noté 16/20



Hubert et Heidi Hausherr - Au bout du sentier 2008

J'avais découvert ce vin au petit salon de Glaine Montaigut. Ca avait été un grand coup de coeur: rare de tomber ainsi sur de grands rieslings à maturité.



La robe est dorée intense, de l'or liquide.

Le nez est explosif, mûr, très pétrolé et marqué par une forte minéralité (silex, pierre à fusil). Pour ceux qui veulent découvrir ce qu'est un Riesling "pétrolé", on a là un exemple parfait, comme on en rencontre rarement. L'aération révèle des notes d'épices, de cire, d'encaustique, et un côté légèrement tourbé et fumé qui pourrait rappeler vaguement un bon whisky, avec une impression malgré tout de fraîcheur qui allège le tout. On pourrai peut-être aussi évoquer une petite sensation oxydative, avec des notes de fruits secs. J'y trouve une touche de compote de coings signant une parenté avec le vin précédent, et on pourrait presque y deviner une note de citron confit.

La bouche est ample, concentrée, de gros volume. C'est riche mais on retrouve en même temps cette impression de fraîcheur et cette acidité qui tendent le vin. L'équilibre est magistral. Les arômes du nez se retrouvent en bouche avec une impression toutefois un peu plus fruitée. La finale est interminable sur des notes fumées/citronnées.

Commentaire général: Grand vin. Voici un grand Riesling à maturité, vendu qui plus est à un prix défiant toute concurrence. Idéal pour ceux qui ne connaissent pas encore bien ce cépage, LE vrai grand cépage alsacien. C'est ici un vin de grande classe, un vin de gastronomie renversant qui risque de défriser la permanente de tatie Martine à votre prochain repas familial.

Noté 17/20



Romuald Valot - Chrysalide 2018

J'avais commenté ce vin il y a 2 ans directement après sa sortie. Il me restait 2 bouteilles que j'avais "oublié" de boire... J'ai profité d'une fin de soirée où on avait pourtant déjà ouvert beaucoup de bouteilles pour voir si ce primeur sans aucune protection (je crois que ces cuvées affichent les taux de sulfites les plus bas détectés) pouvait résister à l'épreuve du temps...



Et la réponse est oui!

Le vin n'a pas bougé. J'y retrouve ce délicieux côté pâtissier, évoquant la madeleine fourrée à la cerise. C'est hyper glou-glou, la bouteille descend à toute vitesse. Même pas le temps de faire une mène de pétanque!

Je vous renvoie à mon précédent compte rendu.

Noté 15/20


L'épicurieux - Primitif 2019

La bouteille précédente ne faisant pas un pli, on enchaîne sur un autre primeur. De 2019 cette fois.



La robe est rubis-pourpre assez claire.

Le nez est fruité, sur des arômes primaires de cerise et de fraise. On trouve également une petite touche poivrée très variétale. Peu de complexité, mais très plaisant, et exactement ce à quoi je m'attendais.

La bouche est fraîche et gourmande. On retrouve le côté très "primaire" de ce vin, avec des arômes de cerise et de petits fruits rouges frais, mais l'acidité n'est pas trop prononcée ce qui en fait un vin avec un peu plus de fond et de rondeur qu'un habituel Beaujolais Nouveau. La finale est courte mais c'est pas ce qu'on attend d'un tel vin. On attend de la gourmandise, de la buvabilité, de la fraîcheur et on trouve tout ça dans ce vin.

Commentaire général: Bon primeur. Bien fait, très agréable, sans défaut, très classique, mais aussi sans surprise... Il lui manque un petit quelque chose, une petite folie, une originalité, que le vin de Romuald Valot possédait.

Noté 13,5/20


Domaine Les Roches - Chinon 2008

J'ai récemment commenté ce millésime, ici.



Pas grand chose à rajouter. Je m'étais promis d'attendre mes prochaines bouteilles, mais je n'ai pas pu résister au plaisir de faire découvrir le domaine à mes amis.
Il m'est apparu cette fois ci moins jeune qu'en septembre 2019 (bon, il l'était effectivement), plus harmonieux et encore meilleur.

Décidément un grand vin.

Noté 17/20


Guigal - Saint-Joseph, Vignes de l'Hospice 2006



La robe est pourpre, sombre, sans traces d'évolution.

Très beau nez septentrional, mêlant cassis, mûre, poivre, épices, et une touche florale sur la violette. L'élevage est très appuyé, "à la Guigal", mais il commence à bien s'intégrer, révélant les avantages d'une telle vinification (je suis ni pour ni contre, il faut juste que ce soit bon, et ici ça l'est).

En bouche, on trouve donc les caractéristiques d'un gros élevage parfaitement maîtrisé: matière fondue et particulièrement soyeuse, rondeur vanillée, toucher de velours, notes grillées et légèrement toastées. L'aromatique est là aussi archétypique sur le cassis, le poivre et la violette. Gros volume en bouche, un vin avec de la mâche et de la profondeur. Très belle longueur en finale.



Commentaire général: Excellent. C'est de toute évidence un très grand Saint Joseph, qui surclasserait sans souci bien des Côtes Rôties. On peut dire tout le mal qu'on veut de "l'industrie" Guigal, les cuvées parcellaires restent une valeur sûre. J'ai rarement bu des Saint Joseph d'une telle profondeur.

Noté 16/20


Château Haut Bailly 1988



La robe est sombre, grenat, montrant des traces d'évolution, mais on ne lui donnerait sûrement pas 32 ans!

Très beau nez, très typé Graves, avec des notes de suie et de fumée froide, de petrichor, de chocolat, de cassis et de violette. Contrairement au 1978 bu récemment, le vin n'est pas dominé par son côté tertiaire mais présente encore un beau fruit (cassis donc, mais aussi mûre), complexifié simplement de notes de sous-bois.

Très belle matière en bouche, veloutée, souple, sans la verdeur de nombre de vins du millésime, que j'apprécie néanmoins particulièrement. On retrouve là le charme particulier et la délicatesse de Haut Bailly, avec un vin qui n'est pas démonstratif, fin, avec de superbes tanins parfaitement intégrés, de très beaux amers en finale et beaucoup de fraîcheur malgré une aromatique caractéristique portée par ces notes de fumée. Très belle longueur, qui là encore ne s'impose pas par la force, mais s'affirme tranquillement, par une discrète persévérance.

Commentaire général: Excellent. C'est un très beau vin, avec de la classe, d'un équilibre remarquable. On pourrait le penser éternel, figé comme cela dans un fruit indémodable complexifié de notes d'humus et de fumée. Encore une fois, ce château ne me déçoit pas, rivalise avec les plus grands, et représente toujours un très intéressant rapport qualité/prix. A conseiller.

Noté 16,5/20


Château Roc de Cambes 1998



La robe est très sombre, grenat aux nuances d'évolution sur le café léger.

Très beau nez, dans lequel on retrouve là aussi les marqueurs du domaine. On y trouve un panier de fruits noirs, des notes de chocolat, de caramel et de tabac et ces arômes torréfiés caractéristiques (de mon expérience en tout cas) évoquant le bois rétifié. Un nez qui n'est pas de gros volume, contrairement à d'autres millésimes du domaine, mais toujours aussi séduisant et évident.

La bouche est magnifique, suave et charnue, réussisant ce mariage parfait entre une aromatique décadente et évoluée (bien que sur ce millésime le fruit est bien présent) et une fraîcheur sous-jascente qui lui donne les atours de la jeunesse. Le vin gagne en ampleur sur la finale qui s'étire interminablement. C'est grand.

Commentaire général: Superbe! C'est un grand vin qui ce soir là surclasse un Haut Bailly pourtant très fringuant. Mais c'est un vin directement plus gourmand, très séducteur par sa suavité et la finesse de ses tanins. Décidément, quel vinificateur il y a là! Je nuance toutefois en précisant que j'ai préféré davantage encore le 1997 bu récemment, qui, sur un millésime pourtant réputé plus faible, était encore plus impressionnant.

Noté 17/20


Château Leoville Las Cases 1975

Dernier rouge de la soirée. J'avais un peu peur que derrière le charme immédiat du Cambes, il ne paraisse un brin austère. Il n'en fût rien.



La robe est là aussi bien sombre, d'un grenat foncé, aux reflets évolués sur des tons plus clairs que le Cambes.

Le nez est moins immédiatement séducteur, mais révèle à l'aération une profondeur impressionnante. Sur des notes de cassis, de pierre à fusil, de cèdre, d'encre. C'est droit, sérieux, un poil strict, mais quelle jeunesse!

La bouche est dans le même ton, d'une jeunesse et d'une intensité impressionnantes. Grand vin sur un millésime qui a produit des vins assez durs et austères. Alors il n'est pas voluptueux certes, peut-être même un peu sec en finale, mais il révèle une profondeur sensationnelle. On se demanderait même si il est prêt à boire et si il ne faudrait pas l'attendre encore davantage. On retrouve le cassis, le poivre, la pierre à fusil et le cèdre. Le fond de verre sent délicieusement la mûre. Grosse fraîcheur sur une finale interminable. Quel vin!



Commentaire général: Grand vin. C'est très beau, dans un style sérieux. On n'est pas sur un vin charmeur, mais sur un vin d'une froide beauté, presque intimidant, qui me rappelle la Ginevra de De Vinci...

Noté 17,5/20



Clovis Lefevre - Vouvray 1959

On finit cette incroyable soirée de dégustation par une petite douceur...



Superbe robe d'un étincelant viel or.

Le nez est fascinant, et d'une complexité folle. A l'aveugle, impossible de donner 61 ans à un tel vin, tant le nez impressionne par sa fraîcheur. Sur la confiture d'abricot, la mirabelle, la mangue, le miel de framboisier, quelques discrètes notes terpéniques et une touche de café vert, puis bien évidemment la pâte de coings qui signe l'origine du vin et permet à tout le monde d'identifier le cépage. On reste longtemps le nez au-dessus du verre, en silence...

La bouche est là encore impressionnante de fraîcheur et de vivacité. Le sucre est discret et parfaitement digeste, et même ceux qui ne sont pas portés sur les moelleux se régalent. La complexité en bouche est folle sur les arômes du nez avec quelques épices douces en plus. Vraiment bluffant!

Commentaire général: Superbe! Pour être honnête, j'en attendais pas tant en ouvrant cette bouteille. Là je suis sur le cul, c'est mon plus beau liquoreux de l'année et vraiment, je crois que dans la famille des liquoreux, mes plus grandes émotions m'ont été procurées par le chenin!

Noté 17,5/20


Valentin Vallès - Voilà 2015

Bon c'est après l'incroyable soirée précédente que s'arrête pour la plupart cette série de dégustations. C'est l'heure des séparations avant les prochaines retrouvailles. Pour ceux qui restent encore un jour de plus, on boira tranquillement deux nouvelles bouteilles.



La robe est pourpre, assez claire, aux reflets rubis, voire vieux rose.

Le nez, très animal au départ, dominé par des notes des fourrure et un petit côté fumé, finit par s'ouvrir sur une gamme aromatique plus typée syrah, mais une syrah "nature". On y trouve donc des notes de myrtille, de poivre blanc, de sirop de violette, avec toujours la persistance de notes fauves.

La bouche est ronde, agréable. C'est plutôt frais mais avec de la mâche, sur les aôrmes perçus au nez et toujours la signature de ce côté sauvage. La finale est fraîche, tendue, avec quelques noytes d'herbes aromatiques.

Commentaire général: Très bon. Ca m'évoque une syrah de Stephan (l'ancienne cuvée "Plaine de Condrieu"). Très typé nature au départ, avec un côté clairement animal, le vin devient quelque peu plus consensuel après 1/4 d'heure d'ouverture. Un beau canon sauvage.

Noté 14,5/20
#18
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Stalker a répondu au sujet : Le temps des copains - saison 2

Il manquait la place pour le dernier CR. Le voici donc:

La Sorga - La Roumanie tout court 2012



La robe est pourpre soutenue avec peu de traces d'évolution dans le disque.

Le nez est là aussi très typé nature, avec un côté un peu sauvage. Mais les fruits s'imposent beaucoup plus rapidement, avec notamment du raisin pressé, de la grenade, pas mal de cerise, de fraises cuites, de mûre et une panoplie de notes épicées. L'impression générale est assez fraîche même si on sent qu'il y aura de la matière en bouche.

En bouche le vin est très charmeur, avec de la sêve, de la rondeur tout en étant porté par une acidité assez élevée et une belle fraîcheur en finale sur le jus de grenade. C'est la définition même du canon de copains qui se boit sans soif avec trop de facilité...

Commentaire général: Très bon. Ca fait pâs longremps que je me suis décidé à acheter (et boire) les vins de ce domaine et jusqu'à présent je n'ai pas encore déçu. A acheter par caisse de 6 et à ouvrir à la moindre occasion.

Noté 15/20


Conclusion

Et voilà, c'est fini. De très belles bouteilles cette année, avec un mélange de classiques et de nouveau, voire d'aventureux! La seule réelle déception fût le Dagueneau, mais toutes les bouteilles nous ont donné du plaisir. Des moments de receuillement avec les Beauger, Bini, le Pissenlits, le Vouvray 59.... Et des moments d'admiration avec le Guigal 91, le Clos Nouveau, le Las Cases, le Cambes, le Peyre Rose, les Vacqueyras... Le tout ponctué de canons de copains hyper festifs (Les Grillons du Beaujo, le Ploussy Riot, etc...).

Bref, une semaine de vacances bien arrosée, riche en découvertes, et d'une diversité d'arômes incroyable qui resteront longtemps marqués dans la mémoire de nos palais reconnaissants.

artdeboire.blogspot....
#19
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dt a répondu au sujet : Le temps des copains - saison 2

Merci pour les CR. Le problème pour beaucoup de vins, c'est que sans indication autre que le nom du domaine et le millésime, on ne sait pas d'où vient le vin (ni le cépage) ...

Denis
#20

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Julien MICHEL a répondu au sujet : Le temps des copains

Ahhh les vins de Pierre Beauger....oo,
J’adore oo,
Par contre Pissenlits ça attise la curiosité..
#21

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