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Ce soir, on boit du Gevrey !

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Ce soir, on boit du Gevrey ! a été créé par No Sport

Voici le compte rendu d’une belle soirée d’un petit cercle « LPV par le cœur » à défaut de l’être officiellement sur le forum.
En effet, par malchance, malgré mes clins d’œil réguliers, mes camarades et amis ne sont pas des contributeurs de LPV, seulement – et c’est déjà pas mal - des hédonistes patentés, donc peu d’espoir de voir apparaitre un cercle LPV « des bords de l’Yerres » qui aurait pu rivaliser (voire fusionner) avec le cercle de Michel des bords de l’Yvette.
Autre conséquence, plus dommageable pour moi, je suis condamné à rédiger tous les comptes rendus pour en conserver une trace (la vie est cruelle).
Mais, no matter, cela n’empêche pas d’organiser de temps en temps des séances viniques mémorables et pour cette fois, ce fut une séance Gevrey-Chambertin :

Domaine Jean-Michel Guillon – Gevrey-Chambertin « Les Crais » 2014

Il est des vignerons peu connus parmi les dégustateurs mais célèbres sur leur commune et parmi leurs pairs (très impliqué dans la mise en valeur de l’appellation). Le fils Alexis a récemment repris.
Robe rubis profond, moyennement extrait, le nez affiche un panier frais de fruits rouges (groseille, cerise, framboise) et une expression douce de vanille. La bouche est construite sur une trame fraiche exaltant les fruits rouges dans une expression fine et franche. Le boisé n’écrase pas le vin mais l’acidité nette, assez représentative du millésime, perturbe le plaisir. À voir si le temps permettra de gommer cet inconvénient.



Albert Bichot – Gevrey Chambertin 2006

Un des principaux négociants beaunois avec des parcelles en pleine propriété également (Domaine du Pavillon, Domaine du Clos Frantin, Château de Dracy…). Tourné vers l’international.
Robe presque grenat, jus très extrait, bords translucides mais peu d’autres traces d’évolution. Nez boisé qui domine au départ, fruits noirs compotés (mûre, cassis) ensuite, puis cerise, mousse, humus. Tannins poudrés, le vin est à boire, déjà sur la pente descendante (structure évanescente, finale courte) mais l’expression du fruit est agréable et le vin conserve des atouts.



Bouchard Père et Fils – Gevrey Chambertin 2015

On ne présente plus Bouchard Père et Fils (à ne pas confondre avec Bouchard Ainé et Jean Bouchard).
Parfois, la sensation d’un jour n’est pas celle du lendemain. J’avais déjà commenté cette bouteille prise isolément, sur le fil dédié et j’en avais alors dit du bien. Peut-être, si je l’avais reprise isolément, en étant d’humeur guillerette et distraite, l’aurais-je à nouveau commenté aussi favorablement. Sans doute, car le vin glisse bien malgré tout.
Mais, cette soirée-là, il y a eu d’autres bouteilles pour étalonner le jugement et ce jus très boisé, grillé, vanillé, avec ses arômes de fruits noirs compotés à la définition indécise a paru radicalement facile, consensuel, fardé et maquillé.
Au surplus, la perception au bout de quelques poignées de minutes des arômes de caramel et de plastique brûlé, fort peu avenants, ont parachevé la déception. Problème de bouteille peut-être.



Domaine Harmand-Geoffroy – Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes 2012

On ne présente plus le domaine, largement commenté sur le forum.
Robe rubis sombre, nez expressif sur la cerise noire, la mûre et le cassis, l’humus, quelques flaveurs florales : l’ensemble est très avenant. En bouche, le jus est équilibré, modérément ample, sur de fins amers et en exprimant toujours une expression franche, croquante et mûre des fruits perçus au nez. Longueur moyenne. À maturité.
Pas renversant mais très agréable et abouti : au final, un joli « Village », le meilleur de la série, à mon goût.



Domaine Gérard Séguin – Gevrey-Chambertin 1er cru Craipillot 2015

Comme Jean-Michel Guillon et pour les mêmes raisons, Gérard Séguin est davantage connu sur la commune et parmi ses pairs. Le fils Jérôme assure la relève. Pionnier des portegreffe américains et à rebours des tendances car partisan des produits phytosanitaires et d’un désherbage total des vignes.
Robe rubis un peu sombre, brillante. Nez sur un panier de fruits rouges et noirs confiturés, épices, croûte de pain. Bouche à l’avenant sur une trame fraiche et réglissée. Tannins encore un peu serrés. Du volume, de la densité, de la longueur, de la fraicheur, un palier est nettement franchi après la série des villages et la mention 1er cru n’est pas usurpée. Mérite encore un peu de garde à mon sens avant l’optimum. Meilleur rapport Q/P de la série à l’unanimité des convives.



Dominique Laurent – Gevrey Chambertin 1er cru Les Corbeaux 2013 – Cuvée tradition

Comme Harmand-Geoffroy, on ne présente plus ce négociant-éleveur qui a la réputation de beaucoup boiser ses vins sans pour autant que le fruit disparaisse (magic casks).
Ici, le boisé est effectivement présent, fin mais envahissant et malheureusement la matière a paru un peu fluette (millésime probablement) pour dompter l’animal fougueux. Résultat : une sensation un peu dissociée avec un fruit noir avenant et profond et une ambiance d’atelier de menuiserie qui en s’accordaient pas correctement. Peut-être le temps finira par harmoniser l’ensemble.



Domaine Michel Magnien – Gevrey Chambertin 1er cru les Cazetiers 2009

Frédéric Magnien vinifie les raisins du domaine familial et a eu un temps la réputation de sur-extraire (aujourd’hui, il utilise des jarres). Clive Coates écrivait en 2008 que les vins du domaine étaient séducteurs dans leur jeunesse mais ne vieillissaient pas avec dignité.
On ne saurait être aussi sévère avec ce vin même si je comprends aujourd’hui qu’on puisse porter ce genre d’appréciation : flaveurs de fruits noirs compotés, boisé grillé et vanillé, pas de doute, le nez évoque un vin moderne. En bouche, le vin est charnu, intense, les tanins sont poudrés et il y a de la mâche, pas de doute, le vin est nettement extrait.
Au global, le vin est bon à très bon, dans un style mondialisé des années 2000 mais je regrette que le terroir soit quelque peu en retrait.



David Duband – Charmes Chambertin 2008

Je portais de l’espoir dans ce flacon mais il est allé largement au-delà de mes attentes.
Grosse claque que je ne saurais commenter correctement : tout y était, de la structure, de l’allonge, de l’ampleur, une folle complexité, une fraicheur qui vivifie l’ensemble sans le dénaturer (une magnifique interprétation du millésime 2008 si décrié).
Mon expérience des grands à très grands bourgognes est relativement limitée à ce jour mais ce Charmes se hisse sans difficulté dans le tiercé de tête. Grand vin !


***

En conclusion, une soirée qui aura vu le Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes 2012 d’Harmand-Geoffroy dominer les villages, le Gevrey-Chambertin 1er cru Craipillot 2015 de Gérard Séguin, dépasser les 1er crus et enfin le Charmes Chambertin 2008 de David Duband exploser les référentiels.

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27 Juil 2020 16:30 #1

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Ce soir, on boit du Gevrey !

Déjà bu l'Harmand-Geoffroy VV 2012 et c'était bon.
Stéphane
27 Juil 2020 17:15 #2

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Réponse de No Sport sur le sujet Ce soir, on boit du Gevrey !

indeed !
Btw, je me rends compte que mes photos sont un peu penchées et approximatives (pas de surprise, elles ont été réalisées à la fin, après le digestif que je n'ai pas commenté... :whistle: ).
27 Juil 2020 17:44 #3

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