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De la complexité dans le vin...

Envoyé par nidal 
Re: De la complexité dans le vin...
mercredi 23 août 2006 18:37:35
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Il y a même des vins qu'on trouve boisés alors qu'ils n'ont vu que le béton. Par exemple les Côteaux du Languedoc de Marlène Soria. Certains cépages aux goûts "sauvages" (et sans doute des vinification entières avec raffles) peuvent apparemment faire penser à du boisé.
D'une manière générale, tout ce qui est dissocié dans la perception d'une bouche est un défaut. Il y a des acidités redoutables qui, en étant "dans" le vin passent parfaitement, alors qu'une petite touche d'acidification artificielle (tartriqué) est insupportable. Quand je perçois un vin par "paliers" (l'alcool, puis l'acidité, puis l'amertume, puis le bois, dans n'importe quel ordre) c'est que je n'aime pas vraiment ce vin. Quand tout est "fondu", no problem. Et finalement on n'a alors pas à se poser la question de savoir si tel ou tel arôme vient de l'élevage ou du sol, ou du cépage...

Philippe
Re: De la complexité dans le vin...
mercredi 23 août 2006 19:35:12
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pas de bois neuf dans jadis... et nous sommes quelques uns à penser que s'il abandonnait totalement ses fûts pour des foudres....

pas le temps de lire le reste

et puis Philippe B. le dit si bien
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 24 août 2006 18:05:56
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ça discute bien finalement.

"Comme l'a rappelé Philippe, le premier apport du fut neuf reste bien l'oxygenation et non le boisage, cette oxygenation étant plus forte en futs neufs car l'echange se fait moins avec des futs vieux."

cette part c'est l'élevage. A partir d'un très beau raisin il y a tant de choix pour le vigneron que le vin obtenu par plusieurs vignerons sera différent. En plus comme toujours quand on parle de vin on se retrouve avec Bordeaux en filigrane. De très grands grenaches sont produits en foudres (de bois... je suis pro bois), des Barolo également. Et à Chablis on prouve que de grands chardonnays peuvent voir le jour sans batonnage/fûts neufs). Les cépages alsaciens n'ont pas besoin d'élevage en fûts, le chenin j'ai des doutes. Le cabernet Sauvignon en a sans doute besoin mais Bel-Air-Marquis-D'Aligre continue à être élevé sans barriques. Si on ne recherche que l'échange avec l'air et aussi un "polissage" des tanins effectivement la barrique est utile et personne ne nie que l'élevage en barrique soit bon pour le pinot noir également. La barrique neuve ne me semble pas indispensable du tout et qqs domaines le prouvent.

Vinif et élevage ce sont des choix : remontage ou pigeage, combien de fois, comment ; soutirages, combien, quand, comment ; choix du contenant pour l'élevage, taille, essence du bois (malheureusement pour l'instant le ch^ne a une position monopolistique ; élevage avec ou sans SO2, durée de cet élevage etc etc etc

Ca c'est le travail d'élevage. Comment certains domaines parviennent-ils à produire des vins sans perception de boisé alors que d'autres non ? Je crois que c'est un choix. Quand on choisit la barrique en fonction du goût qu'elle va donner au vin c'est une forme d'aromatisation. Sinon on cherchera la barrique qui marque le moins possible le vin et on maîtrisera l'élevage dans ce sens (c'est à dire contrairement à ce que certains sous-entendent un élevage long).

Alors oui à l'élevage, à l'affinage, au peaufinage, au polissage...
mais chercher à ajouter des parfums à un vin au moyen de la barrique c'est une aromatisation comparable à l'ajout de copeaux (pratique à laquelle je ne suis pas opposée.)

Utiliser des levures sélectionnées afin d'exacerber voire de créer des arômes choisis... c'est une aromatisation.

Avant tout c'est une volonté de coller au goût du public, et nombre de buveurs de vins sont rassurés par ce goût : c'est facilement identifiable et plus ou moins consciemment associé à "qualité" (alors qu'il y a qqs décennies c'était l'inverse). Et puis quand on s'est fait le goût avec ces vins on s'y retrouve.

La grande majorité des gens ne parvient plus à boire un lait fraichement sorti du pis d'une vache qui a brouté les prairies d'alpage et préférera un vin U.H.T.. Et pourtant aucun doute : le vrai, bon, et à rechercher c'est le lait frais. Peut-être faut-il réapprendre à l'aimer et à le comprendre.

On apprend malgré nous à aimer des choses édulcorées, plus faciles, plus évidentes moins typées... et le vin n'échappe pas à la règle.
Alors comme dans un débat sur un domaine de GAillac je préfère des "produits" avec leur type, leurs caractéristiques et peut être leurs défauts que des produits qui se ressemblent et qui cherchent avant tout à coller à la demande. Alors que c'est à nous à nous "adapter" (la comprendre et l'aider peut-être à progresser mais dans sa spécificité) à l'offre et à préserver la diversité.

La Roumanie est un extraordinaire vivier de cépages anciens et inconnus ailleurs. Et de grands investisseurs français vont aller y planter des milliers d'hectares de chardonnay et de cabernet (s)... ça me désespère.
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 24 août 2006 18:22:47
Vincent a écrit " je préfère des "produits" avec leur type, leurs caractéristiques et peut être leurs défauts que des produits qui se ressemblent et qui cherchent avant tout à coller à la demande"

Je croyais que c'était moi qui considérais le vin comme un produit, d'après tes dires, alors toi aussi, tu t'y mets!!!winking smiley

Si tu avais pris soin de présenter tes charges contre les barriques, en faisant l'introduction que tu viens de faire dans ton dernier message, il y aurait eu moins de polémiques (mais ce n'est peut-être pas le but recherché).winking smiley
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 24 août 2006 19:13:33
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y a pas eu de polémiques (un peu au débutwinking smiley)... ça a discuté.

produits = saucisson, jambon, lait, vin, yaourts, fromages etc etc etc il faut bien un mot générique
Re: De la complexité dans le vin...
vendredi 25 août 2006 16:53:25
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Oui une discussion un chouia polemique ne fait pas de mal et enrichit ses participants. C'est le but de LPV !

Dominique
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 10 septembre 2006 10:56:51
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A mon sens , la complexité d'un vin est irréductible à la multiplicité de ses éléments constitutifs (arômes , saveurs , grain ...) et à la diversité de leurs relations . Ces caractères objectifs sont nécessaires mais pas suffisants pour la définir .

Un vin est d'autant plus complexe que les mots manquent pour aller jusqu'au bout de sa description . En ce sens la complexité est subjective . Elle dépend de la faculté d'analyse ... et chacun à ses limites .

Pour pallier ces difficultés , des métaphores artistiques peuvent être choisies . Elles suscitent l'adhésion ou le blâme . Utilisées à bon escient , elles contribuent à enrichir le partage .

J'ai un souvenir très singulier avec une bouteille de Latour 1958 . Ce flacon particulier a offert sur 30 minutes un film accéléré de sa vie ; de sa jeunesse à sa mort sans oublier une seule étape . Ce temps de vie rétracté va au-delà de toute analyse , il procure d'intenses émotions , il me laisse sans voix .
Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 11 septembre 2006 14:28:46
Oui, en effet, la complexité du vin conduit à des situations indicibles, et ceci n'est pas en totale contradiction avec la prise de parole que permet un tel forum ...
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 14 septembre 2006 12:58:55
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"Comme l'a rappelé Philippe, le premier apport du fut neuf reste bien l'oxygenation et non le boisage, cette oxygenation étant plus forte en futs neufs car l'echange se fait moins avec des futs vieux."

je ne suis pas oenologue, mais l'un d'entre eux et de renom de surcroît , Pierre Casamayor, expliquait que l'oxygénation pour des vins en barriques régulièrement ouillés ne se faisaient que par la bonde et aucunement par le bois.
Selon lui, l'élevage en barriques, participait de bien autre chose que de l'aération, sauf les soutirages bien entendu, et notamment à la communication d'un goût particulier qui peut amener un élément de complexité.

On apprend malgré nous à aimer des choses édulcorées, plus faciles, plus évidentes moins typées... et le vin n'échappe pas à la règle.
Quand c'est grand, c'est flagrant : on ne se pose dès lors aucune question métaphysique. Facile, pas facile, typique, pas typique, complexe, pas complexe, édulcoré, pas édulcoré, boisé, pas boisé, bio, pas bio: rien ne compte plus alors et tout s'effacce. C'est encore plus vrai quand on ne connaît pas l'étiquette et que l'on arrive à se dégager du carcan d'idées et d'opinions que nous trimballons tous et qui agit comme un prisme déformant.

Jérôme Pérez
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 14 septembre 2006 16:19:38
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C'est quoi grand ?

Presque jamais rencontré de grand vin... et quand parfois j'ai la sensation que je l'ai dans mon verre il est rare que ce soit un vin qui plaise à la majorité des gens. Donc flagrant ; pour moi non.

Quand c'est flagrant c'est peut être séducteur ?
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 14 septembre 2006 19:53:24
avatar
entre autres , mais pas seulement. Il est clair que je ne trouverai pas grand le vin qui ne me procurera pas de plaisir. Séducteur n'est pas forcément synonyme de raccoleur. Regarde, moi, winking smileyje suis un grand séducteur!

Jérôme Pérez
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 14 septembre 2006 20:06:24
avatar
Je ne sais pas !!!

Gainsbourg était un grand séducteur et physiquement tu es mieux que lui (pas d'ambiguïtés messieurs s'il vous plaît)
.

Je ne doute pas vraiment de ton pouvoir de séduction.

En fait je fais un distingo entre un vin qui séduit par son évidence et un vin qui séduit parce qu'il a été conçu pour séduire.

Evidemment la notion de plaisir est primordiale (et j'avance de plus en plus dans ce sens... même s'il ne me conduit pas sur les mêmes chemins que d'autres).
Re: De la complexité dans le vin...
jeudi 14 septembre 2006 22:13:52
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Vincent a écrit ce soir : «En fait je fais un distingo entre un vin qui séduit par son évidence et un vin qui séduit parce qu'il a été conçu pour séduire.
Evidemment la notion de plaisir est primordiale (et j'avance de plus en plus dans ce sens... même s'il ne me conduit pas sur les mêmes chemins que d'autres).»

Ça m'énerve, j'aurais pu écrire ça mot pour mot ! Plus j'avance dans la vie et dans l'expérience de la dégustation, plus je "flashe" sur des vins de pur plaisir, souvent simples, ce qui ne veut pas dire simplistes, qui me séduisent "par leur évidence". Le vin "conceptuel" m'ennuie de plus en plus et je me rends compte aussi que souvent j'en arrive à aimer les vins les moins chers (pas vrai pour le pinot noir, malheureusement !).

Phlippe

Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
vendredi 15 septembre 2006 11:16:50
Jérôme,


Je suis surpris de cette affirmation.
J'ai lu des études oenologiques montrant que des fûts à plus de douelles augmentaient l'oxydation ménagée ...

Quid ?
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 18 septembre 2006 15:17:27
avatar
je suis surpris moi aussi... mais je ne suis pas P. Casamayor !
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 18 septembre 2006 21:46:44
avatar
Laurent, tu le connais, pose lui la question. Il a fait cette intervention lorsqu'il est venu animé le débat à la suite de la projection du film Mondovino à Gaillac.

Jérôme Pérez
Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
mardi 19 septembre 2006 09:59:52
Jérôme,


Je te crois sur parole.
Je n'échange pas avec Casamayor.
C'est curieux ... à voir !
Re: De la complexité dans le vin...
mardi 19 septembre 2006 11:12:04
avatar
Jerome,

En tous cas, ca n'est pas l'avis de JM Quarin par exemple.

Dominique
Re: De la complexité dans le vin...
mardi 19 septembre 2006 16:11:18
BARRET Philippe a écrit:
-------------------------------------------------------
> Le vin "conceptuel" m'ennuie de plus en
> plus et je me rends compte aussi que souvent j'en
> arrive à aimer les vins les moins chers (pas vrai
> pour le pinot noir, malheureusement !).
>
> Phlippe
>

Philippe,

Malheureusement...

François
PS : le Moussière rouge 2005 est très très réussi comme pinot "alternatif".
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 23 septembre 2006 13:52:35
avatar
En ce qui concerne l'oxygénation des vins par la bonde, j'ai un petit doute, en tout cas, si on utilise des bondes en silicone. J'ai fait de l'ouillage ce matin sur les 2005, et quand l'on voit la difficulté de séparer les bondes des barriques du fait du vide d'air (ça fait ventouse), on se demande comment de l'oxygène pourrait rentrer confused smiley

Quand on ouille, on laisse juste un espace suffisant pour remettre la bonde. Et comme il doit y avoir du CO2 à la surface du vin. Je ne pense pas que l'on fasse beaucoup rentrer d'oxygène.

Le mystère reste entier...

Eric

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