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De la complexité dans le vin...

Envoyé par nidal 
De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 12:58:38
D’abords, Qu’entend-t-on par complexité ?

Comment définit-on la complexité ?

De quels facteurs physiques dépend la complexité ?. Du cépage, du terroir, du millésime…de tout cela à la fois ?

De quels (autres) facteurs dépend la complexité ?. De la vinification, de l’élevage (le bois par exemple !), des conditions de la dégustation …de tout cela à la fois ?

A quel stade de la dégustation se révèle, se lit, la complexité ? , au toucher, à l’ouïe, à la robe, au nez, à la bouche… ? Ou bien après, lorsqu’une dégustation trouve son extension, son prolongement dans l’esprit ?

L’âge du vin a-t-il une influence sur la complexité ? Un vin jeune dévoile-t-il autant de complexité qu’un vieux vin ? ( Là, un renvoi à la définition de la complexité s’impose !)

La couleur du vin (pas la robe !), a-t-elle un rapport avec la complexité ? Un vin rouge, est-il plus complexe qu’un vin blanc ou qu’un vin rosé. (Je sens que vous allez rétorquer en disant : là, c’est du cépage, encore, qu’il s’agit)

Existe-t-il des degrés dans la complexité. Un petit vin avec une certaine complexité, peut-il nous étonner en se révélant aussi attachant, aussi scotchant qu’un grand vin avec une complexité inscrite d’emblée sur sa carte Vitale.

Nidal
Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 15:43:44
Complexité ...

Ce qui est tissé ensemble ...

Ce qui ne peut s'observer avec un seul point de vue ...
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 16:26:59
avatar
nidal le grand spécialiste des questions

auxquelles on ne peut pas répondre.

terme que j'utilise peu finalement. Je ne m'en soucie guère. J'aime de plus en plus les vins simples. winking smiley
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 16:41:04
Une question dans le genre de celles de Nidal:

Et pourquoi les vaches elles ont des cornes et que les chevaux ils n'en ont pas?
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 18:02:54
J’ai bien dit complexité….pas complication…Ce n’est pas la même chose !

Il y a des caractères et des personnages compliqués et il y a des caractères et des personnages complexes !

Moi aussi, je cherche des réponses à mes questions. Je viens d’en avoir trois. Un début du chemin est déjà parcouru…(j’accueille avec beaucoup d’intérêt celle de Laurent G…)

Si je me suis permis d’évoquer ce sujet, c’est que, depuis mes débuts dans le vin, le terme « complexité » est réellement employé par tous mes grands dégustateurs de référence.

J’ai le sentiment que, lorsqu’ils l’utilisent, ils évoquent une qualité suprême, une magie que ces vins opèrent sur eux, où une magie qui s’opère dans ces vins…!!!

La complexité, pour moi, pour l’instant est un critère d’analyse, une caractéristique dans un vin qui se dévoile à moi « en filigrane »…

Je lis la définition du mot « filigrane » dans mon dictionnaire :

- Ouvrage d’orfèvrerie en fil de métal précieux travaillé à jour.
- Ornement de verrerie en fil d’émail ou de verre pris dans la masse ou appliqué en relief sur l’ouvrage.
- Lettre ou figures introduites dans la forme à fabriquer le papier. Filigrane d’un billet de banque.
- En filigrane : par transparence, à l’arrière-plan. Apparaître en filigrane….

Je constate avec joie que cette définition me plaît. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle donnée par Laurent G. Je suis profondément et sincèrement impressionné.

Nidal
Re: De la complexité dans le vin...
samedi 12 août 2006 23:39:19
Multitudes d'arômes dont aucun pris séparément ne domine un autre.

Dit comme cela, la supériorité d'un vin complexe paraît évidente sauf s'il n'y a pas harmonie entre ces arômes perçus.

Jmm
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 00:04:49
nidal a écrit:
-------------------------------------------------------
> D’abords, Qu’entend-t-on par complexité ?
>
> Comment définit-on la complexité ?
>
> De quels facteurs physiques dépend la complexité
> ?. Du cépage, du terroir, du millésime…de tout
> cela à la fois ?
>
> De quels (autres) facteurs dépend la complexité ?.
> De la vinification, de l’élevage (le bois par
> exemple !), des conditions de la dégustation …de
> tout cela à la fois ?
>
> A quel stade de la dégustation se révèle, se lit,
> la complexité ? , au toucher, à l’ouïe, à la robe,
> au nez, à la bouche… ? Ou bien après, lorsqu’une
> dégustation trouve son extension, son prolongement
> dans l’esprit ?
>
> L’âge du vin a-t-il une influence sur la
> complexité ? Un vin jeune dévoile-t-il autant de
> complexité qu’un vieux vin ? ( Là, un renvoi à la
> définition de la complexité s’impose !)
>
> La couleur du vin (pas la robe !), a-t-elle un
> rapport avec la complexité ? Un vin rouge, est-il
> plus complexe qu’un vin blanc ou qu’un vin rosé.
> (Je sens que vous allez rétorquer en disant : là,
> c’est du cépage, encore, qu’il s’agit)
>
> Existe-t-il des degrés dans la complexité. Un
> petit vin avec une certaine complexité, peut-il
> nous étonner en se révélant aussi attachant,
> aussi scotchant qu’un grand vin avec une
> complexité inscrite d’emblée sur sa carte Vitale.
>
> Nidal
>
Bonjour nidal, j'apprécie votre question comme j'apprécie souvent vos interventions! malgré un manque de temps chronique, je me surprends à me pencher sur votre question, un peu comme Gustave, courbé sur le sujet!

je vous soupçonne de détenir la réponse, bien évidemment! Mais elle n'en demeure pas moins passionnante.

Qu'est-ce que la complexité? Une qualité certes, celle de ce qui n'est pas simple! Mais une définition exprimée par la négative n'est pas satisfaisante.
Qu'est-ce que la simplicité, alors? En partie, probablement ce qui est évident, ce qui se voit immédiatement, ce qui est clair comme dirait Jean!
La complexité est donc la qualité de ce qui n'est pas évident, de ce qui n'est pas clair, de ce qui ne se voit pas du premier coup d'oeil!
Il s'agit donc là d'un critère objectivable, si on ne peut décrypter le message en un seul coup d'oeil, c'est qu'il faut s'y reprendre à plusieurs reprises. Il faut éventuellement changer de point de vue (et je rejoins la définition lapidaire de laurentG). On trouve donc une notion à la fois d'intérêt (stricto sensu) et de difficulté. Et pour le passionné, n'est-ce pas lorsque ç'est difficile que ça devient intéressant, peut-être même passionnant? C'est la 3e dimension dans la peinture, avec tout le génie inventif de certains pour en donner l'illusion : les effets de lumière, les effets de flou, de perspective, de mouvement. C'est la sensation de profondeur! En musique, la même perspective existe, les mêmes effets sont recherchés, dans un souci d'harmonie. La puissance envoûtante d'un chant grégorien est liée aux différents registres, à une profondeur, encore! Pour affirmer qu'un personnage est complexe, deux critères doivent être remplis, le personnage doit posséder plusieurs facettes intéressantes et celui qui apprécie (pour ne pas dire juge) doit avoir les capacités de les discerner. Cela demande certaines facultés liées à la connaissance, à l'habitude, à la curiosité intellectuelle, à une aisance dans le domaine concerné... Gustave, courbé sur la belle, obnubilé par cette 3e dimension, en a omis la tête et les pieds! Pour reconnaître la complexité, il faut donc être initié, il faut de l'expérience, il faut avoir parcouru un chemin, il faut avoir travaillé dans le sens de vouloir découvrir, de vouloir comprendre. La complexité est dans la profondeur! Il en est de même pour le vin. La complexité se définit au nez par les flaveurs et en bouche par les arômes; un sujet bien né est issu d'un grand "climat" qui est une notion plus vaste et plus...complexe! que le terme de terroir. La synergie d'un plan de qualité dans un climat exceptionnel conjugué à la rigueur du vigneron conduisent à la complexité, laquelle n'a rien à voir ni avec la puissance, ni avec la concentration. Ces paramètres sont même souvent antinomiques. Exsulter, et ça se vit souvent dans les dégustations, en s'enthousiasmant d'avoir trouvé du cassis plein pot et pur jus dans un vin, même si ça peut rassurer, obstrue la voie de la découverte de la complexité! Quel coup de pied dans les sirops surconcentrés, de plus en plus à la mode (avec la minestrone de l'Allier) qui gagnent les concours, et les faveurs des censeurs, lesquels, impératifs, nous disent ce que l'on doit boire pour atteindre l'extase!

En revanche, si dans votre quête, vos papilles vous tirbouchonnent les neurones, dans une symphonie de notes harmonieuses, dans une valse d'arômes qui vous érectionnent le bulbe olfactif, et si, dans les jours qui suivent, l'émotion frissone encore le long de votre échine, alors, vous aurez effleuré le grand vin, vous aurez flirté avec la complexité! Et, dès ce jour, vous serez hanté de rêves différents!
Je vous souhaite d'envoûtantes expériences.

A méditer: Un vigneron-éleveur, talentueux, me disait: " le vin se fait à la vigne, à la cave, on ne peut faire que des erreurs!"
Tout ce qui précède n'enlève évidemment rien aux qualités et aux plaisirs que peuvent procurer les vins simples et bien faits. Seul le registre diffère.
La conscience naît du contraste et des différences. Sans vins simples, les vins complexes n'existeraient pas! Ou du moins, il nous manquerait l'outil pour les reconnaître!

Bien à vous,

pierre
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 05:24:42
avatar
Pour suivre dans l'idee de Laurent G, et en partant de l'hypothese qu'un vin mediocre ne sera jamais complexe: la complexite intervient lorsque la perception globale d'un vin est plus importante que la somme des percetions individuelles (visuelles, aromatiques, gustatives, retro-olfactives).

Ou plus simplement, quand 1+1+1 = 3.5 ou plus



Anthony
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 07:03:55
avatar
J'aime bien le contraste de "complexité" entre les réponses de Pierre et d'Anthony winking smiley

Un des vins les plus complexes que j'ai pu boire ces derniers temps est le Condrieu 2004 "les Chaillées de l'enfer" de Georges Vernay bu avec les Vinosophes. C'est un vin qui du nez jusqu'à la fin de bouche charme, étonne, surprend, fascine. Il y a une puissance évidente, mais aussi une délicatesse incroyable, semblable à de la dentelle. Les arômes de rose et de violette sont aussi légers et aériens que les pétales de ces fleurs. Arrivent ensuite des arômes de fruits mûrs, toute en retenue, sans ostentation. La bouche, elle, réussit l'exploit d'être à la fois soyeuse et cristalline, généreuse et subtile. Et la fin... Quelle fin! Cette sensation saline qui va crescendo et rappelle que ce vin si aérien, solaire dirais-je, s'est nourri aussi dans les profondeurs du granit de Condrieu. Superbe...

Et ce qui est à la fois rassurant et triste à la fois, c'est ce que ce n'est pas reproductible. J'ai bu le 2003 peu après: on retombe beaucoup plus dans les défauts du viognier: arômes un peu trop exacerbés, une certaine lourdeur en bouche, un manque de fraîcheur, et pas de notes salines...

Donc, oui, la complexité est profondément liée au millésime. Un bon cépage ne suffit pas. Un beau terroir non plus. C'est la somme de ces facteurs et de bien d'autres (mode de culture, vinification...) qui feront que le vin est complexe.

A travers la description de ce Condrieu, j'ai essayé de répondre aux questions de Nidal. Pour moi, un vin est véritablement complexe que s'il charme du début à la fin de la dégustation, et même dans les minutes, voire les heures qui suivent. En le sentant, on doit avoir envie de se noyer dans le verre pour être encore plus immergé dans ses parfums multiples. En bouche, la texture est aussi importante que les arômes, ainsi que la sensation de fraîcheur qui apportera un équilibre au vin. Et cet ensemble doit former un ballet chatoyant et harmonieux dans votre palais et se conclure par un final à la hauteur, tel le bouquet d'un feu d'artifice...

Bon, ça c'est le complexe "idéal".
Il y a des vins aux nez complexes et à la bouche "décevante". Des vins complexes et pas forcément bons. Des vins à la texture complexe avec des arômes qui ne le sont pas (et inversement)...

Et il ya beaucoup plus de vins à la complexité "inaboutie" que du premier, hélas sad smiley

Eric

Eric

Mon blog
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 13:08:10
Eric , très beau commentaire et comme toi je veux bien retenir ce même vin de Vernay (.et pourtant je ne suis pas un " fan " du condrieu ) et comme je suis chauvin , je cite un vin de Savoie ...ce Marestel 85 de Dupasquier dégusté ce Vendredi avec Jean Paul Brigot ( club Paris ) .....SUBLIME ! C'est notre Clos St Hune de Savoie ...encore un vin qui méritait d'être cité dans ce post ..

Eric , j'ai récupéré de vieux millésimes ...je vais profiter du passage de S Derenoncourt en Mai , pour te faire parvenir quelques bouteilles ( 2002- 97- 95- 88 ) . Nous avons parlé de toi chez Dupasquier ....Eric , je pense que tu dois trouver un job dans la promotion du vin dans la belle restauration , être l'ambassadeur des domaines : En Savoie , tu pourrais représenter Trosset- Berlioz- Dupasquier dans les bons établissements ....comme tu appécies les bonnes tables , tu seras accueilli avec le " sourire !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/08/06 13:10 par milleret.
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 13:46:28
avatar
Je n'ai pas tout lu, et je m'en excuse, mais je voulais donner une image qui me vient immédiatement.

Il y a des milliers de goûts de pommes ou de cerises, mais ce n'est pas complexe.
Le gingembre, le kumquat, le fruit de la passion sont complexes.
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 14:18:15
avatar
François,

Si on parle de fruit complexe, pour moi c'est vraiment le grain de cassis. C'est abslument explosif en bouche, et vraiment passionnant au niveau aromatique (et surtout peu sucré, d'où un grand équilibre). J'avais lu il y a quelques années que c'était l'un des plus complexes à reproduire en "chimique" (si l'on veut que ça ressemble à quelque chose, évidemment, parce que des arômes cassis, il y en a beaucoup de raté...)

Jean-Luc,

il va me falloir énormément de patience avant de déguster ces merveilles. Pour le job que tu proposes, ça mérite réflexion winking smiley Pour l'instant, je suis encore dans l'expectative...

Eric

Eric

Mon blog
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 16:12:33
Grâce aux développements et pistes explorés, ci-dessus, par mes collègues, je pense être en mesure d’oser une première allégorie pour faire ressortir du « moi », ce que suggère le sujet.

Je commence par emprunter une image à Claudius lorsqu’il évoque une final « en queue de paon… ».
Le paon, cet animal « souverain », que vous pouvez rester regarder pendant des heures et des heures, dans un parc sur les hauteurs de Porto, en attendant le moment magique où il va daigner vous faire la roue.....sa roue.
Vous le regardez, il vous regarde……….et puis là !, juste au moment où vous vous apprêtez à ramasser vous affaires pour décamper….le miracle se produit, Le spectacle commence.

A un chien, on dit ; coucher…il se couche…. . A un paon on dit pas ; fais ta roue !…C’est lui qui décide, tel un Souverain !


Je vous amène au Carnaval de Venise. A un souvenir que j’ai vécu dans une vie antérieur.
En beau jeune homme fringuant, paré pour l’événement, qui bat son plein, des mes plus beaux habits en étoffe de lin et de soierie, je me fraie un chemin à travers la place Saint Marc pour me rendre, tour à tour, dans les palais les plus réputés pour la qualité de leur invitées et le charme de leurs salles de danse lustrées.
De 10 heures du matin jusqu’à très tard dans la nuit, je me frotte aux plus belles créatures, je serre dans mes mains les plus exquis des doigts de fées, j’encaisse, contre ma poitrine, les chocs les plus voluptueux qu’une paire de seins peux administrer à un assoiffé de tendresse, j’hallucine sous l’effet de parfums envoûtants, j’aspire dans mon nez, carrément !, des franges entières de cheveux soyeux, tantôt blonds, tantôt châtains…. Je puise de l’énergie et de l'ardeur, dans ces petits corps frêles, chauds, frémissants…..je sens la chaleur serpenter en moi à travers mes veines irriguées par ce sang chaud ….Et là , j’ai juste le temps de croiser, à travers le masque, les pupilles turquoises et vertes tournesol de ma douce conquête, et voilà qu’elle me ôte, qu’elle me sectionne, cette douce liaison dangereuse, cet amour siamois que je commençais à comploter, à secréter en moi et en elle par libidos interposées.
Voilà, ce fut comme cela, toute la journée, au moment même où je commence à toucher à l’extase, ou c’est l’extase qui se barre, effarouchée… ou c’est le mari, ou c’est l’amant, ou c’est le papa, ou c’est l’amante qui viennent, à tour de rôle récupérer leurs biens…en me laissant en rade.

C’est donc cette succession étourdissante, tournoyante mais énigmatique, secrète et impénétrable…d’images, de parfums, de plaisirs, de pulsions, de sensations…….échangés est ressentis à travers des masques, des plans ; premiers, seconds…etc., des couches, des strates, des passages, des apparitions soudaines, des surprises avec l’effet, des ça alors !, des Ah !…..Tout cela devrait , en principe, m’aider à vous proposer une première représentation de ce que je ressens à l’évocation du mot : Complexité.

La complexité, c’est tout cela, plus le souvenir qui en reste en nous…à nous ! ! !

La Complexité c’est Le Carnaval de Venise (à condition de ne pas ôter les masques !!!)

Un vin complexe est un vin Souverain !!!

Un amant éconduit ne rentre jamais chez lui bredouille, tout seul, comme un mal propre, la queue entre les jambes…..Il garde en lui …le souvenir….et avec un peu d’imagination, un peu de créativité , et un sens inventif….Voilà que tout recommence…

Quelqu'un a dit: " Le désir, c'est une lutte avec le bonheur "


Nidal
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 16:21:36
avatar
"Un vin complexe est un vin Souverain !!!"

je n'en veux ps alors... trop libertaire pour accepter un souverain. Idem pour le terme de race, utilisé souvent pour décrire un vin, que je déteste.
Ou Cru Bourgeois...

Désolé de ne m'attacher qu'à une phrase mais de toutes façons je ne parviens pas à lire la prose ésotérico-hermétique de Nidal depuis qqs jours et sur plusieurs sujets. Alors je ne saisis que qqs détails.





Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/08/06 16:26 par 20sang.
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 17:28:33
Voilà ce qu’en dit Enrico Bernardo. (Ce n’est pas vraiment lié à la complexité, mais celle-ci est abordée en filigrane dans le texte que j’ai choisi…). Une lecture attentive de son dernier et excellent ouvrage « Savoir goûter le vin » - chez Plon, permet de mieux cerner sa vision de la complexité. Je viens de le faire, ce week-end.

Nidal

____________________________________________________________________

« La Persistance : la persistance olfactive exprime la durée de perception des arômes une fois le verre posé sur la table : longue, bonne, discrète, courte, ou insuffisante.

La persistance est liée à la complexité du bouquet, plus il est varié et riche en parfums dans le palais, plus la persistance sera longue, pouvant aller jusqu’à l’excellence, développant par paliers sa nature complexe. Jusqu’à la valeur « discrète », le jugement de la persistance est positif.

Imaginez une succession d’arômes très riches, dont on se souviendra longtemps après…On a écrit de livres et des chansons sur cette persistance sensuelle et érotique de la mémoire qui se prolonge dans le temps. On associera ce vin à un moment, à un endroit, à une personne…Rares sont les instants où le dégustateur atteint une telle félicité.

Cela m’est arrivé deux fois. La première avec un gewürztraminer 1985, vendange tardive, dégusté pendant mon apprentissage à l’école hôtelière. Je me souviens encore d’une sensation d’exotisme, comme si un pays de cocotiers s’ouvrait devant moi, avec une succession de notes de papaye, de mangue, d’ananas rôti, de lychee et de gingembre. J’étais cuisinier à l’époque et découvrais ce vin à l’aveugle. J’ai associé ces parfums aux personnes qui m’accompagnaient et à un choix fondamental de vie puisque je décidais, ce jour-là, de devenir sommelier.

Mon deuxième souvenir de persistance est lié à une soirée au restaurant avec une jeune femme dont je venais de tomber amoureux. C’était en Bretagne, à Cancale, chez le grand chef Roellinger. J’avais choisi sur la carte un blanc à l’image de ma compagne, un riesling, cépage élégant, profond, honnête et complexe. Je me souviens d’arômes de fleurs d’acacia mêlés à cette forte identité de pierre mouillée, et puis encore des agrumes comme la clémentine, le pamplemousse rose, le zeste d’orange. Cette persistance ne m’a jamais quitté. Quant à la jeune femme… »


Enrico Bernardo, Savoir goûter le vin par le meilleur sommelier du monde – Plon (un beau livre chiné dans les posts de LPV. Merci !)




Modifié 1 fois. Dernière modification le 13/08/06 17:32 par nidal.
Re: De la complexité dans le vin...
dimanche 13 août 2006 18:26:15
avatar
Et dans "les comptines de Grigrigrocha", Bernardo le Taureau écrivant à sa mère : "maman, je n'ai pas du tout envie de suivre le troupeau ; d'abord tout le monde se moque de moi ! On m'appelle Bernardo gondoli gondolo...
Alors, je préfère rester les pieds dans l'eau et manger des prunes en regardant la lune..."

Ou encore Bernardo disant à Zorro : " "




"longue, bonne, discrète, courte, ou insuffisante. " j'ai lu ça dans le livre de Clara Morgane

Nidal je ne me moque pas de toi mais je ne tiens pas les représentants en ordinateurs pour des experts en électronique ou en informatique. Les sommeliers ce sont d'abord des commerciaux : ils ont qqchose à vendre et quand ils ont gagné un concours ils vendent leur nom comme une marque. Et des sommeliers de triples macarons qui confondent pinot gris et riesling ou qui s'extasient devant la classe d'un chenin (et sans douter une seconde) alors qu'il s'agit d'un riesling... pour ensuite se perdre en excuses bidons. MAis s'ils ont la modestie qui est pour moi indispensable alors oui ils m'interessent. En outre je considère qu'avant d'être de grands dégustateurs ce sont d'abord des gens qui travaillent dans la gastronomie et dont j'attends surtout des compétences dans les accords mets/vins.

Pour le vin je me fierais plus à un Antoine Blondin ou un Jean Carmet.

pour finir la persistance et la complexité ce sont deux choses bien distinctes ça peut être simple et long et complexe et court...

Parfois tous ces discours autour du vin ça me fait penser à tous ces étudiants en Art qui ont compris (les "meilleurs"winking smiley que pour obtenir leur diplome ce qui compte ce n'est pas de produire une oeuvre intéressante mais de pouvoir tenir un discours hermétique et pseudo intelligent pour en parler. Poussant le bouchon au maximum un copain qui n'avait rien préparé s'est mis à poil sur une caisse en bois et a su blablater pendant 15 minutes pour expliquer en quoi c'est de l'art... ça a marché.
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 14 août 2006 13:37:01
avatar
Il faut qu'il y ait ce type de discussions. C'est passionnant de digresser sur le thème du vin. ça lui donne une dimension sensuelle, humaine, que ne donne pas l'analyse clinique des composantes de saveurs.

Il y a des vins qui m'évoquent le carnaval de Venise de Nidal, beaucoup plus que la cardamome ou le fameux cuir de Russie.

Il faut savoir divaguer, errer dans le monde des sensations. L'approche trop rationelle ne m'émeut pas.

En ce qui concerne Enrico Bernardo, j'ai eu la chance de déguster plusieurs fois avec lui, d'être membre d'un jury d'un concours de cavistes avec lui, de passer un week-end en groupe avec lui, et je dois dire que c'est l'homme le plus adorable qui soit.
Et surtout, nous avons su trouver les mots qui rapprochent nos deux façons d'appréhender un vin.
Philippe Faure-Brac, Olivier Poussier sont des êtres impressionnants d'érudition.
Enrico est un ludion chantant, jouant sur son charme avec une intelligence folle. Et déguster avec lui est un bonheur.

Avec Philippe, c'est une démarche d'amitié. Avec Olivier, on est baba devant son érudition invraisemblable qui trouble un peu, car il décortique tout.

Bravo Nidal, continuez à faire rêver.
Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 14 août 2006 13:57:09
Complexité est différent de complication ...

Juste un exemple :

vous vouler analyser l'interaction de 2 composants A et B dans un vin.
Vous tentez d'enlever le 3ème composant présent, C.
Or l'interaction de A et B dépend de la présence de C.

Cf le paradoxe de l'anthropologue par Lévi-Strauss : l'observateur modifie l'observation.

Pour un ouvrage de référence sur la complexité : "la méthode d'Edgar Morin".
Que ce soit dans le domaine de l'analyse sensorielle, des sciences, de la communication, des sciences sociales ...






Modifié 3 fois. Dernière modification le 16/08/06 09:35 par laurentG.
Utilisateur anonyme
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 14 août 2006 15:11:07
François,


En quoi le gingembre est-il plus complexe que la pomme ou la cerise ?

Et le galanga ?
Re: De la complexité dans le vin...
lundi 14 août 2006 15:23:32
Le vert est plus complexe que le bleu ou le jaune.

Le gingembre est plus complexe que deux arômes qui peuvent le définir en parti.

Je pense qu'il y a des arômes, des senteurs de bases, primaires puis il y en a que l'on peut décomposer à partir de ces arômes primaires.

Un vin qui sent la vanille, le poivre et la fraise est constitué d'arômes de bases.
Un vin qui est constitué arômatiquement de nuances d'épices, de fruits, d'arômes de fleurs, d'arômes de torréfaction multipls ... doit être considéré plus complexe par la quantité et/donc la qualité.

C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir donner la description d'un vin jeune puis d'un vin mûr.

Jmm
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