Aujourd’hui le nom de Chapoutier est définitivement associé aux grands vins de la vallée du Rhône, mais pas seulement : pour les amateurs de vin, c’est aussi le symbole d’une réussite exceptionnelle due à l’audace de cet homme qui a repris la maison familiale qui avait grand besoin d’un dépoussiérage. De l’audace, quelques coups de folie et beaucoup de passion : Chapoutier est devenu une institution, un empire. Et la manière n’est jamais laissée pour compte. La qualité est mise en avant, le terroir doit être magnifié pour s’exprimer et c’est naturellement la biodynamie qui est pratiquée sur les terres de l’exploitation.
Sans doute à l’opposé de l’autre grand nom de la région « Guigal » dont les vins ont un style assez reconnaissable, né de la patte de ce vinificateur admirable, M. Chapoutier développe le concept presque contraire ou pour le moins complémentaire : « Laisser la parole au sol, exprimer le terroir et son millésime » , ainsi pourrait se résumer la quête de la Maison M.Chapoutier.
L’originalité et la signature de la Maison M.Chapoutier résident dans cette volonté de ne pas cultiver un « goût maison », un style arrêté. Bien au contraire, elle affirme sa volonté permanente de travailler la différence de goût, la petite touche gustative spécifique, propre à chaque terroir et à chaque vin. (tiré du site Internet www.chapoutier.com)
Les terrasses de la Varogne au sujet de desquelles certains s’interrogent sur son classement en Crozes Hermitage plutôt qu’en Hermitage repose sur un coteau granitique, limitrophe de la partie la plus occidentale des Bessards, supportant des alluvions glaciaires. C’est un terroir tardif qui donne des raisins austères mais d’une étonnante complexité. C’est le granit qui s’exprime pleinement. La densité de plantation varie de 7500 à 9000 pieds/ha en fonction des terrasses. Exactement 6133 bouteilles ont été produites en 2006 pour un rendement d’environ 18 Hl/ha.
Il s’agit de vignes dont la moyenne d’âge est supérieure à 60 ans. La récolte est manuelle. Le vin subit une longue macération de 5 semaines en petites cuves de béton avant d’être élevé en barriques de chêne de 12 à 14 mois.
Commentaires de dégustation :
Dans ce millésime 2006, la robe se montre noire avec des reflets très jeunes violine : la densité est déjà visuelle.
Les arômes un peu retenus oscillent entre fruits rouges et noirs, les épices sont présentes, un peu musquées.
En bouche, la matière s’impose avec un volume important tout à fait dans la lignée des grandes cuvées de la maison. Certes, les tannins sont fermes, mais nullement asséchants. Les fruits noirs s’imposent bouche avec une fine note de réglisse qui amène de la fraîcheur. La finale est très longue, plutôt épicée. C’est un vin à l’équilibre sûr, plutôt mâle : ce que l’on attend d’un grand Hermitage, en quelque sorte…
Cette cuvée de Crozes-Hermitage s'installe au sommet de la production de cette appellation dont la typicité est très difficile à établir, tant la diversité de la qualité est grande : une fois de plus, au delà des appellations, il y a des hommes : certains s'attachent à faire beau.
Jérôme Pérez
-L´abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération