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Château Val Joanis, Les Griottes 2003
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Je me rappelle de ce nom de « Val Joanis », à la sonorité si particulière, il y a déjà plus de 20, à l'aube de cette passion qui ne m'a pas quitté depuis, alors que je m'imprégnais avidement de lectures dont celle de Parker ou de la Revue du Vin de France. Les vins de ce domaine y étaient commentés de façon enthousiaste et alléchante. Je dévorais alors les commentaires, bien plus d'ailleurs que je ne le fait aujourd'hui et avec un regard bien moins critique, beaucoup plus naïf aussi. Cette flamme qui anime tout novice est bien belle, on la perd un peu, ou du moins se transforme-t-elle.
C'est aussi le symbole par son « endroit » d'une autre de mes passions qui ne me quittera jamais, attachée, elle, à ce Lubéron et aux falaises de Buoux toutes proches : Théâtre d'ombre et de lumière de quelques conquérants de l'inutile.
Je n'avais guère goûté ces vins, cependant, jusqu'à aujourd'hui, car ils ne se rencontrent pas si souvent et que finalement, ce nom était sorti de mes pensées. C'est la notoriété grandissante de ce site « La Passion du Vin » qui m'a permis de tremper mes lèvres dans cette cuvée « Les Griottes » : Une émotion relative à l'histoire de ces passions, du chemin parcouru. |
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C'est un très vaste domaine que celui qui fut redécouvert en 1977 par Jean-Louis Chancel et aujourd'hui, après un énorme travail pour faire revivre ce terroir d'altitude, ce sont près de 110 hectares de vignes qui sont exploités sur les 450 qui constituent cette belle propriété.
Le domaine viticole repose sur l'une des dernières moraines glacières de la vallée du Rhône, au sol |
couvert de galets roulés, mais à une altitude élevée. Cette altitude est responsable d'un microclimat plus frais que lcelui des alentours et peut en partie expliquer l'équilibre des vins de ce domaine.
La cuvée des Griottes est une sélection parcellaire (7 hectares) issue de syrah à 90 %, complétée par du grenache d'un vignoble situé à 500 mètres d'altitude.
Les rendements sont faibles (35 hectolitres à l'hectare) et proviennent de vendanges manuelles. L'élevage à lieu en barriques, neuves pour un tiers d'entre elles. Le vin n'est ni collé ni filtré. S'il s'agit de la cuvée haut de gamme du domaine, elle n'est nullement confidentielle car produite à large échelle et elle est très bien exportée. |
Commentaires de dégustation:
La robe est sombre, profonde, on dénote de la concentration, mais sans excès.
Le nez est très beau, complexe à souhait et associe des notes fruitées (fruits rouges et fruits noirs) à un arôme floral magnifique et sans lourdeur. Le boisé reste en retrait.
L'attaque en bouche révèle un vin sérieux et corpulent : une certaine austérité que le nez ne pouvait laisser deviner, mais là aussi, tout est dans la mesure et la retenue. Ce qui frappe surtout, par delà la qualité de fruit et le corps, c'est cette fraîcheur qui fait relire à deux fois le millésime sur l'étiquette. |
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Cette fraîcheur accompagne toute la dégustation qui se termine sur des tannins encore serrés. La texture et l'équilibre sont de tout premier ordre. Je dois dire qu'après avoir dégusté des Châteauneuf-du-Pape, tous plus alcooleux les uns que les autres, la dégustation de cette cuvée a été un vrai bonheur. Par ailleurs ce vin semble être taillé pour la garde.
Jérôme Pérez |
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