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Château des Croisilles, Divin Croisille 2005
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Cécile et Bernard Croisille sont un peu des aventuriers. En 1979, ils louent 30 hectares à Fages, redevenus friche, qu’il a fallu débroussailler pour y planter de la vigne. Mais il a fallu aussi apprendre à faire du vin. Ils se sont pour cela associés avec un vigneron.
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une demeure typiquement cadurcienne
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Les vins commencèrent à être reconnus à partir de 1995. Ils entreprirent alors d’acquérir en bien propre les terres qu’ils louaient et ont été conseillés entre autre par Pascal Verhaeghe, du Château du Cèdre. La demeure qu’ils avaient acquise est devenue à force de labeur, le Château des Croisilles ; l’aventure pourrait sembler achevée, pourtant, on a le sentiment qu’elle ne fait que commencer : les vins du domaine font de plus en plus parler d’eux, notamment la « noble cuvée » et le « Divin Croisille ».
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Ce vin bénéficie du label « Charte de qualité » des vins de Cahors. Cette Charte instaurée en 1999, comme un premier pas vers la dénomination Cahors Grand cru, chère à certains vignerons des Terrasses du Lot. Non seulement le domaine doit respecter un cahier des charges précis, de la vigne au chai : terroirs bien définis, cépages (70 % de Côt minimum, puis tannat et merlot), rendements (40 hectolitres à l’hectare et pas plus de 1.5 kg de raison maximum par pied), mais le vin est soumis à une dégustation d’agrément assez draconienne qui fait que la liste des vins obtenant ce label est chaque année nouvelle. Par exemple, pour le millésime 2002, 21 vins sur les 44 présentés ont obtenus ce label, seulement 12 en 2003 et 27 en 2004.
Cette cuvée Divin Croisille 2005 est élaborée entièrement à base d’Auxerrois, issu de parcelles sélectionnées en terroirs de qualité. Les rendements ne dépassent pas 30 hectolitres à l’hectare. La récolte est manuelle après épamprage, effeuillage et vendanges en vert. Cette vendange est égrappée totalement à la main et subit une longue macération, de 30 à 35 jours, avec alternance de pigeages et de remontages. Le vin est élevé 18 mois en barriques de chêne neuves. |
Commentaires de dégustation:
La robe est noire, impénétrable. Ce vin possède un grand pouvoir colorant sur les parois du verre. Le nez est d’abord fermé avec un boisé en avant puis s’ouvre sur des notes de fruits noirs et de menthol à l’aération qu’il faut prévoir assez longue.
L’onctuosité de l’attaque est remarquable, le volume est impressionnant, la texture est suave et la trame très serrée. Des saveurs fruitées et chocolatées s’imposent sans faiblesse jusqu’en finale où des tannins très enrobés surprennent par leur fondu pour un vin de cette appellation. Cette finale s’étire longuement sur des saveurs réglissées.
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Ce vin montre que la rudesse du côt put bien être maîtrisée et qu’une forte extraction n’est pas forcément vouée à donner un vin asséchant. J’avais d’abord écrit que c’était plus malbec qu’auxerrois, mais c’est bon et c’est finalement la bonne voie pour les vins de Cahors qui ne doivent pas se laisser enfermer dans cette catégorie de vins rustiques, image qui leur colle parfois à la peau.
Jérôme Pérez |
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