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Astrolabe 2004, Len de l'el sec

 
           
 
 
 
 

L’astrolabe c’est avant tout le nom du principal outil de navigation utilisé du XVI ième jusqu’au XVIII ième siècle, dont l’usage disparut à la faveur l’invention et la généralisation du sextant.

C’est aussi le nom de l’un des deux bateaux de Jean François La Pérouse (l’autre se nommant « la Boussole ») qu’il utilisa lors de sa célèbre expédition. De son vrai nom De Galaup, comte de La Pérouse fut choisi par le marquis de Castries, ministre de la marine de Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde, dans l’océan Pacifique et l’océan Indien, expédition de laquelle il ne reviendra pas. Parti de Brest en 1785, il disparaît avec ses hommes en 1788, sans doute au large des îles Salomon, après avoir transmis ses carnets de voyage.

C’est donc un hommage à cet illustre tarnais qui a disparu loin de sa terre, loin de l’œil de sa famille, que les vignerons de Rabastens ont voulu rendre en baptisant ainsi leur cuvée phare.

Loin de l’œil, c’est justement le nom de ce cépage, bien gaillacois, qui est le seul cépage de ce vin ambitieux, délibérément haut de gamme, porte de drapeau sans doute de toute une appellation, comme un ambassadeur, une excellence.

Jean François Galaup, Comte de La Pérouse

Ce cépage que l’on ne trouve que dans l’aire AOC Gaillac est la traduction de len de l’el, nom donné à cette variété en raison d’une particularité : le fruit se développant loin du bourgeon qui lui donne naissance.

La cave de Rabastens, jusqu’à il y a peu ne se singularisait pas nécessairement par la qualité de ses vins, loin s’en faut : mais force est de constater qu’avec l’arrivée à sa direction du pétillant et bouillonnant Jacques Tranier, les choses bougent et changent à la Cave coopérative de Rabastens.

Ce furent des gammes empreintes de nouveautés qui virent d’abord le jour, comme Tarani, vin de pays dans les trois couleur et cet été, Rouge et Rosé Piscine, des vins facile à boire frais l’été, qui furent lancées aux côtés des productions traditionnelles de la cave.

Avec cette cuvée Astrolabe, c’est un autre registre qui est ouvert, celui des vins ambitieux, des vins de gastronomies, faits pour les connaisseurs avertis et les gastronomes. Cet astrolabe est d’emblée arrivée à bon port et ce coup d’essai est un coup de maître dès le premier millésime. C’est une leçon de vinification pour tous ceux qui pensaient, dans la région mais aussi ailleurs, que pour être ambitieux un vin devait être boisé à l’outrance, jusqu’à l’écoeurement.

 

Zone de production  : Coteaux de Saint Salvy

Degré  : 13.5 % alc.

Cépage   : Loin de l'œil

Vinification  : basse température – élevage sur lies totales avec bâtonnage

Commentaires de dégustation:

La robe est or pâle mais avec de la densité très apparente, des reflets verts de jeunesse.

Le nez est un ravissement. Il m’a tout de suite évoqué le chenin, par des notes florales très marquées, des senteurs de citron confit et quelques traces de fumée du meilleur effet.

La bouche montre un vin ample, généreux, qui tapisse bien le palais. Le fruit est tout aussi exquis que les arômes décelés au nez. Sans doute qu’avec davantage d’acidité nous aurions été au paradis, mais la finale est clairement dessinée sur cette note de citron qui tient longtemps. Il s’agit là d’une vraie finale aromatique, persistance aromatique intense (c’est le nom dans le jargon !) sans que l’on puisse la confondre avec un support acide ou sucré.

C’est très bon, très distingué, d’autant plus que des notes minérales viennent souligner ce joli ensemble et apporter une certaine complexité.

La ressemblance avec les grands chenins de la Loire s’arrête à la caractéristique d’acidité bien plus marquée sur les vins ligériens, mais je remarque une fois de plus cet air de famille qui est souvent évoqué sur les vins liquoreux.

Gaillac tient avec le loin de l’œil un cépage qui pourrait être emblématique et avec cette cuvée, un modèle qui trace la voie de la qualité. 12.50 euros, c’est un peu élevé pour un Gaillac, mais comparativement à d’autres appellations plus prestigieuses, c’est justifié.

 
    Jérôme Pérez
   

 

     
 

 

 
 

 

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