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La Passion du vin est ainsi faite, auto régénératrice, que l’on croit avoir fait le tour de la question, un peu désabusé, quand soudain vous arrivent de nouveaux horizons, des émotions nouvelles qui viennent la renforcer, l’enraciner encore un peu plus s’il en était besoin, vous faisant renouer avec cette obsession de quête, cette nécessité qui contribue à votre vie et votre équilibre.
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Et l’on apprend toujours et encore ... on apprend que le grand terroir Zinnkoepflé (ça y est ! j’arrive à écrire ce mot barbare sans faute du premier coup !) est un temple dédié au soleil, le plus grand cru alsacien avec ses presque 70 hectares en production, orienté avec des nuances ondulatoires au sud sud-est, composé de calcaire à entroques aux incursions de grés coquillé, le fameux Munschallack . Il est aussi le plus élevé puisqu’il culmine à 410 mètres d’altitude, abritant une faune et une flore méditerranéenne. Il est l’expression même du terme de terroir, sans doute le plus propice au gewurztraminer, même si de mon point de vue, il fait naître de grands vins de rieslings, cet immense cépage qui traduit si bien les nuances du lieu.
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Agathe Bursin exploite 3,85 hectares sur la commune de Westhalten, au pied de ce grand cru sur lequel sont situés la majorité de ses vignes. Cette commune est réputée pour son microclimat sec, abrité des pluies retenues par le Grand et le Petit Ballon.
Nul doute que cette jeune vigneronne fait partie des noms à retenir aujourd’hui, tant la qualité des vins qu’elle produit est stupéfiante. J’ai eu la chance de goûter 3 cuvées issues de ce grand cru dans le millésime 2007, elles sont toutes les trois excellentes, le riesling étant quant à lui un grand vin à mon avis.
Le sylvaner « éminence » ne peut revendiquer l’appellation « grand cru ». En 2007,c'est un vin riche en sucres résiduels, sans doute l’aurais-je préféré plus sec. Il témoigne cependant d’une grande concentration d’arômes de fleurs blanches très purs. Si la bouche est marquée par la richesse, elle n’en est pas moins très équilibrée et longue. Un vin à faire goûter à ceux qui pensent encore que ce cépage est un roturier. J'ai bien compris en discutant avec Agathe Bursin que cette parcelle et ce vin lui étaient chers.
Le Gewurztraminer Zinnkoepflé est quant à lui délicat et parfumé, sous une robe très pâle, tout en nuance, floral comme il se doit sur la rose plus que le litchi, d’une belle gourmandise heureusement équilibrée par une vivacité suffisante, en rondeur toutefois, marqué par une finale saline relevé par la fine perle.
J’avoue avoir été totalement séduit par le Riesling Zinnkoepflé 2007 : |
Commentaires de dégustation:
La robe est dorée intense aux reflets verts légers.
Le nez est très beau tout en retenue, en nuance et en finesse sur les citrons confits et l’aubépine. Belle fraîcheur et grande précision. C’est l’un des rares rieslings sur lequel je ne ressens pas de notes prétrolées.
La bouche est admirable de précision, elle aussi et de justesse. Vin qui se goûte sec, néanmoins très flatteur, il possède un équilibre parfait et une belle vivacité. La fine perle à l’ouverture supporte brillamment une certaine salinité. La longueur est exceptionnelle. Quel magnifique vin !
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Je me souviens de quelques mots de Jean Hugel qui disait que le Riesling se buvait à grandes lampées et non du bout des lèvres. C'est très juste. J’avoue que j’ai bien eu du mal, cette fois, à voir le vin évoluer dans le temps : la bouteille a été bue très rapidement. Ce vin se rapproche très près de mon idéal.
Il sera présenté à l’agrément, comme le gewurztraminer, en juillet 2008. Moins de 10 euros pour le sylvaner et autour de 14 pour les grands crus, c'est une aubaine.
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