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wine Le trousseau, roi de Montigny  
      par Olif le 10/06/2003    
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  Le trousseau, roi de Montigny (39)  
       
archvie Un peu d’historique :    

Ce cépage rouge, à l’origine des plus grands vins d’Arbois de la même couleur, mérite une plus ample connaissance et une meilleure reconnaissance. Son origine est ancestrale et on en retrouve la trace depuis 1731 en Franche-Comté, mais il existait probablement depuis bien avant, peut-être même importé dans le Jura par des immigrants savoyards ou valaisans entre 1650 et 1700.

Le « troussot » figure en cinquième position de la liste des bons cépages établie par le parlement de Besançon en 1732. Il était cultivé un peu partout dans la région où il prenait des noms locaux tel que trousseau à Montigny et Arbois, triffaut à Besançon, trusseau ou trussiau encore ailleurs. Ah ! ce patois local ! On le trouve même jusqu’en Argentine sous le nom de pinot gris du Rio Negro !

Son nom viendrait du mot ancien « Toursel », qui signifie « paquet », et c’est l’aspect troussé de son raisin et de son cep qui en serait à l’origine, et non pas le vin rouge de garde réservé au financement du trousseau des filles comme les vieux vignerons se plaisent à le raconter, l’œil brillant !

Il produit un vin rouge de qualité et de bonne garde, à la robe pourpre et aux saveurs riches, souvent un peu confiturées. Son terroir de prédilection : les sols calcaires de Montigny-les Arsures, autoproclamée à juste titre capitale du trousseau. Sur les 80 hectares complantés avec ce cépage dans le Jura, on en trouve plus de 52 ha en Arbois, dont la moitié à Montigny, seul vignoble qui voit s’accroître la proportion de trousseau.

 
 
archvie Commentaires de dégustation (vins dégustés entre septembre 2002 et mai 2003) :  
       

Arbois trousseau 85, Camille Loye : la robe est plutôt claire, discrètement évoluée. Le nez est plutôt terreux, la bouche est soutenue par un poil d'acidité, un peu décharnée mais avec suffisamment de longueur. Ceci démontre que les vins de trousseau des grandes années peuvent supporter le vieillissement mais je préfère quand même les boire sur leur fruit.

Arbois trousseau 76, Jacques Tissot : la robe est tuilée de façon uniforme. ça hume à plein nez, le sous-bois, l'humus et le cuir. La tenue en bouche est encore parfaite, sans creux, avec une bonne longueur et des arômes qui persistent longtemps. Un vénérable trousseau de 27 ans, encore tout à fait présentable!

Arbois trousseau 90, A. et M. Tissot : conservé en magnum, il s'agit d'un vin à la robe plutôt claire, tirant légèrement sur l'orangé à la grande lumière. Le nez se fait discret, très légèrement confituré. Aucun signe péjoratif d'évolution en bouche même si le fruit s'est bien assagi.
Un vin encore bien structuré, long, mais qui n'est pourtant pas d'une grande complexité aromatique. Ce qui soulève la question de la garde de ces vins de trousseau, qui peuvent affronter le temps mais qui s'appauvrissent très certainement au vieillissement. Ce vin était bien meilleur sur son fruit.

Arbois trousseau 99, A. et M. Tissot :la robe est rubis clair, à la belle brillance. Un nez archétypique de trousseau sur les petits fruits rouges compotés. Très bien structuré et charpenté, c'est un régal actuellement avec ses tanins non agressifs et le beau volume développé en bouche.
Un trousseau comme je les aime, ample et parfumé.

Arbois trousseau 2001, A. et M.Tissot : Ah! le joli vin que voilà! Je l'avais pourtant déjà goûté il y a quelque temps et fortement apprécié, mais là, dégusté derrière le très bon 99, je suis vraiment épaté!
La robe est plus profonde et colorée, le fruité plus prononcé, le vin plus concentré, la longueur plus...longue. Bref, un vin superlatif qui n'est pas loin de correspondre à ce que j'ai bu de mieux avec ce cépage. Stéphane Tissot pense d'ailleurs que c'est le plus grand trousseau produit au domaine, c'est probablement la raison qui l'a incité à choisir l'habillage luxueux de ses cuvées parcellaires pour la mise en bouteilles.
Un vin plaisir qui possède un grand avenir, un vrai régal pour l'amateur de trousseau qui devrait convertir les plus réfractaires aux rouges jurassiens.

Arbois trousseau 1996, A. et M. Tissot : ce 96 entame sa phase de maturité de façon équilibrée et de fort belle manière. La robe est brillante à reflets orangés d'évolution. Le nez a un côté animal fougueux, gardant de la fraîcheur. Ample, structuré, long, ce trousseau a de la race et de la classe. Au risque de faire hurler les Bourguignons, il m'évoquerait presque un beau Volnay!

Arbois trousseau 1998, A. et M. Tissot : il présente une robe légèrement évoluée. Le nez est encore fruité mais on perçoit de légères notes viandées.
Gros volume en bouche, perturbé par une pointe de gaz. Finale sur le musc et le cuir de Russie. Bonne allonge.
Un vin qui a du corps mais également quelques défauts, plutôt destiné à un repas de chasse.

Arbois trousseau 2000, Frédéric Lornet : ce vigneron s'est taillé une belle réputation pour ses rouges et ce trousseau le confirme bien. La robe est rouge framboisée, d'un bel éclat. On respire les petits fruits rouges à plein nez. L'attaque est franche, avec un côté fruité légèrement confituré typique des vins de trousseau. Un vin frais et gouleyant, avec un beau potentiel qui verra probablement s'accentuer le côté confit.

Le trousseau, un cépage exotique à découvrir !

 
 
 
   
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