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    Domaine du Mas Blanc: Jean Michel Parcé: Revenir au Vrai

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    LPV a créé le sujet : Domaine du Mas Blanc: Jean Michel Parcé: Revenir au Vrai

    Jean Michel Parcé, domaine du Mas Blanc : Revenir au Vrai

    Propos recueillis par Jérôme Pérez.

    LPV : Etes-vous un vigneron, un producteur de vin ou un Å“nologue ?
    JM P. : Un vigneron bien sur

    LPV : Pourquoi et comment êtes-vous devenu vigneron?
    JM P : J'ai baigné dans le vin, et la rencontre avec Mr Lucien Peyraud (Domaine Tempier) à  Bandol a été décisive quant à  mon installation, ensuite c'est grâce à  Jacques Puisais que l'Å“nologie m'est devenue plus compréhensible.

    LPV : Quelles sont vos plus grandes satisfactions dans le travail ?
    JM P : L'osmose avec la nature, la liberté, la rencontre quotidienne avec les éléments, l'amour du travail bien fait, la fraternité entre vignerons.

    LPV : Pouvez-vous nous donner votre appréciation sur vos cinq derniers millésimes ?
    JM P : 2003 : une affaire à  suivre, laissons passer l'hiver nous causerons par la suite, mais des choses intéressantes sont en cours de développement.
    2002 : de beaux vins, par contre année moyenne pour le grenache.
    2001 : très belle année, enfin une belle acidité, des vins charnus, mais vifs et fins, le pied quoi !
    2000 : belle année, une bonne maturité, année du siècle ? Mais du moins « d'entrée de siècle ».
    1999 : année à  évolution difficile, les vins se sont vite enfermés, il va falloir attendre, pour les redécouvrir.

    LPV : Quel est le plus beau millésime ou le plus grand vin que vous ayez jamais produit ?
    JM P : 1976 pour les Collioure, 1985 le Banyuls Rimage la Coume.

    LPV : Et le moins réussi ?
    JM P : L'année 1987 (pluies diluviennes, et vins plus que dilués).

    LPV : Préférez-vous boire vos vins sur le fruit ou à  maturité ?
    JM P : Cela dépend du plat avec lequel je goûte mes vins, je suis un passionné de mariage gastronomique, alors tout est possible quand tout est réalisé.

    LPV : Quand considérez-vous que vos vins atteignent leur apogée et pensez-vous que cette notion existe ?
    JM P : Il est vrai que la notion d'apogée est une notion subjective, néanmoins les vins qui ont atteint une certaine maturité sont pour moi les plus intéressants (+ de 5 ans pour les Collioure, pour les Banyuls, armez vous de patience.)

    LPV : Pouvez-vous donner des recommandations de service ? Température, passage en carafe etc.
    JM P : Mes Collioure nés au pays de vent, aiment bien être carafés, température de service entre 14° et 16 ° en été, 15° - 17° en hiver, pour les Banyuls, idem.

    LPV : Comment définiriez-vous la notion de terroir ?
    JM P : Pour moi le terroir, c'est un territoire défini qui a une identité particulière, (microclimat, sol, cépages), mais il est indissociable avec l'humaine adresse, qu'est ce qu'un terroir sans un bon vigneron ?

    LPV : Quelles sont les caractéristiques de votre terroir ?
    JM P : Les hommes qui font le vin, beaucoup de vent, un soleil abondant et chaud, un sol très filtrant (schiste) mais qui emmagasine la chaleur pour la redonner par la suite, une pluviométrie faible, des altitudes différentes, des expositions différentes, un mitage qui intervient au niveau organoleptique, une influence maritime indéniable aussi, et tout ce que j'oublie certainement …

    LPV : Quel est le plus important selon vous ? Le travail à  la vigne ou le travail à  la cave ?
    JM P : Pour moi tout est important, sans une bonne matière première, on ne fait pas de miracle.
    C'est comme en cuisine, après c'est le chef qui par son talent peut nous régaler.

    LPV : Que pensez-vous de l'évolution des techniques de vinification. ? Osmose inverse, usage de la barrique etc.
    JM P : Tout progrès, est louable, à  condition, de ne pas déroger à  la règle, celle entre autre de la qualité, celle de la vérité.
    On ne peut tromper son monde, sans un jour ou l'autre être découvert, les effets de mode ne sont pas les garants de la pérennité, même s'ils drainent une catégorie d'individus avides de nouvelles sensations, ou de soi-disant découvertes.

    LPV : Quelles sont selon vous les qualités essentielles d'un vin rouge ?
    JM P : Qu'il me parle, et que je puisse lui répondre

    LPV : Et pour le vin blanc ?...
    JM P : Une forte féminité, et beaucoup d'élégance.

    LPV : Quel serait à  vos yeux le plus important défaut d'un vin ?
    JM P : Ne pas être vrai.

    LPV : Avez-vous une appellation de prédilection ?
    JM P : Le Côte Rôtie.

    LPV : Pouvez-vous donner le nom des 5 meilleures bouteilles que vous ayez jamais bues ?
    JM P : Volnay Marquis d'Angerville 1938 – Château Margaux 1933 – Musigny Comte de Vogué 1961 – La Tache 1947 - Yquem 1953

    LPV : Et la bouteille que vous n'avez encore jamais bue dont vous rêvez ?
    JM P : Domaine de la Romanée Conti

    LPV : Quelle est votre plus grande déception ?
    JM P : Un Château Haut-Brion 1958

    LPV : A part chez vous, où aimeriez-vous faire du vin ?
    JM P : En Espagne.

    LPV : Dans quelle région précisément ?
    JM P : La Catalogne

    LPV : Quel et le cépage blanc autre que vous préférez :
    JM P : La Manzanilla

    LPV : Et pour le rouge ?
    JM P : Le Cabernet Franc.

    LPV : Que pensez-vous du prix exorbitant atteints par certaines bouteilles ?
    JM P : Pourvu que ça dure, tant mieux pour celui qui les vend, et tant pis pour les C…, qui les achètent.

    LPV : Quel est le critique qui, selon vous, a le mieux cerné vos vins ?
    JM P : A l'époque, Pierre Casamayor.

    LPV : Que pensez-vous des forums d'amateurs sur le vin ?
    JM P : Il est toujours bon d'échanger les idées, les avis : avancer, et se construire, sont synonymes d'écoute et de partage .

    LPV : Pensez-vous que l'on puisse donner une note à  un vin ?
    JM P : Oui une note de musique, une partition parfois.

    LPV : Qu'aimeriez-vous ajouter pour les lecteurs de LPV que ce questionnaire n'évoque pas : coup de calcaire, coup de blues ou coup de cÅ“ur ?
    JM P : Alors ce serait plutôt un coup de gueule :
    Il y a quelques années, on a juré après les macérations carboniques qui s'étaient généralisées sur certains types de vin, hors Beaujolais.
    La « boiserie » à  outrance, a suivi, référence aux Bordeaux oblige.
    A l'heure actuelle, on assiste à  une montée en flèche de vins rouges que nommerais : les « vins de Body Building ».
    La recette est simple et les techniques à  la portée d'un bon nombre.
    Prenez du raisin , d'une vigne à  faible rendement , ce qui permet d'arriver à  un fort potentiel alcoolique , à  moins d'être équipé soit de l'osmose inversé ou de la cryoextraction ,qui éliminera l'eau en trop pour concentrer votre jus de raisin .
    Dans la cuve, soustraire une partie du jus pour qu'il y ait un rapport grains – moût supérieur a la normale.
    Geler la cuve dés le départ pour extraire aussi le maximum , par le procédé du froid , vinifier avec le maximum de produit Å“nologique d'extraction , laisser macérer le plus longtemps possible , un pressurage juste un poil serré ,mettre en barrique neuve, pour l'élever, et « l'eStallonne » vient de naître , prêt sur la grille pour prendre le départ , et bien sur essayer d'arriver le premier , avec l'aide de quelques enchanteurs .
    Caractéristique de la Bête :
    Couleur noire en diable
    Arômes en nez digne du plus grand parfumeur
    Bouche explosive, concentré, une bouffe quoi, l'exclamation jaillit !
    Une Bête de concours, un message, une découverte à  faire connaître absolument dit-on.

    Mais quand arrêterons nous de nous servir cette « Confiture », d'en parler comme des meilleurs parmi les meilleurs ?
    Arrêtons de parler du sensationnel.
    C'est du « vin » que je veut boire pour ma part, retrouver son lieu de naissance, connaître ses vrais caractéristiques, une Pin- Up, ou gentleman sans maquillage quoi.

    Quand je goûte ce type de vin « Schwarzique », cela commence à  m'agacer sérieusement au bout du deuxième verre, et j'en perds le plaisir de boire.
    Les papilles sont saturées, et l'épaisseur m'étouffe.
    De plus, comme dans le sport, ces vins dopés si je puis dire, ne tiennent pas la distance, ils évoluent et chutent rapidement, victime de leurs propres exagérations, il faut donc les boires rapidement, avant qu'ils n'attrapent la fièvre.
    Si nos vins d'Appellations suivent cette direction , il y a danger pour eux , à  disparaître rapidement , faute de typicité relative à  nos produits de terroirs , ceci , au profit d'un amalgame , et d‘une concurrence directe avec des vins ,soit du nouveau monde, soit de même style, élaboré ailleurs .
    Oui la viticulture a changé, oui, l'Å“nologie à  effectué d'énormes progrès, à  nous de savoir tout maîtriser.
    Nos habitudes , ont changées , les goûts ont évolués certes , la société basée sur la vitesse , nous a petit à  petit imposé un rythme qui n'est plus celui d'une croisière .
    La communication, et la recherche du sensationnel, nous à  dévié en partie dirais-je, du fondamental.
    Conservons cette « bannière de prestige » des vins de France , et laissons nous des modes , mais aussi du profit trop facile ou les prix de certains peuvent laisser à  croire qu'ils sont en adéquation avec la qualité servie .
    Le vin c'est avant tout notre culture, une sorte de communion, le moment du festif, demandons lui d'être VRAI, mais aussi accessible, tel est si cela devait être ma petite prière.

    LPV
    #1

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