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    Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

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    LPV a créé le sujet : Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Vigneron par passion et avec conviction. Stéphane Lucas est agriculteur en dehors de son travail mais compte bien le devenir à plein temps. Sa cuvée "Le Champ d'Orphée" prouve qu'il a des raisons d'être ambitieux. Il a réussi sur cette cuvée à dompter la fougue du braucol et selon lui la recette est simple : il n'y en a pas. Il faut écouter ce que dit la vigne, lire entre les rangées comme on lirait entre les lignes et comprendre ...
    LPV lui donne carte blanche et son texte est accessible [size=large]ICI[/size] .

    LPV

    LPV
    #1

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    enzo daviolo a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    "En fait il ne se passe pas grand chose en cave car le raisin se livre tout de suite. Pas besoin d'œnologie. L'œnologie est comme la médecine: c'est une science qui s'adresse aux malades et.....aux dopés!"

    Ce sont quand même des propos amalgamant et caricaturaux. c'est dommage et peu nécessaire car la démarche et le propos sont bien intéressants.
    #2

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    Luc Javaux a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Effectivement...

    Luc
    #3

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    Jérôme Pérez a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Je savais que ce passage allait faire réagir. Vous avez mis longtemps, plus d'une heure, en fait ...
    Mais cette rubrique existe pour faire entendre les points de vue et les discuter.

    Jérôme Pérez
    #4

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    Jean-Bernard a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    C'est quoi ce nouveau jeu? ::o

    JB
    #5

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    Eric B a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Cette phrase ne me choque pas. Ca veut simplement dire : pas d'apport de produits oenologiques (hormis la levure qu'il admet avoir utilisé une fois) ni d'opérations genre osmose, flash pasteurisation, ou fitration tangentielle. Et du moment que tu as des raisins sains, un chai nickel et des vinifs propres, tout ça ne sert à rien. D'autant plus si tu veux que le vin soit fidèle au raisin que tu as ramassé (= zéro maquillage). C'est apparemment son cas, d'où la non-utilisation de barriques.

    Cette phase est applicable à plein de domaines viticoles. Après, c'est la façon de le dire qui peut faire réagir.

    Eric
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    #6

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    Luc Javaux a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    C'est en fait un texte très intéressant, qui démontre bien, par l'implication importante à la vigne, que le vigneron se place dans une démarche qui est l'exact inverse du "laisser faire la nature". Chaque étape est réfléchie, et on se situe bien là dans une démarche très élaborée de type scientifique. Raison pour laquelle je m'interroge toujours sur la raison qui pousse ces vignerons, pour qui j'ai le plus grand respect, à rejeter souvent de manière assez violente la science. Non, la médecine n'est pas une science qui ne s'adresse qu'aux malades et aux dopés, elle s'intéresse aussi et surtout aux moyens d'être et de rester en bonne santé, sans forcément avoir recours à l'industrie chimique, mais sans non plus la rejeter de manière dogmatique.

    Luc
    #7

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    Jérôme Pérez a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Je suis d'accord avec Luc, ce texte est très intéressant et j'ai choisi de lui accolé ce sous-titre "agriculture biologique raisonnée" parce que justement, il transparaît que la démarche de Stéphane Lucas est réfléchie. Pour avoir un peu discuté avec lui, il est d'accord sur le fait qu'il y a des chapelles bien ridicules et des positions claniques dérangeantes.
    Cette phrase aussi me semble un peu en décalage avec le reste du propos.

    Jérôme Pérez
    #8

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    enzo daviolo a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Cette phase est applicable à plein de domaines viticoles. Après, c'est la façon de le dire qui peut faire réagir.

    Certes Eric, mais c'est bien une traduction de cette phrase que tu fais, et le premier reproche que je fais à ce type de propos c'est justement de laisser libre une interprétation qui peut ne pas être conforme avec la démarche du vigneron.
    C'est une phrase qui ne me semble pas utile et polémique dans un texte qui explique parfaitement les objectifs et les moyens pour y arriver. Dommage.
    #9

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    vetshow a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Je vais peut-être poser une question idiote:
    Qu'est-ce que l' "effet allélopathique des graminées"?
    #10

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    Eric B a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Google est ton ami ;)

    L'allélopathie est la production, par une plante, de substances chimiques qui inhibent la croissance d’autres plantes.

    Des détails ICI

    Eric
    Mon blog
    #11

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    vetshow a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Merci, j'avoue qu'actuellement je suis plus consommateur que chercheur, en terme d'information.8-)
    #12

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    Hervé Bizeul a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    La démarche serait elle la même s'il devait en vivre et sa famille avec lui ? Un "hobby" peut-il servir d'exemple et donner des leçons à ceux qui n'ont que la vigne pour manger ? Voilà qui sera intéressant à suivre s'il en fait un jour sa source de revenus...
    #13

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    LUCAS Stéphane a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    "La démarche serait elle la même s'il devait en vivre et sa famille avec lui ? Un "hobby" peut-il servir d'exemple et donner des leçons à ceux qui n'ont que la vigne pour manger ? Voilà qui sera intéressant à suivre s'il en fait un jour sa source de revenus..."

    Monsieur BIZEUL,

    Depuis le 10 aout 2010, l'amertume qui se dégage de ce commentaire m'ont dissuadé de répondre. Aujourd'hui, votre entretien dans la revue des vins de France m'incite à apporter quelques précisions.

    Avec un minimum d'attention, on s'aperçoit que vos questions sont hors sujet. Mon objectif premier consiste à me dégager des contraintes économiques. LPV n'étant pas un forum d'économie viticole, mais un espace pour les amateurs de vin, il me semble que mes propos ne sont pas déplacés. J'essaie modestement de mettre en place une approche artistique de la viticulture. Vous viendrait-il à l'idée de dire à un artiste peintre que son travail "sera intéressant à suivre s'il en fait un jour sa source de revenus..." C'est ridicule n'est ce pas? Jules CHAUVET, que vous semblez apprecier, a-t-il un jour parlé de critères économiques pour juger de la valeur d'un travail. Et Max LEGLISE était-il obnubilé par l'économie viticole?
    De plus, mon activité n'est en aucun cas un "hobby". C'est un projet sérieux, qui trouve sa cohérence dans le temps. La double activité n'est qu'une étape, certes douloureuse, mais qui m'octroie la liberté que ma démarche exige.

    J'ai beaucoup d'empathie pour les vignerons, et tout particulièrement pour ces hommes qui, touchés par la beauté et le mystère de la vigne, s'engagent du jour au lendemain dans une aventure viticole. Je connais leur souffrance lorsqu'ils découvrent la rigueur de la terre, leur anxiété lorsqu'ils courent derrière leur trésorerie, leur solitude lorsque parfois leur femme s'éloigne, et enfin leur désespoir lorsque le gel ou la grêle réduit à néant une année de travail...
    Cela me fait penser au chant des sirènes dans la mythologie. Cet appel irrépressible, cette attirance extrême pour la vigne et le vin qui repose souvent sur une approche mystifié, une vision fantasmagorique du métier de vigneron. Si j'ai bien compris, c'est ce que vous voulez exprimer lorsque vous dites au journaliste de la RVF de mars 2011:

    -"Mon idéal était cistercien: travailler le matin à la vigne, se contenter d'un déjeuner frugal et, le soir, se cultiver en lisant de la poésie ou des livres de Jules CHAUVET. Mais quand on rentre à midi, on est épuisé, les mains en charpie, le dos esquinté. Il y a, c'est vrai, une dimension monastique dans le travail de la vigne".

    Ceci pour évoquer le rêve, vient ensuite la réalité:

    -"Mais il faut vendre le vin. Et on ne peut pas aller tailler sereinement en se demandant si l'on va décrocher demain tel ou tel marché vital en Angleterre. La necessité de trouvé des clients gomme la dimension romantique de ce métier".

    On ne peut pas illustrer plus clairement la prise de conscience, et par là même la désillusion du néo rural! Je rends hommage à votre honnêteté et votre transparence.
    Nous sommes donc tout à fait d'accord sur le constat, vous en conviendrez.
    Mais c'est là que nos chemins se séparent. Je vous cite:

    -"Aujourd'hui, il y a deux sortes de vignerons: celui qui taille et celui qui prépare sa prochaine tournée de promotion à l'étranger. J'ai fait le choix chez moi de déléguer la taille à des professionnels (...)".

    Je respecte ce choix, il est tout à fait rationnel. Mais il ne faut pas se tromper, on ne fait pas comme cela un vin de vigneron, mais un vin d'investisseur.

    Un vigneron doit avoir un lien sensible avec son vignoble. Comment peut-il conduire, avoir la bonne intuition au bon moment s'il n'est pas en contact permanent avec son vignoble?
    La vigne comme l'homme est un être vivant. J'estime qu'une relation intime doit être tissée entre ces deux êtres. Une relation qui relève de la solidarité entre le règne animal et le règne végétal. Il ne s'agit pas de tomber dans le sentimentalisme, mais dans un rapport subtil basée sur l'intimité et la compréhension.

    L'investisseur pour sa part, ne sera pas effleuré par cette idée de relation sensible. Je vous laisse illustrer le mobile de l'investisseur vigneron:

    Question de la RVF: Vos grands vins sont donc votre priorité?
    Votre réponse:-" Le clos des fée est de loin le plus motivant, celui dans lequel je mets le plus de moi même. Mais ce n'est pas, loin de là, le plus rémunérateur.(...) Je vais être provocateur: si l'on chausse des lunettes économiques, il y a trois secrets pour réaliser un grand vin: l'argent, l'argent, l'argent".

    On ne peut pas être plus clair. Votre priorité n'est pas de mettre dans vos vins "le plus de (vous) même", mais bel et bien l'argent et la rentabilité. Dans l'article de la RVF on peut relever 30 mots appartenant au champ lexical de l'économie: Valeur, financier, revenu, rémunérateur, gagne plus d'argent, argent, argent, argent...

    Ne pensez pas que je méprise cette position. Je respecte tout à fait cette démarche, et je pense même que cette approche du métier est indispensable. Ce sont les belles et grosses entreprises qui pérennisent les vignobles et leurs infrastructures. S'il n'y avait que 4 vignerons dans le Roussillon, aussi talentueux soit-il, il n'y aurait plus de vie viticole, plus de laboratoire œnologique, plus de marchands de matériel, plus d' oenotourisme, etc...
    Le commerce est important pour faire vivre les belles régions viticoles. Je comprends et je ne critique pas vos propos, mais je souhaite que l'on ne ramène pas systématiquement toujours tout à l'économie, aussi indispensable soit-elle.

    Ma démarche n'est donc pas la seule valable à mes yeux, mais je souhaite démontrer qu'elle est différente. C'est aussi simple que cela. Il ne s'agit pas de donner des leçons, comme vous me le reprochez, mais d'ouvrir une voie différente et ambitieuse. L'ambition ne réside pas dans la conquête de part de marché, mais l'unique perspective d'une production affranchie de tous critères économiques. C'est ce que j'appelle le vin intégral.

    Je pense que vous n'aurez aucun mal à comprendre, vous le lecteur de H.D. Thoreau. Je présume que c'est le cas, sinon pourquoi avoir appellé votre societé de négoce Walden. Vous devriez être plutot interessé par des gens qui ne sont pas prêt à tout accepter et à suivre l'unique route tracée par leurs ainés. A moins que cette quête de liberté ne vous dérange, ne provoque en vous qu'aigreur et amertume, en vous rappelant que vous aussi vous aviez un idéal: "En m'installant à Vingrau, mon idéal était cistercien..."

    Pour ma part, je ne suis pas blessé par vos remarques, sinon je n'aurais pas attendu 6 mois pour vous répondre. Je trouve cela assez touchant; j'éprouve de l'empathie, je comprends. Je comprends d’autant plus qu’un jour je serais peut être amené à faire le même choix que vous. Je dois être modeste et ne pas écarter cette éventualité. En revanche, si c’est le cas, j’espère que je pourrais conserver mon sang froid, ma clairvoyance et ne jamais faire preuve d’amertume.

    Bien cordialement,

    Stéphane LUCAS.
    #14

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    jeando a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Rarement je n'ai vu de réponse plus claire, respectueuse, et clairvoyante, sur LPV.(et ailleurs également)

    La notion de temps y est centrale, le vin n'est il pas intimement lié avec le temps?

    Le temps des millésimes restant a vinifié (et a vendre)
    Le temps de construire un projet viticole et personnel (les deux sont sûrement liés)
    Le temps que mettra ce même vin a se bonifier ou pas.
    Etc etc etc

    Mr Lucas, merci pour la qualité de votre page.
    #15

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    Le Feu à la Cave a répondu au sujet : Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Je ne traîne plus beaucoup par ici, mais je viens de trouver sur cette page une bonne raison d'y revenir plus souvent!

    Laurent Cerqueu
    In vinasse no veritas
    #16

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    Hervé Bizeul a répondu au sujet : re: 4 mns avec Claude Bourguignon

    Cher Monsieur,

    Votre longue réponse est passionnante. Et sincère, personne n'en doutera. Je vous souhaites de tout cœur d'arriver à réaliser votre rêve : faire du vin "en dehors de toutes contraintes économiques". Et d'en faire, car je pense que c'est l'objectif du bon, voire du grand. Pour ma part, je pense que c'est impossible, à moins effectivement d'en faire un hobby ou d'être riche, et de donner les bouteilles à ses amis. Sans doute est ce que vous tentez de faire ? Faire du vin pour le boire ou le donner ? Sinon, vous devrez le vendre. Et nous verrons bien, alors, quel sera votre sentiment dans dix ans. C'était le sens de ma remarque.

    Peut-être démontrerez un jour à tous les vignerons que le vin est meilleur quand il voit son "maitre", quand le lien entre l'homme et le végétal est fort. Moi, je pense aussi que l'humain est essentiel, mais que taillant assez bien mais lentement et ayant plus de 50 ans, ma performance est ailleurs. De plus, je suis fier, comme vous le signalez, de permettre à des hommes et des femmes de vivre de leur travail localement. Le lien entre l'humain et le végétal, je leur délègue avec respect. Sans penser que "mon lien" serait supérieur à "leur lien". Seule la main est essentielle, pour moi. Mais ne vous inquietez pas, je sais où sont mes vignes, ce qui s'y passe chaque jour et c'est moi qui tient la barre. Certes, je ne rame plus. Mais je tiens je la tiens fermement; donne le cap... A Vingrau, mon ami Charlou, qui m'a vendu ma première vigne et m'a appris à tailler, m'a appris un jour, sur le bord d'un muret, qu'un des dictons que son père lui avait appris son père : "l'œil du maître vaut mieux que ses deux mains". Il ne se passe pas une semaine sans que je ne le vérifie et lui en soit reconnaissant.

    Simplement, nous ne faisons effectivement pas le même métier : moi, je dois vivre du mien et faire vivre ma famille (et les familles de mes collaborateurs, d'ailleurs). Donc, je dois vendre du vin Et pour cela, le monde ayant changé, le marché m'a obligé à faire des choix. Vous en faites d'autres. Je suis, comme vous, parfois désolé d'être aussi loin de mon projet d'origine. Mais j'assume mes choix, en totale transparence, et tente de faire comprendre, dans cette aventure, que faire du vin n'est pas une balade romantique. Oui, j'utilise sans honte des mots qui sonnent "économique" et que vous semblez ne pas apprécier du tout. Je suis simplement dans la réalité. Ma phrase, et je suis désolé si elle vous a à ce point choquée, était un peu une réaction à vos certitudes : refusant un circuit commercial, faisant du vin en "artiste" (je ne suis qu'un artisan), vous donnez volontiers des leçons à ceux qui sont obligé de faire d'autres choix, de prendre moins de risques. Je suivrai avec attention votre "refus" du marché, vos essais, l'application de vos convictions qui sonnent comme des certitudes. Elles m'ont donné l'impression que vous vous vantiez un peu, assez facilement, d'être dans le "vrai", dans le "vivant", dans la "pureté" et que, de ce fait, vous rejetiez tous les autres itinéraires, ceux des autres, obligés parfois de faire "d'horribles choses" parce qu'il leur faut faire du vin non pas pour se faire plaisir ou avoir 'raison" ou "philosopher", mais pour satisfaire le négociant ou pour faire du vin destiné avant tout à donner du plaisir...à leurs clients.

    J'assume, vous l'imaginez, tous mes mots dans la RVF même si ce ne sont parfois pas tout à fait les miens, mais c'est aussi avec amusement que je remarque comment vous en sortez quelques uns de leur contexte ; "l'argent, l'argent, l'argent," oui, c'est ce qu'il faut pour faire des grands vins surtout parce qu'il faut, comme le dit jeando, du temps. Du temps à la vigne, des heures de travail, du matériel adapté, du soin, du détail, du temps aussi pour élever au bon rythme et vendre au bon moment. Des moyens pour prendre le temps d'identifier les meilleurs terroirs, bien préparer les sols avant, pendant des années parfois; bien planter; faire tomber les raisins, les premières années. De l'argent parce que pour vendre encore des 2005, comme je le fais, commencés à financer à l'automne, 2004, il m'a fallut entre temps financer 5 autres millésimes, voire 5,5 parce qu'on est bientôt en avril. Tout cela pour montrer que mes vins, au bout de 5 ans, sont vraiment très bons. Bon, dans votre démarche "sans intrants", sans doute n'aurez vous pas les mêmes besoins de fond de roulement. Mais pour moi, clairement, le grand vin n'est que dans la durée, pas dans l'année. On peut bien sûr avoir un avis différent. Mais ce n'est pas le mien. Donc, de l'argent, pour avoir tout ce temps (et le temps d'aller, aussi, convaincre des amateurs, parce que c'est pour eux que je fais du vin, pas pour ma famille...). Pas pour m'enrichir, comme vous le sous-entendez...

    J'espère que vous continuerez avec la même franchise que la mienne à raconter votre histoire et, bien que je ne comprenne pas en quoi vendre votre vin et vivre de votre travail serait un quelconque renoncement à vos idées (je n'ai renoncé à rien, bien au contraire, tant au niveau culture qu'élevage et avoir plus de moyens dans l'entreprise me semble être la voie dont rêve tout vigneron, dans le sens pouvoir faire ce qu'il faut quand il le faut). Il me tarde de goûter un jour une bouteille de votre vin pour savoir si je suis capable de vibrer, moi aussi, infame "commerçant", et de sentir ce fameux "lien sensible" qui semble vous être si évident, dont vous semblez si convaincu. Disons que pour l'instant, certains vignerons qui me sont proches et chers et qui ont suivi cette voie ont eu parfois eu du mal à me convaincre de leurs "progrès". Je vais être à mon tour modeste et ne pas écarter cette éventualité cependant...

    Enfin, pour avoir passé bien du temps avec H.D. Thoreau, à travers ses œuvres, je vous dirais que vigneron et philosophe n'est pas tout à fait le même métier, en tout cas pour moi. Sauf, encore une fois, à viser l'auto-suffisance, la décroissance et la solitude, comme le faisait Thoreau, ce qui est fort estimable, bien sûr. Mais fort différent aussi. Peut-être, et je vous le souhaites, serez vous le premier à réunifier les deux professions. Enfin, entre vignerons, toute bonne discussion se commençant dans les vignes, je serais heureux, un jour, de voir les vôtres et de vous montrer les miennes. C'est toujours amusant.

    Bien Cordialement aussi, Hervé Bizeul
    #17

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    LUCAS Stéphane a répondu au sujet : :)Re: Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

    Monsieur Bizeul,

    Merci pour l'interêt que vous avez porté à ma réponse.

    Tout d'abord, j'espère vous convaincre que je ne suis pas un "donneur de leçon". Cette rubrique s'appelle CARTE BLANCHE A...Je n'ai fait que répondre à l'invitation que l'on ma faite de présenter mon travail. Je ne me serais jamais permis d'exposer ma vision dans un tout autre contexte. Sur la rubrique consacrée à un collègue par exemple.

    J'avais oublié de préciser que je suis moi aussi un "infame "commerçant"". Je vais commercialiser modestement 3500 bouteilles cette année. Pour une deuxième année, en partant de rien, je suis assez heureux. J'ai donc une vision assez concrète de ce que peut être le commerce. Ce n'est pas sale. Ce peut être même assez noble. C'est très souvent un moment d'échange et de convivialité. Quel plaisir que d'échanger avec ces commerçants qui comprennent mon travail et qui transmettent leur enthousiasme aux clients. C'est aussi au cours de ces instants que l'on perçoit toute la reconnaissance du dégustateur envers le vigneron.

    Nous sommes bien d'accord, nous faisons du vin pour les amateurs et pas seulement pour notre famille. Lorsque le fruit de notre travail est apprécié, nous sommes comblés. Nous éprouvons la satisfaction du travail accompli. Il n'y a pas de joie plus grande n'est ce pas?

    Le vin porte en lui des valeurs fortes qui tendent aujourd'hui à disparaitre dans notre société: l'échange, le respect, la solidarité, la convivialité, le gout du beau, le gout du bon, la gourmandise dans le raffinement. La majorité des vignerons font vivre ces valeurs dans leur travail, dans leurs actes au jour le jour, mais aussi autours de vrais repas, que nous aurons , je l'espère , un jour le bonheur de partager.

    Respectueuses salutations,

    Stéphane LUCAS
    #18

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